Mad Asylum
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Enfin, pas vraiment : vrai phénix, il s'est dépêtré de ses cendres et a fini par renaître quelque part, faisant peau neuve, URL neuve.

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 Une femme n'est pas faîte pour être comprise, mais pour être aimée. [Chambre de Sam'|PV Blair]

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Sammael Ruthven
Démon † Directeur Psychipathe
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MessageSujet: Une femme n'est pas faîte pour être comprise, mais pour être aimée. [Chambre de Sam'|PV Blair]   Lun 28 Juin 2010 - 13:46

And I know a place
Where no one is likely to pass
Oh, you don't care if it's late
And you don't care if you're lost

And no one knows a thing about my life
I can come and go as I please
If I want to I can stay
Or if I want to I can leave
Nobody knows me
Nobody knows me
Nobody knows...


    Cecil Kettner.
    Tel était le nom de la demoiselle à la robe verte qui flânait au Royal Haymarket où Sardanapale, de Lord Byron, était jouée. Elle était submergée par le talent des acteurs, par la tragédie de l’histoire et par leurs dialogues poignants. Elle était émue, mais ce n’était rien, absolument rien comparé à sa fascination au moment de sa rencontre avec Sammael.
    Ce soir, il avait entreprit une sortie nocturne en solitaire, la faim déchainant les flammes au fond de lui. L’homme s’était alors rendu dans les cavernes d’Alibaba londoniennes : les théâtres. Des couples avides de distraction devenant du gibier se dirigeant inconsciemment vers l’abattoir.

    Toute l’ironie de la situation avait porté Sammael à assister à la pièce Sardanapale : l’homme, fou d’amour, qui se sacrifie avec sa maîtresse dans un feu vif. Ô combien il était hilarant de savoir que, dans cette salle, il aurait lui aussi sa déesse d’un soir à sacrifier. Et il la trouva très vite, cette douce enfant qui ne cessait de l’observer.

    « Cecil Kettner » lui répondit-elle lors des présentations. Lui, il lui donna le nom de Sammuel Ruthven. Elle venait d’Amérique et cherchait un bon parti depuis un an pour fuir sa famille oppressante, en particulier son père autoritaire et égoïste qui lui avait fait traverser l’océan pour ses propres affaires professionnelles. À cette révélation, Sammael lisait déjà dans son regard caramélisé la naissance de mille rêves. Mille espoirs en train d’éclore sans savoir qu’ils se faneront en larmes.

    Une enfant aveugle n’aurait pas été plus docile que Cecil qui accepta de descendre à l’un des salons les plus proches. Tous les deux attendaient la même chose ; une satisfaction. Et la nuit fraîche et entraînante était aussi prometteuse qu’une étoile filante portant avec elle les vœux. Mais l’un des deux finira bien par brûler par sa propre passion. Et l’approche était si fluide, tellement maîtrisée, que le démon comptait bien sortir de ce jeu entièrement vainqueur. C’était même joué d’avance…

    Il récupéra sa dot au fond d’une chambre d’hôtel plongée dans l’obscurité. Le silence interrompue par les gémissements langoureux de Cecil et les chuchotements du démon. Elle était aussi nue que Eve, mais pas moins malicieuse ; les bourgeons d’imagination devenaient un jardin de sensations et de couleurs au-delà de ses yeux, grandissant, pour éclore et la plonger dans un wonderland effrayant, inconnu mais tellement fantastique.
    Alors qu’elle se tortillait sous ses caresses, Sammael se pencha vers elle pour lui murmurer sa sentence. Encore inconsciente, elle tendit son cou et mit son oreille en évidence, son ouïe avide de tentations chuchotées.

    -Quand nous enlevons la vie aux hommes, nous ne savons ni ce que nous leur enlevons, ni ce que nous leur donnons.

    Ainsi Lord Byron l’avait suggéré dans sa pièce de théâtre. Sans doute qu’il ne savait pas que son œuvre représenterait une telle situation cocasse dans les décennies qui suivaient son inspiration. Cecil ne répondit qu’avec un soupir entrecoupé, ne comprenant pas la phrase de son amant d’un soir.
    Elle ne le lui demanda pas de répéter, elle n’eût pas le temps de rire que Sammael s’accrocha à ses lèvres, attirant l’âme de sa proie. Sa cadence était plus prononcée, plus sèche. Cecil enroula ses bras autour de son cou pour ne pas perdre l’esprit, réprimant l’envie de crier. Pas de honte, non, pas de peur non plus, mais de plaisir.
    Ses soubresauts s’atténuèrent en douceur, comme si elle succombait au sommeil. Un mort qui quitte posément son monde. Ses bras tombèrent sur le matelas, désormais ballants, lourds et inertes. Ses lèvres entrouvertes étaient le lit d’une fumée nacrée ; les restes de sa vie. Sammael comparait souvent la fumée des cigarettes légères à l’âme ; peut-être que lorsque l’on recrachait la fumée, c’était une part de nous qui fuyait de notre enveloppe charnelle.

