Mad Asylum
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Enfin, pas vraiment : vrai phénix, il s'est dépêtré de ses cendres et a fini par renaître quelque part, faisant peau neuve, URL neuve.

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 Macabre Festin [Sammael Ruthven]

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MessageSujet: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Lun 6 Juil 2009 - 17:10

Une légère plainte s'élève des couloirs silencieux. Ce doux gémissements qui bercent parfois Middleton Asylum durant quelques jours. Joachim est seul dans sa chambre, seul dans son obscurité latente. Seul avec ses démons, sa folie. Elle l'envahit peu à peu, à mesure que les mois, les années passent. Deux hivers qu'il est ici. Depuis que James n'est plus là, il n'y a plus aucun rempart à son vrai lui. L'horreur le gagne de jour en jour, bientôt il sera totalement corrompu, abandonné aux ténèbres de son esprit disloqué.

Voilà des jours que l'adolescent sanglote ainsi dans son lit. Ses poignets et chevilles retenus par quelques douloureuses chaînes. Jamais il n'a pu sentir le visage de ceux qui le martyrisent ainsi. Mais il ne fera pas l'effort de les toucher. De sentir leurs visages sous ses doigts faméliques. Pour lui il n'y a plus d'espoir. Son seul désir est de retrouver l'hiver, de se glisser dans ses bras laiteux et de s'y endormir pour ne plus jamais se réveiller. C'est ainsi qu'il se calme, que sa respiration chaotique redevient un océan de tranquillité. A quoi bon pleurer puisqu'il n'y a personne pour l'entendre. Cette douleur, il voudrait tant l'amputer.

Les heures passent ainsi, dans la tristesse et la solitude. Joachim fredonne une étrange chanson qui résonne dans la pièce, donnant à sa voix une tonalité rauque particulièrement dérangeante. Il balance sa tête de droite à gauche. De ses poignets endoloris coule un mince filet de sang, mais la douleur ne semble plus l'atteindre. Il est encore devenu autre, ce petit garçon innocent, fasciné par l'hiver, et par le lapin blanc.

Soudain il sent une présence dans la pièce. L'adolescent regarde autour de lui, effrayé. Ses liens se défont et la présence disparaît. Joachim reste immobile, inquiet à l'idée que le monde ne s'écroule encore. Et puis il se redresse. Un sourire radieux arque ses lèvres. Il est enfin libre de bouger. Sa punition se serait-elle achevée ? C'est ce qu'il se dit avant de balancer ses pieds dans le vide qui le sépare du sol. Grimaçant à cause de ses poignets, il pose un pied à terre, puis un deuxième. Le sol est froid. Son coeur fait un bon de joie alors qu'il se met à danser ignorant les murs qui l'entourent. Le carrelage lui rappelle le lac sur lequel il dansait autrefois. Et puis soudain des cris d'enfants l'assaillent. Le blond se recroqueville sur le sol, ses petites mains pales plaquées contre ses oreilles. Joachim hurle soudain de désespoir. Sa voix se brise en un sanglot déchirant.

Il a tué sa petite soeur. Il à tué sa petite soeur !

* Monstre ! Diable !!* Entend t-il dans son esprit déchiré. L'enfant plonge dans les ténèbres, et il ne peut se retenir à rien. La chute est longue, et atrocement douloureuse. Agité de convulsion, ses pleurs résonnent dans tout l'asile. Et puis soudain tout s'arrête. Les larmes se tarissent, son visage reprend un expression neutre, semblable aux poupées de porcelaine. Mais dans son regard émeraude règne une expression étrange. Il est ce, lui, qu'il dissimule si ardemment. Froid, malsain, et pourtant si étrangement attachant.

L'adolescent prend appui sur ses doigts d'albâtre. Bras tendus devant lui, il touche le mur glacial et le longe jusqu'à trouver la porte de sa cellule. Tirant sur ses bras famélique il arrive difficilement à l'entrouvrir. Il se glisse alors dans l'ouverture. Le blond se retrouve dans ce long couloir conduisant aux ténèbres, chemin vers une folie certaine. Son visage se tord soudain d'une expression douloureuse. Son ventre lui réclame son dû. La faim le taraude et il ne peut que se mordiller la lèvre d'impatience. Alors il fait un pas, puis un deuxième. Il ne sait guère où il va. C'est alors que son pied rencontre le vide. Joachim dégringole l'escalier comme une vulgaire poupée de chiffon. La chute est longue et douloureuse. L'adolescent met un certain temps à reprendre son souffle et son esprit. Une plainte franchit la barrière de ses lèvres alors qu'il se masse le genoux.

Quelque chose de chaud s'en écoule. Du sang ?

Joachim se redresse. Et bientôt il arrive, boitant, dans ce qu'il croit être la cuisine. C'est alors que son obscurité se fait plus pesante encore. L'affolement le gagne. Il gémit, sanglote, mais il est incapable de faire un pas de plus. Affaiblit il s'écroule éparpillant nombre d'ustensiles sur le sol. Bientôt il cherche à se redresser, mais il se coupe la main avec un couteau. Il recule affolé, et son dos rencontre la porte du cellier. Tremblant, il cherche un appui grimaçant sous la douleur de ses doigts. Bientôt il rencontre une matière familière. Un bout de chair froid à l'odeur si familière.

Alors l'enfant dévore la viande qu'il vient de trouver. Au diable qu'elle soit cru, c'est tout ce qu'il peut mettre dans son ventre sans le rejeter. C'est ainsi que de terribles souvenirs l'assaillent. Il n'y a plus rien de rationnel ni d'adulte dans son comportement. En proie à une terrible crise, le blond se laisse aller à ses plus malsain instincts.

"Mange-moi".

Joachim secoue la tête et poursuit son macabre festin. Seul dans cette cuisine, le petit lapin blanc parut bien étrange...
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Sammael Ruthven
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MessageSujet: Re: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Lun 6 Juil 2009 - 18:37

    Le fondateur était mort… Mais ce n’était pas le cas de l’asile, loin de là ; un orchestre infernal résonnait parfois, dans toutes les pièces et tous les couloirs. On pouvait entendre un duo monstrueux de pleurs apeurés et de cris déchirants. Le chœur de gémissements plaintifs. L’asile lui-même chantait à pleins poumons ; le bois qui grinçait, les portes qui claquaient et les chaînes qui tintaient. Sammael n’était pas gêné par cette ambiance, ce n’était pas aussi bruyant que la fanfare en Enfers, où les plaintes étaient remplacées par des rires sournois.

    Il était sorti de son bureau, flânant dans les corridors somptueux, l’expression étrangement paisible. Il appréciait lorsque l’endroit restait un minimum propre. Bien sûr, il était courant qu’une tâche de sang vienne salir le papier peint, mais Sammael s’assurait que le mur soit de nouveau comme neuf, le plus rapidement possible. Mais habituellement, c'étaient les fenêtres brisées ; combien fois le directeur avait assisté à une explosion de bris de verre, volant en éclat à cause d’un patient trop agité… Là encore, le jeune homme voulait que la fenêtre soit réparée au plus vite.

    Mais cette fois, c’était le rythme sourd d’une chute qui accueilla le directeur. Un jeune homme était tombé dans ces escaliers –il y avait tellement de victimes qu’on avait l’impression que ces quelques marches étaient bien vivantes-, atterrissant brutalement sur le sol. Le petit corps chétif resta immobile pendant un moment. Sammael ne bougea pas ; inspectant le malheureux. L’idée de lui venir en aide ne lui effleura pas l’esprit. Le jeune homme prenait plus de plaisir à observer le pauvre garçon. Ses membres délicats étaient marqués de rayures cramoisies, qui semblaient encore chaudes. Sortait-il de la chambre d’exil ? Sammael n’aurait sût dire ; il ne voyait pas encore le visage du patient.

    Enfin, le garçon redressa sa tête. Ses cheveux blonds s’agitèrent avec souplesse. De cette même adresse, les lèvres du démon dessinèrent un large sourire. Comment réagirait ce mystérieux maladroit face à ce sourire amusé ? Sammael attendait patiemment la réponse… Pourtant, le garçon ne réagit pas lorsqu’il regarda en direction du démon. Impossible qu’il joue la comédie ; il n’y avait pas la moindre réaction, même aussi discrète soit-elle.

    De son genou s’écoulèrent des perles de sang. Un contraste des plus beaux sur une peau d’une telle candeur. Sammael reporta son attention au visage du garçon ; il essaya de se diriger vers la cuisine. Mais savait-il seulement où il se dirigeait ? Le démon en était presque certain ; ce patient était aveugle. L’homme entendit la mélodie plaintive, bien distincte, du jeune maladroit. Puis, une pluie de tintements ; les outils de cuisine avaient chuté sur le sol. L’odeur de la liqueur de vie s’amplifia. Sammael se décida alors à entrer à son tour.

    On ne pouvait pas reprocher l’instinct du jeune homme ; son ventre poussait des grondements sous sa peau. Et le garçon s’acharnait sur la viande crue qui était sur la table. On pouvait dire qu’il avait une faim vorace. Sammael ne put réprimer un léger rire. Il s’approcha lentement du garçon et lui agrippa fermement le poignet, l’incitant à s’arrêter. Ses doigts s’accolèrent parfaitement aux traces rouges sur le bras blanc du garçon.


    -Et bien, le repas de ce soir n’est pas encore cuit que vous vous jetez dessus ?

    Lui dit-il, le timbre de sa voix était posé. N’exprimant aucune colère, mais plutôt une curiosité amusée. Avant que l’estomac capricieux du garçon proteste, Sammael enchaîna.

    -Si votre appétit est trop pressant, il reste bien des scones… Mais je vous serai reconnaissant de ne plus toucher au festin pour ce soir.

    Sammael relâcha son étreinte, essayant de captiver le regard du jeune homme. En effet, il était bien aveugle… Il observa alors la main qu’il tenait ; le bout de ces doigts frêles étaient écorchés.

    Après tout, le repas était servi à vingt heures, Sammael doutait que le garçon patiente encore quatre heures.


    Les démons avaient une mémoire plus fiable que les humains, et Sammael reconnut alors son patient, après avoir inspecté minutieusement ses traits.

    -Votre visage me dit vaguement quelque chose… Seriez-vous Joachim Klaus-Jürgen ?

    Ils ne s'étaient jamais vraiment adressés la parole, mais Sammael se souvenait de sa tentative de suicide, du moins, c’est ce u’on disait ; impossible d’en être certain…

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MessageSujet: Re: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Lun 6 Juil 2009 - 19:51

[Excuse le changement de temps d'écriture mais je suis décidément plus à l'aise au passé simple - Je corrigerai le poste précédent]

Joachim dévorait le bout de chair morte qu'il avait entre les doigts comme si il n'avait rien mangé depuis des semaines. En proie à un terrifiant cauchemar, de sombres images se dessinaient derrière ses prunelles émeraudes. L'irrationalité de son attitude le dépossédait du moindre trait adulte. Une aura malsaine et enfantine émanait de tout son être. Joachim n'était plus vraiment conscient depuis deux ans. Depuis qu'il avait sombré dans ce lac. Il avait d'ailleurs toujours ignoré le nom et le visage de la personne qui l'avait sauvé. Dans quel but le forçait-on à vivre ? Etait-ce une punition ? Un châtiment divin ? Méritait-il à ce point de souffrir ? Dans son coeur la réponse était plus qu'évidente. Il avait tué sa soeur et sa mère pour enfin manger son père. Il était souillé par l'horreur depuis ses dix ans. Un monstre aux airs d'ange, voilà tout ce qu'il était. Et cette simple pensée le ramena vers la réalité de son existence.

Une présence...

Perdu dans ses pensées, il n'avait pu déceler l'autre personne dans la pièce. Ce ne fut que lorsque sa main rencontra son poignet qu'il comprit qu'il était observé depuis un moment déjà. Un étrange sentiment s'empara de lui à ce contact. La lucidité lui revint peu à peu et Joachim réalisa quel spectacle il était en train d'offrir. Le bout de chair morte tomba sur le sol alors que ses iris vertes remontaient vers le visage de l'inconnu. Bien qu'aveugle il pouvait néanmoins sentir ce regard froid posé sur lui. Il savait qu'il avait commit une faute mais il n'avait pas mangé depuis si longtemps. D'ailleurs il n'avait pas souvenir de s'être rendu aux repas que l'on donnait ici. Il n'avait même croisé personne.


" Et bien, le repas de ce soir n’est pas encore cuit que vous vous jetez dessus ?"

Joachim afficha une expression penaude, bien qu'il nota le relatif amusement qui teintait la voix de l'inconnu. Cette voix lui sembla d'ailleurs bien étrange. Trop pénétrante pour être réelle. Elle chantait doucement à l'oreille du blond, et les dernières lueurs de peurs disparurent de son esprit brisé. Cette voix était un baume sur son coeur d'enfant. Envoûtante, charmante, aucune mot pour lui n'était assez fort pour qualifier ce qu'il entendait. Et la culpabilité d'avoir ruiné le repas de ce soir disparu bien vite dans le flot mélodique de la voix inconnue.

Cependant l'adolescent grimaça de douleur lorsqu'il prit conscient des doigts qui entouraient son poignet. Depuis combien de temps avait-il été enchaîné à son lit ? Sûrement longtemps compte tenu de l'onde de douleur qui lui parcouru l'échine. Un frisson l'agita un instant. Le froid de ce lieu le mettait mal à l'aise. C'est alors qu'il repensa à James, son seul ami ici. Il était parti, il l'avait abandonné. Pourtant, pourtant il s'était montré gentil, il avait tout fait pour qu'il reste auprès de lui, mais il c'était évanouit dans ce monde impitoyable de liberté. Une larme roula sur sa joue. James était parti parce qu'il était le Diable. Joachim ne méritait pas une existence paisible.


" Votre visage me dit vaguement quelque chose… Seriez-vous Joachim Klaus-Jürgen ?"

Ces paroles le ramenèrent brusquement à la réalité. Joachim hocha la tête en signe d'assentiment. Et puis soudain il leva une main innocente vers le visage de l'inconnu. Du bout des doigts il effleura les traits de cet homme dont il avait si peu de fois entendu la voix. Un sourire naquit sur ses lèvres pales alors qu'il retrouvait la joie de voir apparaître un visage derrière ses prunelles aveugles. Les joues, le nez, le menton. L'adolescent s'arrêta un instant sur les lèvres de l'inconnu, douce comme le pétale d'une rose, irréelle même. Et puis il remonta plus haut vers les tempes. Joachim y découvrit, intrigué, la naissance d'une protubérance. Ses sourcils fins s'arquèrent en un V singulier. Cependant il ne se posa guère plus de questions et revint sur le visage de l'homme dont il pouvait à présent parfaitement distinguer le contour.

Il offrit un sourire d'une triste innocence à l'homme et bredouilla quelques excuses à son égard. Se détachant de lui, il chercha à tâtons les ustensiles qu'il avait fait choir plus tôt pour les remettre tant bien que mal à leur place. Ce petit manège dura bien quelques minutes avant que Joachim ne s'immobilise dans la pièce le regard perdu dans le vide. Calme il écouta les bruits du lieu. Jamais jusqu'à maintenant il n'avait prit le temps de le faire. Les bruits de chaînes et les quelques cris qu'il entendait parfois lui arrachèrent un frisson d'horreur. Lui aussi, il était comme eux. Après avoir été diable, il était devenu fou. Secouant la tête il chassa la terrible impression qui venait de l'envahir.

Son attention revint sur l'inconnu. L'adolescent tendit les bras devant lui dans l'espoir de le toucher, mais il fut déstabilisé par sa trop grande faiblesse et se rattrapa de justesse à ce qui lui sembla être une table. Haletant, il fixa un point invisible sur le sol, sa chevelure aux reflets solaires masquant une partie de son visage. Après quelques secondes ainsi ses lèvres s'ouvrirent pour laisser échapper un mince filet de paroles.


" Qui êtes-vous ?" Murmura t-il de sa voix fluette.
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Sammael Ruthven
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MessageSujet: Re: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Lun 6 Juil 2009 - 21:18

    Son emprise ne pouvait qu’augmenter la douleur que lui infligeaient les marques des sangles, mais Sammael n’y accordait que peu d’importance… Ce n’est que lorsqu’il aperçut la grimace du patient que ses doigts libérèrent définitivement son poignet meurtri.
    En étudiant son visage, Sammael remarqua sans mal la larme qui coula sur la joue de Joachim. Pourquoi avoir besoin de lumière ? Une larme sincère pouvait briller même dans la pénombre. Aussi sournois soit-il, ce démon se réjouissait toujours de la peine des autres, admirant la sensibilité des Humains, jaugeant la futilité de leur peine.

    Le jeune garçon confirma son identité ; Sammael ne s’était pas trompé, en effet, sa noyade avait été une histoire bruyante. Un événement aussi marquant que l’innocence illustrée par les traits doux de l’enfant blond ; impossible que le jeune homme l’oublie. Sammael pouvait scruter le visage de l’enfant perdu, mais ce dernier ne pouvait se fier à ses yeux éteints. A son tour, Joachim examina son interlocuteur. Lorsque ces doigts curieux découvrirent les traces des cornes, les lèvres du démon étirèrent son sourire. C’était un garçon prudent qui se contenta de froncer les sourcils ; Sammael ne comptait pas lui en révéler d’avantage sur son secret. Son physique était déjà suffisant ; ironiquement, la cécité de Joachim était un avantage pour le directeur.

    D’une voix aussi légère et discrète que la brise, Joachim s’excusa, d’un sourire réservé. Ses mains quittèrent alors le visage du jeune homme, avant de poser sur les couteaux et les louches qui jonchaient le sol. Encore une fois, le démon n’intervint pas ; pour lui, les Humains avaient toujours été des créatures peu attentives, et incroyablement fragiles. Ironiquement, c’étaient ceux à qui il manquait un sens qui étaient les plus captivants, et les plus attentifs. C’est pourquoi, il s’amusait encore à observer le garçon aveugle qui rangeait –comme il les pouvait- les ustensiles.

    Mais comme beaucoup de ses compères ici ; la solitude et le doute qui habitaient Joachim faisaient de lui une âme égarée et tourmentée. C’était le genre de victime qu’appréciait Sammael –quoique en ce lieu, il y avait rarement des patients qui lui déplaisaient-, peut-être qu’à son tour, Joachim serait marqué par le sentiment ladre du démon.

