Mad Asylum
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Enfin, pas vraiment : vrai phénix, il s'est dépêtré de ses cendres et a fini par renaître quelque part, faisant peau neuve, URL neuve.

Mad Asylum


 
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 The Mad Asylum Tale

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MessageSujet: The Mad Asylum Tale   Dim 11 Avr 2010 - 22:33








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    Extrait du Journal de William Carter

    19 Janvier 1893, Londres


    Je ne sais franchement ce qui me pousse à écrire, ce qui me motive. Mais je pense que j'ai emprunté bien prématurément la route que chacun doit prendre : j'ai atteint ma limite, je peux l'avouer sans aucune crainte, je suis bien trop plein. Mon crâne me semble pourtant si vide, j'ai l'impression de ne rien savoir, ou plutôt de ne plus savoir. Et pourtant j'en ai vu des choses, j'en ai fait des choses.
    Je suis né en Angleterre. Fils d'un célèbre officier et de sa véreuse femme, je n'ai manqué de rien. Il ne s'agit pas ici de faire le récit de ma vie, mais je vais brièvement la résumer pour un quelconque lecteur. Je suis fils unique et mes parents avaient placé de grands espoirs en moi. J'étais bon à l'école, poli, charmant. Les ladies les plus dignes me trouvaient aimable (à l'époque, le mot avait encore tout son véritable sens). Physiquement, je ressemble à mon père : grand, droit, un maintient en toutes circonstances impeccable, des yeux bleus et des cheveux bruns, j'étais le gentlemen anglais typique. Je buvais mon thé à l'heure du thé, et je ne manquais pas d'insulter les français lorsqu'il le fallait.
    Tout me prédestinait à devenir avocat à la cours, mais moi, je savais bien que ce style de vie ne me conviendrait pas, que toute cette mascarade ne me convenait pas.
    ...
    Je vais arrêter ici l'histoire de ma vie car elle s'étale partiellement dans les pages qui suivent. Chaque rencontre que j'ai effectué m'a plongé plus profond au fond de moi même, m'obligeant à faire face à mes souvenirs. J'ajouterai simplement que je ne suis pas quelqu'un de bien : j'ai un goût trop prononcé pour mes homologues masculins, pour le jeu, pour l'alcool et pour le meurtre.
    C'est pour toutes ces raisons plus qu'évidentes que le 23 août 1890, un juge ordonna que l'on m'envoie au Middleton Asylum afin d'être « soigné de ma démence. »
    Il ne savait pas que c'était dans ce luxueux manoir que j'allais vraiment apprendre qu'était la démence...
    Je ne regrette rien, cela m'est impossible, il ne me reste que quelques jours à vivre.
    Alors toi, lecteur qui te penche vers ce merveilleux livre, oublie la raison, ne crains pas la beauté lorsque tu la verras et surtout, surtout, accepte tout ce qui est mauvais. Sache que la Bible ment, personne ne nous délivrera du Mal, mais le Mal nous délivrera tous.

    William Carter,
    Damné pour l'éternité.


Dernière édition par Blair Amarande le Dim 11 Avr 2010 - 22:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The Mad Asylum Tale   Dim 11 Avr 2010 - 22:37


    Lorsque je descendis du fiacre en ce funeste jour d'août, et que je fis face à l'imposante bâtisse que représentait le Manoir Middleton, je ne pus réprimer un léger frisson. J'avais toujours été très doué pour cacher mes émotions, mais c'était plus fort que moi : en ville on décrivait l'endroit comme un lieu de malheurs et de dépravation, et étant aussi prêt, je devais bien admettre que l'endroit dégageait quelque chose ... d'inhabituel. Sixième sens ou alors simple affabulation de mon pauvre esprit fatigué ? On ne le saura jamais.

    Le conducteur fit sortir ma valise en toute hâte et s'en alla sans ajouter un autre mot. Comme si il fuyait la peste ou le choléra. J'eus un maigre sourire : cet endroit avait vraiment mauvaise réputation. J'avalai nerveusement ma salive, lissait les pans de mon costume trois pièces d'une couleur bleu sombre, arrangeait mon haut de forme sur ma tête avant de m'emparer de ma valise et d'avancer vers la demeure.

    Cependant, mes mains tremblaient toujours, trahissant ma nervosité. Je tentai alors de me concentrer sur des choses simples pour m'apaiser. Je marchais dans une allée de terre plutôt sinueuse et j'avais bien de la chance qu'il ne pleuve pas. Des nuages gris avaient envahi le ciel masquant le soleil, mais laissant tout de même filtrer sa chaleur. En bref, un mois d'août en Angleterre.

    Je reportai mon attention vers mes pieds, j'étais arrivé dans un jardin. Il était immense et les fleurs les plus belles, les plus simples que je ne connaissais pas y fleurissaient. Au moins, pensai-je, je pouvais toujours venir me réfugier ici si je n'avais pas le moral. Mon père avait l'habitude d'offrir un bouquet de fleur à ma mère tous les dimanches, tous les dimanches des fleurs différentes, une odeur différente, un ornement différent. J'aurais été incapable de les nommer, mais je pouvais tout de même les reconnaître. Le jardin cachait un cimetière. Qui avait été enterré ici ? Des malades récalcitrants ? Des générations d'anciens propriétaires ? Les cimetières ne me faisaient pas peur, mais je les évitais par principe. Histoire de ne pas croiser un mauvais esprit ou même le diable en personne. C'était stupide de croire en de telles fariboles, mais je n'étais qu'un homme et je ne pouvais pas prétendre tout connaître.