    Sammael se releva, contemplant la coquille vide. Il tourna le visage de la belle vers la fenêtre où filtrait la lumière de la lune, ses yeux livides, ambre mort, grands ouverts ; son attente espérée resterait éternelle. Il l’embrassa sur le front, lui frôlant une dernière fois la mâchoire. Le démon, tout en se rhabillant, observa la robe verte, les perles brodées ressemblaient à des minuscules pierres de lune une fois exposées à la lueur nocturne et le vert était si beau ; foncé et inspirant la grâce. Pourquoi ne pas l’emporter en souvenir ?
    Cecil n’était pas l’une de ces merveilleuses créatures, elle aurait fait une nouvelle patiente très agréable, mais son goût n’était pas si fade. Il plia soigneusement la robe et quitta la pièce sans jeter un regard à l’ancienne propriétaire.

    L'HORLOGE DES FEMMES ET CELLE DES HOMMES DANS L’AMOUR N’ONT PAS LES MÊMES AIGUILLES.
    [Alice Ferney]


    Le directeur retrouva ses terres une demi-heure plus tard, prenant son temps pour songer à la surprise qu’éprouverait les employés de l’hôtel, demain dès les premiers rayons du jour. Les pauvres n’étaient pas habitués, contrairement aux employés du Middleton Asylum. Les abandonnés de l’aube qui ne peuvent profiter d’une nouvelle journée ; ils connaissaient, c’était leur quotidien après tout…

    Mais la nuit allait être encore longue et le corps de Cecil aurait le temps de se remettre de ses émotions. Sammael posa négligemment la robe sur son lit. Elle était vraiment ravissante ; un vert anglais rayé de longues bandes noires à la verticale. La mode de la décennie. Les franges de la robe derrière n’étaient même pas usées. Sammael la huma ; elle sentait encore le neuf, hormis la discrète marque de parfum de… Comment était-ce son nom déjà ?

    Sammael plongea son visage dans la large coupe remplie d’eau. Il ressentait un voile frais, mais à peine il atteignait son visage qu’il se vaporisait. En relevant sa tête, il lui suffit de passer une serviette sur ses joues pour effacer les dernières gouttes tenaces. Il observa son reflet encore quelque instants son reflet, tout en jaugeant le décor ironique de sa salle de bains ; un rasoir et la crème étaient posés près de la bassine, comme s’il pouvait en avoir besoin. Des bougies étaient posées dans quelques recoins, et bien sûr leur mèche était encore intact. Après tout, la lune s’était dépêtrée de sa couverture de nuages et mise à nue, elle brillait comme un doux soleil d’argent.

    Le démon entendit la porte de sa chambre s’ouvrir et quitta alors la salle de bains. Quelle heureuse surprise que de rencontrer une autre créature du beau sexe. Un rang tout à fait différent certes, mais la règle restait la même ; les femmes ne sont pas faîtes pour être comprises, mais pour être aimées.

    -Lady Amarande, je suis absolument ravi de vous revoir.

    Comme un parfait gentleman, il s'inclina et prit délicatement la main de la dame pour l'embrasser au dos.

_________________


Dernière édition par Sammael Ruthven le Lun 5 Juil 2010 - 20:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une femme n'est pas faîte pour être comprise, mais pour être aimée. [Chambre de Sam'|PV Blair]   Lun 5 Juil 2010 - 19:14


The red rose whispers of passion, 
And the white rose breathes of love; 
Oh, the red rose is a falcon, 
And the white rose is a dove. 

But I send you a cream-white rose bud 
With a flush on its petal tips; 
For the love that is purest and sweetest 
Has a kiss of desire on the lips.


    D'un geste rageur, je fermai le livre de poésie que je tenais entre mes mains et le posai sur ma commode. Adieu vers libres et solitaires ... Vous pouviez remplir ma maigre carcasse avant, réussissant à me distraire des jours durant, mais tout ceci est fini. Tout ceci est fini. Laissez mon corps à l'abandon. D'autres après vous ont souillé cette terre, retourné mon cadavre et y ont planté d'autres graines. Quel jour sommes nous à présent ? Le printemps. Je suis en fleur et personne n'est là pour me cueillir. Vais-je faner ? L'absence d'eau va t-elle me dessécher ? J'en doute. Je suis une nouvelle espèce. Une plante carnivore à l'apparence délectable. Je n'ai pas d'épines, mes pétales forment une couronne et je vous charme. Si quelqu'un avait le malheur de me toucher ... Il ne sortirait certainement pas vivant de cette étreinte. J'étais mortelle et glacée. J'étais mortelle.

