Mad Asylum
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Enfin, pas vraiment : vrai phénix, il s'est dépêtré de ses cendres et a fini par renaître quelque part, faisant peau neuve, URL neuve.

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 On est jamais mieux servi que par soi-même [PV Liam Miller]

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Dylan Lockhart
Vampire † Croque-Mort Cynique
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MessageSujet: On est jamais mieux servi que par soi-même [PV Liam Miller]   Mar 8 Juin 2010 - 21:10

Spoiler:
 

    Il n’y avait déjà plus d’encre…
    Dylan jaugea les trois flacons vides d’un œil critique comme s’il avait en face de lui trois petits êtres incapables. Les pupilles emplies de reproches, il regarda la plume qui était toujours coincée entre ses doigts. Elle était devenue sèche, vidée de sa liqueur noire comme un corps rigide et froid qui n’abrite plus la moindre goutte de sang.
    Et quoi de plus frustrant que d’être interrompu au beau milieu d’une phrase ? Tuer l’inspiration dans le noyau de l’action. Le vampire se leva promptement et attrapa les trois réservoirs vides. Il n’y avait plus assez d’encre… Mais il en restait tout de même un peu, et c’était atrocement frustrant ! Des petites tâches opaques qui rendait aveugle la surface limpide du verre, fleurs noires que le croque-mort ne supportait pas ! Il était résolu à nettoyer le verre pour le rendre aussi net que la surface de l’eau, ne jugeant pas son malaise comme anormale.

    Seul le fou ne sait pas qu’il l’est.

    Parfois les chambermaid se portaient volontaires pour pratiquer les tâches ménagères des autres, mais lorsqu’il entendait cette proposition, Dylan montrait les crocs. Car après tout, nous ne sommes jamais mieux servis que par soi-même !

    Il était si rare que Dylan entre dans l’asile qu’il ne s’était pas encore familiarisé avec les lieux. En revanche, au bout de quelques semaines à peine, le vampire émacié avait mémorisé machinalement les propriétaires et l’emplacement précis des pierres tombales. Machinalement, à force de s’autoriser quelques balades nocturnes entre les tombes, à la recherche de sa muse. Mais également à force de nettoyer les pierres tombales qui croulaient sous la morosité. Car depuis l’arrivé du croque-mort, on avait l’impression que chaque sépulture était récente avant de voir distinctement les dates gravées, car aucune n’avait échappé à sa folie maniaque.

    Dylan tenta de se remémorer le chemin de la cuisine, la première pièce qu’il avait trouvé à son arrivé, tout en se répétant la phrase inachevée sur le manuscrit laissé dans sa chambre. Son débit de voix variait entre la quiétude et l’agacement. Un trapéziste qui perd et retrouve son équilibre dans son incertitude.
    Il pariait le chemin sur l’instinct, poussant la porte bien qu’il était plus concentré sur ses écrits que sur la direction qu’il empruntait. Il descendit les escaliers dans un état de somnambulisme. Dylan était arrivé à l’étage inférieur en ignorant une présence comme s’il s’agissait d’un fantôme. Les flacons teintaient dans les poches de sa veste un peu large, veste qu’il portait habituellement à l’extérieur pour se protéger d’un froid qu’il ne connaissait plus, mais les habitudes humaines ne se perdent pas. Il s’arrêta avant d’entamer une nouvelle descente, secoua plusieurs fois sa main.

    -La femme est enterrée sous terre, elle est enterrée, mais on doit la trouver… Elle a aussi des morceaux de pomme dans la bouche

    Il marmonna encore un instant des pensées traduites à voix haute, avant de se retourner brusquement vers le garçon assit sur les escaliers. Sans le regarder réellement, Dylan le fixa.

    -Un pommier n’aura qu’à pousser pour indiquer l’endroit où elle est enterrée, les racine sortant de son crâne et de ses gencives…

    Ses yeux clignèrent plusieurs fois. Il vérifia machinalement si les flacons dans sa poche étaient bien là. Trois et tâchés. C’est bon… Il observa avec attention le garçon blond sur les marches avant d’enchaîner ;

    -Je cherche la cuisine, vous savez où je peux la trouver ?

    Il n’avait jamais vu son visage auparavant, certes, ce jeune homme aurait pu être nouveau. Mais Dylan ne connaissait même pas les pensionnaires les plus anciens de l’asile. Les patients, il ne les connaissait qu’une fois installés dans leur dernière demeure…

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MessageSujet: Re: On est jamais mieux servi que par soi-même [PV Liam Miller]   Mar 15 Juin 2010 - 21:37

Liam s’était à moitié endormi sur les marches froide et en marbre du grand escalier. Il avait continué à chercher en vain le bureau du directeur, et n'avait toujours pas croisé une seule personne. Il avait commencé à se demander si la police ne s'était pas trompée de lieu : cela faisait plusieurs heures qu’il attendait un signe de vie et son corps fatigué n’avait pas pu tenir en éveil aussi longtemps.

Soudain, il se réveilla d’un bond en entendant des pas se rapprocher et une voix marmonner des paroles étranges.


-La femme est enterrée sous terre, elle est enterrée, mais on doit la trouver… Elle a aussi des morceaux de pomme dans la bouche…

Un homme se trouva bien tot, sur la même marche que lui. Liam l’observa. Son visage avait une expression sévère. Il y sentait une certaine froideur, sans doute par l’absence totale de sourire, l’air las. Le contraste de ses cheveux noirs avec sa peau pâle frappa le jeune garçon.
Ce qui le surpris aussi ce fut ses pupilles vertes. Il lui donna une impression bizarre, si bien qu’il n’osa pas ouvrir la bouche.
Il se tourna si brusquement vers lui, qu’il sursauta. Il se sentait observé mais l’attitude de l’homme était assez étrange. Le voyait-il vraiment ? Ou bien était-il totalement ailleurs ?
Liam entendit alors ces mots sortir de la bouche de l’inconnu, toujours le regard rivé sur lui mais comme s’il voyait au travers d’un fantôme :


-Un pommier n’aura qu’à pousser pour indiquer l’endroit où elle est enterrée, les racine sortant de son crâne et de ses gencives…


Ayant entendu les phrases précédant celle-ci, Liam fut parcouru d’un frisson. Il se serra contre le mur, instinctivement. Ses yeux témoignaient facilement de ce qu’il venait de ressentir sur le moment. Il fixa cet homme vraiment étrange des yeux, le vit cligner des yeux, farfouiller dans ses poches, semblant vouloir vérifier quelque chose, et sortir trois flacons vide.
Qui était il ? Un patient ? Un membre du personnel ? Cet homme l'intriguait vraiment et avait eu le don de créer en lui un tas de questions.
Il sursauta de nouveau en voyant ce regard vert et aussi froid que de la glace le regarder aussi, mais cette fois, il l'observait vraiment. Il le voyait et Liam sentait son regard lui transpercer la chair. Il lui demanda alors s’il savait où se trouvait la cuisine.