    Le manoir se rapprochait de plus en plus, et le nœud dans ma poitrine s'alourdissait. Il n'y avait plus aucun retour possible. C'était ici, et pas ailleurs, que j'allais « vivre ». Que faisait-il subir aux patients ? Je n'étais jamais allé voir de docteur, étant toujours d'une santé plus qu'excellente, alors tout le domaine médical m'était inconnu. A présent, j'aurais voulu en savoir un peu plus.

    Je fus enfin devant l'épaisse porte de bois. Que faire ? Toquer ? La pousser simplement ? La justice avait dû informer le directeur de l'établissement de mon arrivée, alors je devais être attendu. Le doute s'était emparé de moi. Et je ne savais vraiment pas quoi faire. C'est à ce moment que j'entendis une douce voix derrière moi :

    « Êtes vous perdu, perdu, perdu, Sir ? »

    Je me tournai et regardai le nouveau venu avec un sourire sur le visage. C'était un jeune garçon de petite taille à l'apparence plus que délurée. On aurait pu aisément le prendre pour une bête de foire, du genre que l'on retrouve dans les salons de thé pour amuser les plus riches ladies, ou encore dans un infâme bar servant les doses d'opium à des clients bien plus âgés avant de les entraîner vers d'autres vices plus charnels et plus sensuels. Il avait des cheveux d'un noir bleutés et, légèrement bouclés, ils lui retombaient sur le visage. Visage au teint aussi pâle que la neige et aux lèvres absolument parfaites. Une certaine partie de moi avait envie de les goûter, mais je réfrénai cette pulsion et examinai sa tenue. Il portait une chemise noire à léger jabot et manchettes de dentelles, serrée à la taille par un corselet de cuir noir et d'un pantalon noir, le tout surmonté par de hautes bottes noires.

    Je le fixai ainsi pendant quelques secondes, m'interrogeant intérieurement. Il devait avoir dix sept ans tout au plus, j'en avais vingt quatre. Qu'est-ce qu'un gamin comme lui, car comparé à moi il en était bien un, venait faire ici ? Faisait-il parti du personnel ? Apparemment pas. Alors un patient ? Un camarade de folie ? Je souris à cette affreuse pensée.

    « Quelque peu. Je dois me rendre au bureau du directeur et je ne sais ni comment, ni par où m'y rendre. Dis-je d'une voix quelque peu inégale (est-ce de ma faute si ce simple garçon arrivait à me troubler ?)

    - Oh c'est très simple, simple, simple, répliqua t-il de cette même voix si innocente et si cristalline, il suffit de monter à l'étage et ... Si je vous accompagnais ?

    - Ce serait un grand plaisir pour moi. William Carter, ajoutai-je en lui tendant la main.

    - Castiel Aterius, dit-il en s'emparant de ma main. »

    Je ne pus m'empêcher de remarquer la différence de taille entre nos mains, et de quelle façon sa peau douce râpait la mienne. C'était très pervers certes, mais c'était ainsi que la nature m'avait fait. Mon esprit avait osé s'égarer pendant cette unique seconde, et lorsque je « revins » à moi, Castiel m'entraînait déjà dans le manoir, me tirant par la main.

    Le hall était imposant, je ne pus cependant pas l'admirer à ma guise car Castiel me tirait de nouveau. Qui aurait cru qu'un si frêle garçon pouvait avoir autant de force ? Certainement pas moi. Nous grimpâmes l'escalier lorsqu'il rompit le silence.

    « Et que lui voulez vous à Monsieur Sammael ? Me demanda Castiel

    - Est-ce ainsi que le directeur se nomme ? »

    Castiel hocha vigoureusement la tête, m'entraînant dans un couloir et déjà, vers un autre escalier. Mais j'allais avoir beaucoup de temps pour découvrir le manoir à ma guise étant donné que j'allais y vivre.

    « Et ... comment est-il ?

    - Oh il est très ... Sammael si je puis dire ! »

    Il ponctua sa phrase par un rire qui me pénétra de l'intérieur. Cet enfant était vraiment étonnant et vraiment ... mystérieux. Je me promis d'en apprendre plus sur lui.

    « Mais vous ... Pourquoi êtes vous ici Monsieur Carter ?

    - Pour faire court, disons tout simplement que je suis fou ! Répliquai-je avec un sourire

    - Dans ce cas nous sommes deux ! »

    Castiel avait de nouveau le sourire aux lèvres tandis que nous arrivâmes au deuxième étage. Je ne pus m'empêcher de légèrement tressaillir à ses paroles. Quelque chose au fond de moi, mon âme ou alors le monstre répugnant qui occupait sa place, me disait que j'étais le plus fou des deux. Plus qu'un pressentiment, c'était une certitude. Il avait l'air beaucoup trop jeune et beaucoup trop innocent, quel mal pouvait-il avoir causé ? C'était moi le dément, c'était moi le fou.

    Nous finîmes par arriver devant une imposante porte noire. Là encore, je ressentis de nouveau cette étrange sensation, ce léger frisson qui m'indiquait que je n'aurais pas dû me trouver ici. Castiel fixait la porte avec la même appréhension. Je décidai alors de rompre le silence.

    « Je suppose que vous ne m'accompagnez pas ?

    - Non, non, non, fit Castiel, je dois aller voir un ami. Nous, nous, nous verrons plus tard!

    - Avec plaisir, acquiesçai-je fortement. »

    Je le regardai alors partir de cette démarche sautillante si caractéristique des enfants. Aaah ... Cette nouvelle vie n'était peut être si terrible que ça. Je me tournai alors vers le bureau du directeur. Mais que craignais-je ? Ce n'était pas comme s'il allait me manger, non ? J'eus un léger rire avant de frapper trois coups secs à la porte. Aussitôt, on me répondit par un bref « entrez ». Je ne me le fis pas répéter deux fois et j'ouvris la porte, valise en main.

    Je ne m'attardai pas sur la décoration, bien que magnifique, de la pièce, mon attention s'était immédiatement tourné vers l'homme assis derrière le bureau. A sa simple vue, mon rythme cardiaque s'accéléra, quelque chose de grand, d'imposant émanait de lui, et je ne savais pas quoi. Pourtant il avait une apparence normal, digne de n'importe quel gentlemen anglais : il portait un simple costume noir, ses cheveux également couleur nuit contrastant avec son teint plus blanc que celui de Castiel. Et, posant l'ouvrage dans lequel il était plongé, il posa sur moi des yeux d'un rouge impressionnant, un sourire aux lèvres. C'était la première fois que je voyais des pupilles d'une telle couleur. Décidément, le Middleton Asylum semblait avoir plein de tours à me jouer, et moi, pauvre amateur, je me contentais de regarder la partie avancer, agissant comme un simple spectateur.

    « William Carter, je présume ? Sammael Ruthven. »

    Il avait parlé d'une voix claire et sur un ton quelque peu autoritaire, je sortis de ma rêverie et constatai qu'il s'était levé et qu'il me tendait la main. Je fermai la porte derrière moi avant d'avancer jusqu'à lui. Je réalisai alors qu'il était beaucoup plus grand que moi. On disait souvent que la première impression faisait tout, et, pour l'instant, tout chez Sammael Ruthven me disait qu'il était le genre d'adversaire qu'il ne fallait pas provoquer au risque de perdre. Je serrai sa main : autre différence avec Castiel, la paume du directeur était très chaude, quasi brûlante. Je retirai ma main, quelque peu dérouté par ce bref contact, avant de m'asseoir en face de lui.

    « Enchanté de vous rencontrer Sir, dis-je poliment.

    - Moi de même, répliqua le directeur avec un sourire, alors je crois comprendre que le juge Forester a jugé bon de vous envoyer dans mon établissement ? Il faut qu'il arrête de croire que tous les meurtriers de Londres sont des fous. »

    Sammael ponctua sa phrase par un rictus. Hmmm ... Il devait très certainement être de ceux qui ne riaient véritablement que dans de rares occasions. Ne sachant pas trop quoi répondre, je le regardai sortir une paire de lunettes de son veston. Il mit la monture et s'empara d'un des documents qui étaient sur son bureau.

    « Je lis ici que vous avez tué dix huit personnes en une seule soirée.-Il leva les yeux vers moi.- Est-ce la vérité ?

    - Si le juge l'a écrit, cela doit forcément être vrai, non ? Répliquai-je aussitôt m'étant préparé à la question. »

    Ma réponse parut le satisfaire, il eut un autre rictus tandis que j'avalai ma salive. Je savais qu'on allait me poser cette question et très honnêtement, qu'avais-je à dire pour ma défense ? J'avais été pris sur le fait alors pourquoi est-ce que les juges, les policiers, les prêtres cherchaient des pourquoi ? Des comment ? La finalité était la même, j'avais tué tous ces gens. Il n'y avait pas de Dieu à blâmer, pas de lois à réécrire, c'était moi et moi seul. Moi et toute l'horreur qui m'habitait. Et croyez moi, pas besoin de culpabilité lorsque l'on a ce genre d'amis.

    « Désolé d'être aussi direct, dit alors Sammael, mais en tant que directeur, j'estime qu'il est de mon devoir de savoir ce genre de choses. Mais après tout, c'est votre premier jour ici, je conçois que vous ne vouliez pas livrer vos sombres secrets si tôt.

    - En effet.

    - Mais sur le papier, Monsieur Carter, vous n'êtes ni plus ni moins qu'un meurtrier. Cependant ne vous en faites pas, vous êtes là pour y remédier, n'est-ce pas ? »

    Il avait noué ses doigts ensemble et ses yeux me scrutaient. J'avais eu tort de penser qu'ils étaient rouges, c'était autre chose, comme la couleur du thé ou d'un autre arôme.
    Et tout, dans son attitude et dans son ton, laissait sous entendre que Sammael voulait que je réponde non à cette question. Je fus quelque peu abasourdi. Quel était cet d'établissement où le directeur souhaitait la perte des patients ?

    Je ne pus cependant pas pousser ma réflexion plus loin car à ce moment précis, la porte s'ouvrit dans un bruit sonore, comme si quelqu'un l'avait ouverte en poussant dessus à l'aide de son pied. Sammael eut plusieurs réactions : il soupira, retira ses lunettes et s'adossa dans sa chaise, un léger sourire sur les lèvres. Pour ma part, je me tournai pour voir le nouveau venu, ou la nouvelle venue. Enfin ... C'était assez difficile à dire. Sauf si on se fiait à son imposante taille qui trahissait celle d'un homme.

    En effet, il semblait plus grand que Sammael et ... Dire qu'il était magnifique aurait été lui jeter une insulte en pleine figure : face à lui, on ne pouvait que se sentir affreusement laid. Il avait un teint de la couleur d'un bloc de marbre, des yeux d'un vert miroitant et des cheveux .... Ils n'étaient pas roux, ils étaient flamboyants, noués au dessus de son crâne dans un chignon compliqué, les quelques mèches qui pendaient ça et là semblaient former un drapeau ensanglanté. Ses lèvres charnues appelaient au plus simple des pêchés, mais c'était surtout sa tenue qui me laissa complètement abasourdi et emplit de désir. Il portait une élégante robe violette, sa taille et ses hanches étaient marqués, on aurait même pu croire qu'il avait de la poitrine et -que l'on me pardonne d'avoir regardé- l'un des pans de sa robe laissait voir une jarretière rouge. Cette créature était splendide.
    Ce ne pouvait être un asile, les gens y étaient bien trop beau et charmant. On aurait dit que lui, Sammael et Castiel appartenaient à un autre univers que je m'étais jusque là contenté d'imaginer, et qui maintenant, me revenait en plein visage.

    Le mystérieux inconnu avait les mains sur les hanches et fixait Sammael d'un regard à la limite de l'indécence. S'était-il passé quelque chose entre les deux hommes ? Difficile à savoir...

    « Lady Ravenclose, fit le directeur, il aurait été plus convenable de nous informer de votre présence en utilisant les règles de bienséances habituelles.

    - Vous savez ce que je leur dis aux règles de bienséances habituelles ? répliqua la dite Lady Ravenclose en avançant dangereusement vers le bureau, je leur dis merde, finit-il (ou elle) avant de s'asseoir sur la table, tourné vers Sammael

    - Ah... Les propos les plus infâmes deviennent de véritables trésors dans votre bouche, ma chère, dit Sammael face au langage plus que garni de son homologue

    - En parlant de ma bouche, je vous ai attendu la nuit dernière.

    - Je vous avais dit que je ne viendrais pas, dit simplement le directeur toujours aussi imperturbable.

    - J'avais pensé que ... Comme les autres vous vous seriez laissé tenter. »

    Je regardai l'échange, complètement fasciné. Apparemment la « Lady Ravenclose » faisait tout pour s'attirer les faveurs du directeur. J'admirais le sang froid de ce dernier, il m'aurait été impossible de résister. La preuve, la « Lady » fixait encore Sammael de cette mou charmante. Il se contenta de lui sourire poliment, avant de couvrir la jambe dénudée de la « Lady » : le message était clair, il ne céderait pas aux plaisirs de sa chair aujourd'hui. Il (ou elle ?) semblait bien l'avoir compris, car il poussa un soupir avant de se mettre à jouer avec une de ses mèches de cheveux. Je l'enviai silencieusement, me demandant quelle texture pouvait avoir cette envoûtante chevelure. Sammael dut apercevoir mon regard car il lança :

    « Je suis bien maladroit, Mr Carter voici Apolyon Ravenclose, le docteur de l'asile. »

    Apolyon ? Un prénom d'exception pour une créature d'exception.
    Il fit aussitôt volte face, ses yeux verts me fixant, comme s'il venait de s'apercevoir de ma simple présence. Si je n'avais pas eu temps de contrôle, j'aurais rougi : Apolyon semblait plus que content de ma présence. Je déglutis faiblement.

    « C'est un ... Plaisir de faire votre connaissance. Me dit le docteur. »

    Il s'empara alors de ma main et la baisa, ses yeux toujours ancrés dans les miens. Comment faisait-il pour ne pas ciller ? Comment se pouvait-il que ce simple contact, ses lèvres sur ma peau, me face frissonner ? Le docteur Ravenclose était un mystère auquel je n'étais pas préparé.

    Il finit par me lâcher la main seulement lorsque Sammael eut un autre rictus. Je m'éclaircis alors la gorge : j'avais momentanément oublier la présence du directeur.

    « Ne faites pas attention à Sammael, me dit alors Apolyon, c'est la jalousie qui le travaille, ajouta t-il en faisant un geste très éloquent

    - Vous vous trompez lourdement quant à mes sentiments, répliqua le directeur, mais je suppose que cela est du à votre égo plus que surdimensionné.

    - Si vous étiez venu hier soir, vous vous seriez rendu compte qu'il n'y a pas que mon égo qui ai surdimensionné, fit alors Apolyon se tournant vers Sammael pour lui jeter un regard taquin. »

    Sammael murmura alors quelque chose à Apolyon. Je ne pus entendre ce que c'était mais, la minute d'après le docteur nous quitta, non sans un dernier regard noir à l'encontre du directeur. Ce dernier avait encore un sourire en coin aux lèvres.

    « Il est ... particulier, dis-je alors pour briser le silence

    - Et croyez- moi, là il était fatigué, répliqua le directeur avant de pousser un soupir. »

    The Mad Asylum Tale_The Mad Asylum Tale _ The Mad Asylum Tale


    Plus tard dans la soirée, je me retrouvai allongé sur mon lit, dans ma chambre. J'avais fini par retrouvé Castiel et nous avions déjeuné ensemble. Il avait fait la conversation, et je dois avouer que je ne l'avais écouté qu'à demi-mot; j'étais ailleurs.

    Oui, fixant le plafond, dans la pénombre environnante, je réalisai que j'étais bel et bien ailleurs. L'asile semblait constituer une autre réalité hors de l'espace et du temps, sinon alors, comment expliquer que des gamins comme Castiel ne soit pas en classe, ou que les charismatiques hommes comme Sammael ne soient pas en train de diriger le pays ? Ou comment concevoir un être tel qu'Apolyon ?

    J'étais fatigué, pas physiquement, c'était une autre sorte de fatigue. Fatigue d'avoir trop réfléchi. Sammael avait raison, sur le papier j'étais un meurtrier, dans tout Londres j'étais un meurtrier. J'avais tué dix huit personnes, je ne voulais pas dire comment, ni pourquoi. Là-bas, pour eux, j'étais un meurtrier.

    Mais ici, au Middleton Asylum, qu'allais-je devenir ?
    Un fou parmi les fous comme Castiel, un des pions de Sammael ou alors un être aussi excentrique que le docteur ?

    Les dès étaient jetés, la partie pouvait commencer.


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Dernière édition par Blair Amarande le Mer 30 Juin 2010 - 10:25, édité 2 fois
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Ivan V. Mayakovsky
Humain † L'Oscar Wilde Soviétique
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MessageSujet: Re: The Mad Asylum Tale   Lun 12 Avr 2010 - 16:47

Vraiment, j’adore ! C’est un excellent début Blair et je n’ai pas arrêté de rire durant la rencontre entre Sammael et Apolyon !
Le caractère de William Carter aussi me plaît ; le voir philosopher, je ne sais pas… J’ai l’impression que ça prouve une forme de logique qu’il possède encore et donc, il sera intéressant de le voir évoluer au fur et à mesure.
*et Vanya vouloir plus de détail sur les meurtres*

Citation :
"Ne sachant pas trop quoi répondre, je le regardai sortir une paire de lunettes de son veston. Il mit la monture et s'empara d'un des documents qui étaient sur son bureau."

Ça tombe, je l’imaginais précisément avec des lunettes à ce moment-là ! So smexy

Encore bravo ! Clap ! Clap !
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MessageSujet: Re: The Mad Asylum Tale   Mar 13 Avr 2010 - 16:29

Je salue ce texte, cette idée, tout ! Quelle excellente proposition, en lisant le titre je me disais que non, c'était pas possible que quelqu'un ait eu une telle idée. Et bien si ! Et ton texte est absolument génial.
Les personnages me semblent assez bien retranscris, William Carter est très intéressant, et j'ai hâte de voir tout le monde entrer en piste !
(je précise de ce fait que je te laisse volontiers le contrôle de Vlad si tu le désires, je sais que tu le connais bien, il est entre de bonnes mains :P )
J'ai vraiment hâte de voir la suite ! Je t'encourage vivement my Lady.

(hors sujet, mais je vais peut etre pouvoir récupérer une connection bientot sur mon propre ordi et je pourrais ainsi te répondre, je te tiens au courant si tu le souhaites ^^)

Et au fait... VIVE MAD.
(voilà, ça c'est dit).
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MessageSujet: Re: The Mad Asylum Tale   Lun 19 Avr 2010 - 17:46


    Ce matin là, je m'extirpai de mes draps avec une certaine surprise.
    Et pour cause, j'avais réussi à m'endormir. Cela faisait à peu près trois mois que je n'avais pas pu trouver le sommeil, comme si Morphée en personne avait décidé de me renier. Ma dernière nuit de répit remontait au soir des quelques dix huit meurtres. Repu et fatigué, les agitations de mon âme ainsi comblées, je m'étais endormi dans une gigantesque marre de sang, ayant la chance de ne pas mourir dedans. La nuit d'après, il fut plus difficile de fermer mes paupières, la nuit suivante : encore plus. Une semaine plus tard, j'étais un homme fatigué, recherché et traqué : c'était moi qu'ils appelaient la Terreur de Londres.

    Mais lorsque j'ouvris les yeux, j'étais tout simplement content de m'être endormi. Je me dirigeai vers la fenêtre et là encore, autre surprise : il faisait beau. Normal me direz vous pour un moi d'août. Cependant nous étions en Angleterre, et le Soleil s'accompagnait généralement de nuages, pas aujourd'hui. Le ciel était d'un bleu terrifiant et on aurait pu mourir à trop regarder le Soleil.

    Après une très simple et rapide toilette, je m'habillai. Je remis mes habits de la veille mais laissai ma veste, beaucoup trop chaude pour une journée telle que celle ci. Avant de partir, je jetai un dernier coup d'œil à ma fenêtre et je vis une ombre. Au début, je crus simplement rêver. Mais après plusieurs secondes, je dus me rendre à l'évidence et admettre qu'il y avait bien une ombre noire qui était dans le jardin et qui se dirigeait vers le cimetière.

    Un rire nerveux secoua ma gorge : l'asile était-il un endroit si prestigieux pour que La Mort en personne descende ici bas ? Quelques secondes d'observation mirent fin à mes doutes : c'était une personne, et j'aurais été prêt à parier que c'était une femme tout de noire vêtue. N'avait-elle pas chaud ? Je me collai contre la vitre et distinguai un haut de forme, certaines Ladies aimaient ce genre d'accessoires fantaisistes. Mais alors grande question : patient ou employé ? Un seul moyen de le savoir.

    Je m'emparai en toute hâte de mon chapeau et au moment où ma main se refermait sur la poignet, la porte s'ouvrit pour laisser place à ... Castiel. J'eus un sourire en le voyant : son apparence était toujours aussi extravagante (si ce n'était même plus) que la veille, et il semblait toujours aussi plein d'énergie. J'étais content de le revoir. Il semblait être ici depuis très longtemps et il pouvait me renseigner sur l'identité de la mystérieuse « ombre ».

    « Bonjour, bonjour, bonjour ! Lança t-il en entra dans mes appartements.

    - Bien le bonjour à vous aussi Castiel. Puis-je savoir ce qui vous met de si bonne humeur ?

    - Mais le temps ! Répondit-il comme si c'était une évidence, cela faisait des semaines qu'il n'avait jamais fait aussi beau, beau, beau.

    - Vous avez bien raison. Peut être pourrez vous me renseigner, demandai-je alors, savez vous qui est cette jeune Lady que l'on aperçoit dans le cimetière ? »

    Ceci étant dit, je lui montrai l'ombre dans le cimetière. Tout comme moi, Castiel colla son nez à la vitre avant de rapidement s'en éloigner. Il avait légèrement rougi et semblait plus agité que jamais : j'avais raison, il la connaissait.

    « C'est la Lady Amarande, elle est infirmière, infirmière, infirmière, ici. Me dit-il enfin. »

    Je ne savais pas pourquoi, mais rien que de prononcer son nom avait réveillé chez lui une sorte de mécanique infernale. Il sautait d'un pied sur l'autre, son regard passait frénétiquement de la fenêtre à moi, et une de ses mains se portait frénétiquement à son cou, le grattant même comme si il cherchait à effacer une quelconque marque. Pourtant, j'avais beau regarder, je ne voyais pas la moindre trace : son cou était parfait, véritable allégorie de l'innocence. Visiblement, la très chère Lady Amarande avait traumatisé Castiel à un niveau très élevé, lequel ? Je voulais vraiment le savoir.

    « Et si nous allions manger, manger, manger ? Lança enfin Castiel. »

    Je le suivis dans le couloir fermant la porte derrière moi. Et, tandis que nous avancions je jetai un coup d'œil au tapisserie. Hier, dans ma hâte et dans ma fatigue, je n'avais fait attention à rien et pourtant ... Sous la lumière aiguisée du Soleil, j'avais l'impression que tout avait changé. Sans compter qu'aujourd'hui un silence sans fin semblait régner dans le manoir. Cette impression fut accrue lorsque nous descendîmes les escaliers. Oui, ce silence semblait nous envelopper comme une informe pâte visqueuse. Tel les filets baveux d'une toile d'araignée... J'avais vraiment l'impression de me jeter dans la gueule du loup.

    Je jetai un coup d'œil à Castiel. Ce dernier ne semblait pas du tout le moins du monde affecté. Comme si ... Il s'était habitué à ce calme trompeur. Je préférai ne plus y penser, peut être qu'au bout d'un certain temps, moi aussi je n'y ferai même plus attention.

    Comme la vieille, nous nous installâmes dans la cuisine, sur le plan du travail du chef. Avant que j'eus le temps d'ouvrir la bouche, j'avais déjà devant moi des œufs et une tasse de thé fumante. Je me mis à manger sans réellement prendre le temps d'apprécier, Castiel, lui, conversait vivement avec le chef. Et je crois bien, si je ne m'abuse, qu'ils étaient en train de parler français. J'ignorai que Castiel parlait le français.

    Lorsque je le lui fis remarquer, il eut un petit rire avant d'ajouter :

    « Je suis né à Paris, Paris, Paris, alors il est normal que je sache parler le français.

    - Oh vraiment ? Mais qu'est-ce qui vous amène si loin de vos terres ? Lui demandai-je soudain très curieux.

    - C'est un secret, secret, secret, chuchota Castiel avec un vrai sourire sur les lèvres. »

    Je poussai un soupir tandis qu'il engloutissait son assiette. Je le regardai distraitement. Et, bien malgré moi, mon esprit dériva encore sur la mystérieuse ombre.

    « Très bien alors ... Mais pourriez vous répondre à une autre de mes questions.

    - Volontiers, volontiers, volontiers !

    - Pourquoi la Lady Amarande est-elle dans le cimetière ?

    -Oh ... (Il jeta un coup d'œil par dessus ses épaules). Elle fait ça tous les jours.

    - Vraiment ? Alors elle a perdu quelqu'un ? Un patient peut être ?

    - Je ... Vous devriez aller lui demander vous-même.  Me lança t-il. »

    Il connaissait la réponse à ma question, mais quelque chose, la façon dont il mâchouillait sa lèvre inférieure peut être ?, me disait qu'il avait été contraint au silence.

    ...

    Il fallait que j'en sache plus sur cette fameuse Lady Amarande.
    Et, sans un mot de plus, je me dirigeai en toute hâte vers le cimetière.


    The Mad Asylum Tale_The Mad Asylum Tale _ The Mad Asylum Tale


    J'avais eu raison : la chaleur était éreintante. Je sentais des gouttes de sueur perler dans mon dos et sur mon front. Je sortis distraitement un mouchoir de ma poche et essuyai ce dernier. Comment porter une couleur funèbre par ce temps ? C'était tout simplement impensable.

    Mes pas faisaient bien trop de bruit à mon goût et j'avais l'impression que même mon cœur trahissait chacun de mes mouvements. J'aurais voulu avoir une approche plus discrète, la surprendre dans un moment intime : disant au revoir à un amant, abandonnant une mère ou une soeur. Mais tout ceci risquait d'être impossible. Et, tandis que je marchais parmi les tombes, je ne pus m'empêcher de penser : si je n'avais pas été déclaré fou, j'aurai moi aussi reposé sous terre. Mon corps laissé à l'abandon des êtres du sol fertile, des vers, des larves, des fourmis ... Étrangement, cette perspective ne m'effrayait pas plus que cela. Le corps humain en lui même n'était qu'un mécanisme compliqué, qu'une machine à retardement que la mort venait véritablement réveiller, alors ... Etait-ce si terrible que ça ?

    On ne le saura jamais, je ne le saurai jamais, car j'arrivai bientôt près de la Lady. Elle était agenouillée devant une tombe, ne se souciant pas d'abîmer son précieux vêtement. Arrivé à sa hauteur, je pouvais voir ses bras nus posés sur ses genoux. Elle avait un teint plus blanc que celui de Castiel mais qui n'arrivait pas à la cheville de celui d'Apolyon. Dans son dos, ses cheveux bruns, qui tiraient presque sur le roux, formaient de belles boucles soyeuses. Mais je ne voyais pas son visage. Et elle ne semblait pas disposée à se tourner vers moi. Non; je voyais ses lèvres bouger, elle parlait simplement trop bas pour que je puisse l'entendre.

    Mes yeux se posèrent sur la pierre tombale : pas de nom, pas de date, aucun signe distinctif visible. Alors pourquoi ... ? Pourquoi venir se recueillir, ici ? Car c'était bien une prière qu'elle faisait, elle devait bien prier pour le salut de cette pauvre âme, sinon alors pourquoi venir ?