    Je poussai un soupir, un triste sourire aux lèvres. Trop de poésie m'était néfaste. Baudelaire nous ordonnait, à nous pauvres lecteurs et autres damnés, de nous enivrer. De tout ! De vin, de nourriture, de poésie. Je n'avais que trop bien appliqué son conseil, j'étais prête à mon tour à déclamer des vérités vraies et à polémiquer avec n'importe qui sur la véritable couleur du Soleil. Et pourtant, tout comme mon poète préféré, c'était l'ennui qui m'avait poussé à interrompre ma lecture.

    Ah l'Ennui ! J'hésiterais très certainement à lui consacrer autant de poèmes que notre ami Charles ... Mais ni Achille, Ulysse, Othello ou encore les amants du Marquis de Sade ne parvenaient à le faire fuir. L'adversaire était beaucoup trop coriace et plus invincible que moi. C'était une bataille perdue d'avance. Alors je préférais le laisser se balader sur mes terres. Du moment qu'il ne s'attaquait ni à ma couronne, ni à mes fidèles. Je n'apprécierais vraiment pas d'être une reine sans véritable trône.

    Évidemment, comme toutes les femmes j'étais capricieuse. Trop même, selon les dires de certains, je ne pouvais pas me contenter de petits plaisirs simples et futiles et je me retrouvais bien trop souvent dans l'obscurité de ma chambre. Mais que faire ? Qui tenter ?
    Lilith constituait une bonne camarade de jeu, mais je n'étais pas d'humeur enfantine aujourd'hui. Castiel pouvait constituer une proie de choix et je le soupçonnais d'être en train de jouer avec ma propre poupée, Momoe. Je ne partageais pas mes jouets d'habitude, mais je désirais attendre quelque peu avant d'enfermer celle-ci dans une boîte. Je n'étais pas assez réveillée pour faire face à l'énergie d'Apolyon, oh pardon, de la Lady Ravenclose et Vlad ... J'eus un rictus. Messire Vlad mettait un point d'honneur à m'éviter. Ce qui était tout à fait compréhensible vu comment s'était finie notre dernière rencontre.
    De toute manière, je n'avais pas particulièrement envie de jouer au chat et à la souris. Le chat était bien paresseux aujourd'hui, et désirait uniquement s'étirer et jouer avec sa pelote de laine.

    Grande question à présent : qui allait être ma pelote de laine ?

    J'eus un sourire avant de m'étirer. Oh ... Il y avait bien quelqu'un. Le seul problème c'était de lui faire véritablement face. Il avait vu sous mon masque parfait, il avait vu la petite fille craintive cachée derrière l'armure d'acier. Il avait pu constater par lui-même l'étendu de mes cicatrices et de mon malheur. Mais j'avais changé. J'étais différente. Cette phrase était devenu mon leitmotiv. Maintenant il ne me restait plus qu'un juge. Et quel meilleur juge que Sammael Ruthven ? En plus, notre cordiale entente n'était pas terminée. Je lui avais livré mes secrets, mais n'avais-je pas le droit d'en savoir ne serait qu'un tout petit peu sur ce monstre sacré ? J'estimais que la réponse était doublement positive.

    D'un simple mouvement, je quittai mon lit, me dirigeant vers ma précieuse armoire. J'abandonnai mon seul vêtement et fis face à mon propre reflet. Pas question qu'il me voit faible cette fois-ci. Il devait me voir belle, confiante et mortelle. Je repensais au goût si unique et si particulier de son sang. Parmi toutes les saveurs que j'avais emmagasinées au fil des siècles,celle-ci était et restait de loin la meilleure. Dépassant et surpassant même le fluide candide de Castiel, celui légèrement carboné de Lilith et celui plus ambré de Vlad. C'était un met exceptionnel : le champagne parmi ses effluves damnés ! Certes, le sang de Sammael Ruthven ne pourrait jamais contenter ma soif. Mais il fallait bien un prix à payer pour ce joyau, non ?