    Mais pour le moment, l’enfant semblait avoir perdu tout repère dans l’hôpital. A moins que ce soit la faim qui le tenailler encore ; il déambula un moment, tendant ses bras vers Sammael, mais trébucha. Le jeune homme le fixer toujours, tel un spectateur à la surveillance malsaine. Cela dit, Joachim s’était déjà écorché plusieurs fois ; il en avait fait sûrement assez.


    " Qui êtes-vous ?"

    Sa voix s’éleva un peu plus ; sa question était plus claire que ses excuses. Sammael fit un pas vers lui, restant le plus silencieux possible. Devait-il utiliser ce nom d’emprunt, celui qui couvre son identité démoniaque, ou pouvait-il se présenter sous son vrai prénom ? Après tout, même si Joachim était prêt à quitter l’hôpital avant sa noyade ; mais à présent, il était de nouveau prit dans les filets hargneux de Middleton…

    -Je me nomme Sammael Ruthven, peut-être avez-vous déjà entendu parler de moi ?

    Demanda innocemment le jeune homme ; si le prêtre qui avait envoyé son disciple ici lui avait parlé du directeur, il avait sûrement mentionné le nom de « Sammuel ».
    Les paumes du démon se placèrent sous la fine mâchoire de Joachim, redressant son visage. Du bout de son index, il retraça le parcours qu’avait suivi la larme quelques minutes plus tôt.


    -Serait-ce vos blessures qui sont si douloureuses, Mister Joachim ? Vos blessures physiques, ou bien morales ?

    Demanda le jeune homme. Une de ses mains quitta les joues creuses du garçon, pour effleurer les traces, encore visibles, sur les bras de Joachim.

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MessageSujet: Re: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Lun 6 Juil 2009 - 23:11

"Je me nomme Sammael Ruthven, peut-être avez-vous déjà entendu parler de moi ?"

Le garçon releva les yeux à l'endroit approximatif où devait se trouver l'homme. Il pencha la tête sur le côté cherchant dans sa mémoire la raison pour laquelle ce nom lui était familier. Son visage tordu d'une expression concentrée, Joachim trouva bientôt d'où lui venait cette soudaine impression de déjà vu. Ce nom il l'avait autrefois entendu, mais ce souvenir remontait à une période qu'il préférait chasser loin de sa mémoire. Et pourtant derrière ses iris aveugles surgissait déjà les douloureux souvenirs de son enfance. Terrassé par une douleur atroce, l'adolescent se laissa choir à genoux sur le sol. L'environnement autour de lui venait de s'évanouir. Il n'y avait plus de Maddleton Asylum, juste le dérangeant relent du souvenir de ce couvent.

* Joachim courba l'échine, prêt à recevoir son châtiment. Le fouet de rosier se dressa au dessus de lui avant de s'abattre violemment sur son échine, déchirant sa peau d'albâtre de nombreux traits rouges. L'enfant laissa échapper un hoquet de douleur, mais aucun autre son ne vint briser le silence de cette chapelle. Un nouveau coup, puis un autre. Les doigts crispés sur l'autel devant lui, le blond implorait ce dieu inexistant que son châtiment prenne fin. Mais il ne pu que constater la vaine portée de ses supplications, car bientôt on l'empoigna par les cheveux, lui crachant au visage toute l'immondice qu'il représentait à ses yeux. Et les larmes roulèrent sur ses joues pales, incontrôlables. Agité de tremblement il ne pu qu'entendre horrifié tout ce qu'il représentait pour cette société.

" Samaël, venin de dieu ! Tu figures au même rang que Lilith et Caïn. Par l'atrocité de tes actes je te condamne à la damnation éternelle ! Retourne dans ton enfer de noirceur et n'en reviens jamais. Ange déchu dont j'arracherai les ailes plumes par plumes."

Et un nouveau coup s'abattit sur sa fragile échine qui se convulsionna de douleur. L'enfant était au bord de l'évanouissement, mais les coups suivant lui refusèrent une telle délivrance. Bientôt ses hurlement percèrent l'épaisseur des pierres de l'édifice. Joachim n'en pouvait plus, que voulait-il de lui ? Que devait-il faire pour que l'horreur prenne fin ? On ne lui laissa pas davantage le temps d'y réfléchir, car bientôt son corps fut aspergé d'eau glacée. Ruisselant, le sang se mêla à l'eau pure. L'adolescent transit jusqu'au os jeta des regards affolés aux alentours dans l'espoir que quelqu'un arrête cette torture, mais rien ne se passa. Des mains le retenaient toujours étroitement près de l'autel, et les coups continuèrent de s'abattre sur son dos d'albâtre.

" Samaël, venin de Dieu ! Tu figures au même rang que Lilith et Caïn. Par l'atrocité de tes actes je te condamne à la damnation éternelle ! Retourne dans ton enfer de noirceur et n'en reviens jamais. Ange déchu dont j'arracherai les ailes plumes par plumes."

L'adolescent ne pouvait plus entendre psalmodier une telle horreur.

" Je ne suis pas Samaël ! " Hurla t-il à plein poumons.

Les coups se suspendirent. Joachim se crispa dans l'effroyable attente d'une réaction de son tortionnaire. Celui-ci l'empoigna alors violemment par les cheveux, tirant à l'enfant quelques gémissement désespérés. Pitié murmurait-il. Il ne pouvait plus le supporter, il n'était pas le diable. Il n'avait jamais rien fait de mal. Pourquoi, se disait-il. Pourquoi tant de haine, de violence.


" Bien sûr que si mon fils. Tu es possédé par lui et je dois t'en délivrer. Dis-le Joachim. Je suis Samaël, venin de Dieu. "

Ses lèvres tremblaient. Son esprit ne résisterait pas bien longtemps à ce rythme. Le souffle court il se sentait au bord du gouffre. Il voyait se profiler au loin un avenir bien sombre, une terrible malédiction dont il ne pourrait jamais se défaire. Et les coups se remirent à pleuvoir, ponctué à chaque fois d'un "Dis-le, Je suis Samaël, venin de Dieu !" Cette phrase tourbillonna dans son esprit jusqu'à le rendre complètement fou. Une terrible douleur le submergea et son regard se teinta d'une lueur malsaine.

" JE SUIS SAMAËL, VENIN DE DIEU " Hurla t-il désespérément avant de se défaire férocement des mains qui le retenait pour se jeter sur le prêtre.

Joachim en proie à une terreur et une haine sans égale, plongea ses dents dans la chair tendre du coup de son adversaire, pour en arracher un morceau sanguinolent qu'il s'empressa d'engloutir. Son corps amaigri le rendait plus animal que jamais... *



Une caresse sur sa joue.

Joachim, à bout de souffle revint soudainement de son terrible passé. Affolé il regarda en tout sens, le visage noyé de larmes. Son faible coeur battait férocement dans sa cage d'os et la douleur qui en résultait le plia en deux. Hagard, il ne se savait pas complètement revenu de cet effroyable souvenir. Tremblant il chercha faiblement un corps auquel s'agripper. Ses doigts fébriles rencontrèrent le vêtement de Ruthven auquel Joachim s'accrocha désespérément. L'adolescent réfugia son visage contre la veste proprement placée de l'homme. Son souffle saccadé laissait entendre toute l'horreur de ce qu'il venait de revivre. Il ferma les yeux, appréciant la douceur sans égale de ce contact physique.


" Je suis Samaël, venin de Dieu. Je suis Samaël, venin de Dieu." Psalmodia t-il faiblement.

Epuisé, effrayé, à bout de souffle, Joachim ne pu se résoudre à lâcher le vêtement de l'homme. Il était son seul lien avec la réalité, son esprit prenant la dangereuse tangente de l'irréalité. L'adolescent du fournir de bien pénibles efforts pour ne pas sombrer une nouvelle fois. Mais bientôt sa respiration se fit plus calme, quoiqu'encore un peu chaotique. Tremblant, il finit par se défaire de sa trop grande proximité avec Sammael. Penaud, il bredouilla de nouvelles excuses. Sans grande conviction cette fois.


Serait-ce vos blessures qui sont si douloureuses, Mister Joachim ? Vos blessures physiques, ou bien morales ?

Enfin calmé, Joachim ne su quoi répondre à cette interrogation pour le moins originale. Relevant des yeux curieux sur l'homme, il se demanda ce qui pouvait le pousser à poser une telle question. Il frissonna d'ailleurs d'un léger dégoût lorsque sa main vint effleurer les blessures qui martyrisaient sa peau tendre.

" Ca...ca ne vous...regarde pas..." Finit-il par bredouiller, pas convaincu de l'effet qu'allait avoir une telle réponse sur Sammael.
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MessageSujet: Re: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Mar 7 Juil 2009 - 10:47

    Son nom eût un effet assez inattendu et surprenant sur Joachim, qui plongea dans ses pensées –ou était englouti par ses souvenirs-, ignorant alors le moment présent, les alentours… Inexplicablement, l’enfant tomba à genoux. Il semblait aussi impuissant qu’un animal face à un prédateur. Rapidement, des larmes vinrent parsemer ses maigres joues. Sammael songea au début à une crise d’épilepsie, à vrai dire, ce n’était pas rare qu’un patient tombe au sol, se fracassant la tête, le corps désarticulé, agité de spasmes. Et bien qu’il ne se soit pas rapprocher de Joachim, ce dernier s’était agrippé à lui. Il haletait. Sammael ne comprit son éprouvant état que lorsque l’enfant blond récita sur un air macabre ;

    « Je suis Samaël, venin de Dieu. Je suis Samaël, venin de Dieu. »

    Etait-ce une idée, une peine qu’il s’était lui-même affligé ? Ou était-ce quelqu’un d’autre qui lui avait imposé cette identité ?
    Seulement, Joachim n’en disait pas plus. Tremblant comme une feuille, se détachant alors du démon, murmurant quelques excuses en désordre. La curiosité de Sammael s’agitait comme une nouvelle flamme, il ne comptait pas en rester là.


    " Ca...ça ne vous...regarde pas..."

    Sa réponse en miettes ravit le jeune homme. Les mots n’étaient d’aucune utilité ; les pleurs qui baignaient le visage du garçon témoignaient d’elles-mêmes. Prouvant que les marques sur ses bras tremblants et ses jambes délicates n’étaient rien comparées au venin du chagrin qui taraudait son âme.

    -Je suppose que nous avons tous nos secrets.

    Sa voix restait de velours, mais il accentua le dernier mot d’une touche sarcastique. Effleurant les traces de cornes qui persistaient sur ses tempes, preuves infimes et solides qui dénonçaient sa nature infernale, malsaine.
    Seulement, l’impatience tenaillait son attrait pour le passé bouleversant de Joachim. Sans plus attendre, les mains du démon saisirent doucement les épaules frêles du patient, le retenant contre toute tentative de fuir. Pourquoi vouloir partir au loin alors que le contact était si chaleureux ?
    Le jeune homme reprit paisiblement.


    -Serais-je donc face à un démon ?

    Murmura-t-il. Une lueur d’amusement enflamma ses prunelles grenat. Si son regard et son sourire étaient froids, ce n’était pas le cas pour sa peau et le rouge qui peignait ses yeux.

    -Mais croyez-vous seulement que les démons existent ? Ou vous considérez-vous comme tel, car nous savons, vous et moi, qu’il n’y a pas votre place au paradis ?

    Ses paroles étaient de plus en plus douces, de plus en plus calmes. Une sérénité qui s’accordait étrangement à ses mots tranchants ; sa voix susurrante était aussi fluide qu’un poison. Contrairement à ses mains, qui renforçaient leur emprise, n’accordant pas à leur victime le choix de partir. Les iris aveugles du garçon ne pouvaient apercevoir les longues canines qui se démarquaient de la pénombre, il ne pouvait voir ces dents luisantes, aussi rassurantes que les crocs d’un serpent. Etait-ce une chance ? Etait-ce une fatalité ?

    Merci, ô étrange couvent ; merci d’envoyer de tels enfants craintifs. Où se trouvaient les véritables démons ? Près d’un autel représentant le Christ, ou bien dans la noirceur d’un hôpital ?


    -Si vous êtes « Samaël », c’est que Dieu vous a abandonné, mais vous a-t-il déjà accueilli ne serait-ce qu’une fois ?

    Son chuchotement était aussi glacial que le vent, aussi sinistre que le souffle de la mort. Des chaînes tintaient, accompagnant les intonations de sa voix emmiellée, chaque ponctuation envenimée.

    Sammael voulait que ses questions soient aussi pénétrantes que le couteau qui avait coupé le doigt du garçon auparavant. Aussi accablantes que les sangles qui l’avaient privé de toute liberté durant ce long et terrible moment.

    Pour être franc, le démon se fichait bien si ses patients étaient encore croyants ou non, ce dont il était certain, pour la grande majorité des cas ; c’est que la raison les avait bel et bien quitté. Il voyait le conscient d’un humain comme leur carapace. Une fois que cette barrière avait disparu, ils étaient vulnérables à souhait.

    Ses mains glissèrent alors sur les épaules du garçon, aussi agiles que le serpent tentateur. S’arrêtant au creux de son cou, ses ongles s’appropriant peu à peu la chair candide de Joachim, sans pour autant lui faire du mal. La peau n'était pas ce qui intéressée Sammael, ce n’était pas son enveloppe charnelle, mais ce qui s’y cachait en dessous. Ce qui était dissimulé dans les abîmes de ses entrailles.

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MessageSujet: Re: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Mar 7 Juil 2009 - 16:18

" Serais-je donc face à un démon ? "

Les prunelles du garçon s'agrandirent à cette question lourde de sens. L'expression étonnée de son visage laissa entendre qu'il ne réalisait pas complètement la portée de ses propos. "Samaël, venin de Dieu" chantonnait une petite voix sournoise au creux de son oreille. Mais l'adolescent ne pouvait se résoudre à lui céder. Il n'était pas cette ange déchu, pas plus que ce démon auquel l'homme faisait référence. Les atrocités qu'il avait commit par passé n'était que le fruit des circonstances épouvantables dans lesquelles il avait vécu. Et pourtant il se savait bel et bien coupable du décès de sa mère et de sa soeur. Son amour de l'hiver l'avait poussé à commettre l'irréparable ; et jamais il n'avait pu se le pardonner. Pourtant Joachim croyait toujours en cette douceur, en cette chaleur qu'il ressentait lorsque ses pieds d'albâtres foulaient la neige. Elle, était son amie de toujours, sa bonne étoile qui veillait sur lui et qui lui avait donné le réconfort dont il avait toujours eu besoin.

C'est ainsi que la sérénité revint dans ses prunelles émeraudes. Sa folie glissait lentement vers les limbes de son esprit et l'adolescent redevenait peu à peu ce doux agneau dont il n'avait pas si souvent revêtu la peau. Du moins ces dernières années.

Les mains qui l'agrippaient, distillaient en lui une agréable chaleur, qui bientôt enveloppa son coeur. Le blond à présent calme se pencha mentalement sur cette question qui le taraudait. Un démon ? Etait-il vraiment ce qu'on avait voulu lui faire croire ? Représentait-il ce mal qui rongeait ce monde ? Et si c'était le cas, alors cela expliquerait la raison de sa présence ici. Paut-être était-ce finalement ça. Mais il était au moins convaincu d'une chose ; l'amour n'était pas seulement réservé aux anges. Idéalement, seul la fin de l'histoire différait. Serein, Joachim leva une main famélique vers le visage de Sammael dont il caressa tendrement la joue, ses lèvres ourlées d'un sourire radieux. Ses doigts abîmés s'attardèrent sur cette protubérance dont il appréciait le toucher. L'adolescent n'était pas effrayé par l'aura malsaine que dégageait cet homme. Etrangement il se sentait même attiré par ces mains qui, à présent, tenaient prisonnier son cou.


" La lumière n'existe pas sans l'ombre." Finit-il par dire d'une voix étrangement calme.

C'est ainsi que s'étira sur son visage ce sourire dérangeant d'enfant innocent, mais à l'âme aussi pure que la noirceur de sa vie. Heureux de s'être enfin retrouvé, le blond continua de caresser le visage de Sammael, s'imprégnant de son irréelle douceur. Il trouvait beau ce visage dont il ne pouvait distinguer les couleurs. Dans son esprit se dessinait cette très nette image. Une beauté froide et à la fois rendu brûlante par une soif inqualifiable qui brillait dans ses prunelles sans âmes. L'adolescent pouvait deviner le sourire qui s'étirait sur ses lèvres pales. Cet homme lui sembla effrayant de beauté, et cette impression ne fit que renforcer l'étrange impression qui courait dans ses veines.

Il c'était résolu. Ce monde était l'enfer et il devait vivre pour se faire pardonner ses erreurs. Voilà tout ce qu'il devait garder en tête. Vivre était son châtiment, et il n'y aurait plus que la glace pour embaumer son coeur. Joachim ne chercherait sans doute plus à mettre fin à ses jours. Du moins temps qu'il resterait lui même. Il se doutait que cet autre lui, effrayé et pleurnichard ne manquerait la moindre occasion pour passer de l'autre côté du Styx. Mais il ne pouvait se résoudre à lui en vouloir. Après tout il était aussi effrayé que lui parfois.

Son regard émeraude se perdit au loin. C'était étrange. Si étrange. Une vague glacée le transperça soudain, lui arrachant un vague frisson.


"Mais croyez-vous seulement que les démons existent ? "

Cette interrogation laissa à l'adolescent une étrange impression d'amertume. Qui pouvait bien être ces démons dont on n'avait si souvent fait référence à son égard. Etait-il un de ces êtres imaginaires ? Non, c'était risible. Il était fait de chair et d'os. La cruauté était une chose parfaitement humaine. Ces hommes d'église n'exploitaient ce mythe que pour effrayer le villageois moyen. Cependant une part de lui-même lui murmurait un tout autre discours. Qu'est-ce qui pouvait pousser ces gens à commettre pareilles atrocités. Qu'est-ce qui l'avait poussé lui, à occire les membres de sa famille ? Il se souvint alors de cette force immuable qui grandissait à mesure que les années passaient. Cette folie latente qui n'attendait qu'une chose : qu'il se brise pour pouvoir enfin prendre le contrôle. Cette pensée lui arracha une lueur de tristesse.