Liam eut un temps d’arrêt. Il venait juste d’arriver et on lui demandait où était la cuisine… ça c’était un comble. Il en déduisit que l’inconnu n’était pas du tout au courant de son arrivée, et donc du fait qu’il était nouveau. Liam se leva alors et avec la plus grande politesse il répondit :


- Navré Monsieur, mais je viens juste d’arriver… Je suis donc dans l’incapacité de vous indiquer l’emplacement de la cuisine, cherchant moi-même le bureau du directeur

Il se demanda comment allait réagir l'individu face à sa réponse. Allait il le laisser planté là, ou bien allait il lui dire comment atteindre le bureau du directeur ? Son coeur battait la chamade : cette fois, il ressentait un peu de crainte.
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Dylan Lockhart
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MessageSujet: Re: On est jamais mieux servi que par soi-même [PV Liam Miller]   Dim 20 Juin 2010 - 13:07


It grips you so hold me
It stains you so hold me
It hates you so hold me
It holds you so hold me
Until it sleeps...

    Décevante, la réponse du jeune homme s’était finalement révélée bien décevante. Deux aveugles qui tournaient en rond, l’un demandant à l’autre la couleur des lys, l’autre demandant à l’un la couleur des améthystes. Mais s’il semblait tout aussi ignorant que le vampire lui-même, au moins était-il poli. Pour se l’assurer, Dylan le jugea longtemps du regard, plus à la recherche d’un défaut que d’une preuve.

    Pourtant, s'il ne lui apportait aucune information, il était aussi utile qu’une bouteille d’encre vide -le vampire reporta son regard sur les bouteilles à cette pensée- alors à quoi bon rester en songeant à des couleurs qui n’apportent rien ? Il tourna les talons et commença à s’engager dans les escaliers, à la recherche d’une porte humectant le fumet ou d’un habitué de l’asile qui pourra lui indiquer le chemin aussi précisément que possible.
    Quand, le vampire s’immobilisa de nouveau, une flèche de la raison plantée dans son cœur de pierre.
    Il était poli. Commode et correct. Cela changeait de la compagnie muette des caveaux et des cadavres blafards. Ou des autres employés hautains et des patients hilares.

    D’un geste vif, Dylan tourna sur lui-même pour faire face de nouveau au garçon, hésitant encore sur son choix et l‘exprimant par une grimace. Tellement d’histoires pour une chose si futile : heureusement que ses nerfs s’étaient figés depuis longtemps en des fils rigides, ils auraient cédé en un rien de temps sinon.
    Quant au bureau du directeur ; impossible de savoir à quoi il ressemblait, Dylan n’y avait jamais été. Le directeur était venu le trouver de lui-même et leur rencontre s’était déroulée de façon très stoïque. C’était surprenant à la vitesse à laquelle Dylan fût embauché comme nouveau croque-mort, mais il n’y pensait déjà plus et accomplissait son travail avec efficacité… beaucoup trop d’efficacité.

    -Je connais mieux les archives de cimetière que le plan de l’asile. Ça m’est plus utile.

    Il se décida enfin à ranger dans ses poches les trois flacons vides d’un geste nerveux. Il pouvait alors contempler ses mains vides, longues et filiformes, et se demanda s'il devait en tendre une vers le garçon en guise d’accueil -puisqu’il était nouveau- et pour prouver son sens de la cordialité. Le vampire réprima un frisson à l’idée de ce contact et se contenta de nouer ses mains derrière son dos pour se défendre de cette pensée incongrue.
    Au moins, il pouvait faire un effort de politesse à son tour et se présenter. Son visage exprimait toujours une expression renfrognée, mais il n’était pas totalement ingrat ;

    -Je suis Dylan Lockhart, l’un des croque-morts de l’asile.

    Dylan ignorait que la plupart du temps, on le prenait pour un patient. Un homme trop grand et trop maigre, jeté aux oubliettes à cause de son tempérament difficile. Par chance, les employés reconnaissaient son parfum vampirique, leur instinct les empêchant de le confondre avec une proie de l’asile. L’erreur était en réalité impossible, car Dylan était d’une nature très franche… Trop franche. Et sachant qu’il n’avait pas à se déguisé en humain en ces lieux, il ne se privait pas pour dire la vérité ;

    -J’entends votre cœur palpiter comme une fraise trop mûre, prête à éclater. Vous n’êtes certainement pas un employé, la plupart n’ont plus de pouls.

    La peur se ressentait aisément. Chose extraordinaire : les émotions comportaient des odeurs, reconnaissables comme le parfum de l’hiver qui s’extirpe du col d’une cheminée, du pain d’épice et du froid. Celle de la peur rappelait une nuit d’automne ; l’air étouffant et la pluie humide qui oppresse les sens. C’était une odeur qui insupportait le vampire qui détournait sans cesse le regard.

    -N’ayez pas peur, je n’ai pas faim de toute façon. Et je suis là pour enterrer les morts, pas voler la vie des vivants.

    C’était une doctrine que Dylan avait appliqué pour lui-même, en entrant à l’asile ; son instinct de prédateur ne devait exercer qu’à l’extérieur de l’asile, pas dans son enceinte ! Il ne ressentait aucun plaisir à la chasse, qu’elle soit trop facile ou trop compliquée. Mais quand on jouait sur un terrain peuplé de rivaux, les relations fleurissaient comme des champs au printemps… Or, Dylan avait horreur de ça.
    Une chose était sûre, Dylan n’était pas qualifié pour rassurer les nouveaux venus, mais il n’avait jamais prétendu être efficace pour communiquer avec les vivants. Il valait mieux se taire sur la présence des autres monstres -qui étaient aussi ses collègues- qui laissaient leurs pulsions s’échapper de leur haleine et de leurs crocs. Alors changeons de conversation…

    -Le directeur viendra peut-être à vous, comme il l’a fait avec moi… Qu’est-ce qui vous a conduit ici ?

    Le croque-mort avait entendu les pires abominations comme les plus douloureuses injustices qui vaguent sur terre. Mais il ne se privait jamais d’écouter un récit intéressant.

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MessageSujet: Re: On est jamais mieux servi que par soi-même [PV Liam Miller]   Ven 9 Juil 2010 - 10:20

L’inconnu avait eu cet air qui indiquait toute la frustration d’une telle réponse. Liam se sentit de nouveau décortiqué de toute part par le regard de cet homme peu commode. Son cœur battait sans doute un peu trop fort, mais que pouvait-il y faire ? Cet homme ne le disait rien qui vaille. Il tourna les talons, comme s’était un peu attendu Liam. Il ne l’avait pas aidé, ni donné la moindre petite information sur l’emplacement de la cuisine. Et puis Liam remarqua que l’inconnu s’était arrêté, hésitant sans doute à poursuivre sa route et à le laisser là au milieu de l’escalier. Son comportement était étrange. Il avait entreprit de reprendre sa route, mais pour il ne savait trop quelle raison, l’inconnu renonça à le laisser seul. Il se tourna vers lui comme la première fois, ce qui fit encore sursauter Liam.

Le silence fut de nouveau brisé par l’inconnu. Liam observait les moindres gestes de l’inconnu. Il ne savait même plus comment se comporter. Il sentit ses membres se raidir. La peur le saisissait tout entier ? Sans doute. Il faut dire que le lieu n’apportait pas beaucoup de réconfort non plus. Et avec un individu aussi distant, au regard si glacial, Liam se sentait un peu perdu, bien qu’il l’était en réalité.

-Je connais mieux les archives de cimetière que le plan de l’asile. Ça m’est plus utile.

Avait répondu l’inconnu. Liam le regarda ranger ses flacons. Il le vit de nouveau avoir un mouvement d’hésitation, puis faire une grimace en regardant ses mains. Liam n’arrivait pas à comprendre le personnage qui se contentait alors de mettre ses mains derrière son dos pour se présenter :

-Je suis Dylan Lockhart, l’un des croque-morts de l’asile.

Un croque-mort. Il avait eu peur d’un croque-mort. En même temps, son apparence et son caractère ne facilitait pas les choses. Liam se retrouvait donc face à un employé. Il trouvait sur le moment un peu étrange qu’il ne sache pas où se trouvait le bureau du directeur mais il garda ca pour lui et chassa cette idée de sa tête. Après tout, tout ici était étrange. Si Dylan ne lui avait pas dit qu’il était croque-mort, Liam n’aurait jamais pu deviné qu’il était employé. Le prendre pour un patient aurait été tout aussi improbable. Liam serait donc resté dans l’incertitude.

Il sursauta de nouveau quand Dylan lui dit qu’il entendait son cœur battre aussi fort. Instinctivement Liam porta sa main droite sur ce dernier. Les propos de Dylan n’arrangeait pas vraiment les choses. Liam se disait qu’il aurait préféré moisir en prison que d’avoir mis le pied dans ce lieu où la plupart des employés, selon Dylan, n’avaient plus de pouls. Il avait deviné juste cependant. Liam n’était certes pas du tout un employé. Il était un patient perdu parmi les couloirs et les esccaliers de l’Asile.

Pas faim ? Qu’est ce que Liam était censé comprendre par là ? Qu’il n’avait rien d’humain ? Finalement, il pria intérieurement que son frère ne fasse pas la bêtise de venir ici. Il se détendit tout de même. Il avait raison. Il n’avait pas à avoir peur d’un croque-mort. La discussion changea de sujet, Liam se remettant donc ainsi de ses émotions. Sans doute avait il raison… il n’avait qu’à attendre le directeur dans le hall, plutôt que de se fatiguer à chercher son bureau. Liam ne s’attendait cependant pas à ce que Dylan lui demande ce qui l’avait amené ici. Tout comme Dylan s’était présenté, Liam en fit de même et lui répondit :

- Je suis Liam Miller. La raison principale de ma présence ici est ma schizophrénie.

Il hésita à raconter les causes d’une telle maladie. Il ne voulait pas importuner Dylan d’un récit sans doute ennuyeux. Bien entendu, s’il devait satisfaire la curiosité du croque-mort il le ferait avec grand plaisir.
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MessageSujet: Re: On est jamais mieux servi que par soi-même [PV Liam Miller]   Jeu 5 Aoû 2010 - 17:27



Rentre !
C'est le moment où la lune réveille le vampire blafard sur
sa couche vermeille.





    La mélopée de la peur s’atténua enfin, se perdant dans la gorge de Liam. Les battements rythmés ralentirent, rendant la situation moins intolérable. Dylan ne savait que trop bien qu’il inspirait l’effroi ; les humains étaient semblables à des aveugles dotés d‘un instinct incroyable, ils ne pouvaient voir le danger mais ils le pressentaient. Par chance, Dylan n’était pas le vampire le plus impitoyable de l’asile. Même de son vivant, il inspirait la crainte à cause de son visage émaciée, de son tempérament aussi impétueux que celui d’un mort.

    - Je suis Liam Miller. La raison principale de ma présence ici est ma schizophrénie.

    Oh, la schizophrénie, Dylan en avait rencontré certaines personnes atteintes de ce maux parfois incurable… Chez les patients, mais chez les employés aussi. Symptôme éloquent de l’orphelin de raison, de l’homme perdu dans sa propre enveloppe charnelle, dans son propre esprit. Hallucination ? Pas toujours, l’horreur était de voir que parfois, une pauvre âme était possédée par un esprit terrible qui guidait Pourtant, l’on pouvait cacher son malaise, son incertitude de somnambule. Pour atterrir au Middleton Asylum, c’est qu’on avait évité, de justesse grâce à la folie, les barreaux et la corde. C’est qu’un meurtre avait été accompli. Le nombre de patients indiquait approximativement le nombre de crimes qui avait été achevé dans les rues de Londres. Sans compter que les employés occupaient aussi une bonne part de vices qui ajoutait à la réputation inquiétante de cet hôpital peu ordinaire, ce refuge cauchemardesque…
    Non, un homme sensé ne pourrait vivre sur ce territoire, côtoyant réalité et imaginaire, sans finir par oublier ce que signifiait raison. Même les plus purs finissaient par se terrer dans les abîmes. Si Liam n’était pas vraiment fou aujourd’hui, il le sera demain, ou l’année prochaine avec un peu de chance… Dylan lui-même se sentait parfois fou… Les saletés le rendaient fou, il y avait tant de mousse sur les pierres tombales et les cadavres étaient si sales qu’ils semblaient le faire exprès !

    -Votre crime a dû être particulièrement horrible pour être ici, monsieur Miller.

    Dylan pouvait se déplacer aussi vite qu’un lézard, s’effaçant des yeux des mortels. Il pouvait s’enfoncer une lame, faire ressortir la pointe de l’autre côté de son bras sans se vider de son sang et mourir dans ses propres flaques d’hémoglobine, la douleur restant à un degré de picotement. Dylan était un croque-mort capable de porter quatre cercueils occupés sur une même épaule, sans ressentir la moindre courbature, la moindre fatigue. Son corps était insensible au temps et à la mort, l’heure comme le poison n’étaient que des brises de printemps, une Faucheuse endormie, impuissante face à lui… Tant de pouvoirs qui faisaient rêver les mortels, hommes et femmes avides de pouvoir. Mais ces dons, c’était Aaron Mondaigne, son créateur, qui les lui avait imposé, lui retirant un atout qui manquait à Dylan ; la capacité de rêver. L’imagination nocturne et libre au prix de tant de force qui ne lui servait pas…
    Aaron Mondaigne l’avait privé de sommeil, il lui avait retiré le goût amer de la fatigue, saveur qui devenait délicieuse lorsque l’on ressent le soulagement de s’allonger sur un matelas et aspirer au sommeil profond et peuplé d’illusions. Qu’était-il lui, vampire marié à la plume qui ne pouvait plus rêver ? Dylan vivait depuis bientôt trois siècles, mais ce qu’il avait découvert et vu dans ce monde n’étaient que des souvenirs effacés qu’il ne pouvait revoir dans ses songes disparus. Comme un avare devenu pauvre et reposant sur les richesses des autres, il demanda à Liam Miller de lui raconter sa venue ici, quelle erreur l‘avait conduit à sa condamnation.

    -Êtes-vous victime d’injustice ou condamné à juste titre ?

    Il avait déjà vu des patients qui avaient été condamnés à errer pour des idioties ; leur innocence ou l’avance de leur esprit pour cette époque trop stricte. Ou alors, des hommes aliénés, comme des bêtes en furie rongées par la colère, qui venait avec des trophées de chair, l’odeur de la mort sur les doigts, coincée sous l’ongle et entre les articulations, tantôt fier, tantôt malade de remord. Dylan en connaissait certains entre ces murs, mais la seule pensée qui persistait quand il leur parlait, c’est qu’ils finiraient par se retrouver tôt ou tard, l’un avec une pelle à la main dominant l’autre coincé dans son cercueil. L’immortel enviant le cadavre. Une ironie qui brisait son cœur mort. Dylan s’efforçait de chasser ces pensées, il reniait tout sentiment car les émotions sincères d’un vampire sont trop longues, trop accablantes. L’éternité n’est pas belle, car la solitude s’accorde avec cette absence de temps et elle devient bien plus insupportable.

    Le vampire s’accouda à la rampe, désirant se nourrir d’un rêve, d’une nouveauté. Car, il fallait le reconnaître, Liam Miller avait des traits très agréables qui auraient peut-être radoucis la cour de Justice, des yeux limpides et une peau de nacre pour alléger sa peine, peut-être… Il semblait également éduqué, assez raffiné -du moins, le nécessaire qu’une personne puisse faire après avoir été envoyé en exil-. Quel est-ce petit détail, aussi minuscule soit-il, qui lui a permis d’éviter la pendaison ?

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MessageSujet: Re: On est jamais mieux servi que par soi-même [PV Liam Miller]   Ven 6 Aoû 2010 - 8:41

-Votre crime a dû être particulièrement horrible pour être ici, monsieur Miller.

Horrible ? Oui sans doute. S’il l’avait vu à l’œuvre on aurait dit une bête enragée arrachant les membres de sa victime, l’étripant, la déchiquetant avec violence. Etrangement, repenser à ce souvenir rouge et ensanglanté lui effaça son sourire. Avec son teint pâle on aurait presque pu dire qu’il devint tout aussi de marbre que son interlocuteur. Il baissa la tête, comme pour cacher un trouble sous son chapeau. Son esprit se laissa envahir par le souvenir. Le sang couvrant les murs, ses vêtements, les cris déchirants de son oncle, puis ceux de ses cousines. Un fin sourire se dessina sur ses lèvres, sous son chapeau. Un monstre.Il avait été un monstre. Et pourtant il y avait pris du plaisir. Tout ces cris, tout ce sang, ces regards implorants, ces corps se tortillant et se tordant de douleur... Son sourire devint presque malicieux et étrange. Etrangement, le souvenir de ce crime l’amusait. Il ne répondit pas tout de suite. Il était déjà ailleurs. Ou bien autre. Cachant toujours son visage sous son chapeau, il semblait attendre la suite de la question de son interlocuteur. Il n’attendit pas longtemps.

-Êtes-vous victime d’injustice ou condamné à juste titre ?

Victime ? Pas vraiment. Il est vrai cependant que s’il n’avait pas massacré son oncle et ses filles alors il ne serait pas là. Cependant c’était bien l’envie de meurtre, l’envie de sang, de cris, de regards de chien battu, de corps détruit qui l’avait poussé à l’acte. Condamné à juste titre ? Oui, certainement. Son sourire malicieux devint presque un sourire rempli d’un sadisme évident. Un beau souvenir ? Pour le monstre qu’il était oui. Il en redemanderait bien d’autre ainsi, mais ce fut simplement le premier et le dernier. Ici, il n’aurait plus ce plaisir. C’en était presque triste pour son autre lui-même.
Ne voulant pas faire attendre plus longtemps son interlocuteur, il releva la tête affichant le même visage doux, angélique, au regard presque mélancolique. Un contraste énorme avec l’expression qu’il affichait il y a à peine cinq minutes. Il satisfit alors la curiosité du croque mort. Il n’alla pas par quatre chemin, il expliqua directement :

- J’ai massacré mon oncle et mes cousines.

Il ne dit pas qu’il y avait pris du plaisir. Cela lui semblait vraiment trop évident. Voulait-il les moindres détails ? Désirait-il seulement savoir comment c’était déroulé le massacre ? Il pouvait tout lui dire, il n’y verrait aucun inconvénient. Sans vraiment prévenir, il reprit sa position précédente, le chapeau ne montrant cette fois qu’un œil brillant de malice et un sourire sadique. Apparition de l’autre lui-même ? Qui sait ? Au fond, Liam pourrait être tout à fait un sadique normal, qui se donne une allure de jeune homme fragile. Il poursuivit néanmoins son propos :

- Je les ai réduit en miettes. Pourquoi, me demanderez – vous ? Eh bien pour la simple raison que je ne pouvais plus les supporter… Non… Je ne supportais plus entendre mon cher frère hurler mon nom, m’appeler à son secours, voir son corps meurtris et détruit par mon oncle… Je me suis donc chargé de donner à son bourreau la même souffrance au centuple, emportant dans ma rage ses filles dans ma danse sanguinaire.

Il ne répondit pas à la question "condamné à juste titre ou bien victime d'injustice". Le détail de son crime devait montrer assez aisément la réponse à la question. Le sourire s’effaça. Le regard se détourna. Liam se pinça la lèvre. Il se détestait. Il se haïssait. Dylan pouvait-il seulement le voir ? Pouvait-il seulement remarquer cette haine qu’il portait pour cet autre qui habitait en lui ? Il se haïssait tellement, qu’il n’avait qu’une hâte, être dans sa chambre pour se torturer lui-même. Se punir de son crime, sous l’œil machiavélique et sous le rire dément de son autre lui-même. Sa main gauche serrait tellement le tissus au niveau de sa poitrine que les ongles en étaient prêt à le déchirer. Il s’en voulait trop d’avoir fait assister son frère à ce spectacle immonde. Et pourtant il se souviendra toujours de lui, se jetant dans ses bras, se moquant bien de la quantité de sang qui le recouvrait.


Tandis qu’il se tenait là adossé au mur, le regard perdu dans le vide, il sentait le regard de Dylan le détailler. Il n’y prêtait pas vraiment attention. Il tentait plutôt de contenir son autre lui, qui, suite au rappel du souvenir ne demandait qu’à vraiment apparaitre et non de manière passagère. Elle insistait, poussait l’autre conscience. Liam essayait de la repousser, de l’éloigner. Si son cœur battait fort cette fois ce n’était pas à cause de la peur. C’était ainsi à chaque fois que l’autre voulait apparaitre. Liam serra encore plus sa main sur sa poitrine. Il retenait l’autre, luttait contre lui-même. Il revoyait par flash les moments de son crime, entendait la voix de l’autre lui ordonnant de le laisser se montrer. Liam réussit enfin de le repousser dans ses retranchements. Le cœur se calma. Le corps se détendit.
Il devait avoir l’air pitoyable, appuyé ainsi contre le mur, ne regardant même pas Dylan. Pitoyable… Tu es pitoyable… Mais j’aime te voir ainsi Liam…J’aime ton expression de souffrance sur ton visage…Qu’elle se taise cette voix immonde ! Il entendit un rire ignoble. Liam savait qu’il avait toujours été en quelque sorte un faible. Il n’avait pu sauver son frère que sous un excès de rage, et surtout sous les commandes de son autre lui. Il en était sa marionnette et c’était la première marque de sa faiblesse. D’un autre côté qui pourrait s’imaginer qu’un jeune garçon avec des traits si fins, un corps si frêle et une apparence si efféminée puisse être un individu dangereux ?