    J'enfilai rapidement des dessous, puis mes bas avant d'emprisonner mes pieds dans des chaussures à la hauteur vertigineuse. Ce cher directeur allait encore me regarder de haut, mais je pouvais minimiser l'impact. J'arquai ma poitrine dans un bustier à l'épaisse et longue traîne qui retombait par terre et allait émettre un chuchotis discret derrière moi. Je décidai de ne pas me coiffer et ébouriffai même mes cheveux, mes mèches brunes retombant sur mes épaules dénudées. Ma tenue était de la couleur funèbre : une couleur qui m'allait parfaitement et qui était aussi celle de Sammael. Et même si, une fantaisie d'il y a quelques jours, m'avait poussée à porter de la couleur, ce serait toujours du noir pour ce cher directeur.

    Et, après un dernier coup d'œil à mon reflet, je sortis de mes appartements. En quelques pas, j'attendrai ceux du directeur. Je réalisai alors que je n'y avais jamais pénétré. Quelqu'un d'autre l'avait-il déjà fait ? Et puis j'imaginais très mal Sammael, allongé faisant semblant de dormir. Non ... Il devait très certainement passer ses journées dans son bureau ou à la bibliothèque, tantôt les lunettes dans la poche de son veston, tantôt sur le nez. Je poussai doucement la porte de sa chambre et fut accueilli par une odeur bien particulière : celle de la mort. Encore récente et ... Mon regard se posa sur son lit. Une robe magnifique trônait sur le lit du directeur, très certainement celle de sa charmante victime. Mais pas de cadavre, pas une seule trace de sang.

    Oh mais qu'avez vous fait, Sammael ?

    C'est à cet instant que Sammael en personne apparut. Toujours aussi froid et imposant avec les yeux de ce rouge si particulier. Et, toujours en parfait gentlemen, il me baisa la main déclarant qu'il était ravi de me voir. Simple flatterie, triste vérité ou alors mensonge ? Impossible de le dire avec lui. Je me contentai de lui envoyer un sourire avant de déclarer :


    « Croyez moi Messire Ruthven, tout le plaisir est pour moi. »

    Ma main quitta la sienne tandis que je l'examinai du regard. Pas une seule goutte sur lui non plus mais toujours cette même odeur. Il avait tenté de la faire partir mais il devait bien savoir. Il n'en était pas à son premier coup d'essai : ce genre de senteur ne partait pas aussi facilement. Je me surpris à lentement tourner autour de lui, c'était partout sur lui et autour de lui. Et, arrivée à présent derrière lui, je murmurai :

    « Vous seriez encore plus galant si vous me confiez votre agréable et récente aventure. »

    Je m'assis alors sur son lit, à côté de la tenue de la défunte. Pas de doute, elle était riche. Sinon comment aurait-elle pu s'offrir une pareil parure ? Même moi je ne trouvais rien à y redire, et puis la robe était de la même couleur que mes yeux. Comment pourrais-je ne pas craquer ? Je m'en emparai pour la sentir, mon odorat bien trop développée distinguant les effluves du neuf, d'un parfum luxueux, d'une excitation à peine masquée. Elle avait eut une mort douce et elle avait très certainement suivi Sammael de son plein gré. Je posai l'habit sur mes genoux. La pauvre idiote ...

    « Est-ce qu'elle était jolie ? A-t-elle crié ? Non ... Je suis certaine que vous avez su lui rendre l'expérience agréable, histoire qu'elle quitte ce monde avec un sourire sur les lèvres, n'est-ce pas ? »

    Je voulais savoir. C'était une histoire comme une autre après tout.
    Sauf qu'après ... Je n'avais pas l'intention de m'endormir.



Dernière édition par Blair Amarande le Sam 4 Sep 2010 - 19:31, édité 1 fois
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Sammael Ruthven
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MessageSujet: Re: Une femme n'est pas faîte pour être comprise, mais pour être aimée. [Chambre de Sam'|PV Blair]   Mer 4 Aoû 2010 - 22:30



She's gone, I feel...
I think there's something wrong...
Have you seen her ?
She's been away too long...





    La créature qu’était Blair Amarande était toujours aussi exquise, charmante… Le temps n’avait plus aucune emprise sur elle ; ces mêmes lèvres voluptueuses qui attiraient les bouches avides, ces formes pulpeuses qui ferraient fondre le plus insensible des hommes, cette chevelure qui abritaient le fantasme de toutes les gourmandises sucrées, son épiderme respirait le désir fou et ardent… Blair était, comme tous ces semblables, une chimère faîte de rêves.

    « Vous seriez encore plus galant si vous me confiez votre agréable et récente aventure. »

    Sa voix semblait réciter une aubade qui roulait sur son sourire espiègle. Instinctivement, Sammael porta ses doigts vers sa clavicule, comme un homme qui effleure le baiser d’eau de Cologne qu’il vient de déposer. Cette eau de Cologne là était tout aussi entêtante, mais c’était le parfum préféré de chaque monstre venant de l’abîme. Il enjôlait leur esprit comme le charmeur de serpent jouant avec son gracieux reptile. Tel un cobra déployant ses charmes, un mamba dansant harmonieusement, la vampire marchait d’un pas leste et tournant.
    Enfant impatiente, Blair lui demanda, après avoir avidement respiré l’odeur de son trophée, les détails les plus importants selon elle. C’était à la fois l’identité de sa victime, de sa dulcinée de quelques heures, mais également la façon dont cette femme avait quitté le monde des vivants. Comment expliquer une mort aussi douce par des mots si fades ?


    -Vous êtes si impatiente, Lady Amarande, que vous ne me laissez pas le temps de vous demander comment vous allez, vous savez que je ne veux pas paraître grossier, surtout devant une dame telle que vous.

    Sammael se posa avec douceur sur le rebord du lit, aux côtés de son invitée. Il était si rare que ses fesses ou son dos effleure le matelas moelleux et satiné qu’il semblait le découvre en même temps que Blair. Ce n’était qu’un bête accessoire, un accessoire semblable aux fards et au costume du comédien ; un élément de sa panoplie du parfait directeur mortel et éphémère. Un objet qui effaçait les fissures de son masque humain gâché et rongé par sa nature trop excessive.
    Il adressa à sa voisine un aimable sourire avant d’ajouter ;


    -Vraiment, c’est un vrai dilemme car je ne peux pas vous refuser une telle demande.

    Le démon ressentait un malin plaisir à prendre un air faussement contrarié. Il attrapa du bout des doigts un pan de la robe. Le travail était d’une précision incroyable, un tissu soyeux et d’un vert qui respirait l’élégance. Sammael n’avait pas omis de remarquer que cette teinte se mariait parfaitement au regard de Blair. Il évoquait les richesses les plus belles, les forêts denses luisants sous le soleil. C’était un fait certain, cette robe correspondait au profil de la vampire et non à l’ancienne propriétaire.
    L’attente avait assez duré et Sammael commença son récit. Son envie de flâner, d’assister à une pièce, non pour l’amour du théâtre ou de l’art de la comédie, mais pour le côté convivial qui invitait aux hommes et aux femmes de toutes nations à parader sous une estrade ou sur un balcon. Il lui expliqua alors les œillades échangées avec l’américaine, sa bien-aimée à sacrifier. Le jeu du chat et de la souris, le syndrome de Stockholm avec un siècle d’avance. L’idée était si amusante.
    Puis, s’appliquant à éveiller chaque réaction chez la vampire -l’hilarité, la moquerie, l’impatience…- chez Blair, Sammael lui raconta comment il l’avait entraîné sur son lit de mort. Elle s’était allongée sans qu’il y invite, elle avait écarté ses jambes au moment où il s’était approché, elle l’avait embrassé avant qu’il ne la comble d’une joie sans fin…
    L’étreinte des anges était pure comme l’aube baignée de clarté, mais celle des démons est tout aussi savoureuse au point de s’abandonner aux crocs d’un prédateur, de se perdre dans les bras de la Faucheuse. Leur tendresse évoquait l’été la nuit, la lourde chaleur et le baiser torride. Une berceuse pour adultes, un réconfort pour damnés. Sous ses paumes, le tissu semblait toujours épouser le corps de la dernière enveloppe charnelle qui a abrité son repas. Les souvenirs étaient encore bien récents, lui rappelant les frémissements qui avaient mordu affectueusement ses membres si frêles. Il plaqua la robe contre la cuisse de Blair, superposant son apparence parfaite à une robe peu ordinaire. Peu ordinaire tant par sa beauté que par sa façon d’acquisition.


    -Ma chère Lady, accordez-moi une faveur à votre tour.

    Sa main glissa sur le ventre ferme de la vampire, chair dure et immobile, signes que rien de vivant ne bougeait à l’intérieur ; les organes avaient décédé, la source de sa vie s’était asséché et le sang qu’elle buvait ne pouvait la raviver. Néanmoins, son corps ne se fanerait plus sous l’emprise du Temps et de ses vices. Oublions la liqueur de rubis qui ne pouvait la ramener à sa vie d’antan, cette parure pouvait en revanche rendre de l’éclat à sa beauté chimérique.

    -Essayez cette robe, je suis sûr que, inconsciemment, elle vous est destinée. