Mad Asylum
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Enfin, pas vraiment : vrai phénix, il s'est dépêtré de ses cendres et a fini par renaître quelque part, faisant peau neuve, URL neuve.

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 We're All Mad | PV Q. Zasso

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Ivan V. Mayakovsky
Humain † L'Oscar Wilde Soviétique
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MessageSujet: We're All Mad | PV Q. Zasso   Ven 2 Avr 2010 - 16:55


    Notre devoir n'est pas de nous débarrasser du fou, mais de débarrasser le fou de sa folie.
    [ Albert Londres ]




-’Semblez bien respectable, Messire, pour un aliéné. Qu’est-ce z’avez fait pour vous retrouver ici ?

Ivan sursauta. Le livre qu’il lisait failli tomber, mais ses doigts se crispèrent dessus à temps. Le silence était si prenant, le récit si absorbant que les paroles de l’homme avaient résonné de façon soudaine dans la bibliothèque. Il semblait plus vieux que son âge réel et sa peau, aspect de fragile parchemin, épousait de façon cadavérique la forme de ses os qui s’entrechoquaient parfois. D’épais sourcils blancs tombaient sur ses yeux de faucon qui, bien que fatigués, brillaient d’une lueur de curiosité.
Le russe hésita répondre, mais il n’avait de toute façon rien à cacher. Et selon lui, il n’avait jamais mérité sa place dans l’enceinte de l’asile.

-Et bien… J’ai eu plusieurs relations avec d’autres hommes et j’ai publié un roman qu’on a qualifié d’immoral. Ce sont les deux motifs qui m’ont amené ici… Puis-je vous demander à mon tour ce que vous faîtes au Middleton Asylum ?

Les lèvres sèches et charnues du vieux restèrent closes pendant un moment, puis, comme s’il venait de comprendre la question, il renchérit sans aucune pudeur ;

-J‘tais jardinier chez une bien riche famille. Et un jour, le gosse de riche a volé une boîte de biscuits et y m‘a accusé. J’l’aimais déjà pas beaucoup ce sale gosse, vous savez ? Alors ça m’a rendu furieux après qu’ses parents m’aient menacé de me flanquer dehors ! Alors j‘ai fauché le gamin ! ‘Savez, comme la Mort avec sa faux ! Ouais, j‘voulais rendre justice ! Mes patrons m‘ont traité de « vieux fou » et ça non plus, j‘ai pas aimé, alors je les aussi fauché !

Son ton prenait de plus en plus d’ampleur, s’enflammant à force de rage et de fierté étroitement mêlées. Ivan mit un terme à ce monologue inquiétant, avant que cette frénésie grandissante ne déclenche une réaction involontaire. Car on pouvait reconnaître une chose chez les fous : c’est qu’ils étaient totalement imprévisibles.

-Vous a-t-on blâmé pour ça ? Que vous ont dit les médecins ici ?

Cette fois, le brusque silence traîna un peu plus, mais au moins, le calme était revenu aussi rapidement que l’avait souhaité le jeune homme.
Les yeux aussi ronds que ceux d’un chat hypnotisé, le vieux fou répondit ;

-Rien… C‘t‘à peine s’ils savent pourquoi j‘suis là. ‘Savez, lorsqu’on me traitait de fou, je savais que je ne l’étais pas et ici, quand sans qu’on me traite de fou, j’ai l’impression de l‘être…

Puis, cette triste voix chevrotante répéta « je le suis devenu » comme s’il s’agissait d’un comptine monotone et interminable.
Ivan ne le retint pas lorsque le vieil homme quitta la bibliothèque, le laissant emporter sa litanie morbide.
Le russe referma néanmoins le roman qu’il tenait entre ses mains, dégoûté par cette conversation, l’appétit littéraire n’était plus… L’idée de finir comme ce pauvre malade l’effrayait. Certes, découper un enfant n’était pas digne d’un grand sage et il était probable que l’homme était fou bien avant de mettre les pieds ici. Mais sa folie avait empiré ?