Quand enfin, il n’entendit plus rien, laissant le silence envahir les escaliers, il refit face à Dylan, son visage ayant reprit son allure « normale ». Il croisa le regard du croque-mort. Avait-il satisfait sa curiosité ? Ou bien l’avait-il de nouveau déçu ? Il lui avait montré un bien triste spectacle. Mais quelle valeur donner à la tristesse dans un lieu pareil ? Plus il regardait Dylan, plus il désirait en savoir plus sur cet homme. Il devait être bien spécial pour être croque-mort ici. Il y avait tellement de morts de l’autre côté du portail, qu’il aurait pu en trouver aisément. Il laissa sa question en suspens dans sa tête, la trouvant un peu trop indiscrète.

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MessageSujet: Re: On est jamais mieux servi que par soi-même [PV Liam Miller]   Sam 28 Aoû 2010 - 13:09

You flush it out, you flush it out
Saint Anger 'round my neck
You flush it out, you flush it out
He never gets respect

Fuck it all and no regrets
I hit the lights on these dark sets
I need a voice to let myself
To let myself go free





    Les patients étaient plutôt réservés quand il fallait dévoiler leurs petits secrets, leur crime qui les avait définitivement condamné. Faire dire à un aliéné qu’il avait jeté sa tendre fille de cinq mois par la fenêtre, qu’il avait violé les poules d’un fermier ou qu’il avait fait de son orphelinat une vraie boucherie revenait parfois à un vrai jeu du chat et de la souris vocal. La moindre fausse note pouvait les inciter à se fermer aussi solidement que des huîtres, la perle mystérieuse coincée dans le gosier. Dylan n’était pas vraiment habile avec les mots et il s’était fait plus d’un ennemi dans les environs… Une chose qui n’avait pas changé depuis son vivant. Lorsque l’on brusquait un fou, une panoplie de réactions, toute décousues et exagérées, se manifestait. Une fois, une femme qui avait envoyé son nouveau-né brûler dans le foyer de la cheminée s’était jeté au visage du croque-mort pour le griffer lorsqu’il avait appris pourquoi elle était au Middleton Asylum. La réaction de la pauvre femme atteignait son paroxysme lorsqu’elle vit que les traces rouges qu’elle traçait à l’aide de ses ongles disparaissaient sous une brise invisible ; des blessures éphémères qui lui murmuraient vicieusement qu’elle était en plein délire. Bien sûr, elle avait insisté, blessant continuellement sa chair livide tout en voyant que les écorchures se volatilisaient aussitôt tracées. La mauvaise mère s’était ensuite jetée par terre, portée par une crise de larmes et d’hystérie jusqu’au petit matin… Quant à Dylan, il s’était éclipsé, indolore aux égratignures qu’elle lui avait infligées et aux larmes bruyantes et étourdissantes.
    Néanmoins, Liam se montra franc, assumant les marques qui le souillaient. Un massacre, une valse déchaînée avec la Mort, une pléthore des coups amples et décisifs. Au lieu de se demander les origines d’une telle possession, Dylan se demanda quel sentiment suivait cette pulsion bestiale. À vrai dire, aussi longue et interminable soit sa vie, il ne s’était jamais laissé aller à une rage meurtrière. Le vampire tuait pas besoin, la satisfaction de la chasse venait plus tard... Parfois jamais…
    Mais après ce carnage, ressentait-on la quiétude qui bat doucement entre les poumons de l’artiste dévoué à son art lorsqu’on admire l’acte achevé ? Ou l’horreur venait nous remplir d’une peur intarissable, enivrante à nous étouffer ?

    Il était si vide ; figure d’albâtre, le plus pâle et le plus livide, imperturbable et aussi inexpressive qu’un tableau figé dans une époque oubliée. C’est ça, Dylan n’était qu’un tableau qui, depuis sa création, n’avait pas changé.

    Le vampire sonda le visage caché du garçon ; à voir l’éclatante lueur dans le regard dissimulé et la taille de son rictus déformé, le croque-mort songea que la folie créative lui avait apporté un sentiment d’extase. Une joie à peine cachée et presque perverse dans sa situation. La vengeance guidée pour sauver son frère lui procurait peut-être cette joie presque diabolique.
    Ou bien… ?
    L’aspect de son visage se métamorphosa en une expression chagrinée, bien sombre comparée au masque de la victoire qu‘il portait il y a quelques secondes. Allégorie vivante et mobile du dégoût honteux. La schizophrénie transformait ses traits en un diaporama alternant les contrastes les plus éloignés, des sensations controversées et diverses que Dylan ne chercha pas à comprendre. Le vampire resta dans son mutisme habituel, ne voulant pas perturber les réflexions qui filaient dans les prunelles paniquées de l’enfant. Paniqué, qui ne le serait pas dans ce lieu où l’on ne peut faire face qu’à soi-même ? Ce n’était pas des tapisseries baroques et vieillies qui étaient sur les murs de l’asile, c’étaient des miroirs ! Une eau sale, croupie, qui révélait les faces les plus noires de nos chimères.
    C’était peut-être pour cette raison que Dylan ne venait pas fréquemment à l’intérieur du Middleton Asylum. Il n’avait pas de personnalité cachée, pas de démon empreint de haine et de folie au fond de ses tripes. Mais même un vampire n’est pas à l’abri de ce genre de démence. Que se passerait-il si, un beau jour, un terrible soir, Dylan découvrait un autre Dylan au visage grimaçant. La lèvre relevée sur ses canines comme un chat qui feule et qui s’abreuve jusqu’à plus soif, plus pour le goût du chaos que de la chasse basique.
    Non, il ne voulait pas perdre sa conscience, sa plus fidèle amie en ces lieux incongrus. La solitude ne le rendait pas aliéné, au contraire, elle aussi était une compagne indispensable à sa survie. Mais peut-être qu’en côtoyant ceux qui s’étaient laissés aller à la divagation le tenteraient d’en faire autant…

    Quelle idée stupide ! S’imaginer fou, c’est commencer à le devenir. Le visage longiligne de Dylan se durcit, imparable à ces pensées saugrenues.

    Liam semblait reprendre le contrôle -contre qui ? Contre quoi ?- et releva la tête vers le croque-mort. Ce dernier appréciait le silence qui régnait dans l’escalier. On entendait à peine les tintements qui provenaient de la cuisine, même Dame Nature semblait paisible dehors. Un silence comme l’on en trouve dans le ventre des océans. Mais le peu d’habilité dans les relations sociales murmurait à Dylan que c’était à son tour de reprendre la parole. Que dire ? Liam ne semblait pas chercher du réconfort -et même si c’était le cas, le vampire ne l’aurait pas fait-. Il n’était pas cet enfant qui tend les bras après avoir avoué sa bêtise pour attendrir le bâton que l’on brandissait au-dessus de sa tête.
    Mais le croque-mort ne le blâmerait pas.

    -Vous n’êtes sans doute pas le cas le plus désespéré dans cet asile. Certains ne donnent aucune explication pour justifier leur crime… Les plus perdus sont ceux qui préfèrent oublier et ils deviennent dangereux lorsqu’on leur rappelle.

    Un conseil ? Une menace ? Un compliment ? Un encouragement ? Rien de tout ça, c’était si futile ; Dylan ne voulait pas offrir de faux espoirs à Liam Miller. Si ce garçon quittait l’asile, c’était en mourant. Ne valait-il pas mieux envoyer ces condamnés directement à la potence pour qu’ils savourent une mort rapide ? Car il y avait pire que la mort, et c’est une fois immortel que Dylan en avait pris réellement conscience. Il en aurait ri, de cette vie accablée d’ironies, si ses traits étaient plus malléables. Oh oui, c’était parfois à se tordre de rire et à y laisser son souffle suffocant.

    -Mais vous aussi, vous semblez perdu… Vous ne savez même pas si cet acte de bravoure ou cet excès de folie -je me fiche personnellement si c’est judicieux ou non- vous apporte de la joie ou de la honte.

    La jalousie n’avait pas de place dans ses paroles, ni le mépris. Le vampire employait un peu trop souvent ce ton cassant lorsqu’il s’exprimait, comme s’il s’agissait d’un timbre naturel. Cela prouvait le fait qu’il ne parlait que pour peu d’occasions. Il avait également cette habitude aussi à rester neutre, ne voulant pas départager le bien du mal. Si il avait déclaré à Liam que sa vengeance était futile ou qu’au contraire, elle n’avait pas été veine, cela n’aurait rien changé ; Liam Miller était ici et un événement sombre et inquiétant entachait son passé. Et aussi fascinants sont les vampires, leurs paroles ne pouvaient rien changer du Passé, notion sourde et illusoire.

    -Ne me demandez pas ce que j’en pense ; je ne tue que par besoin, comme un homme qui chasse le gibier, c’est un acte vital. Je ne me suis jamais laissé tenter d’arracher la tête de ma victime pour voir le résultat ou ressentir de nouvelles émotions. La colère que vous avez dû ressentir m’est, sans aucun doute, inconnue.

    Dylan garda les détails de ses pensées sous silence ; il ne voulait pas que Liam ait peur de nouveau, il n’était pas là pour le terrifier. Mais certains compères avaient ce désir vicieux à satisfaire leur curiosité déplacée et égoïste. Pour être franc, le croque-mort n’avait jamais compris l’intérêt de retourner la peau d’un mort si ce n’était que pour voir le sang danser. Quelle horreur quand les saletés tenaces s’incrustaient dans le décor ! Pourquoi torturer une dépouille qui ne ressentait plus rien ? De plus, elle devenait terriblement difficile à nettoyer…
    Le côté maniaque de Dylan n’était, au final, peut-être pas un défaut pour son profil vampirique ?

    Sa voix n’était pas d’une grande importance, Dylan préférait bien mieux laisser aller ses émotions sur le papier, à travers des personnages décomposés de réalité servant de masques. C’est pourquoi, grand littéraire muet et stoïque, il ne laissait personne toucher à ses écrits. Non, c’était se dévoiler et le voile opaque sur son visage expressif était bien plus rassurant.

    -Mais ce ne sont pas mes affaires. Je ne suis pas là pour vous juger, mais pour vous enterrer quand votre heure viendra.

    Son manque de délicatesse, ses manières rudes pouvaient frustrer. Dylan était un être empli de contradictions, puisque son intention n’était ni d’émouvoir ni de blesser son entourage.
    Il observa le garçon, ses prunelles vertes et luisantes jaugeant l‘apparence du garçon. Alors que le vampire ne supportait pas le contact, il porta sa main sur l’épaule du garçon et chassa une traîné de poussière d’un geste sec, empruntant inconsciemment la sévérité d’un père un peu vieux jeu. Non, il n’aimait pas le contact, mais c’était plus fort que lui ; ses tendances très portées sur la propreté étaient à la fois amusantes et réellement inquiétantes. Et ces petits grains gris, de la poudre de Temps à peine visible, l’obsédait depuis qu’il avait aperçu.
    Oui, Dylan Lockhart méritait sa place au sein de cet établissement.

    -Votre récit est assez intéressant, monsieur Miller… Je me demande par contre si cette pulsion était vitale. Recommenceriez-vous ?

    Était-il plus atteint qu’il ne le pensait ? C’était la seule préoccupation passagère du croque-mort pour le moment.


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MessageSujet: Re: On est jamais mieux servi que par soi-même [PV Liam Miller]   Lun 30 Aoû 2010 - 12:03

Victime faible et tremblante,
A cette image sanglante
Je soupire nuit et jour ;
Et, dans ma crainte mortelle,
Je suis comme l'hirondelle
Sous les griffes du vautour.



Liam avait tout dit. Il était comme ça. Inconsciemment – Et stupidement aussi, car tu es idiot – il avait pensé que cela pourrait le soulager un peu, vider un peu son esprit de ce film monstreux qui le hantait. Son autre lui avait fait surface. Lui, avait aimé cet instant sanglant. Liam n’en avait que des nausées. L’autre s’était amusé dans cette danse macabre, Liam n’avait qu’une envie de lacérer de ses ongles pour se punir lui-même d’avoir été capable d’un geste aussi cruel. Tuer ainsi de manière presque bestiale n’avait pas un gout très agréable – mais si. C’est juste que tu ne l’as pas bien sentit… tu ne l’as pas savouré… - Liam, après cet acte, n’a jamais réussi à trouver le sommeil. D’ailleurs n’avait-il pas finit par pleurer, une fois son oncle assassiné ? Oui. Il se souvint de ses larmes, alors que son frère, son tendre frère le serrait dans ses bras. Maintenant, il n’avait peur que de lui-même. Et les miroirs sur les murs de l’asile n’arrangeaient pas les choses. Voir son reflet, c’était risquer de voir son autre visage, faire face à face directement avec son autre lui. Rien que d’y songer, le mettait mal à l’aise.

Le visage de Dylan, il l’avait remarqué, n’avait pas changé. Toujours impassible, comme si son expression était gravée ainsi à jamais dans le marbre de son visage. C’en était un peu déstabilisant, mais Liam n’attendait pas du croque mort qu’il le réconforte. On ne pouvait pas le réconforter. On ne pouvait plus. Sa vie était devenue un combat entre lui et l’autre lui. Dylan brisa le silence. Liam se doutait bien que dans cet asile il existait des malades pires que lui. Cependant, il n’était pas si différent des autres. Il voulait oublier. Il voulait arracher cette page du livre de sa vie, la mettre au feu et la regarder se transformer en cendres. Mais il ne pouvait oublier a cause de lui – a cause de moi, car je suis ton autre toi. Tu ne pourras jamais te défaire de moi. C’est ton destin. Tu devras vivre et mourir avec moi – Lui rappeler ce moment ? Il n’avait pas besoin qu’on le lui rappelle, il ne pensait qu’à ça. Mourir ? Pourquoi pas ? Si ca pouvait l’aider à ne plus entendre cette voix horrible dans sa tête alors il était prêt à s’exploser le crâne contre le carrelage du hall de l’Asile, après s’être jeté du haut des escalier.

Oh mais il pouvait penser ce qu’il voulait de sa vengeance ! Bonne ou mauvaise, qu’elle ait été utile ou pas, Liam s’en moquait. Tout ce qu’il avait désiré, c’était de sauver son frère. Il espérait maintenant, qu’il ne commettera pas la bêtise de venir là, pour le rejoindre. Le fossoyeur ne tue que par besoin ? Que voulait-il dire ? Un acte vital ? L’envie d’en savoir plus sur ce croque mort commença à ronger les tripes de Liam. Le jeune garçon sentit encore le regard de Dylan le transpercer de part en part. Il se demanda ce qu’il allait faire quand il sentit la main du croque-mort sur son épaule. Celle-ci s’était contentée d’enlever la poussière qui était venue prendre ses appartement sur le tissus blanc du vêtement de Liam. Son histoire avait été intéressante ? Il se demanda bien en quoi… Il tressaillit à la question. Vital ? non ce n’était pas vital, jamais il ne recommencerait, l’idée était trop horrible. D’ailleurs il pâlit, la voix de l’autre contre-disant ses pensées. Il voulu éviter la crise. Mais ce fut trop fort. Il prit sa tête dans ses mains, ordonnant à la voix de se taire. Elle résonnait avec force, lui disant de répondre que si l’occasion se présentait il le referait.

« Recommancer ? Jamais » – Si ! C’était si…excitant – « Non jamais !! » – Mais siii !! les cris de souffrances, le regard agard de la victime suppliante, les gestes vains et sans espoirs de celle-ci pour se tirer d’affaire… ah ! quel délice ! –« Tais toi !Jamais je ne recommencerai ! » – oh siiii…tu recommenceras car tu es un monstre avide de sang…- « Tais toi ! » - allons cesse de te mentir… tu sais très bien que tu recommenceras… - « Tais toi !! »

Il avait hurlé si fort, que sa voix résonna dans la cage d’escalier. Il était comme épuisé après, si bien qu’il tomba à genoux sur la large marche froide de l’escalier. De nouveau le silence. Lui était là maintenant aux pieds de Dylan, haletant, comme s’il venait de mener un combat rude et difficile. La voix disparaissait en riant de manière machiavélique. Il avait honte de se montrer ainsi faible, mais que pouvait il faire ? Il l’était, point, et rien ne pouvait y changer. Il tremblait de tout ses membres. Il savait qu'elle allait revenir. Elle reviendra la vilaine, pour le torturer encore un peu...

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Dylan Lockhart
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MessageSujet: Re: On est jamais mieux servi que par soi-même [PV Liam Miller]   Dim 5 Sep 2010 - 21:08


    L'amour de soi est une idylle qui ne finit jamais.




    Il avait au loin l’écho invisible d’une conversation. Un dialogue court et rythmé qui ne s’écoutait pas, il se regardait. Pas sous formes distinctes, pas grâce à des ombres, mais à des sensations. L’une des voix se laissait portée par une courte folie, s’exposant la réalité, tandis que sa partenaire, sa jumelle vocale, se terrait dans l’imaginaire, aussi silencieuse qu’un souvenir. Les paroles de Liam étaient des coups de feu, des intonations qui ricochaient sur les murs mais qui ne blessaient que lui. Une balle qui revient à celui qui la tire. Telle était la triste ironie d’une lutte contre soi-même.
    Le vampire observait le mortel tourmenté ; le garçon renvoyait à Dylan l’image de sa vie creuse par un contraste, une différence frappante. Ses sourcils se froncèrent au son retentissant de la voix de Liam.

    Le calme revint et le patient ne prononça que des essoufflements. Le vampire avait senti de nouveau la peur ; certes, il n’était pas le coupable pour cette fois, mais les émotions trop fortes lui arrachaient toujours une frustration spontanée. Que ce soit de la tristesse morose, de la colère tourbillonnante, de la joie exaltante… Tout excès lui donnait une migraine imaginaire. Sûrement par manque d’habitude d’être confronté aux sanguins, comme la glace qui ne tient plus face à un brasier.

    -J’ai une ouïe assez sensible, alors arrêtez de crier si ça n’a aucun effet.

    Il n’était arrivé que depuis quelques temps et il lui faudrait encore quelques années pour s’habituer aux complaintes bruyantes et douloureuses des fous de l’asile. Liam s’était pourtant vite apaisé, reprenant plus ou moins le contrôle de soi, ou Dylan l’aurait quitté, la patience éphémère consumée jusqu’à sa moelle généreuse. Il était de ces personnes qui ne voient dans l’utilité de la voix qu’une infime part d’importance. Pourtant, chaque bête en ce bas-monde, lui inclus, était doté du langage du tourment qui ne se composent que de sons inarticulés, de soupirs mélancoliques ou de plaintes violentes. Les cordes vocales du croque-mort lui servaient autant qu’un pinceau à un aveugle.

    De sa haute stature, physionomie trop grande et trop maigre, le croque-mort observait le garçon reprendre son souffle. Il ne pouvait réagir autrement que le contempler comme un oiseau tombé du nid. Oui, le pauvre était tombé très bas pour se retrouver dans un piège aussi gros que l’asile. Pourquoi lui tendre la main alors qu’il tombait à cause de ses propres maladresses ? De plus, le visage de la maternité n’était pas aussi anguleux, froid et impassible que celui de Dylan. Ses doigts trop rudes, sa main trop rêche auraient sans doute blessé le bras délicat du garçon.

    -Relevez-vous ; le voyage a peut-être été long, mais vous tombez déjà à terre alors que vous n’êtes arrivé que depuis une journée. Relevez-vous.

    Mains croisées derrière son dos légèrement courbé, Dylan continuait de se contenter d’un simple regard. Il ne ressemblait pas au rapace qui fixe sa proie en attendant le bon moment pour frapper ; la faille ultime de la faiblesse qui passe comme une étoile filante. Il n’était pas non plus le père encourageant qui souhaite voir un orphelin se relever et voler de ses propres ailes. Non, il n’était rien pour Liam, il était prêt à rester rien, l’ombre du tableau, le simple croque-mort de l’asile Middleton Asylum, Dylan Lockhart.
    Sa voix ne changeait pas de timbre, l’éclat de ses yeux resta neutre. Si Liam voulait essuyer le sol de ses larmes amères, de son souffle triste, Dylan le laisserait dans sa prison.


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MessageSujet: Re: On est jamais mieux servi que par soi-même [PV Liam Miller]   Ven 22 Oct 2010 - 21:18

Live's not a peacefull river...