    « Mr William Carter, je présume ? »

    Elle avait une voix que l'on aurait pu associer à celle d'un ange. Je baissai les yeux vers elle et mon cœur loupa un battement. Et dire que j'avais eu l'audace de trouver les femmes de Londres bien trop belles. Celle ci était magnifique : elle avait des yeux verts émeraudes et des traits délicat et fin. Un grain de beauté était près de ses lèvres, qui elle était retroussé dans un sourire. Elle avait le regard tourné sur moi.

    Je comprenais alors amplement Castiel. Elle était certes très belle, mais quelque chose dans son ton, ou alors dans son aura, me disait que je risquais de me piquer si je me laisser séduire. C'était une très belle rose, maintenant gare à l'idiot qui la cueille sans prétention.

    Pour répondre à sa question, je hochai la tête. Son sourire s'agrandit et elle me tendit la main.

    « Blair Amarande, enchantée de faire votre connaissance. »

    Je me saisis de sa main et l'aider à se relever. Sa paume était glacée. Hier, celle de Sammael m'avait paru brûlante, mais celle de Blair était froide. Presque aussi froide que celle d'un cadavre...
    Je chassais ces pensées plus que morbides de mon esprit et pour me faire pardonner mon manque d'éducation, je lui offris mon bras. Elle l'accepta et nous avançâmes à travers les tombes. Je n'avais plus aussi chaud et, même à travers ma chemise, je sentais toujours cette impression glaciale émaner d'elle. Les employés ici semblait tous être très ... particuliers.

    « Puis-je vous demander comment connaissez vous mon nom ? Dis-je alors au bout de quelques secondes de marche silencieuse

    - Disons simplement que ... Vous avez fait une très forte impression sur le docteur Ravenclose, me répondit-elle à demi-voix

    - Très honnêtement, j'ai plutôt eu l'impression que c'était le contraire. On aurait même dit qu'il ...

    - Vous utilisait pour rendre jaloux, Sammael ? Vous êtes plus intelligent que vous en avez l'air. »

    La remarque ne sonnait pas comme une insulte dans sa bouche, mais plutôt comme un compliment. Blair posa sur moi ses grands yeux verts, et je déglutis faiblement : tout comme Apolyon, ou même comme Sammael, on eut dit qu'elle réussissait à s'immiscer en moi d'un simple regard. C'était déroutant ...

    « J'essaye de voir ce qu'Apolyon vous trouve de si spécial, dit-elle enfin avant de reporter son attention sur une quelconque tombe, vous n'êtes qu'un patient parmi tant d'autres après tout.

    - Dois-je alors penser que tous les patients ont tué dix huit personnes en une seule et même soirée ? »

    La phrase m'avait échappée sans que je ne puisse rien faire. Et, presque aussitôt, les yeux de Blair étaient de nouveau sur moi.

    « Cela expliquerait en effet beaucoup de chose, dit alors la Lady, dix huit personne dites vous ? Vous deviez être vraiment déchaîné ! Ou alors possédé par le diable en personne...

    - La justice a préféré la deuxième option, répondis-je à demie voix, surveillant à présent mes paroles

    - Vous en doutez ? C'est normal, je pense que le diable doit mener des affaires bien plus importantes.

    - Dans ce cas alors, nous mettrons tout ceci sur le compte de ma propre folie.

    - De vos propres démons intérieurs, ajouta t-elle distraitement. »

    Nous étions sortis du cimetière. Elle s'arrêta et moi aussi. Sauf qu'elle jetait sur le manoir un regard mauvais.

    « Je parie que les couloirs doivent être déserts, lança t-elle, personne ici n'aime vraiment les jours de Soleil.

    - Mais vous si.

    - Pas particulièrement, mais je me devais de sortir.

    - Pour ... Prier sur la tombe d'un ami, je suppose ? »

    A mes mots, Blair éclata de rire. Je frissonnai alors : c'était le genre de rire qui m'avait habité le soir de ma, maintenant devenu célèbre, tuerie. Il était si ... Malsain de l'entendre dans la bouche d'une jeune fille de son rang. Je ne donnais pas plus de vingt ans à Blair. Que faisait-elle ici loin de tout et de tous ? Elle me semblait bien plus calme qu'Apolyon et Sammael, qu'était-elle venue chercher dans un endroit tel que celui-ci ?

    « Vous êtes d'une excellente compagnie. Et puisque vous n'avez pas l'intention de rentrer, je présume, que diriez vous de m'accompagner dans le jardin ? Les roses sont absolument magnifiques en cette saison ! »

    Ainsi, elle aimait les roses, quelle douce ironie ...
    Je me laissai entraîner sans broncher, désireux d'en savoir plus. Et puis, ma compagnie ne semblait pas la déranger, alors autant en profiter.

    J'avais eu raison, le jardin était immense, mais visiblement, Blair savait où elle allait. Je me perdis quelques instants dans la contemplation de fleurs au nom inconnu, d'arbres fruitiers gigantesques, aux bosquets aux formes improbables. Je comprenais pourquoi elle aimait cet endroit. Il était très facile de se laisser charmer par la beauté de la nature elle-même et de ne rien demander en retour.

    Nous finîmes par arriver à l'endroit où reposaient toutes les roses. Mais une espèce bien particulière semblait intéresser la Lady, elle lâcha mon bras et se précipita vers un parterre de roses rouges à côté d'un petit ruisseau. Blair semblait vraiment à sa place ainsi assise parmi les fleurs. Leur couleur carmin, qui rappelait à s'y méprendre le sang, jurait affreusement avec le noir de sa robe et lorsqu'elle en saisit une pour la sentir, c'était comme si la Lady elle même s'était mise à saigner. Le spectacle était ... Saisissant. Et, c'est sans un mot, que je m'assis à côté d'elle.

    Elle reporta alors son attention sur moi.

    « Pour répondre à votre question, je ne priais pas. Je pense que le Seigneur lui-même cesserait d'exister si je me mettais à prier. Et ... Ce n'était pas la tombe d'un ami.

    - Mais ... -je ne comprenais pas.- alors pourquoi ?

    - Pourquoi pas, mon cher ami ? Répliqua Blair

    - Pourquoi se rendre sur la tombe d'un parfait inconnu ? »

    Blair sembla un instant réfléchir à sa réponse. Elle cueillit distraitement quelques fleurs, les posant à chaque dans le creux de sa robe.

    « Pourquoi se rendre sur la tombe d'un parfait inconnu, répéta t-elle, parce qu'un jour vous aussi vous serez un parfait inconnu, enterré dans cet asile. Ne serez vous pas alors ravi que l'on honore votre repos éternel ?

    - Il s'agit donc d'honorer les morts ? »

    Je la rejoignis dans sa tâche. Je détachai lentement les roses pour les poser sur sa robe. Mais contrairement à elle, je prenais mon temps, afin de ne pas me blesser, elle, semblait se moquer complètement des quelconque obstacles, comme si elle cherchait à se faire mal. C'était stupide comme pensée, vraiment...

    « Je ne comprends pas, dis-je alors, ils sont morts. Leur état n'a rien de particulier.

    - Vous vous trompez. Ils ont su trouver une forme de repos qui pour l'instant nous échappe, vous devriez le comprendre mieux que quiconque ... Monsieur le Meurtrier. »

    Son ton était acide, presque accusateur et je compris alors ce qu'elle voulait dire. Ce n'était pas possible que quelqu'un de damné comme moi puisse trouver une quelconque forme de sérénité après toutes les atrocités que j'avais commise, sinon, il n'y aurait point de justice. Si les damnés et les simples innocents allaient au même endroit, il n'y avait plus d'équilibre. Peut-être était-ce pour cela que je n'arrivais pas à vraiment dormir depuis longtemps ?

    « Est-ce que ... Vous arrivez à dormir ? Lui demandai-je alors

    - Je crois que vous et moi allons très bien nous entendre, me répondit-elle avec un sourire. Je pense que nous avons assez de roses pour aujourd'hui. Ne dépouillons pas le jardin de ses merveilles. »

    Elle n'avait point répondu à ma question, une expression indéchiffrable sur le visage. Sauf, ce sourire. Et pourtant, il y avait quelque chose qui nous liait tous les deux : j'avais tué, elle avait tué. Je le savais à présent.

    « Combien ? murmurai-je alors

    - Oh ... Beaucoup trop pour votre simple perception. Nous y allons ? »

    Blair rassembla alors son butin contre sa poitrine. Je me levai et l'aidai ensuite. Comme tout à l'heure, elle s'empara de mon bras et nous nous dirigeâmes vers le manoir. Roses à la main, Blair avait toujours ce sourire sur le visage.

    J'eus un frisson. Je devais très certainement lui paraître comme un amateur, et cette reine venimeuse devait exceller dans l'art du massacre. Elle disait ne pas prier Dieu...
    Mais là tout de suite, j'aurais bien voulu me tourner vers lui pour savoir où est-ce qu'il m'avait envoyé.


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: The Mad Asylum Tale   Lun 26 Avr 2010 - 12:05

Je viens de lire ce chapitre 2...
Effectivement, on ne peut pas dire que Blair n'y tient pas une grande place ! Mais en même temps cela nous permet d'en apprendre plus sur Will. Je me demande bien si tu as inventé toute une histoire à ce personnage ou s'il n'est qu'un prétexte pour parler de Middleton...
En tous les cas, il me plait bien. Il est intelligent et intéressant, j'espère qu'il a une véritable place à prendre !

Je te souhaite bonne chance pour la suite, j'attends le chapitre trois avec impatience !
(et y a pas à dire, je ne décolère pas contre Blair qui a osé me péter le bras ! et je fais comment pour mon déménagement moi hein ? )
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MessageSujet: Re: The Mad Asylum Tale   Jeu 29 Avr 2010 - 11:10

    Blair, j'ai toujours apprécié la façon dont tu écrivais et se texte m'a vraiment plu 8D
    Will m'a l'air d'un personnage quelque peu particulier et il me tarde d'en savoir davantage sur lui... Sur ses meurtres ! Et aussi, la partie ou il discute avec Blair, malgré le matin, j'arrivais à m'imaginer toute la scène et... waaaaaaaaah ! M'enfin, j'aime ce que tu écris x) Et comme je peux pas te sortir de phrases constructives, je vais me contenter de te complimenter 8D ( Galatea est entre tes mains, si tu as un trou a remplir :3 )

    Bonne chance également pour la suite et vivement celle-ci~
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Castiel Aterius
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MessageSujet: Re: The Mad Asylum Tale   Jeu 21 Oct 2010 - 14:32

je viens de relire ton histoire, et j'espère vraiment que tu va la continuer ! j'ai trop hate de lire la suite !
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MessageSujet: Re: The Mad Asylum Tale   Jeu 4 Nov 2010 - 9:53

Merci de ta réaction Cas'. Je vais terminer cette nouvelle, pas maintenant cependant car je suis très occupée et que je préfère faire passer le RP avant tout.
Merci de toutes vos réactions. I love so much !
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The Mad Asylum Tale

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