-Je ne suis pas fou, mais je peux le devenir...

Murmura Ivan, un frisson parcourant son échine…
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MessageSujet: Re: We're All Mad | PV Q. Zasso   Mer 7 Avr 2010 - 8:57

Quentin Zasso rentra dans la bibliothèque puis alla s'asseoir sur le premier siège qui lui passa sous la main.Qu'allait il lire aujourd'hui?Il se le demanda une bonne minute avant de porter son attention sur l'homme assis en face de lui.Il était très beau mais ce qui frappa le plus Zasso,c'est l'incroyable lucidité qui se dégageait de cet homme.Il avait une aura peu commune qu'il n'avait jamais senti chez un autre homme.

"Etrange,ses yeux reflètent une parfaite tranquillité d'esprit,il n'a vraiment pas sa place ici." pensa Quentin Zasso


Mais Zasso savait pourquoi cet homme était enfermé,il avait écouté sa conversation avec le vieil homme.
"Etre enfermé ici uniquement à cause de son homosexualité et de la publication d'un livre soi-disant "immoral" montre bien que les hommes ne sont que des animaux à qui on a oublié d'apprendre la tolérance"

Quentin Zasso se décida à parler à l'homme en question

"Bonjour mon cher,je me présente Quentin Zasso ex-procureur.Pardonnez mon indiscrétion mais j'ai entendu votre conversation avec le vieil homme et je dois vous avouez que le fait que vous soyez ici me surprend.Avec ma grande expérience du barreau,je puis vous assurer que vous n'avez pas une once de folie en vous.L'intolérance me dégoutte au plus haut point,les hommes qui vous ont envoyé ici ne sont que des primates!Mais puis-je vous posez une question mon cher?Quel est votre fameux livre que l'on a traité d'immoral?"

Il se prépara une tasse de thé sur la petite table près de lui et attendit la réponse de l'homme en face de lui.
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Ivan V. Mayakovsky
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MessageSujet: Re: We're All Mad | PV Q. Zasso   Mar 13 Avr 2010 - 20:50


    Dire qu'un livre est moral ou immoral n'a pas de sens, un livre est bien ou mal écrit c'est tout.
    [ Oscar Wilde ]






Encore sous ce sceau de frayeur, le russe ne nota pas la venu d’un nouveau dans la bibliothèque. Il ne nota pas non plus le regard du visiteur sur lui, comme si Ivan était devenu le principal centre d’intérêt dans la pièce.

-Bonjour mon cher, je me présente Quentin Zasso ex-procureur. Pardonnez mon indiscrétion mais j'ai entendu votre conversation avec le vieil homme et je dois vous avouez que le fait que vous soyez ici me surprend. Avec ma grande expérience du barreau, je puis vous assurer que vous n'avez pas une once de folie en vous.

Ivan sursauta en prenant conscience qu’on s’adressait bien à lui. Son attention eût tout juste le temps d’entendre le nom de son interlocuteur. Il ressemblait au parfait gentleman anglais qu’on pouvait voir dans n’importe quelle rue londonienne, ce qui rendait alors son identité incertaine. Venait-il de cette formidable capitale où on entendait le cœur battre à force de bruits de calèche, de paroles, d’éclats de rire et de pleurs ? Ou venait-il, lui-aussi, vers les paysages morts où le glacial silence régnait avec le vent du Nord ?

En tous les cas, l’affirmation de Quentin Zasso réconforta Ivan. Il n’était donc pas lucide qu’à ses propres yeux.

Le russe se remémora l’allusion concernant l’ancien métier de l’homme en face de lui. Une personne rattachée à la justice ? Comme c’était rare dans les couloirs de l’asile ! Ce genre d’aigle ne chutait jamais aussi bas avec les charognards qui ne connaissait pas les monts de la noblesse. Qu’avait-il fait pour se retrouver lui-même enchaîné au sol, l’empêchant de voler vers des destins glorieux, enviés des plus malheureux ?

Un doux sourire se dessina sur les lèvres de l’auteur. Jamais encore il n’avait entendu un compère qualifier son bourreau de « primate », un insulte qui, soit dit en passant, allait à ravir au juge qui l’avait traîné jusqu’à cet asile.
Retrouvant un peu son sérieux, Ivan répondit à Quentin concernant son livre.

-Il s’intitule « Bloody Che[i]rry », je l’ai écrit lorsque j’avais 21 ans, mais je ne l’ai achevé que l’an dernier. Mais il n’a jamais été publié, mes uniques lecteurs, c’est-à-dire mes proches et mon éditeur, ont immédiatement réagi de façon… Excessive, si je puis me permettre cette remarque.

Ce soupçon d’ironie n’était jamais toléré lorsque l’on parlait de la famille, le russe le reconnaissait, mais enferme-t-on un frère, un fils dans un asile alors qu’il veut vivre comme il l’entend ? Bien qu’il n’espérait pas voir le portail du Middleton Asylum s’ouvrir un jour, Ivan se jurait malgré tout que s’il se retrouvait de nouveau face à ses frères et ses parents, il leur adresserait la parole avec une certaine rancœur imperturbable.

-En réalité, mon juge voulait me placer derrière les barreaux, pour avoir vécu des aventures homosexuelles… Mais j’ai fait mention dans mon roman la présence de créature mystique bien trop de fois à son goût et il a cru alors que j’étais fou.

Acheva d’expliquer Ivan. À vrai dire, son humeur vacillait entre la fierté et la honte. Encore maintenant, il se demandait qui était le véritable coupable dans cette opposition qui confrontait la morale à la joie de vivre…

Ivan chassa ces éternelles réflexions et décida de se concentrer sur Quentin Zasso. Assez parler de lui.

-Je ne me suis pas encore présenté et je supporte difficilement l’impolitesse ; je me nomme Ivan Mayakovsky. Je ne cache pas ma surprise concernant votre présence ici, Sir Zasso, comment une personne aussi haut placée que vous s’est retrouvé ici ?
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MessageSujet: Re: We're All Mad | PV Q. Zasso   Mar 20 Avr 2010 - 9:39

La question que posa le russe à Quentin Zasso était très énervante pour lui.Comment LUI ,le grand Quentin Zasso,l'un des meilleurs procureurs que Londres avait pu connaitre, était arrivé la?Il connaissait la raison bien sur,il savait pourquoi on l'avait enfermé ici,mais le fait même d'y penser l'irritait au plus haut point.Après tout,il avait juste éradiqué ceux qui risquaient de compromettre son brillant avenir.Quentin Zasso avait en horreur ceux qui tentaient de devenir aussi parfait que lui.

"Votre question est très pertinente mon cher Ivan,je prends la liberté de vous appeler par votre prénom,et il est vrai que l'on ne croise pas tous les jours de grands procureurs dans un asile de fou.Je vais vous expliquer pourquoi mes"supérieurs" m'ont enfermé ici.Vous allez surement me prendre pour un aliéné compte tenu de votre grande lucidité.Voila,j'ai tué trois procureurs par pur mégalomanie.Le problème chez moi,et je le reconnais,c'est que je ne peux supporter une personne plus intelligente que moi.Si une personne est supérieure à moi,je ne pense plus qu'a une seule chose:la tuer.Ces trois procureurs allaient devenir beaucoup plus brillants que moi,il fallait que je les stoppe avant qu'ils ne deviennent de dangereux adversaires.Ma mégalomanie m'a enfermé à Mad Asylum,il n'y a pas d'autres mots.Que pensez-vous de moi à présent?"
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Ivan V. Mayakovsky
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MessageSujet: Re: We're All Mad | PV Q. Zasso   Dim 9 Mai 2010 - 15:39

Échange de secrets, confidences d’identité et origines du blâme. Après tout, vu qu’il n’y avait ni répercutions, ni remontrances, ni échappatoire, les patients du Middleton Asylum n’avaient que ça à faire. Mais le récit de Quentin Zasso promettait d’être intéressant ; la justice, la concurrence, la prison… Monde qu’avait failli connaître Ivan mais qu’il avait fui de justesse. Pouvoir de vie ou de mort, sensation d’appliquer la sentence… Des avantages que le russe n’avait jamais profité et n’en avait jamais rêvé.

Ivan ne sourcilla pas quand Quentin Zasso déclara ses trois meurtres et le motif quelque peu orgueilleux. Mais après tout, qu’est-ce que ses réactions auraient pu changer ? Ces trois inconnus, sans nom, sans visage et sans intérêt étaient morts. C’était comme croiser un passager dans le couloir du train, voir ses yeux bruns et son chapeau rapiécé, puis, oublier ces détails dans la seconde qui suivait cette rencontre fortuite et muette. Puis, apprendre le lendemain, sans certitude, que ce passager s’était suicidé… Et alors ? Que faire ? Pleurer pour un fantôme qui en est devenu un autre ?
De plus, il y avait tant de patients qui avaient commis des choses indignes pour la société (nécrophilie, inceste, meurtre…). Peut-être que ses mains étaient l’unes des moins sales, mais son esprit était-il l’un des plus stables ? Peut-être que oui, peut-être que non…

« Que pensez-vous de moi à présent ? »

Le russe leva les yeux vers le procureur banni, puis, haussa les épaules d’un air vraiment désinvolte.

-Peut-être rien de très passionnant, Sir Zasso. Nous ne sommes pas dans un couvent et… Je ne suis pas aussi doué que vous dans le domaine de la justice, alors qui suis-je pour juger ?

Il repensa au vieil homme qui avait quitté la bibliothèque quelques minutes plus tôt, celui qui avait appliqué sa propre sentence. Ivan referma sa grande main sur le livre qui reposait sur ses genoux et se leva de son fauteuil.

-Oh ! Et je me risquerai encore moins à avoir des préjugés alors que je viens de vous rencontrer. Peut-être aviez-vous de bonnes raisons ? Et je connaissais encore moins vos rivaux, sont-ils aussi purs que les gentlemen ou étaient-ils fourbes et tricheurs ?

Se sentant étranger au milieu, Ivan devait se contenter d’imaginer cette dangereuse course au succès et au pouvoir. La folie qui peut émerger d’un instant à l’autre et corrompre ses victimes sous sa coupe, les poussant à accomplir toutes les tactiques pour arriver à bout de leurs projets.
Tous les moyens sont permis, gentlemen, que le meilleur gagne !
Devant l’étagère, Ivan reposa soigneusement le roman à la place où il l’avait emprunté, rebouchant le trou dans l’enceinte de la bibliothèque. Son index glissa sur quelques tranches, recherche inconsciente d’un ouvrage qu’il pourrait savourer plus tard avant de reprendre la parole.

-Hem… Je m’autoriserais peut-être une remarque ; le pouvoir peut faire perdre la tête aux hommes, même les plus sages. J’avais entendu cette phrase il y a quelques années sans vraiment pouvoir la confirmer. Peut-être est-ce votre cas ?

Son père l’avait mentionné en parlant des grands Tsars de l’empire Russe. Mais vois-tu, Папа, le pouvoir n’est pas le seul ingrédient pour l’once de folie ou de perversion dans l’esprit d’un homme. Un mauvais sourire, amer et piqué de rancune se dessina sur les lèvres du russe. Il le perdit très vite, adoptant un nouvel air calme en se retournant vers Quentin Zasso, lui au moins, ne l’avait pas insulté pour le motif de son enfermement. Ivan en ferait donc autant.

-C’est déjà un bel avantage que de savoir son défaut. Cela n’agit que dans le milieu du travail ?
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