Hihihi… Hihihihi… So vulnerable… Hihihi… I will never leave you… Hihihi… You’re mine…

Telles furent les dernières paroles de la voix tandis qu’elle disparaissait de l’esprit de Liam. Agenouillé au pied de Dylan, au milieu de l’escalier en marbre froid, le jeune homme tremblait, haletait. Elle allait revenir, il le sentait. La tête entre ses mains, il tentait tant bien que mal à se calmer. Qu’allait il donc se passer maintenant ? Quand allait elle refaire surface juste pour le torturer encore et encore ? C’était juste insupportable pour lui. Y avait-il seulement un espoir de guérir dans cet endroit ? La personne même de Dylan lui en disait le contraire. Tout aussi de marbre que l’escalier, c’est sur un ton imperturbable qu’il lui demanda de cesser de hurler de la sorte, surtout si c’était de manière vaine. Crier fut un réflexe instinctif. Dès qu’il avait une crise, il criait, tandis qu’il se mutilait lui-même en s’imaginant blesser l’autre lui-même, alors qu’en réalité c’était lui-même qu’il torturait…

Liam s’était presque calmé. Ses membres finirent par cesser de trembler. Une goutte de sueur coula le long de sa tempe. On aurait pu croire qu’il venait de courir une distance incroyable ou de sortir d’un duel acharné. Dylan l’observait encore, mais ne fit pas le moindre geste pour l’aider à se relever. Compter sur lui-même. Voilà à quoi était réduit Liam. Mais cela allait être difficile. Comment croire en sa personne quand celle là même est divisée en deux ? Comment lutter contre l’autre soi même qui est prêt à tout pour briser toute la confiance que l’on a en soit ? L’asile : lieu où l’homme malade devait apprendre à faire face tout seul à son destin, à ne s’en prendre qu’à lui-même. Cruelle destinée pour un être comme lui…

Pauvre petit être qui hurle et se tortille en vain dans les tréfonds de la terre…

Encore elle. Il s’était attendu à son retour. Aussi n’y eut-il aucune réaction de la part de Liam. Le croque mort lui ordonna de se relever. Pourtant contrairement à ce que pouvait croire Dylan, la raison de sa « chute » n’était pas due au voyage et à la fatigue. C’était la tension qui avait envahit tout son corps l’instant précédent qui l’avait conduit à poser ses genoux sur le sol glacial. L’ordre fut répété deux fois, et comme un animal docile, Liam se releva. S’excuser de lui avoir montré ce piteux spectacle ? Son interlocuteur avait plutôt l’air de ne pas vraiment s’y intéresser. Son visage était toujours inexpressif. Son ton de voix n’avait pas du tout changé , pas même son regard. Bizarrement, malgré la présence de Dylan, le jeune anglais se sentait seul. Cela lui donna une impressionn bizarre...

Mais pourquoi t’intéresser à cela, mon petit ? Aurais-tu oublié que tu as toujours été seul dans ta vie ? Que l’unique être à avoir toujours été avec toi, c’était moi ?

Etrangement son autre avait raison. Pourtant Liam se disait que non, qu’avant il avait son frère.

Ce n’est plus qu’un souvenir… Ton frère… Qui te dis qu’il s’intéresse encore à toi ??

Son autre lui maintenant, Liam l’imaginait telle une femme qui, se tenant derrière lui, passait ses bras autour de son être et lui susurrait ses paroles avec un sourire malicieux et plein de vices.

Hihihihi… Rends toi à l’évidence… Il t’a oublié… Tu es seul Liam… Seul face à toi-même… Seul et à moi…

Liam ne disait rien, comme s’il écoutait sans réaction aucune la voix diabolique qui résonnait dans sa tête. Que pouvait-il dire à Dylan de toute manière ? L’esprit était embrouillé par l’autre lui-même. La conscience était vide, ou plutôt remplie de l’autre…


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Dylan Lockhart
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MessageSujet: Re: On est jamais mieux servi que par soi-même [PV Liam Miller]   Lun 27 Déc 2010 - 0:41

    Le Vampire piqua du nez : bien sûr que le garçon était seul et il le restera. Dylan n’était pas une figure paternelle, jamais ses bras n’enlaceraient qui que ce soit. Il ne lui tendrait même pas cette longue main effilée pour l’aider à se relever. De toute façon, le garçon pourrait grimper sur le toit et tendre ses bras vers le Ciel, il était désormais damné et perdu, inutile de l’aider à se relever, il ne surmonterait pas ses peines et ses douleurs. Surtout si il se morfondait à chaque fois qu’il était assailli par ses cauchemars.
    Les doigts de Dylan effleurèrent les bouteilles qu’il voulait nettoyer. Cette obsession le démangeait comme un piqûre d’insecte, comme un malaise qui nous tourmentait à n’en plus finir. Si les émotions pouvait fleurir avec moins de difficulté chez le croque-mort, il se serait mis en colère sûrement… Pourtant, l’ennui que lui procurait l’enfant accentuait son agacement. Ses yeux le fixèrent encore quelques instants : petit embryon perdu, recroquevillé sur lui-même, comme tant d’autres patients. Dylan voyait ça à chaque détour de couloir, dans chaque recoin de cellule, à chaque pied d’arbre. Ils se lamentaient, espérant que les peurs se stopperaient d’elles-mêmes. Gardez la tête froide ! Se n’est pas en vous pliant aux désirs de vos fantômes qu’ils partiront !
    Il en allait de même pour le vampire, quoique ses spectres à lui se résumaient à des résidus de saletés, à des bouteilles d’encre vides. Ces taches noires qui s’étiraient sur cette surface limpide. Il fallait qu’il les nettoie avant qu’elles ne s’impriment sur le verre, avant qu’elles ne restent vraiment. Ce n’est pas en regardant cette fiole sale d’un air apitoyer que les traces d’encre partiront, il fallait qu’il agisse et enfin, la tranquillité serait de retour… C’était simple. Mais les fantômes sont insensibles à l’eau ou au savon.
    Mais enfin, était-ce le problème de ce croque-mort évasif ?

    -Continuez à vous lamenter entre ces marches, Mister Miller, vous trouverez peut-être le bureau du directeur…

    Il le toisa une dernière fois de son impitoyable regard d’émeraude. Était-ce nécessaire d’ajouter que le bureau de Sir Ruthven, antre du démon, n’avait rien d’un échappatoire ou d’une sortie, mais pire : le point de non-retour dans ce gouffre bruyant et étouffant ? Sûrement que non, Liam Miller s’en rendrait compte bien assez tôt.

    -De mon côté, je chercherai la cuisine en cherchant, en poussant des portes… J’ai peu de chance de trouver l’entrée en tâtonnant le sol.

    Sa voix était dure : son expression était de marbre, son ton aussi. Immuable et insensible. Sur ces derniers mots, Dylan descendit les dernières marches, marchant à ce rythme nerveux qui lui était propre, effleurant les bouteilles dans ses poches à de nombreuses reprises comme pour s’assurer qu’elles étaient bien là. Toujours là.
    Est-ce que Liam le suivrait ? La décision ne revenait pas au croque-mort mais au garçon seul. Valait-il mieux chercher seul que plutôt d’accompagner un être aussi abject que ce vampire sans cœur ?


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