" Oui, ils existent. En chacun de nous vit cette effroyable dualité. Il n'y a qu'un pas pour passer de l'ombre à la lumière et inversement. Le paradis n'existe pas, cette planète est notre enfer à tous." Conclut-il.

Son discours était soudain devenu plus adulte. Dans ses yeux brillait la stabilité de la maturité. Divisé par ses nombreuses personnalités, Joachim oubliait parfois à quel point il était douloureux d'ouvrir les yeux sur son propre monde. Il n'était plus un enfant depuis longtemps. Se cacher derrière ces mille visages n'effacerait jamais ce qu'il avait fait. Mais il était trop tard, son esprit c'était déjà abandonné aux ombres. Il ne lui restait parfois qu'une vague lueur de conscience comme celle-ci. Son seul souhait était de se maintenir suffisamment longtemps pour empêcher la venu d'une nouvelle crise. Voilà ce que l'humanité avait fait de lui, de son esprit. Un sans visage, une abomination parée du masque de l'innocence et de la beauté.

Le jeune Joachim ne répondit cependant pas à la dernière réplique de son aîné, se contentant de luis sourire tristement. Il n'avait pas besoin de lui répondre de toute manière, son silence en disait long. Ni Dieu ni Diable, juste l'homme dans toute son horreur.

Les mains glissées sur son cou, lui arrachèrent un étrange frisson, entre dégoût et excitation. Ses doigts, qui avait depuis longtemps quittés son visage, effleurait lascivement le sol glacé. Les prunelles du garçonnet disparurent derrière ses longs cils clairs. Ce froid envahissant était enivrant. Cette sensation d'appartenir tout entier à l'hiver. Depuis son enfance il l'avait épousé, le chérissant d'un amour réciproque. Présent à sa naissance, il le serait à sa mort. Poussant un soupir, l'adolescent vint toucher du bout du doigt le poignet de Sammael, remontant peu à peu vers ses ongles imposants. Cet homme était étrange. De toute façon qui ne l'était pas ici. Cependant Joachim sentait pertinemment que quelque chose chez lui piquait sa curiosité. L'aura malsaine qu'il dégageait était loin de le laisser indifférent, comme une attirance incontrôlée. Mais loin de se trahir son visage garda cette même expression neutre.


" Et vous Sammael, en quoi croyez-vous ? Nourrissez-vous ce malsain désir de briser ce festin d'âmes laissées à la dérive ?" Dit-il dans un souffle.
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MessageSujet: Re: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Mar 7 Juil 2009 - 21:12

    La voix mélodieuse du démon apaisa Joachim. Il aurait aimé en savoir d’avantage sur ce garçon, mais il n’aurait pas ce luxe tout de suite… Tant pis, ils avaient encore beaucoup de temps devant eux.

    Cependant, le jeune homme n’était pas tout à fait déçu ; il adorait séduire les Humains, et voir comment ces derniers succombaient à leur bourreau. Quelques victimes, même parfaitement conscientes du danger, se jeter dans ses bras, se blottissant contre lui. Les anges pouvaient bien promettre l’immortalité et la joie, les Humains préféraient toujours reposer auprès d’une créature séduisante des Enfers. Ce goût pour la noirceur et le péril faisait sûrement parti de leur nature complexe…

    Les mains curieuses de l’enfant découvrir une nouvelle fois les traits du jeune homme. Ses doigts dérapèrent à nouveau sur ses cornes, mais le démon ne dit rien. Son sourire persista ; Joachim aborderait-il le sujet ? Sammael en doutait, quoiqu’il pouvait s’attendre tout. Comme à cette merveilleuse phrase ;


    " Oui, ils existent. En chacun de nous vit cette effroyable dualité. Il n'y a qu'un pas pour passer de l'ombre à la lumière et inversement. Le paradis n'existe pas, cette planète est notre enfer à tous."

    Ces paroles pleines de sagesse avaient presque modifié la voix du garçon. A moins que ce ne soit qu’une impression ; mais ses mots résonnaient plus posément.

    Les démons existaient en effet, mais celui-ci était peut-être, ou sûrement le premier que Joachim rencontrait. Car si il voyait les
    démons comme les idées noires qui rongeaient le cœur des hommes, il y avait les vraies créatures diaboliques. Ces êtres faits de braise et de vices. La perversité les habitait jusqu’à la moelle, la tentation devenant leur raison de vivre. Et leur âme était si noire qu’elle avait été, depuis bien longtemps, réduite en cendres.

    Sammael remarqua sans peine l’étrange maturité qui venait de se glisser chez le garçon. La peur et la crainte avaient laissé leur place à la sagesse ? Pour combien de temps ? Un sourire franc s’étira à son tour sur le visage du garçon. Il était d’une candeur infantile, ressemblant plus à un ange ; un ange aux ailes brisées, certes, mais Sammael ne doutait plus de la cécité des moines qui avaient battu cet enfant. Même sans l’usage de ses yeux, Joachim voyait bien mieux que n’importe quel saint. Et bien qu’aucune image ne se reflète dans ses iris ; un certain bon sens y régnait.

    Bien sûr, Joachim n’était pas le plus fou, et il était peut-être même disposé à réintégrer une vie normale à l’extérieur… Mais Sammael se garderait bien de lui dire ; le décor de l’asile lui sied beaucoup mieux. Et une personne aussi intéressante ne pouvait être relâché en pleine nature.

    Les pensées noires parsemaient son esprit, comme un rosier en train de pourrir, et pourtant, Joachim était d’une prudence bien avisée. Car en effleurant les ongles du démon, il garda son expression indifférente. Non, il ne lui demanderait rien sur ces étranges caractéristiques qu’il découvrait à tour de rôle.


    « Et vous Sammael, en quoi croyez-vous ? Nourrissez-vous ce malsain désir de briser ce festin d'âmes laissées à la dérive ? »

    Au tour de Joachim de surprendre son interlocuteur. Les yeux bordeaux de l’homme s’écarquillèrent pendant l’espace d’un instant. Son sourire revint cependant ; il marqua une pause avant de répondre. Ses mains, toujours posées contre son cou, glissèrent jusqu’à sa nuque. Non, le garçon ne pouvait toujours pas prendre congé. Bien qu’il ne semblait pas avoir l’intention de quitter le démon, ce dernier préférait s’assurer que sa proie resterait encore près de lui.

    -Je ne crois en rien, hormis le fait que nous sommes condamnés sur cet « Enfer »… Peut-être que cet asile est terrifiant pour certains. Pourtant, je le trouve réconfortant ; nous sommes coupés du monde extérieur, qui est bien plus terrifiant, vous ne trouvez pas ?

    Murmura-t-il. Allait-il paraître fou aux yeux de Joachim ? Peu importe les jugements du garçon, pour le moment, son masque humain devait encore recouvrir ses sombres origines. Bien que sa couverture devait être légèrement abîmé par les révélations exposées au garçon. Le directeur enchaîna, d’une voix paisible.

    -Mister Joachim, je n’en ai peut-être pas l’air ; mais je veux prendre soin de mes patients. Leur âme, leur vie me sont précieuses. Le voyage que vous endurez est peut-être dur, mais jamais je ne me permettrais de ralentir votre rétablissement… Et si un cas est perdu, et bien…

    Un nouveau silence s’interposa. Les lèvres de Sammael s’étirèrent à nouveau.

    -… Et bien, nous nous arrangerons pour qu’il passe le reste de ses jours dans un état convenable.

    L’une des mains du démon se détacha du cou sur lequel elle reposait, avant de parcourir un bras, puis s’enrouler autour d’un frêle poignet.

    -A cause du traitement peu habituel que vous avez subit, vous devez douter de mes paroles. Mais avouez qu’il n’était pas très intelligent de se promener délibérément sur un lac congelé.

    En douceur, Sammael porta l’un des poignets à sa bouche. Appliquant ses lèvres contre la peau meurtrie, sans aucune brutalité. Il relâcha son emprise et observa de nouveau son patient.

    -Aviez-vous l’intention de vous tuer ?

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MessageSujet: Re: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Mer 8 Juil 2009 - 11:41

" Pourtant, je le trouve réconfortant ; nous sommes coupés du monde extérieur, qui est bien plus terrifiant, vous ne trouvez pas ? "

Des paroles qui semblèrent bien triste pour l'adolescent. Ce monde était un enfer et cet endroit un territoire où l'horreur venait des murs. Joachim avait connu cette existence paisible en huis clos. Il n'ignorait pas la dangerosité et la morosité du monde extérieur. Probablement ne connaîtrait-il pas d'autre monde. Que sa vie s'éteindrait ici, sans que personne ne le pleure. Seul et brisé, sans espoir de rédemption. C'était sans doute mieux ainsi. Ce qu'il avait vu de l'extérieur avait suffit à le condamner à vivre entre ces murs. Le blond ne trouvait pas cet endroit effrayant, mais plutôt dérangeant. Sammael aurait beau faire de son mieux, ce lieu garderait toujours cette ambiance malsaine qui ébranlait légèrement l'esprit de l'adolescent.

Réconfortant....

Que pouvait-il avoir de réconfortant entre ces murs ? Pourtant, oui pourtant, il y avait quelque chose dans ce lieu qu'il retrouvait de sa demeure de naissance. Les iris du garçon s'éclairèrent d'une lueur nouvelle. Ce petit morceau de joie qui n'avait pas brillé depuis si longtemps dans l'émeraude de ses prunelles. Maddleton était un peu comme ce château qu'il avait connu autrefois. Son immense parc bordé d'arbre. Le murmure du vent qui parfois agitait leurs branches. Cette demeure aussi froide que l'hiver, son éternel amant. L'adolescent ferma les yeux un instant. Les cris des autres patients soudain s'évanouir, il réalisait enfin la beauté que recelait ce lieu. Une douceur comme il n'avait pas connu depuis des années. C'était comme si il revivait, comme si tout ce qui était advenu de sa vie n'était plus. Un sourire ourla alors ses lèvres d'ange, la sérénité emplissait son être tout entier, repoussant plus loin encore la folie qui le rongeait.


" Je comprends...." Lacha t-il dans un souffle.
" Je m'en étais pas rendu compte avant, mais il flotte dans l'air cette même froideur qu'autrefois....l'hiver est là, entre ces murs..."

Bercé par les souvenirs heureux Joachim se perdit un instant dans son univers de glace. Il se revoyait petit garçon sur les marches de cet antique château, simplement vêtu d'un drap immaculé. Il se revoyait courant dans la neige, cette sensation....Le vent qui lui murmurait à l'oreille mille promesses. Triste nostalgie qui lui arracha une larme unique.

L'adolescent ouvrit les yeux alors que Sammael venait de se saisir de son poignet délicat. Intrigué il le sentit poser ses lèvres sur la blessure, piquant à vif les sensations du jeune garçon. Cette onde de chaleur qui se distillait dans ses veines arracha à Joachim un bien étrange soupir. Jamais personne n'avait fait preuve d'autant de douceur à son égard depuis si longtemps. Il retrouvait là un sentiment perdu, enfouit au plus profond de sa mémoire. La douceur d'un père, la chaleur d'un amant. A cet instant il aurait tout donné pour se blottir une fois encore dans les bras de l'homme qui avait donné sa vie pour lui. Juste un instant, un tout petit instant. Mais il ne subsistait plus qu'un cadavre dans sa mémoire.


" Aviez-vous l'intention de vous tuer ?"

Une lueur de profonde tristesse glissa dans son regard. Ses doigts vinrent rencontrer la main unique sur sa nuque. L'adolescent s'en saisit, comme pour se raccrocher à quelque chose de réel. Il songea à cette journée là, à ce qui l'avait conduit après deux ans à en finir définitivement. James, il lui manquait tant. La mort avait été là, lui tendant les bras. Il aurait enfin été délivré de ce monde de cauchemar. Et il aurait réussi si cet inconnu n'était pas venu le chercher dans les entrailles glaciales du lac. Joachim hocha la tête en signe d'assentiment.

" Oui j'en avais l'intention. Et je ne serais probablement pas là, si cet inconnu ne m'avait pas sauvé. "

Joachim fixa un point invisible sur le sol. La tristesse l'envahit soudain. Il songea à ce moment terrible ou le lac avait grondé sous lui, au moment ou la glace s'était fendue pour l'accueillir. Et ces bras qui l'avaient secouru, cette chaleur qui s'était répandue dans tout son corps. Qui pouvait bien être ce mystérieux sauveur ? Qui n'avait pas souhaité sa disparition ? Qui avait songé que sa vie en valait encore la peine ? Autant de question qui ne trouverait sans doute aucune réponse. Quel dommage, et en même temps, il n'aurait pas à affronter la responsabilité d'avoir voulu se tuer. Il était fou quoiqu'on en dise.

" Pour moi il n'y a aucun espoir. Je suis condamné à revivre chaque jour de mon existence passée, dans toute son horreur. "Dit-il plus pour lui-même que pour Sammael.

Son regard se perdit de nouveau au loin. Ses doigts, inconsciemment, s'attardèrent de sur les ongles de l'adulte. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire. Au moins il avait trouvé en la personne de Sammael un peu de réconfort. Rien d'extraordinaire, mais juste ce qu'il fallait pour qu'il ne sombre pas définitivement.


" Je ne crois pas que je vivrais encore longtemps de toute façon. Il n'y a guère qu'un pas pour que je sombre. Pourtant....je n'ai pas peur. Je trouverai simplement un nouveau monde de glace, où mes souvenirs, mes souffrances et ma vie auront définitivement disparu dans le néant de mon inconscience. Je retournerai aux origines de ce monde, et personne ne sera là pour me pleurer."

L'adolescent tendit un doux sourire à l'adulte. Joachim était fataliste, il ne pourrait pas aller à l'encontre de son destin. La lutte n'était pas nécessaire puisqu'il avait déjà perdu le combat contre lui-même. Mais ça lui importait peu. Il continuerait d'errer dans ces couloirs jusqu'à ce que enfin son existence s'achève.

" Quel est le but de votre existence Sammael ? Hormis celui de prendre soin des âmes échouées ici. " Murmura t-il.
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MessageSujet: Re: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Mer 8 Juil 2009 - 15:00

    Joachim semblait fasciné par le froid, lui portant un amour chaleureux. C’était un enfant de l’hiver ; l’or blanc de ses cheveux, le vert clair de ses iris, sa peau diaphane… Toutes ses couleurs froides s’accordaient avec la blancheur de la neige, et le vent placide. Parmi les arbres noirs et dénudés, couché sur un sol glacé ou dansant sous des flocons ; ces images n’avaient pas besoin d’imagination pour paraître réelles, tellement elles étaient évidentes.

    Chacun pouvait y voir une forme de beauté entre ces murs ; Joachim y voyait son enfance heureuse et regrettée. Sammael, lui, y voyait la richesse et le goût. La souffrance qui tordait l’esprit des Humains était aussi appétissante que le fumet d’un banquet. Ces âmes étaient son trésor, sa fierté. Mais son affection était aussi funeste que sa faim. Il savait combien il était étrange prendre soin de son phénix avant de le laisser brûler dans un infernal incendie, un torrent de désagréables surprises.

    Et le démon se réjouit à entendre le soupir de l’enfant. Cette bienveillance le berçait. Les yeux de Joachim s’ouvriraient-ils avant qu’il ne sombre dans ce flot ténébreux ? Ou préférera-t-il que la douceur du démon remplace son lac meurtrier ? C’était un choix que pouvait prendre l’enfant. Mais Sammael ne lui accorderait pas immédiatement ce soulagement, cette liberté. Son plaisir passait avant celui du jeune garçon. En revanche, Joachim pourrait se résigner ; refusant de céder au charme du jeune homme. Refusant d’offrir son âme à ces lèvres attrayantes.


    " Oui j'en avais l'intention. Et je ne serais probablement pas là, si cet inconnu ne m'avait pas sauvé. "

    Un inconnu ? Joachim était-il déjà la propriété d’un employé de l’hôpital ? Ou même pire ; un ange qui venait rôder autour de l’asile ? Sammael fronça les sourcils ; malheureusement, Joachim ne semblait pas se souvenir de son sauveur. Le démon ne savait si il devait remercier ou redouter cette personne. Le remercier pour avoir rallonger la vie désespérée du jeune garçon, pour l’avoir obliger à reprendre son fardeau pesant… Mais si c’était un ange qui l’avait secourut de cette mort certaine ; Sammael en oublierait les politesses et n’hésiterait pas à arracher les ailes de cet être.

    La colère fulminait sous sa peau, qui devenait alors ardente. Ses traits devinrent plus fermes. Puis, sa haine s’apaisa. Le démon resterait sur ses gardes ; aucun parasite, aussi discret soit-il, ne s’approcherait de son territoire. Et aucun bon samaritain ne lui volerait ses biens.

    Par contre, si c’était l’un de ses compères, la situation serait bien différente ; la concurrence ne déplaisait pas à Sammael. Cette pensée le calma définitivement ; les liens pressants que formaient ses doigts sur la nuque de Joachim se relâchèrent.

    La voix paisible du garçon le ramena à son état précédent. Ses paroles légères repeignirent un sourire sur le visage du jeune homme.


    " Je ne crois pas que je vivrais encore longtemps de toute façon. Il n'y a guère qu'un pas pour que je sombre. Pourtant....je n'ai pas peur. Je trouverai simplement un nouveau monde de glace, où mes souvenirs, mes souffrances et ma vie auront définitivement disparu dans le néant de mon inconscience. Je retournerai aux origines de ce monde, et personne ne sera là pour me pleurer."

    Sammael ne lui répondit pas ; si Joachim mourrait, il n’en pleurerait pas. Jamais aucune larme n’était tombée de ses yeux. A part le plaisir, il n’y avait pas de sentiment qui touchait réellement son cœur de braise –si il en avait au moins un…-

    Oh, bien sûr ; quelques démons étaient aussi moroses qu’un automne gris. Ravalant le spleen comme un vin empoisonné, et pleurant une mort imaginaire, qui ne viendra jamais. Mais Sammael ne faisait pas parti de ces tristes créatures, ces martyrs qui étaient bel et bien des anges déchus.


    " Quel est le but de votre existence Sammael ? Hormis celui de prendre soin des âmes échouées ici. "

    Cette phrase illustra l’intérêt que semblait lui porter Joachim. Son existence ? Quelle étrange façon de parler ; son immortalité aurait été dévoilée ?

    -Le but de mon existence ? C’est une question bien étrange, Mister Joachim… Je ne pourrai y répondre que lorsque ma vie prendra fin.

    Pouvait-on deviner l’ironie qui faisait vivre cette phrase ? Le mensonge qui accentuait chaque syllabe ? Si Joachim devinait l’identité de Sammael, cela ne changerait rien. A qui irait-il se plaindre ? Les villageois des alentours ? Ridicule ; cela ne renforcerait que leur opinion ; que l’enfant était fou a lié. Ou peut-être Dieu et les anges, mais comment pourraient-ils l’entendre dans cet infernal orchestre de plaintes ?

    Et puis, son paradis était désillusionné. Ce bâtiment était tout ce qui lui restait. Ces monstres étaient ses seuls compagnons avant son heure venue. C’était une évidence, et Joachim serait assez sage pour le comprendre.
    Sammael rajouta innocemment.


    -Je ne pense pas que ma vie sera bien différente de celle de l’ancien directeur ; je vivrai ici, vulnérable à la folie, et j’y mourrai, heureux d’avoir accompli mon devoir. Peut-être que cet asile n’a pas plus d’avenir que moi, et que son heure sonnera avec la mienne.

    Il se rapprocha du garçon, attirant à lui le visage de Joachim à l’aide se main. Le jeune homme se pencha alors à son oreille, murmurant distinctement.

    -Mais n’ayez crainte ; je vous enterrerai bien avant que ma pierre tombale ne soit gravée. Car vous n’avez aucune envie de retournez dans ce monde misérable qui se trouve derrière ses murs, si ?

    Il lâcha le poignet du garçon, avant de poser sa main entre ces omoplates osseuses.

    -Vous ne souhaitez pas retrouver ce couvent, ces gens qui risquent de briser vos ailes à nouveau, n'est-ce-pas ? Ces ailes si précieuses qui vous porteront jusqu'à votre hiver éternel.

    Chuchota le démon. Si tel était son vœu ; Sammael laisserait le cadavre de Joachim tomber dans les méandres d’un lac congelé… Mais concernant son âme, jamais le jeune homme ne laisserait un petit lapin aussi précieux s’échapper.

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MessageSujet: Re: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Jeu 9 Juil 2009 - 10:55

Le garçon poussa une légère plainte.

La soudaine chaleur qui se dégageait des paumes de son aîné fut presque une brûlure sur son corps d'albâtre. Joachim haïssait la chaleur, l'été pour lui était une souffrance sans égale. ll ne supportait pas, non pas du tout. C'était pour lui comme si les rayons de l'astre solaire perçait sa peau trop douce, trop blanche. Mais cette crainte était davantage psychologique que réelle, même si il se disait appartenir tout entier à l'hiver. L'Autriche était un pays plutôt froid. Ses immenses bois où il était si aisé de se perdre étaientt une couverture d'ombre parfaite face au soleil. L'Angleterre bien que plus humide convenait parfaitement au garçon, bien qu'il regrettât ne pas voir si souvent la neige que dans ses montagnes maternelles.

Derrière ses iris aveugle l'adolescent avait pu sentir les traits de l'adulte se contracter en une expression effrayante. Joachim aurait voulu reculer, mais ces doigts qui l'étouffaient presque le retinrent tout contre lui. Bientôt Sammael ne tarda pas à se radoucir. L'adolescent le fixa intrigué bien que son visage resta de marbre. Qui pouvait bien être réellement cet individu, pourquoi avait-il sentit en lui une colère si immense ? S'en était presque effrayant. Mais le blond en avait vu bien d'autre. Une horreur de plus sur ce monde, ici ils étaient vu autrement que comme des monstres.


" Je ne pourrai y répondre que lorsque ma vie prendra fin. "

Joachim pencha la tête intrigué. Qu'entendait-il par là ? Même si son existence à lui n'avait aucun sens, elle était limitée dans le sens où une fois mort il ne pourrait rien faire. Les hommes devaient faire des choix. Mais Sammael semblait insinuer que pour lui il n'y aurait probablement pas de fin. Comme si...comme si son corps était immortel. L'adolescent secoua la tête. Non c'était impossible, parfaitement impossible. Même chez les religieux il n'avait pu se résoudre à croire en ce prétendu Dieu. Sinon pourquoi lui aurait-il infligé toutes ces épreuves ? Par pur amusement ? Pour tester la résistance de l'esprit humain ? Joachim trouva cette réflexion bien triste. Son existence avait été un cauchemar de bout en bout, il ne pouvait concevoir qu'un être "divin" l'avait condamné à une vie telle que celle là.

" Je ne pense pas que ma vie sera bien différente de celle de l’ancien directeur ; je vivrai ici, vulnérable à la folie, et j’y mourrai, heureux d’avoir accompli mon devoir. Peut-être que cet asile n’a pas plus d’avenir que moi, et que son heure sonnera avec la mienne. "

Le regard de Joachim se perdit au loin. " Mensonge. " Siffla t-il entre ses dents. Malgré sa grande innocence il ne pouvait croire ce que lui murmurait l'adulte. Pas après ce qu'il venait de dire précédemment. Mais il n'eut guère le temps d'y songer davantage, car la main de l'homme s'empara de son visage, l'attirant un peu plus contre lui. Joachim frissonna de cette trop grande proximité. Il ne pouvait véritablement dire ce qu'il trouvait d'attirant chez Sammael, mais cette aura malsaine ne le laissait pas indifférent. Troublé, il ne chercha même pas à se dérober. Sammael avait quelque chose de "diaboliquement " attirant. Sa façon de parler, sa gestuel, ses traits, sa voix. Tout était trop parfait, trop calculé. C'était étrange, l'adolescent se sentait perdu. Jamais personne ne lui avait inspiré autant de crainte et d'attirance à la fois.

" Mais n’ayez crainte ; je vous enterrerai bien avant que ma pierre tombale ne soit gravée. "

Les iris de Joachim s'écarquillèrent. Cette simple phrase dont il attendait malgré tout la venue, lui fit un effet pour le moins étrange. Le souffle de l'homme s'écrasant sur sa peau, cet effroyable sentiment de tristesse. L'avenir était cette pierre qui graverait dans un dernier souvenir son nom d'enfant. Le sang qui coulait de sa main blessée lui rappela cette triste fatalité. Il était condamné à mourir, c'était sa seule perspective d'avenir. Il n'y avait plus d'issue possible, et cette idée l'effraya malgré tout. D'autant qu'il songeait à celui qui avait voulu prolonger son existence misérable. Qu'avait-on à lui offrir de plus mis à part cette folie ? Pourquoi ? pourquoi ?! POURQUOI ?!

Joachim saisit par l'horreur de sa propre réflexion se plia en deux déchiré entre sa raison et sa folie. Sur son front perla quelques gouttes de sueur alors que son visage fut déformé par une expression d'atroce souffrance. Il ne pouvait plus supporter cette vie, cette dualité en lui. Des larmes amères roulèrent le long de ses joues blafardes. Ses doigts fébriles vinrent se saisirent du vêtement de l'adulte, dans un dernier espoir de ne pas sombrer une nouvelle fois. Son regard émeraude se leva vers lui.
" Aidez-moi. " Lui murmura t-il. Sammael représentait pour lui ce mince espoir de rester accroché à sa raison. Ce tout petit espoir.

Epuisé, il lâcha le morceau de tissu pour venir s'allonger misérablement sur le sol glacé de la cuisine. Un soupir franchit la barrière de ses lèvres pales alors qu'il luttait ardemment pour garder le contrôle. L'adolescent fixa longuement le sang qui coulait de ses doigts. Cette rivière carmin qui le maintenait bien vivant sur cette planète. Cette sensation de chaleur intense le brûlait presque. Et bientôt il y eu une petit flaque rouge sous la main du garçon. Un sourire étrange vint étirer ses lèvres. Si seulement sa vie pouvait s'écouler aussi paisiblement.


" Je veux seulement retourner dans le château de mon enfance, mais il n'est guère plus qu'un souvenir. " Souffla t-il à l'adresse de l'adulte.

Le blond savait qu'il n'y avait aucun espoir pour qu'il y retourne un jour. Son corps était trop faible pour être amené jusqu'à l'Autriche. Et personne ne voudrait jamais le laisser sortir de cet asile. Qui serait assez irresponsable pour laisser sortir un fou ? Personne. Il n'y avait aucun espoir qu'il revoit sa terre natale avant sa mort. Tristement il songea à sa mère et à sa soeur qui dormaient au fond de ce lac éternellement gelé. Il songea aux ossements de son père abandonnés sur le sol de cette petite chambre. Lui ne dormirait jamais à côté d'eux. Avec le temps il avait presque oublié leurs visages. Une nouvelle plainte transperça le silence. C'était si douloureux.

Des ailes ?

Un sourire ourla les lèvres du garçon. Non il n'en avait pas. Ce n'était qu'une illusion, il n'avait rien d'un ange. Et si il avait des ailes, celles-ci devaient être aussi noires que l'ébène, aussi épouvantablement laides que celles de Lucifer. Mais brisé était bien le mot. Il l'était, aussi bien physiquement que psychologiquement. Son corps trop maigre témoignait de sa très grande faiblesse. La crise qu'il vivait, sa décadence mentale. Pauvre petit enfant qu'il était. Seul dans cet endroit, sans plus personne pour le consoler, sans plus personne pour le maintenir un tant soit peu lucide. L'adolescent fixa lascivement ses poignets blessés. Joachim tenta vainement de se redresser, mais son souffle vint à lui manquer. Son coeur battait fébrilement dans sa cage d'os. Il trembla bientôt de tous ses membres. Au bord du gouffre, son esprit luttait pour ne pas sombrer à nouveau.


" Aidez-moi. " Implora t-il.

" Aidez-moi..."
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Sammael Ruthven
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MessageSujet: Re: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Jeu 9 Juil 2009 - 17:03

    « Mensonge »

    Ce mot résonna aussi légèrement qu’un soupir, mais il était alourdi par l’incrédulité de Joachim. Mais ce n’était pas le plus frappant ; l’idée de mourir ici semblait le paralyser. Une nouvelle pluie de larmes s’écoula sur ses joues creuses. Sa petite voix lui supplia de l’aider.

    Il s’accrochait à la veste de Sammael ; le pauvre enfant semblait désespéré, anéanti par un avenir inapaisé. Etrangement, le démon lui adressa un sourire désolé. Et lorsque Joachim se détacha de lui, il s’allongea sur le sol. Le poids de ses sombres idées semblait insoutenable.


    " Je veux seulement retourner dans le château de mon enfance, mais il n'est guère plus qu'un souvenir. "

    Le démon se pencha -en évitant cependant de s’allonger-, lui effleurant doucement le front pour écarter ces perles de frayeur.

    -Ce n’est pas seulement ce château qui vous manque, c’est votre enfance elle-même. Mais pensez-vous vraiment qu’en retournant sur ce lieu, votre vie redeviendra douce et paisible ?

    Les Humains étaient d’éternels enfants, refusant de quitter leur cocon de soyeuses plumes blanches. Sammael avait vu plus d’un vieillard se recroqueviller sur lui-même, se remémorant son lointain passé. Mais Joachim était encore un enfant dont tous les rêves étaient partis en fumée, et son innocence lui avait été arrachée. Comment son triste passé s’était déroulé ? Puisque Joachim en savait déjà assez sur le démon, ce dernier voulait à son tour connaître les douleurs de son patient.

    Joachim appela Sammael, à bout de souffle, il lui demanda de l’aide. Il était si faible, et aussi pathétique qu’un moineau qui avait chuté de son nid. Le démon se releva, sa faim devait être aussi pénible que sa soif… Quelques secondes plus tard, le jeune homme revint s’agenouiller près de Joachim, le redressant légèrement pour lui faire boire l’eau qui se trouvait dans le pichet qu’il tenait.

    Parfois, la soif faisait halluciner les patients. Quelques gorgées amènes arroseraient la gorge sèche de l’enfant. Bien sûr, le jeune homme ne cherchait à le noyer. Mais c’est dans des délires insensés que Joachim risquait d’étouffer. Or, le démon préférait en apprendre d’avantage sur ses blessures du passé, que de le voir perdre la tête.

    Il reposa la carafe au sol. Il releva le dos du garçon, enserrant sa taille frêle, et portant sa tête fébrile dans le creux de son bras. Sa main disponible lui effleura à nouveau son visage humide ; ses gestes étaient beaucoup plus doux, protecteurs.


    -Qu’attendez-vous de moi ? Que je vous promette de vous ramener à ce château ? Vous serez assez lucide pour déceler mes mensonges...

    Beaucoup de patients préféraient vivre dans une illusion montée de toutes pièces par des rêves, des souvenirs et les douceurs de leur vie. Serait-ce aussi le cas de Joachim ? Voudrait-il vivre continuellement dans un monde de mensonges ?

    -Même si vous voulez me croire ; vous n’y arriverez pas ; mes paroles ne vous ont pas dupé tout à l’heure. Comment vous en êtes-vous aperçu ?

    Ses lèvres formaient toujours ce sourire compatissant. Mais ses yeux luisaient d’une curiosité impatiente. Par désespoir, l’enfant s'en remettait à lui. Resterait-il dans ses bras si il devinait la vraie nature de son "espoir" ?
    Sammael essuya alors les pleurs du visage de Joachim. Des larmes si chaudes tellement elles étaient sincères, mais ce sentiment vigoureux lui était totalement inconnu.

    Il rapprocha le corps faible de Joachim contre son torse, le gardant auprès de lui.


    -Mais vous êtes quelqu’un de très étrange, car malgré tout ; vous me suppliez de vous aider. Qu’y avait-il dans ce château ? A quel prix l’avez-vous perdu ?

    Son étreinte se resserra, en même temps que la malice qui revenait teindre le timbre de sa voix. Même si Joachim venait à guérir, Sammael était trop égoïste pour le laisser partir.

    Les Humains pouvaient difficilement tourner une page usée de leur vie, et Joachim était l'un de ses nombeux cas. Se raccrochant à cet étrange lieu, à ses trésors hivernaux.

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MessageSujet: Re: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Mer 22 Juil 2009 - 20:51

" Mais pensez-vous vraiment qu’en retournant sur ce lieu, votre vie redeviendra douce et paisible ?"

L'adolescent eut un rire amer à cette phrase doucement murmurée. Jamais sa vie ne redeviendrai ce qu'elle avait été. Ce passé, aussi tragique soit-il, ne fut qu'une belle et terrifiante fable dont la victime trouvait un visage en son nom. Un conte sans raison ni âge ; et il ne restait rien de cette parcelle agonisante qu'il ne pourrait plus cultiver. Il suffoquait sur cette terre aride. Son esprit symbolisé en ce mince morceau de vie, qui n'était plus que sable désormais. Paniqué, le garçon se mit à gémir de plus belle, suppliant une entité imaginaire de le délivrer de cette folie dévorante. Ses mains frêles et blanches agrippées autour de sa gorge comme deux branches de sureau étaient mues par une volonté propre. L'enfant suffoquait. Le corps convulsé par de terribles tremblements, ses petits yeux innocents disparurent derrière ses paupières closes. Dans cette position singulière qu'était la sienne, Joachim ne savait guère plus ce que l'on faisait autour de lui.

Mais bientôt des bras le saisirent et l'on vint étancher la soif terrible qui l'étouffait. Le petit s'agrippa au pichet comme si sa vie ne tenait qu'à ce fragile objet. Il but, non sans pousser quelques glapissement d'animal écorché ; et bientôt la crise s'apaisa comme autant de mers redevenues calmes après la tempête. L'attention que lui porta l'homme finie par le calmer complètement. La respiration quoiqu'un peu courte, l'adolescent se sentait mieux à présent, bercé par ce singulier individu.


"Qu’attendez-vous de moi ? Que je vous promette de vous ramener à ce château ? Vous serez assez lucide pour déceler mes mensonges..."

Mélancolique, Joachim ferma les yeux. Il ne servirait à rien de le conduire là-bas. Il ne trouverait rien de plus que de la poussière si cet endroit existait encore. Le monde était déjà un vaste mensonge, autant ne pas l'alimenter du sien. Il ne pouvait nier qu'il avait essayé autrefois, qu'il s'était échafaudé de quoi vivre sans trop de remords. Mais à chaque fois l'illusion se brisait comme un miroir jeté à terre. Seul les idiots se berçaient de ces doux rêves, les caressait sans jamais en éprouver de joie. Autant vivre dans le malheur. Les faits étaient certes plus douloureux mais ils avaient l'avantage d'être réels. C'était cette voie qu'il avait emprunté voilà des années, à l'instant même où son innocence avait volé en éclats. Une bien triste morale pour un monde qui ne se souciait déjà plus de lui. Un sourire amer trancha avec la beauté de son visage d'enfant. Il ne chercherait plus à se battre pour cette vie sans saveur. A quoi bon, puisqu'il n'y avait plus aucun espoir.

" Comment vous en êtes-vous aperçu ? "

Joachim resta un long moment silencieux, cherchant les mots les plus appropriés pour lui répondre. Faiblement, il chercha à s'écarter mais n'en eut guère la force. Accablé par la souffrance physique son corps famélique rechigna à l'effort. Finalement il se résolu à rester là, blottit contre Sammael.

" Nous usons tous ici de plusieurs visages sans jamais montrer quel est le vrai. Il m'a été aisé de voir que votre attitude si vigoureusement compatissante n'était pas sincère. Je ne bois plus jusqu'à la lie les mensonges dont on m'abreuve depuis si longtemps. Mais ne croyez pas que je vous en veuille pour ça. Je devine votre curiosité malsaine à l'égard de ceux qui logent ici et je la comprends. De même que je m'attends à ce que vous soyez bien différent de cette figure douce et compatissante. Je n'ai pas peur..."

L'adolescent suspendit sa phrase. Il n'avait pas peur, du moins il n'avait plus peur comme autrefois. Sombrer lui semblait inévitable à présent. Cette misère existentielle était sans doute bien pire que toutes les tortures de l'enfer réunies. Joachim s'était habitué à cette idée morbide de souffrir éternellement. Tout n'était que mensonge, lui, Sammael, ce monde. Rien ne le surprenait plus vraiment. Le voile de l'innocence ne flottait plus devant ses yeux tristement lucide.

" Qu’y avait-il dans ce château ? A quel prix l’avez-vous perdu ?"

Joachim se surprit soudain à rire. Il devinait derrière cette phrase toute la malice que Sammael dissimulait à grand peine. Mais le blond ne répondit rien, se contentant de fixer le lointain. Ce château avait recelé tout ce qui l'avait construit, son bonheur, son insouciance, son enfance. Il l'avait perdu au prix de son âme. Dès lors qu'il s'était abreuvé du sang et de la chair de son père, il avait perdu à jamais ces illusoires moments de joie. Ces malheurs qui l'avaient accablé étaient autant de malédictions divines jetées contre lui. Ses ailes arrachées sans pitié pendaient lamentablement dans un sanglant souvenir. Et cette vision ne lui suscita aucune tristesse. Il était résolu, définitivement.

Puis il s'arracha à l'étreinte de cet homme. Péniblement il avança de quelques pas, s'agrippant au comptoir pour ne pas tomber. Ses doigts habiles cherchaient quelques choses de bien précis. Un sourire fendit ses lèvres lorsqu'il sentit enfin la froideur de la lame sous ses doigts blancs. L'adolescent s'empara de l'objet par le manche et se retourna vers Sammael. Son visage ne reflétait rien, le faisant davantage ressembler à une poupée de cire. Ses yeux verts étaient fixés sur l'homme bien qu'il ne le voyait pas. Mais il devinait sa présence. Alors il s'approcha sans crainte. Arrivé à sa hauteur, l'adolescent marqua un temps avant de lever son bras, la pointe de l'arme dressée vers le ciel. Puis d'un coup violent, il l'abattit sans la moindre hésitation sur la joue du directeur. Joachim resta là, écoutant silencieux le sang goutter sur le sol. Puis il lança d'une voix monotone :


"Vous êtes bien le diable, Sammael et je ne peux que m'incliner devant vous. J'ai cependant un millier de visages et je ne vous laisserai pas facilement trouver le vrai. "

Bien que ses paroles fussent assurées, son attitude générale trahissait une certaine anxiété, et surtout une très grande faiblesse. Joachim n'ignorait pas les conséquences qu'un tel acte aurait sur sa vie, mais il n'y accordait pas d'importance. Rien ne pouvait être pire que cet infernal sentiment qui le rongeait. Non rien ne pouvait être pire, pas même la promesse de souffrir mille morts. Sammael n'était qu'un menteur de plus dans cet univers, et il garderait sans doute un "charmant" souvenir de sa rencontre avec l'adolescent. Il laissa d'ailleurs tomber l'objet au pied de l'adulte avant de se retourner pour s'avancer lentement vers la sortie de la cuisine. Pourtant quelque chose le retint. Un curiosité malsaine qui le poussait à spéculer sur l'attitude qu'allait adopter Sammael. Bien sûr Joachim était loin d'être un monstre, c'était même le contraire. Mais comme beaucoup en ces lieux, il se protégeait derrière toutes les attitudes possibles et imaginables. Pourtant sa détresse restait intacte. Il s'en était remit à Sammael, il avait juste omis le fait que la tâche ne serait pas aisée. Pour l'un comme pour l'autre.
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Sammael Ruthven
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MessageSujet: Re: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Sam 25 Juil 2009 - 21:22

    Sammael ne cessait de se le répéter ; ce garçon était réellement perspicace. Observateur alors que la vue n’était pas à sa portée. Joachim avait remarqué les fissures qui ornaient le masque souriant du démon. Il avait vu ensuite derrière cette façade, il avait décelé ce flot acide de mensonges.

    « Nous usons tous ici de plusieurs visages sans montrer quel est le vrai. Il m’a été aisé de voir que votre attitude si vigoureusement compatissante n’était pas sincère. Je ne bois plus jusqu’à la lie les mensonges dont on m’abreuve depuis si longtemps. Mais ne croyez pas que je vous en veuille pour ça. Je devine votre curiosité malsaine à l’égard de ceux qui logent ici et je la comprends. De même que je m’attends à ce que vous soyez bien différent de cette figure douce et compatissante. Je n’ai pas peur… »

    Ces mots emplissaient le directeur d’une satisfaction brûlante. Si Sammael devait être franc à son tour, il avouerait avoir guidé Joachim hors de ce filet de paroles illusoires. Au cours de leur échange, le démon ne se plaisait plus à user de mensonges avec cet enfant. Et la franchise ne gâcherait pas son plaisir à connaître d’avantage son patient. Car les personnes aussi surprenantes que Joachim avaient le don de stupéfier le jeune homme ; leurs réactions improbables étonnaient le démon. Ces hommes n’étaient en rien lassants tellement ils étaient imprévisibles.

    L’enfant blond s’écarta de Sammael en silence, car bien que ses jambes pouvaient le trahir à tout moment, il semblait accorder plus de confiance en elles qu’au directeur. Sa main chétive s’empara délicatement d’un long couteau. Attentif, l’homme observa le garçon, qui était prêt à abattre cette lame. Ô combien inefficace pourtant…
    Pourtant, Joachim acheva son geste ; l’arme blanche se planta dans la joue du jeune homme. Tranchant la peau diaphane de Sammael, marquant la langue du démon d’un trait cramoisi. De sa blessure indolore s’écoula son sang inutile, couvrant ensuite son cou d’un voile humide et rouge. Le col de sa chemise fût tachée elle aussi par ce liquide rubis. L’odeur nauséabonde s’imprégna dans la cuisine, l’imbibant d’un arôme métallique, rappelant vaguement les autres pièces de l’asile.
    Dans certaines chambres pouvaient se réunir le sang et les ustensiles en métaux. Ce qui créait alors un parfum froid et palpable, n’incitant que la torture.


    « Vous êtes bien le diable, Sammael et je ne peux que m’incliner devant vous. J’ai cependant un millier de visages et je ne vous laisserai pas facilement trouver le vrai. »


    Sur ses mots, Joachim recula jusqu’à la sortie. Oserait-il s’arrêter et connaître la réaction de Sammael ? Le jeune homme avait encore un goût d’acier dans la bouche, mélangé au sang. Une liqueur sans aucun intérêt pour lui, en plus de cela ; il n’y avait rien d’amusant de goûter à sa propre source de vie. Bien que les démons n’ont nullement besoin de sang pour vivre ; où passerait-il ? Dans leur corps si brûlant, il n’y avait aucun cœur à faire battre.
    Sa main agrippa le manche du couteau pour le retirer vivement. Une nouvelle éclaboussure bordeaux se projeta sur le sol et, bien que Joachim ne le remarque pas, le sang du démon se ternissait plus vite que celui d’un être Humain. Devenant alors d’un rouge des ténèbres, ressemblant au vin.
    D’un sombre regard, Sammael observa son agresseur. Le sage enfant s’était arrêté devant la porte ; sa peur était plus frappante que l’odeur de mort qui planait dans l’air.


    -Quel corps fragile…

    Soupira le démon en effleurant sa blessure ; la bouche béante se refermait au rythme de ses mots, avec lenteur. Il se dirigea vivement vers le garçon et s’approcha de son oreille.

    -Enfin vous devinez ma vraie nature, mister Joachim. Cependant, vous vous trompez... Je ne suis pas le véritable Diable ; juste celui que vous, êtres humains, appelez « Prince des Démons ».


    Sa main libre se posa sur son épaule, ses doigts parcoururent alors son cou, sans aucune force meurtrière. La déchirure s’était totalement refermée, ne laissant aucune trace ; juste le flot bordeaux qui était peint son visage. La pointe de sa lame se posa alors sur le ventre de l’enfant, traçant un parcours discret au-dessus de son nombril.

    -Je sais combien vous voulez mourir, mais je ne vous donnerai pas cette satisfaction… Du moins, pas aujourd’hui.

    Murmura le démon dans un léger rire. Son sourire s’était crispé dans un rictus satisfait, démarquant bien ses canines vampiriques. Ses longs doigts s’ouvrirent avec agilité pour laisser le couteau chuter sur le sol, laissant danser dans l’air quelques gouttes rubis.
    Le pauvre enfant était tellement habitué aux mensonges, il connaissait tant cette illusion, pourquoi ne pas découvrir enfin les vérités, même les plus infectes et les plus terrifiantes ?


    -Puisque vous connaissez si bien l’hypocrisie, laissez-moi être franc avec vous ; car j’avoue avoir la ferme intention de m’emparer de votre vie. C’est pourquoi je ne vous laisserai en aucun cas fuir cet endroit. Vous l’aurez compris, le but de mon existence ; c’est votre âme.

    Sa voix se teinta d’une ferveur macabre, chaque syllabe résonnait comme un glas. Ses doigts qui enlaçaient le cou de Joachim appuyèrent leur étreinte, sentant les veines battre sous cette peau candide. Son souffle brûlant qui survolait la nuque du garçon se dissipa dans un murmure cadavérique, ne laissant qu‘à la place un lourd silence.
    Son autre main se posa sur le ventre de l’enfant, le couvrant de caresses interrompues avant de plonger ses ongles dans la chemise du garçon, s’attaquant brièvement à sa chair tiède. Le démon approcha d’avantage le corps du patient contre le sien et dans un autre susurrement chaotique, il ajouta ;


    -Les démons existent bel et bien, mister Joachim ; j’en suis la preuve vivante.

    Aucun mensonge, aucune chimère. Bien que son pouls palpitait d’un rythme faux, bien que son souffle était chaud comme la braise ; le démon était bien vivant, juste derrière l’enfant.
    Soudain, Sammael lâcha Joachim. Il recula alors d’un pas, retrouvant son précédent sourire compatissant.


    -Mais comme je vous l’ai déjà dit ; vous ne mourrez pas ce soir.

    Ses paroles avaient retrouvé cette fluidité apaisée. Il ne retoucha pas au garçon, le laissant assimiler ces tristes intentions. Sammael espérait réellement que Joachim ne serait pas assez idiot pour essayer de s‘enfuir.

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MessageSujet: Re: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Mar 28 Juil 2009 - 1:10

Le bruit d'une lame qui rompt la chair. L'enivrante odeur du sang qui se répandait sur les dalles de la cuisine. Joachim renifla, incommodé par la terrifiante odeur du sang de l'adulte. Même la puanteur de charogne en décomposition que fut son défunt père n'était pas aussi désagréable que ça. Nauséeux, l'adolescent chancela sur ses jambes frêles. Quelle ironie, lui qui avait toujours cherché les flammes de l'enfer, voilà qu'elles se présentaient à lui, véridiques et limpides. Une vérité atroce pour tout être humain, mais un soulagement pour Joachim. Il y aurait bien un châtiment pour lui. Pas de paradis, mais un puits sans fond conduisant vers les ténèbres. Il était heureux et dans son coeur grandissait un sentiment étrange. Un sentiment qui aurait effrayé le moins pieux des humains. Le visage juvénile de l'enfant se tordit en un rictus effrayant. Le doux petit agneau avait été trop blessé pour demeurer pur comme autrefois. Son pelage se teintait d'ébène et d'écarlate à présent et dans ses yeux dansait la lueur de la folie. Humant l'air vicié des lieux, il se dit que cet hôpital était loin d'être étranger à son état de schizophrénie permanente. Bientôt il serait comme "eux".

L'adulte se rapprocha de lui. Joachim n'en fut pas effrayé, il ne chercha même pas à faire le pas qui lui restait pour franchir le seuil. Les doigts noueux du démon se posèrent sur son épaule, comme l'aigle qui capturait sa proie de ses serres puissantes. L'adolescent ne chercha pas à s'y soustraire, pas plus qu'à cette caresse négligente sur son cou. Un frisson lui parcouru l'échine alors qu'il écouta silencieux la voix suave de Sammael. Et puis ce fut soudain au tour du couteau de tracer des sillons étranges sur son ventre, mais loin d'être effrayé l'enfant trouva la sensation amusante. Il tiqua. Joachim savait ce qui lui arrivait. Il était en train de plonger, d'ouvrir les bras à ce second lui, sanguinaire, calculateur et froid. Mais il ne le craignait pas. Chacun dépendait de l'autre et cet autre lui-même le protégeait. Il se souvint de quelques discussions partagée avec lui. De ce qu'il avait fait pour lui. L'adolescent lui en était reconnaissant, et admettait ce Alister, comme le venin qui alimentait ses veines claires. Un sourire en coin arqua ses lèvres pales. Il avait été là lorsqu'il psalmodiait désespérément ce verset. Il avait prit le contrôle, il avait tué pour le protéger. La mort de Joachim n'était clairement pas son objectif, et il lui en avait énormément voulu d'avoir essayé de mettre fin à ses jours. Voilà pourquoi il l'avait abandonné depuis des semaines. A présent il était de nouveau là, éveillé par cette présence démoniaque.


" Je sais combien vous voulez mourir..."

L'enfant ferma les yeux, lorsque le rire du démon teinta à ses oreilles.

" Je ne veux pas mourir. "Dit-il d'un ton froid.

Les choses étaient claires à présent. Aucun chemin de rédemption n'allait s'ouvrir pour lui. Mais quitte à être dans un monde de cauchemars il préférait en être une de ses créatures plutôt que de tomber dans l'oubli. Bien sûr les inhibitions macabres de Alister n'était pas toujours pour lui plaire, mais sa compagnie n'était pas si déplaisante après tout. La détresse s'envola de son regard, au fur et à mesure qu'il reprenait conscience. L'éveil s'opérait en lui. Ses souvenirs lentement lui revenait. Pour le punir d'avoir attenté à sa vie, ses souvenirs lui avaient été ôtés. La raison de sa dérive émotionnelle depuis plusieurs semaines. Depuis qu'il avait mangé son père Alister avait toujours été là, près de lui. A lui parler, à le consoler. Ils avaient rit ensembles, ils avaient tués ensembles. Joachim était un ange déchu, rendu bestial par les hommes et leur cruauté. Lui n'était coupable que d'être l'instrument de la destruction entre leurs mains. L'humanité avait transformé l'agneau en loup et rien n'y changerait.

Bien sûr il ressentait une pointe de tristesse pour avoir tué sa soeur et sa mère, et ce fut à ce moment précis que ses ailes se brisèrent, se teintant d'une affreuse couleur de suif. Mais le passé n'était que derrière lui, il ne pourrait pas stagner éternellement, et ressasser ce tragique événement. On l'avait forcé à endosser son nouveau rôle. Joachim deviendrait cette ange à deux visages. A la fois cruel et miséricordieux.


" Vous l'aurez compris, le but de mon existence; c'est..."

" Mon âme, je sais. " Conclut-il amusé.

Mais en avait-il seulement une ? L'enfant soupira contre les caresses de l'adulte, puis gémit lorsque les ongles s'attaquèrent cruellement à sa chair tendre. Puis il rit à cette phrase susurrée à son oreille. Ca il l'avait bien comprit. Et il n'était pas effrayé, pas plus qu'il ne l'était en repensant au prêtre qu'il avait dévoré. Finalement ils n'étaient pas si différents. L'un dévorait l'âme tandis que l'autre se nourrissait de chair. Mais celui qui pensait ça était bien évidemment Alister que Joachim laissa entrer en lui comme un fluide noir se répandant dans ses veines. L'adolescent n'en demeurait pas moins innocent par certain côté. Aspect de sa personnalité qui répugnait d'ailleurs le pauvre Alister. Joachim gardait plus souvent le contrôle, mais aujourd'hui il était fatigué, aujourd'hui il avait besoin de se reposer. Dans son esprit, l'enfant avait chu là, sur le sol froid. Aucune lumière ne perçait les ténèbres, et son corps amaigri ne lui laissait pas beaucoup de force. Alister était là, à ses côtés, caressant sa chevelure blonde d'un air distrait.

*Reposes-toi* Lui disait-il. *Reposes-toi je m'occupe de tout, Joachim.*

Et dans son esprit le doux enfant ferma les yeux. Dans la réalité, il était simplement immobile fixant le vide. Et puis Alister revint enfin d'outre tombe. Il fit craquer chaque os, de la nuque, chaque os des doigts blafards de l'enfant pour s'assurer qu'il fut bien de retour, bien vivant. Un sourire carnassier ourla ses lèvres, tandis qu'il se tournait vers le démon pour lui faire face. Et bien qu'il fut aveugle, ses iris émeraudes étaient dirigées droits dans celles écarlates de Sammael. Il pencha la tête sur le côté, offrant un rictus qui tenait plus du démon que de l'enfant. Une aura malsaine glissait sur son corps, contrastant étonnamment avec la pureté quasi divine de Joachim. Alister devait à tout prix protéger cet enfant, il ne l'abandonnerait que quand il serait hors de tout danger et accepté dans ce monde qui n'était pas le sien.


" Bonsoir Sammael." Dit-il d'une voix méthodiquement articulée.

" J'ai cru comprendre que tu convoitais cet enfant, mais personnellement je ne partage pas ton avis, mon ami."

Alister appuya d'une voix grave le dernier mot. Les paroles fluettes de l'enfant semblaient avoir cédées la place à une tout autre intonation, quasiment, ou si peu humaine.

" Ah oui mais il ne doit pas t'être aisé de me reconnaître après tout ce temps. Pour Joachim, je suis Alister, une personnalité secondaire et protectrice qui possède néanmoins quelques inhibitions sanguinaires. Mais pour toi je serais Azaël ou Azazel comme d'autres préfèrent m'appeler. J'espère au moins que tu ne m'as pas oublié depuis le temps. "

Son sourire s'étira encore, jusqu'à fendre complètement son visage. Alister croisa les bras l'air satisfait. Puis amena distraitement un doigts à ses yeux aveugles. Il attendait calmement la réaction du démon. Mais on pouvait se demander si cette apparition était bel et bien réelle. Personne n'ignorait que Joachim avait une parfaite connaissance de la bible, et peut-être que son double dérangé l'utilisait à très bon escient. Mais ce regard était trop troublant pour tromper. Quoique qu'à la réflexion, tout demeurait possible avec Joachim ou Alister dans le cas présent.
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MessageSujet: Re: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Mer 29 Juil 2009 - 15:24

    L’ange se recroquevillait dans un cocon de folie, se glissant dans une coquille constituée de chair moite et de sang hivernal, pour enfin laisser resurgir son monstre endormi. Il n’y avait pas que son aura qui avait changé, mais aussi son ombre ; comme si Joachim avait laissé totalement place au nouveau venu. La preuve en était le sourire –aussi inquiétant que celui du démon- qui ornait les lèvres de l’enfant. Son regard de jade fixa Sammael ; pouvait-il voir ? Il aurait été assez difficile de le dire…

    " Bonsoir Sammael."

    Le nouveau venu le salua d’une voix bien différente de celle de Joachim. A vrai dire, elle ressemblait à l’un des nombreux rires crus et glacials qu’on entendait aux tréfonds de l’Enfer. Cependant, le démon le regarda d’un air préoccupé ; il était relativement difficile de reconnaître un « vieil ami » lorsque qu’il possédait le corps d’un ange. Car bien que son ton appartenait désormais à un esprit malicieux, cela restait l’apparence de Joachim.

    " J'ai cru comprendre que tu convoitais cet enfant, mais personnellement je ne partage pas ton avis, mon ami."

    Sammael acquiesça d’un sourire ; l’arrivé de l’esprit s’acheva à entendre ses intonations qui s’amplifiaient. Mais avant de répondre à la nouvelle créature, le démon attendit patiemment que son interlocuteur se présente. Bien que son sourire était crispé, l’étranger connaissait les bonnes manières ;

    " Ah oui mais il ne doit pas t'être aisé de me reconnaître après tout ce temps. Pour Joachim, je suis Alister, une personnalité secondaire et protectrice qui possède néanmoins quelques inhibitions sanguinaires. Mais pour toi je serais Azaël ou Azazel comme d'autres préfèrent m'appeler. J'espère au moins que tu ne m'as pas oublié depuis le temps. "

    -Azaël, un ange déchu s’invite alors dans mon hôpital ; quelle bonne surprise !

    Renchérit le démon. A son tour, il employa une voix plus grave, aux accents ironiques et claquants. Cependant, Sammael resta sur un doute ; était-ce le véritable Traître du Paradis qu’il avait de nouveau face à lui, ou était-ce un surnom que se donnait l’ange noir ?
    La schizophrénie de Joachim était en fait un état de possession ? Toutefois très discret pour ne pas être perçu immédiatement.


    -Es-tu le réel Azaël ? Ou Alister, le premier ange qui a chuté des cieux ?Enfin, il semble que tu es bien plus qu’une banale « double personnalité »…

    Ajouta Sammael, il décida ensuite de revenir sur l’enfant. Son âme était donc déjà marquée par un sceau ? A vrai dire, le directeur y trouvait un point positif ; ce n’était pas un ange qui gardait le corps de cet enfant, mais un ange déchu.
    Il reprit sur un ton faussement navré ; imposant une impression aussi désagréable que si on entendait la Diable chanter des louanges religieuses.


    -Quel dommage... Je le reconnais ; l’âme de cet enfant m’intéresse particulièrement. Je comptais faire durer le jeu en le laissant vivre quelques longs mois… Mais si tu es là, alors il faudra que je me montre d’avantage patient.

    Sammael marqua une pause, se rapprochant alors d’Alister –puisqu’il doutait toujours d’être face au véritable Azaël-.

    -Es-tu son sauveur, Azaël ? Si tu es bien celui qui l’a ressortit de ce lac congelé, qu’attends-tu de cet enfant ? Tu aurais récupéré son âme lors de sa noyade… Ne serait-ce alors qu’un simple sentiment affectif ?

    Le ton ironique s’appliqua sur le nom de l’ange déchu. Et la moquerie tonna pour sa dernière question. Car il devait sûrement être question de pacte entre l’enfant des neiges et le spectre de soufre. Mais les anges étaient si souvent assaillis par ces sentiments affectifs si « humains » que Sammael ne pouvait s’empêcher une telle remarque. Bien que désormais, les ailes de colombe d’Alister s’étaient totalement métamorphosées en celles d’un hideux corbeau.

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MessageSujet: Re: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Mer 29 Juil 2009 - 22:16

Alister fixait le plafond d'un air hautement détaché. Les yeux de son petit humain avait beau êtres morts, lui percevait le décors alentour comme si il avait été parfaitement voyant. Encore un des avantages à ne pas être complètement vivant, sauf que Joachim n'en profitait pas. Une mimique amusée tordant son joli visage révéla une pensée qui semblait outrancièrement malsaine et dérangeante. Lorsque son petit protéger verrait, alors il serait entièrement à lui et rien qu'à lui. Alister avait tendance à être particulièrement possessif envers ses proies, bien qu'il n'en ai eu que très peu au cour de sa vie. Il se nourrissait d'ordinaire d'errance, mais c'était des visages juvéniles comme celui-ci qui l'avait fait s'arrêter dans sa course contre une horloge sans aiguilles. Cependant jamais il n'avait laissé les choses aller aussi loin, se lassant trop vite de ses petites proies. Alors il les avait tué, éliminé sans ménagement, et enfin dévoré pour qu'il rejoigne son corps décharné, sans jamais leur avoir apposé le sceau, car leurs âmes n'avait aucun intérêt à ses yeux. Mais Joachim ... Joachim était différent car il nourrissait le même attachement à la chair crue, il lui ressemblait. Son double angélique et néanmoins souillé.

" Es-tu le réel Azaël ? Ou Alister, le premier ange qui a chuté des cieux ?Enfin, il semble que tu es bien plus qu’une banale « double personnalité ... "

L'ange cessa de s'agiter un instant, fixant d'un air étrange le démon. Un rictus effrayant fendit ses lèvres alors qu'il laissa presque tomber sa tête sur le côté, lui conférant un air dégingandé et malsain. Alister laissa planer le silence, se contentant de fredonner un petit air bien connu. Puis sans prévenir il bondit sur la table au milieu de la pièce et s'avança jusqu'à la hauteur de Sammael à grand pas. Evitant avec adresse les obstacles coupant sur son passage. Son ombre se projetait derrière lui comme autant de témoins ténébreux d'une rencontre historique. Il croisa les bras et afficha une moue boudeuse d'enfant agacé avant d'éclater de rire. Il adorait jouer et taquiner ces vieux démons aux airs si sérieux. Mais peut-être pas aussi vieux que lui. Alister se pencha subitement sur le directeur, son visage ne fut bientôt plus qu'à quelques centimètres du sien. Amusé et joueur, il vint taquiner la naissance des cornes sur le côté de ses tempes.

" Bonne réponse Sammael ! " Dit-il d'un air ravi.

" Ta perspicacité m'enchante toujours autant. Je suis bien Alister, mais je trouve étonnant que tu ne m'ai pas reconnu malgré mon aura, j'empeste la charogne en ce moment. "

L'adolescent éclata de rire face à son humour vaseux. On pouvait noter toute l'incongruité de la scène qui se déroulait dans la cuisine. Un adolescent presque haut comme trois pommes défiait ouvertement le directeur de l'asile, et pire, osait lancer quelques pics bien sertis d'ironie.
Alister parcouru de long en large la table en bois, sautillant comme un gamin joyeux. Il avait retrouvé un monde qui ressemblait au sien. Un monde où les âmes s'égaraient, et d'où il n'était pas aisé de revenir. L'ange sentait une force incroyable imprégner son esprit, si bien qu'il se sentait prêt à déployer sa force, d'autant que le compte à rebours avait commencé.


" Mais si tu es là, alors il faudra que je me montre d’avantage patient. "

Alister cessa d'un coup de sautiller sur la table et fixa le démon, une expression particulièrement dangereuse envahissant son regard. L'aura de l'ange s'intensifia jusqu'à remplir complètement la pièce. Il n'était pas dit qu'il allait se laisser marcher sur les pieds par ce lièvre aux inhibitions aussi peu savoureuses que la sang qui coulait dans ses veines mortes. La colère fit grimper sa puissance destructrice, brûlant et blessant le coeur de l'enfant qu'il habitait. Mais il s'en fichait, laissant une colère froide l'envahir, jusqu'à ce que tous deux soit pratiquement envahit par un silence dérangeant et une obscurité quasi ambiante. Ses prunelles de jade semblait défier le démon, lui disant qu'il n'aurait jamais l'âme de Joachim. De toute façon il serait bientôt trop tard pour lui. Tic tac faisait l'horloge arrêtée depuis des siècles. Enchanté, Alister leva l'index et le balança de droite à gauche.

" Tic Tac ! Je ne te laisserai pas l'avoir aussi facilement sois en sûr. D'autant que si tu ne te dépêche pas, le fruit sera pourri. "

Le laissant sur ces paroles énigmatiques, sa colère froide retomba et la chape de plomb qui s'était abattue sur la cuisine aussi. Dans un coin de son esprit Alister se dit que son petit protéger allait sans doute pâtir de son manque de self-control, mais l'heure n'était pas à se contrôler justement. Continuant de sautiller joyeusement sur la table, les lames posées dessus finirent par vibrer et se déplacer imperceptiblement jusqu'à tomber au sol dans un fracas assourdissant. Heureux de son méfait, l'ange profita de la table vide pour s'y allonger et fixer Sammael de ses yeux morts. Et puis soudain il aperçu la pendule dans un coin de la cuisine. Tout le monde savait, du moins chez les démons, que Alister était particulièrement fâché avec le temps. Et pourtant il en avait fait son sceau, car pour lui le temps signifiait le destin, et lui, il le mâchonnait pour le faire à son image. Un sourire naquit sur ses lèvres pales, alors qu'il glissait une langue gourmande dessus.

" Es-tu son sauveur, Azaël ? Si tu es bien celui qui l’a ressortit de ce lac congelé, qu’attends-tu de cet enfant ? Tu aurais récupéré son âme lors de sa noyade… Ne serait-ce alors qu’un simple sentiment affectif ? "

Alister surprit par autant de questions fut saisit d'un fou rire incontrôlable. Les bras entourant son corps famélique, il s'agita ainsi jusqu'à ce que les larmes perlent au coin de ses yeux verts. Puis très vite il se calma. Sur le dos, l'ange leva les jambes au ciel pour les balancer tandis que sa tête alla choir dans le vide, sa nuque appuyée contre la table. Dans cette position on pouvait très distinctement voir la marque blanche en forme de cadre d'horloge sur le cou du jeune Joachim. Tendant ses bras au dessus de son visage il contempla ses ongles transparent, ses veines souffreteuses et sa peau blanche. Alister prit un ton faussement doux, mais suffisamment clair pour en déceler toute la mesquinerie.

" Un sentiment affectif ? C'est vraiment mal me connaître Sammael. Je t'aurais cru plus intelligent que ça." Il marqua une pause.

" Mais effectivement c'est moi qui l'ai sauvé. Tu n'es pourtant pas sans savoir dans quel état est mon véritable corps. Pour le régénérer j'ai besoin de la carcasse de ce petit. Cependant et c'est là qu'est tout le problème, en passant un pacte avec moi il a lié son âme à la mienne. Donc j'ai autant besoin de l'un que de l'autre. Et puis il ne risquait pas de se tuer de toute façon. "

Alister s'arrêta et son rictus s'agrandit. Soudain il se leva et se pencha une nouvelle fois sur le visage du démon. Il glissa une langue sulfureuse sur la joue pale de Sammael. Un léger rire franchit ses lèvres, alors qu'il vint lui mordiller l'oreille.

" Et là où je diffère avec vous autres, simples démons, c'est qu'en concluant ce pacte avec moi, Joachim à aussi endossé mon châtiment. Hormis la pourriture de la chair qui m'est bien propre. Mais ce qui est le plus intéressant dans ce contrat c'est qu'au fil du temps passé avec moi son âme se souillera jusqu'à prendre un goût si atroce que même toi tu ne voudrais pas en manger pour toutes les âmes du monde. Et le compte à rebours va bientôt commencer. "

Alister sauta au bas de la table et tourna autour de Sammael, comme un chat autour de sa proie. Il le considérait de son regard étrange, amusé de lui en révéler autant sur la nature de ce pacte. Et puis Alister avait la réputation d'être particulièrement tordu dans sa manière d'agir, chose qu'il prouvait complètement aujourd'hui au vu de ses dires. De toute façon il n'affectionnait pas particulièrement les démons pas assez subtils à son goût. Et c'était avec une joie non feinte qu'il le remettait à sa place. Ô bien sûr il n'irait jamais jusqu'à se confronter avec lui, ce n'était pas amusant. Mais ce jeu de séduction réciproque l'amusait grandement, surtout qu'il n'y avait pas Joachim pour tempérer ses ardeurs. Alors il s'approcha et vint enlacer la taille de Sammael de ses bras faméliques, reposant son doux visage sur le torse de l'homme. Il écouta le vide traverser ce corps, cette non-vie qui s'écoulait à travers lui. En ce sens les êtres sulfureux de l'enfer étaient parfaits. Ils donnaient l'illusion d'être vivant, pas comme lui et son apparence effrayante pour le commun des mortels. Sa voix se fit soudain plus douce, plus enfantine, plus charmeuse.

" Voilà presque dix ans que Joachim partage mon existence. Lorsque la première aiguille sera apparue sur mon sceau, son âme commencera à se souiller, et devenir aussi noire que l'abîme. Son tourment sera long et douloureux. Puis lorsque le tour sera complet, il sera devenu un être aussi sombre que toi et moi. Mais aussi étrange soit-il ce pacte n'altérera que son aura. Joachim demeurera ce doux enfant tranquille. "

Alister parlait avec une certaine affection de son protéger, il devait bien le reconnaître. Mais pour lui il n'y avait pas de mal à nourrir de l'attachement à ce garçon qui lui était si semblable. Au contraire, sa possessivité était presque maladive. Il ne le laisserait pas fuir son triste sort. Joachim avait décidé de modifier son destin, à présent il devait lui faire face. La fin était inéluctable, et il demeurerait à jamais prisonnier des ténèbres, quand bien même il resterait aussi doux, fragile et docile qu'il l'était maintenant. A jamais ils seraient deux, et lorsque le tour sera complet son corps pourra enfin renaître. Le visage de l'ange alla se noyer dans la chemise de l'adulte, reniflant son odeur marquée de soufre. L'ange aimait cette odeur, lui rappelant d'enivrants passage de son existence. Il songea soudain à Lucifer et Azael qu'il n'avait revu depuis tous ces siècles. Au moins l'un était devenu le roi de toute cette fange démoniaque.

" Alors Sammael, toujours aussi motivé ? "

Alister releva le nez vers son interlocuteur, lui tendant un horrible sourire. Puis il monta gaiement sur la table. Il sautilla, martelant le bois de ses pieds tendres puis revint vers Sammael. Se positionnant devant lui, il se pencha rapidement et lui vola un baiser, goûtant à ses lèvres sans saveurs, hormis celle des flammes.

" Ca, c'est pour t'être moqué de moi. " Lui dit-il d'un air amusé.
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MessageSujet: Re: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Jeu 30 Juil 2009 - 15:07

    En effet, le parfum néfaste qui se dégageait de Joachim… Ou plutôt Alister à présent, embaumait la pièce, dominant l’odeur du sang. S’ajouta ensuite la sensation vibrante de la colère de l’ange noir ; une rivalité s’installa définitivement. Elle qui avait prévenu sa venue par de froides paroles et des soupçons de sarcasme ; la voilà totalement incrustée entre les deux créatures.

    " Tic Tac ! Je ne te laisserai pas l'avoir aussi facilement sois en sûr. D'autant que si tu ne te dépêche pas, le fruit sera pourri. "

    Sammael attendit les explications de l’ange déchu, bien qu’il avait comprit où il voulait en venir ; un pacte qui jouait plus pour le profit d’Alister. La pesante humeur se dissipa, et le garçon recommença à parcourir la table, comme un chat impatient qui ne savait où se placer. Tandis que Sammael s’appuya sur le rebord du meuble, laissant ses lèvres exprimer son amusement.
    Alister finit par s’allonger après avoir envoyé au sol tous les ustensiles. Si l’âme de Joachim serait bientôt souillée par cet ange noir, c’est avant tout son corps qui risquait de ressentir le contrecoup des folies capricieux d’Alister. Après avoir marqué une pause, le démon du paradis reprit ;


    " Un sentiment affectif ? C'est vraiment mal me connaître Sammael. Je t'aurais cru plus intelligent que ça. Mais effectivement c'est moi qui l'ai sauvé. Tu n'es pourtant pas sans savoir dans quel état est mon véritable corps. Pour le régénérer j'ai besoin de la carcasse de ce petit. Cependant et c'est là qu'est tout le problème, en passant un pacte avec moi il a lié son âme à la mienne. Donc j'ai autant besoin de l'un que de l'autre. Et puis il ne risquait pas de se tuer de toute façon. "

    Sammael ne pût s’empêcher de rire, en effet ; le corps d’Alister était en piteux état. C’était le prix d’un acte déplacé qu’il avait commis lors de première rencontre avec les Humains. Le démon n’en connaissait pas les détails exacts, mais une fois souillé, les portes des Cieux étaient infranchissables. Meurtre, désir, curiosité… Peu importe le péché, les anges n’en survivaient pas, et chutaient vers la Terre ferme.
    Alister se redressa, s’approchant furtivement du démon.


    "Et là où je diffère avec vous autres, simples démons, c'est qu'en concluant ce pacte avec moi, Joachim à aussi endossé mon châtiment. Hormis la pourriture de la chair qui m'est bien propre. Mais ce qui est le plus intéressant dans ce contrat c'est qu'au fil du temps passé avec moi son âme se souillera jusqu'à prendre un goût si atroce que même toi tu ne voudrais pas en manger pour toutes les âmes du monde. Et le compte à rebours va bientôt commencer."

    A nouveau, un rire s’échappa des lèvres du démon. Alors que les bras de l’ange déchu s’enroulèrent autour de lui, Sammael effleura le visage d’Alister du bout des doigts. Dessinant la courbe de sa mâchoire, et la ligne de sa lèvre inférieure. Lorsqu’il se détacha de la peau blanche d’Alister, ce dernier se blottit contre le torse du directeur.

    " Voilà presque dix ans que Joachim partage mon existence. Lorsque la première aiguille sera apparue sur mon sceau, son âme commencera à se souiller, et devenir aussi noire que l'abîme. Son tourment sera long et douloureux. Puis lorsque le tour sera complet, il sera devenu un être aussi sombre que toi et moi. Mais aussi étrange soit-il ce pacte n'altérera que son aura. Joachim demeurera ce doux enfant tranquille. "

    Sa voix se fit plus espiègle lorsqu’il prononça l’avenir douloureux qui attendait Joachim. Et le démon continua de penser que l’ange noir vouait un attachement certain sur sa victime. Bien sûr, c’était l’affection que pouvait ressentir la mort face à un enfant malade qu’elle emporte. Une tendresse malsaine qui ressemblait à celle que pouvait ressentir Sammael. Lui-même gardait ses proies sous son aile faisandé, avant de la rabaisser sur elles, les étouffant avec joie dans une couverture de chair noircie et fétide. Cela n’avait rien à voir avec l’amour passionnel, c’était de la possessivité égoïste.
    Et enfin, dans une étreinte diaboliquement excitante, le démon pouvait dérober son bien.


    " Alors Sammael, toujours aussi motivé ? "

    -L’âme de Joachim mérite bien quelques efforts… Mais, Alister, regarde où nous sommes ! Pourquoi crois-tu que je tiens cet asile ? Il y grouillent des humains aussi appétissants les uns que les autres, ils représentent un repas savoureux qu’on n’ose toucher que lorsque la faim nous tenaille.

    Expliqua Sammael d’un rire léger. Être le directeur d’un hôpital aussi inquiétant et où les patients ne pouvaient comprendre ses sous-entendus macabres n’était pas un dur labeur, on pouvait dire qu’il avait à portée de main une quantité réjouissante d’âmes suaves. Ce paradis macabre éloignait la faim tout comme un cadavre ferait fuir de nobles gens. Il ajouta cependant avec un sourire sournois ;

    -Mais si l’envie m’en prend, peut-être que j’essayerai de «sauver» Joachim.

    Il marqua le mot «sauver» d’une ironie tranchante. Bien sûr, Sammael n’avait pas l’intention de briser le contrat, puisque c’était impossible. Le lien qui marquait l’âme jusqu’à son bourreau ne pouvait être usé, ni défait, et encore moins détruit.

    Alister, après avoir de nouveau bondit plusieurs fois sur la table, se pencha vers le démon et l’embrassa.


    "Ca, c'est pour t'être moqué de moi."

    Dit gaiement Alister. D’une voix faussement triste, Sammael renchérit ;

    -Quelle douloureuse peine.

    Sa phrase se finit dans un nouveau rire. Et avant que l’ange néfaste ne retourne sautiller sur la table, la main du démon se plaça sous son menton. Ses doigts se resserrent sur les mâchoires d’Alister pour le retenir auprès de lui.

    -C’est une chance pour Joachim que tu sois là, Alister…

    Le démon laissa sa phrase en suspens, s’approchant à son tour de l’ange noir. Son autre main glissa alors jusqu’à son dos, se calant entre les omoplates de l’enfant. Là où aurait dû surgir les ailes décomposées de l’infâme messager. Les lèvres du démon se posèrent brièvement sur son front.

    -… Tu sais comment les démons arrachent les âmes à leur propriétaire, n’est ce pas ?

    Ses intonations s’étaient adoucies. De sa gorge surgissait cet éternel murmure affriolant. Il redéposa alors ses lèvres sur la joue du garçon, avant d’y faire glisser l’une de ses longues canines. Ces crocs qui illustraient tout son appétit féroce.

    -Imagine que mes lèvres se posent sur celles du vrai Joachim.

    Susurra le démon, avant d’embrasser l’ange noir. Lui donnant une sensation de chaleur mordante sur ses lèvres. Cette ardeur si différente de l’hiver. Sammael laissa s’écouler quelques secondes avant de se détacher de la bouche de l’enfant. Mais avant de lui rendre totalement sa liberté, le démon marqua la lèvre inférieure d’Alister en la griffant de ses dents. La fendant d’une infime coupure rosée.
    Le baiser seul n’aurait pas suffit pour voler la source de vie de l’enfant ; la brassier qui l’aurait parcourut et qui l’aurait fait céder aurait permis à son fantôme de se détacher de lui, de glisser dans le braiser qui l’attendait chez le démon. Mais Sammael n’avait nullement cherché à capturer ce fébrile lapin à travers son protecteur ; ce n’était qu’un simple geste.
    L’étreinte sous le visage de l’ange noir se desserra, alors que son autre main avait définitivement quitté son dos délicat. Le directeur recula pour contempler le visage d’Alister avec un sourire ravi. Il passa alors sa langue sur ses lèvres.


    -L’âme de Joachim serait déjà mienne, sinon. Mais un destin tout aussi terrible l’attend avec toi.

    Il planta son regard flamboyant dans celui du garçon, se perdant dans cette immense mer de chartreuse.

    -Et toi ? Vas-tu réellement retrouver ton corps d’antan, ou tu te persuades avec des souhaits infondés ?

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MessageSujet: Re: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Sam 1 Aoû 2009 - 18:20

" L'âme de Joachim mérite bien quelques efforts ... "

Le rire d'Alister fendit soudain le silence. Sur ce point là il était tout à fait d'accord avec le démon. Joachim en valait vraiment la peine et il ne savait pas à quel point. Car ce n'était très certainement pas sa petite frimousse d'ange qui l'avait empêché de le dévorer. Lui était un être vaniteux qui n'aurait pas accepté n'importe quel corps pour se loger. Et pourtant il en avait eu des propositions de ces petits garçons qui voulaient à tout prix vivre éternellement, qui voulaient bénéficier de sa force sombre. Mais il avait vu cette peur et ce dégoût dans leurs regards charmants. Alors il les avait séduit, il les avait protégé sous ses ailes de suif. Gagnant peu à peu leur confiance, les abreuvant de tendre paroles. Leur faisant oublier ce physique à la fois splendide et effrayant. Et puis après quelques années, ou quelques mois selon son impatience, Alister les avait dévoré à vif, se délectant de leurs larmes et de leurs suppliques. Jamais il n'avait fait preuve d'une pitié quelconque, ce n'était guère dans sa nature. Il s'était nourrit de leur coeur encore palpitant, il avait but à la fontaine de leurs sanglots, injectant la vie dans son corps mort. Mais Joachim. Joachim était différent. Pas seulement à cause de la manière dont il l'avait apaisé, lui, l'ange déchu du paradis. Mais par cette force incommensurable qui se logeait dans son âme. Une force qu'il n'aurait pu soupçonner chez un enfant de son âge. Et ce qui l'avait enchanté, et l'enchantait toujours était la neutralité de cette force qui pouvait aussi bien tendre vers le mal que vers le bien. Son destin était malléable, et Joachim en était le maître.

Voilà ce qui l'avait exactement poussé à le garder près de lui, à le protéger autant qu'il le pouvait durant toutes ces années. Cédant lorsqu'il lui demandait d'épargner des vies, le laissant agir à sa guise. En retour il acceptait de le suivre, de tuer et de dévorer quand la faim se faisait trop grande. " Je ne veux pas de sang répandu inutilement." Entendait-il encore dans son esprit abyssale. Lorsque le tour serait complet, il deviendrait un monstre d'horreur ou de pureté et la progression serait tout aussi douloureuse dans un sens que dans l'autre. L'aiguille n'influençait que le pouvoir, n'influençait que l'aura, et l'âme souffrait plus que cela était imaginable pour un mortel. Peut importait le chemin, l'issue serait la même. Joachim céderait face à la folie et pourrait osciller entre l'obscurité et la lumière comme le pendule d'une horloge. Le temps pour lui serait suspendu à jamais. Alors Alister n'avait pas l'intention d'abandonner un jour son petit ange à lui et rien qu'à lui. Son attachement avait dépassé l'égoïsme, il devait bien le reconnaître. Cependant, ce lien était réciproque entre Joachim et lui. On ne pouvait décemment pas se séparer de cette petite voix qui vous tourmentait depuis dix ans. Il le savait, même si il souffrait, l'adolescent ne le trahirait jamais.


" Mais si l'envie m'en prend, peut-être que j'essayerai de " sauver " Joachim. "

Alister serra les poings, résistant à l'irrépressible envie de sortir de ce frêle corps pour étriper Sammael. Mais il ne le fit pas, se contentant de le fixer froidement, une lueur dangereuse et rebelle dansant dans ses iris de jade. L'ange de voulait pas blesser et affaiblir Joachim plus qu'il ne l'avait fait. Eviter la mort ne voulait pas dire pour autant qu'on ne souffrait pas, c'était même le contraire. Il avait parfois surprit son protéger le regard dans le vague. Des yeux pleins de regrets. Alors il comprima sa rage, la tenant bien éloignée de la surface de son coeur mort. En temps voulu il se montrerait. En temps voulu il se vengerait. Alister passa une langue gourmande sur ses lèvres pales. Il attendrait ce moment avec impatience.

Le rictus de l'ange se fit plus carnassier lorsque Sammael saisit son visage pour le retenir près de lui. Son regard vint se noyer dans les iris écarlates avec une joie non dissimulée. Ce regard de l'enfer qui lui arrachait un frisson tout particulier. Un frisson qui glissait le long de son échine blessée, distillant une chaleur malsaine et enivrante dans le creux de ses reins.


" C'est une chance pour Joachim que tu sois là, Alister ..."

L'ange continua de le fixer, amusé. Ca il en avait parfaitement conscience. Il ne doutait pas que Sammael aurait jeté entièrement son dévolu sur le garçon dans le cas contraire. Qui pouvait prétendre résister à une âme telle que celle là. Une âme avec tant de force, tant de pureté et paradoxalement tant d'horreur. Joachim n'avait pas besoin de lui pour être ce monstre à deux visages. Il ne faisait que l'influencer, mais son pouvoir s'arrêtait là. C'était ça qui était le plus amusant chez lui. Le voir osciller entre raison et folie, entre bonté et cruauté. Et ses soudain changement d'humeur ne semblait pas le gêner outre mesure. Sans doute croyait-il qu'à cause de ce qu'il avait fait le mal était en lui, comme une graine qu'on devait arroser ou faire pourrir. Son petit ange, son petit démon, tous ces masque qu'il endossait avec tant de facilité l'émerveillait comme un enfant le jour du saint père. Partager la chair des hommes avec lui était un délice inestimable.

D'ailleurs en songeant aux délices de l'enfer, son petit bonbon de flammes glissa une main péniblement sensuelle dans son dos avant de déposer un baiser sur son front laiteux. Alister ferma les yeux quelques secondes, appréciant ce contact charnel dont il avait trop peu souvent profité ces derniers siècles. Le charnel était interdit aux anges, mais lui il en avait royalement abusé du temps où son corps était encore "consommable." Aujourd'hui c'était différent, Joachim n'avait jamais été souillé bien que quelques uns ai tenté de le faire. Heureusement qu'il avait prit le dessus à ces moments là sinon il n'aurait pas donné cher de la peau de son protéger. Mais il ne pouvait s'empêcher de penser que l'acte en lui-même lui manquait, d'autant que dans ce corps d'ange il était tout à fait désirable. Alister se mordilla nerveusement la lèvre inférieure, conscient du manque qui croissait soudain en lui.


" Imagine que mes lèvres se posent sur celles du vrai Joachim. "

L'ange déchu revint brutalement à la réalité. Son regard se logea dans les orbites rouges, mais son visage demeurait neutre, avant qu'un horrible sourire ne fende ses lèvres. Une menace ? Jamais il ne laisserait Joachim suffisamment seul pour que ça se produise. Il reprendrait toujours le dessus à temps, ou du moins essaierait. Les démons avaient ça de vicieux qu'il suffisait d'un seul baiser pour vous dévorer l'âme. L'ultime étreinte, mais surtout l'ultime extase avant de plonger dans les cendres de l'abîme. C'était cruel, mais eux les êtres maléfiques n'étaient pas ici pour donner le repos éternel aux âmes dont ils s'entichaient. Ils les tourmentaient jusqu'à ce que mort s'en suive, ou pas. Dans le deuxième cas l'éternité était absolument délicieuse, du moins pour eux. Sortit de ses pensées, Alister vit les lèvres du démons se rapprocher des siennes. Il les laissa se poser sur son visage et l'embrassa sans crainte. Partageant presque avec passion ce goût d'absolu interdit. Voilà longtemps qu'il n'avait embrassé personne de la sorte et cette sensation l'enivra presque sur l'instant, allumant un feu dont seul Alister pouvait brûler. Mais l'étreinte se fini trop vite à son goût. Son regard dont un feu étrange chatoyait à présent se figea sur le démon qui se reculait. Son éternelle sourire aux lèvres il glissa une langue gourmande dessus, savourant encore quelques secondes le goût du démon.

" L'âme de Joachim serait déjà mienne, sinon. Mais un destin tout aussi terrible l'attend avec toi. "

Alister éclata de rire et se mit à danser sur la table, sautillant dessus comme un enfant joyeux. Le bois gémissait sous la torture que lui infligeait l'ange, mais il tint bon. Il ne donna pour toute réponse à Sammael qu'un petit sourire énigmatique doublé d'une moue tout à fait séduisante. Oui le destin de Joachim était sombre, mais l'enfant semblait parfaitement s'en accommoder. De toute façon il n'avait pas le choix. Mais rares furent les fois où il fit sentir toute son amertume envers l'ange pour ce qu'il lui avait fait. L'enfant riait encore, jouait encore. Son destin ... Il haïssait cette expression. Un sourire atroce déforma son visage alors qu'il se figea dans une position absurde pour fixer Sammael. Les secondes s'écoulèrent ainsi. Alister était en équilibre précaire sur un pied, si bien que le moindre coup de vent l'aurait fait chuter. Pourtant rien ne vint le déséquilibrer et il reposa tranquillement son autre pied sur la table, tapotant légèrement du talon dessus.

" Et toi ? Vas-tu réellement retrouver ton corps d'antan, ou tu te persuades avec des souhaits infondés ? "

L'ange trouva la question parfaitement absurde, si bien qu'il ignora ostensiblement le démon et se remit à danser. Un rire clair brisa soudain le silence. Il était heureux dans ce petit corps frêle. Alister tournoya jusqu'à ce que son souffle soit court. Il se laissa alors choir sur la table et fixa le plafond un bon moment, essayant tant bien que mal de reprendre son souffle. Ses iris se jetèrent dans la mer carmin, lui tendant un regard un peu cavalier. Son visage s'orna d'un sourire en coin.

" Peut-être ... ou peut-être pas. Mais après tous ces siècles ça n'a plus d'importance. Je jouis d'une position bien plus agréable maintenant avec le corps de cet enfant. D'autant que ne m'incarnant plus depuis dix ans mes forces d'antan me sont revenues."

Alister ponctua sa dernière phrase d'un rire amusé. Il se redressa soudain vivement. Son regard se perdit au loin. L'index appuyé sur la lèvres inférieures ouvrait imperceptiblement sa bouche, lui donnant un aspect séduisant de pureté. Puis il se laissa retomber sur la table, sa chevelure formant une couronne blonde autour de sa tête. Assez de question pour aujourd'hui, il n'en répondrait pas à une seule de plus. Et surtout il avait toujours cette irrésistible envie de chair qui le tiraillait, sauf que cette fois ce n'était pas pour en manger. Cette image le fit sourire. Dommage il n'y avait personne de potable ici. Il jeta un regard en coin à Sammael. Ce ne serait sûrement pas avec lui, quoiqu'il avait ouï dire que les démons excellaient dans les plaisir de la chair. Mais vu que ce prince à deux sous convoitait son petit ange il ne le laisserait très certainement pas partager une étreinte avec lui. Même si l'envie se faisait plus forte il fallait se montrer digne de lui, et Alister était particulièrement exigeant. L'incongruité de sa réflexion le fit rire de plus bel.

" Et toi Sammael, que cherches-tu exactement ici ? Même si il est facile d'obtenir les plus belles âmes dans cet asile je te soupçonne de ne pas être motivé uniquement par ça. Dans le cas contraire, l'être que tu étais est devenu bien fade aujourd'hui. Je t'ai connu avec plus de goût. "

L'ange se leva subitement et saisit le directeur par le col pour l'attirer à lui. Le blond déposa ses lèvres sur la gorge pale de l'adulte et en mordilla la chair morte. Alister fut saisit de l'envie d'en croquer un morceau mais se retint au tout dernier moment. Il était convaincu que le démon n'apprécierait pas la blague quant bien même sa chair se reformerait. Quoique ... Ses lèvres s'étirèrent en un sourire horrible. Le mordillement se fit soudain plus appuyé, plus sensuel, jusqu'à ce que les dents d'Alister pénètre la peau laiteuse. Un sang sans âme à l'infâme goût de cendres jaillit entre ses lèvres. L'ange s'en délecta comme si il s'était s'agit du plus agréable des nectars. Bon dieu que le goût de l'enfer était inégalable ! Riant de son blasphème, il continua de rompre la chair jusqu'à en arracher un morceau qu'il mâchonna longuement puis l'avala. Avant qu'elle ne se referme, l'ange fondit sur la gorge et vint lécher la plaie béante, profitant pour quelques instants encore du goût si particulier de son comparse. A regret il s'éloigna légèrement, son corps frissonnant d'une énergie nouvelle. Sûr que Joachim n'apprécierait pas ce qu'il avait fait mais il n'en saurait rien. Quoique n'ayant jamais habité le corps d'un humain auparavant il se demandait ce que pourrait bien lui faire les cendres du démon. Alister haussa les épaules, il s'en préoccuperait plus tard.

" C'est bien ce que je disais, je t'ai connu avec plus de goût, Sammael. "

L'ange appuya le dernier mot comme un reproche cinglant. Puis il s'éloigna encore en éclatant de rire, exécutant sur la table une danse étrange. L'aura sombre de Alister se répandait progressivement dans toute la cuisine, malsaine, joueuse. Il fredonnait un air bizarre et entraînant. Dans l'ombre de l'enfant on pouvait aisément discerner les ailes de suif se dessiner. Sa puissance bien malgré lui se décuplait, et il n'avait aucune envie de la retenir. Bientôt une répugnante odeur de charogne embauma la pièce. Alister prenait le dessus et Joachim était quelque part dans son esprit lugubre en train de reposer.
Puis soudain l'adolescent s'arrêta levant un index au ciel comme si il venait de trouver une idée. Il se retourna et fixa l'adulte un air triomphant sur le visage. Alister semblait vraiment incontrôlable, s'apparentant davantage à un môme hyper-actif qu'à un adulte parcourant le monde depuis des siècles.


" Je sais ce qui te manque ! Mais je ne te le dirais pas. "

Alister lui tira la langue et se remit à fredonner sa macabre chanson d'un air distrait.
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Sammael Ruthven
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MessageSujet: Re: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Lun 3 Aoû 2009 - 15:15

    Sammael décela l’étrange lueur perverse qui se dilua dans les prunelles émeraudes du jeune homme ; pour lui, ce regard malsain qui dissimulait les pires horreurs de l’ange avait toujours été propre à ce chat démoniaque de Chesire, ignorant les véritables raisons de cette éclat curieux. Les doute qui s’était mêlé à son mépris resta aussi discret qu’un lapin blanc sur un tapis de neige.

    " Et toi Sammael, que cherches-tu exactement ici ? Même si il est facile d'obtenir les plus belles âmes dans cet asile je te soupçonne de ne pas être motivé uniquement par ça. Dans le cas contraire, l'être que tu étais est devenu bien fade aujourd'hui. Je t'ai connu avec plus de goût. "

    Le démon se contenta d’observer son rival, ne desserrant pas les dents. Au fond, cet asile n’était qu’une aubaine, une chance inestimable qui était rarement accordé aux démons. Mais la vérité ; c’est un ennui mortel qui l’avait poussé ici, en plus de toutes ces précieux orphelins de Dieu. Cette vie guidée par la faim n’était jamais amusante bien longtemps… De plus, le démon cachait à ses compères une très grande curiosité pour les Humains, malsaine, certes, mais immense !
    Il aimait les voir à traîner leurs os sur la terre rude ; leur lourd fardeau alléger le sien. Mais le plus jouissif, c’est que grâce à cette hôpital qui réunissait tous les mal-aimés, Sammael torturait la conscience des anges. Eux, si beaux avec leurs boucles blondes, si ravissants avec leurs ailes déployés ; ils pleuraient à chaudes larmes en voyant cet asile devenir un nid infesté de créatures malsaine…
    Le démon n’avait en effet aucun souvenir d’une quelconque appartenance au Paradis… Pourtant, les démons seraient également nés de la main de dieu avant de chuter dans les abîmes de la Terre… Aurait-il oublié ? Quoiqu’il en soit ; comme chaque créature des Enfer, il vouait une haine effroyable contre ces séraphins des cieux, et ne pouvait se sentir bien que lorsque leurs beaux visages blanc étaient déchirés par les larmes.

    Son absence de réaction ne fit par reculer Alister qui s’approcha furtivement de lui ; cédant à la tentation de croquer son cou. Déchirant sa chair d’albâtre, plantant ses dents avec gourmandise. Et loin d’être déçu par le goût, l’ange déchu dégusta les saveurs de l’Enfer ; sa chaleur piquante rappelant le feu, les parfums épais qui agitaient l’odorat… Alister commit pour une énième fois son péché qui lui avait coûté son auréole de lumière.


    " C'est bien ce que je disais, je t'ai connu avec plus de goût, Sammael. "

    Avouèrent ses lèvres nacrées lorsqu’elles quittèrent leur repas. La plaie s’était refermée, ne laissant aucune trace ; les tendons de son cou étaient redevenus tendus comme les cordes d’un violon, sa peau blanche s’était reconstruite avec les mêmes détails que la précédente et son sang était à niveau prisonnier dans ce corps chimérique.

    " Je sais ce qui te manque ! Mais je ne te le dirais pas. "

    Rajouta malicieusement l’enfant. Le démon sentait combien Joachim était écrasé sous le poids menaçant de cet ange diabolique.
    De ses lèvres s’écoula un faible rire, le jeune homme se leva pour parcourir le bord de la table, frôlant d’un pas léger les ustensiles au sol.


    -Pourtant, tu avais l’air séduit par ce goût… Inutile de le nier, Alister, c’est une sensation que tu ne connais que très rarement.

    Renchérit alors le démon sur un ton riant. La fierté allait succomber au charme ? C’est-ce que le jeune homme avait cru comprendre.

    -Bien sûr que tu ne risques pas de révéler ce qui me manque ; tu aurais trop peur que je puisse prendre le dessus… Ce serait comme me donner une arme capable de te tuer.

    Ajouta Sammael. Il avait senti comme une faille dans le jeu d’Alister lorsque ce dernier avait goûté à sa chair brûlante… La seule crainte qui devait le retenir était sûrement l’âme de Joachim… Le démon s’appuya à niveau sur le meuble. Mais cette fois, il étendit son dos contre ce bois rude, jetant un regard venimeux au plafond ; d’ici, il avait l’impression de voir ces anges emmitouflés dans ces nuages de coton. Tout simplement abject !

    -Même si tu es sûr de retrouver ton corps, ce doit être bien fatigant de protéger quelqu’un comme Joachim…. Je suppose que je ne suis pas le premier à vouloir sa vie… Et je ne serais sûrement pas le dernier.

    Son sourire s’élargit. Mais si ses dents bien visibles luisaient, ce n’était pas seulement à la pensée de l’âme de l’enfant blond… Il était destiné à tous ces séraphins perchés là-haut, son rictus carnassier ne reflétait que les morts tragiques qui attendaient les patients dans cet hôpital.
    Indubitablement, les larmes qui roulaient sans cesse sur leurs joues rondes étaient très séduisantes. C’était peut-être une qualité qu’il reconnaissait chez Alister ; les larmes avaient séchés depuis bien longtemps, et bien que son corps se dégradait lamentablement, il était à présent d’une réel beauté diabolique.
    Son regard s’adoucit mystérieusement ;


    -Ce doit être difficile, surtout quand l’on est aussi inconscient que toi…

    Sammael passa sa main sur son propre cou, là où le sang avait jailli comme un ruisseau, là où une part de lui-même s’était engouffrée dans la gorge de l’ange déchu. Son ton mielleux résonnait faux, associé au sourire qu’il avait.

    -Tu as invité une part de moi à venir en toi, Alister… Ou plutôt, en Joachim, puisque c’est son corps que tu utilises.

    Sammael laissa le doute s’installer, les auras démoniaques s’affrontaient comme deux ombres qui tentaient désespérément de se dévorer mutuellement. Deux bêtes enragées et tiraillées par la faim. Lorsque l’atmosphère était lourde au point d’en être palpable, Sammael susurra doucement ;

    -Mais rassure-toi ; je ne suis pas certain que cela aura un effet particulier… Ce n’est peut-être qu’un vulgaire morceau de cadavre qui parcourt l’estomac de ton protégé…

    En réalité, Sammael n’avait jamais été mordu ainsi par un autre démon qui utilisait le corps d’un enfant comme Joachim. Le jeune homme n’était donc pas certain que Joachim paierait de graves conséquences, à part peut-être une flamme brûlant au creux de son ventre…

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MessageSujet: Re: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Dim 16 Aoû 2009 - 13:31

" Pourtant, tu avais l’air séduit par ce goût… Inutile de le nier, Alister, c’est une sensation que tu ne connais que très rarement

Il devait bien avouer qu'il n'avait eu que rarement l'occasion de goûter du démon. Et cette saveur si prononcée de l'enfer le ravissait plus que de raison. Ce crime qu'il avait plus d'une fois commit, ce crime qu'il lui avait valu ses ailes et sa place au paradis. Pourtant il ne regrettait pas, et même si il en disait le contraire, Sammael était délicieusement démoniaque. Avec exaltation l'ange se lécha les lèvres, songeant à l'hypothétique prochaine fois où il le goutterait. Il ne pu s'empêcher d'ailleurs d'être alléché par le corps séduisant de l'adulte. On avait beau dire, ce démon là était tout ce qu'il y avait de plus charmant. Dommage qu'il soit si épineux comme il s'amusait à le penser à l'instant. Le mettre dans son lit aurait été comme offrir l'agneau au loup en espérant qu'il ne le dévore pas. Joachim était bien trop pur pour qu'on ne veuille pas poser les mains sur lui. C'était une chose que l'ange devait à tout prix garder à l'esprit. La moindre erreur, la moindre inattention lui enlèverait à jamais son petit protéger et ce n'était pas parce que le sulfureux Sammael l'attirait plus que de raison qu'il allait se laisser avoir aussi facilement. Lui, Alister avait tout de même vu le début des temps humains.

" Bien sûr que tu ne risques pas de révéler ce qui me manque ; tu aurais trop peur que je puisse prendre le dessus ... Ce serait comme me donner une arme capable de te tuer. "

Alister stoppa net sa petite danse. Il resta ainsi, figé dans une position intrigante le regard levé vers le plafond. Un horrible sourire fendit ses lèvres alors que s'écoulait de sa gorge un léger rire, quoique particulièrement dérangeant. Du moins pour un humain. Le garçon tendit un regard malicieux au directeur.

" Qu'est ce qui te dis que je n'ai pas envie de te donner ce bâton pour que tu me frappe avec ? "

Il rit. Rien ne l'amusait plus que de provoquer les feux du dragon. Après tout c'était son arrogance qui l'avait également conduit là où il était aujourd'hui. Réitérer son péché mortel n'était en rien quelque chose qui le préoccupât plus que ça. Ca l'emplissait même d'une joie sans faille. Vivre de danger et d'errance le faisait se sentir vivant, ou plutôt mort dans son cas. Alister appréciait jouer, provoquer, la décadence était son lot quotidien et il entraînait Joachim dans sa chute. Cependant il ne le pleurait pas. Pourquoi ? Il avait choisi son destin. A l'article de la mort l'enfant avait voulu l'accompagner pour toujours. C'était en soit une magnifique et inestimable récompense que d'avoir la main mise sur une âme telle que celle là. Pure, belle. L'ange savait que jamais, au grand jamais il n'arriverait à la corrompre. Quand bien même son sceau ornait son cou, son pouvoir n'était pas assez puissant, pas plus que celui de Sammael. Mais Joachim n'était pas béni des anges. C'était lui, et lui seul qui avait forgé ce destin et cette pureté qui l'habitait. Quoi de plus tentateur pour un être diabolique. D'ailleurs les propos de Sammael corroborèrent à la perfection l'idée qu'il se faisait de son protéger.

" Même si tu es sûr de retrouver ton corps, ce doit être bien fatiguant de protéger quelqu'un comme Joachim ... Je suppose que je ne suis pas le premier à vouloir sa vie ... Et je ne serais sûrement pas le dernier. "

Alister contempla le visage faussement angélique du démon. Il s'assit sur le rebord de la table balançant ses jambes dans le vide. Son regard se perdit sur les traits charmeurs de Sammael. Après quelques instants de réflexion il se décida enfin à lui répondre.

" Effectivement tu es loin d'être le premier. Humains, démons, je me suis évertué à le protéger envers et contre tout. Comme tu l'as dis c'est un travail fatiguant, mais je peux t'assurer que le jeu en vaut la chandelle. Joachim est bien plus précieux à mes yeux que n'importe quoi sur terre. Je ne laisserai personne me le ravir, et surtout pas toi, Sammael. "

Le ton de l'ange était redevenu sérieux, mais lorsque le directeur lui suggéra qu'il était inconscient il ne pu retenir le fou rire qui le saisit soudain. Il n'avait pas eu besoin de lui pour s'en rendre compte. La folie rongeait son esprit depuis des siècles, il savait qu'au delà de sa volonté de protéger l'enfant, il l'avait blessé un nombre incalculable de fois. Suffisamment pour entacher l'esprit de n'importe quel humain, pourtant ce n'était pas le cas de Joachim. Il lui restait fidèle malgré la souffrance, malgré sa grande inconscience. Pour l'ange c'était une preuve inestimable de la fidélité qu'il lui vouait. C'était pour Alister, une raison suffisante pour agir à sa guise sans se préoccuper des conséquences. Peut-être qu'il le regretterait un jour, mais le moment n'était pas encore venu. Et cette petite tache sombre sur le tableau de son existence ne calcinerait pas sa joie d'agir comme bon lui semblait. Joachim lui pardonnerait toujours, c'était de loin le plus important.

" Tu as invité une part de moi à venir en toi, Alister ... Ou plutôt, en Joachim, puisque c'est son corps que tu utilises. "

L'ange leva les yeux au ciel. C'est vrai qu'il n'y avait pas pensé en ces termes là. Il ignorait complètement quel genre d'effets pouvait avoir la chair de démon lorsqu'elle était avalée par un humain. Car même si ils en avaient l'apparence, cette charogne de l'enfer n'était sans doute pas très comestible. La réflexion de Sammael le fit pourtant sourire. Etrangement ça ne l'inquiétait pas plus que ça. Les effets se manifesteraient en temps voulu et à ce moment là seulement il aviserait. En tout cas, lui, se sentait parfaitement bien dans cet univers malsain. Chaque jour il retrouvait de sa superbe. Il aurait bientôt assez de force pour se manifester à nouveau. Il devait bien reconnaître que ce lieu était propice à son rétablissement. Il ne l'était pas pour la santé mentale de sa petite poupée, mais ce détail fut somme toute, secondaire.

Alister resta silencieux encore quelques minutes avant de bouger de sa position pour venir se placer au dessus de Sammael dans une attitude prédatrice. Ses jambes malingres entourant le torse de l'adulte il s'étira sur lui comme le chat après la sieste. Un sourire dérangeant ornait ses lèvres d'enfants alors qu'il venait capturer les lèvres du démon. De toute manière il n'avait strictement rien à craindre de lui. Alors il partagea la chaleur de son corps humain avec l'adulte, prolongeant cet instant de plaisir trop peu de fois ressenti. Cependant Alister s'arrêta avant que le désir ne se fasse trop douloureux. Un pas de plus et il aurait plongé dans un enfer dont il ne serait pas revenu, enfin d'où Joachim ne serait pas revenu. Les plaisirs de la chair étaient loin de lui être connus, l'ange voulait donc lui épargner une humiliation supplémentaire. Ce n'était pas faute d'avoir essayé mais quelque chose nommé culpabilité l'en empêchait purement et simplement. Quittant à regret le corps du démon, Alister sauta au bas de la table et évita de manière féline les ustensiles répandus au sol. D'un pas mesuré il s'approcha de la sortie et se retourna soudainement, voulant contempler une dernière fois l'aura démoniaque de son désormais rival ! L'ange s'inclina, mimant une grotesque révérence.


" Ce fut un plaisir de te rencontrer mon cher Sammael. J'espère que nous ne ferons pas que nous croiser en ces lieux. J'ai quelques malsaines envies qui ne sauraient être satisfaites que part toi, cependant je m'abstiendrai de t'en faire part aujourd'hui. Ce sera une surprise à l'occasion de notre prochaine rencontre, que j'espère prompte. "

Un sourire mauvais fendit ses lèvres alors qu'il envoyait un baiser invisible à l'attention du charmant directeur. Cette rencontre pour le moins fortuite avec le démon avait ranimé la flamme du jeu dans son coeur pestiféré. La prochaine fois qu'ils se verraient ne serait sans doute pas aussi tendre, sauf si bien sûr Joachim était de la partie. Mais Alister veillerait à ce qu'on ne lui arrache pas son petit ange. Tournant les talons, le garçon s'éloigna de la cuisine, déambulant dans les couloirs sombres de Middleton ...

[=> ???]
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MessageSujet: Re: Macabre Festin [Sammael Ruthven]   Dim 23 Aoû 2009 - 9:56

    Alister semblait également ignorer les conséquences de son acte. Sammael était loin d’être inquiet ; après tout, si sa chair perdue venait à régir, il y avait de fortes chances pour que cela joue en sa faveur. Et bien qu’il doutait que cela ait des conséquences graves, il ne fallait pas oublier que Joachim était avant tout un Être Humain, bien qu’il soit possédé par un ange noir. Et si le sang de démon ne causait aucun problème aux vampires ou autres, les hommes devaient malgré tout en pâtir…

    La rencontre entre le démon et l’ange déchu se termina par ses paroles amusées ;


    " Ce fut un plaisir de te rencontrer mon cher Sammael. J'espère que nous ne ferons pas que nous croiser en ces lieux. J'ai quelques malsaines envies qui ne sauraient être satisfaites que part toi, cependant je m'abstiendrai de t'en faire part aujourd'hui. Ce sera une surprise à l'occasion de notre prochaine rencontre, que j'espère prompte. "

    Le jeune homme se contenta de sourire, observant le salut comique que lui adressait son rival, accompagné d‘un baiser empoisonné. Après tout, si aucun des deux ne mourraient d’ici-là, il y avait en effet de fortes chances qu’ils se recroisent à l’extérieur de ces murs. Mais c’était pour le moment un nid si riche que le démon refusait de le quitter sans véritable raison pour le moment…
    Alister tourna ensuite les talons et quitta la pièce de son habituel pas dansant. Lorsque la porte fut refermée, Sammael quitta son perchoir et se pencha vers les couteaux qui jonchaient le sol. Tout en les ramassant, il songea de nouveau à la réponse de son rival « Qu'est ce qui te dis que je n'ai pas envie de te donner ce bâton pour que tu me frappe avec ? »… Alister était bien contradictoire ; un véritable enfant qui joue avec des devinettes et qui ne cesse de faire d’innombrables contours avant de parler avec franchise. Après avoir replacé les ustensiles à leur place, le démon décida d’oublier cet ange aux ailes brisées, après tout, ils se reverraient, c’était sûr. Mais peut-être pas dans de bonnes circonstances. Indubitablement, Sammael se mit à rire ; et si, par chance terrible, sa partie perdue torturait Joachim de l’intérieur, allumant aux fonds de ses entrailles un incendie inépuisable ? Est-ce que l’ange déchu paraîtrait aussi joyeux qu’il l’était à l’instant ? Si la patience était une vertu, celle du démon était une sérénité aux frontières de la perversité.

    Enfin, le directeur quitta à son tour la cuisine, retirant avec lui toute l’aura démoniaque qui empestait dans la pièce. L’habituel ambiance cadavérique de l’asile remonta alors sur son trône.


[Et hop, je verrouille ! A la prochaine ! =D]

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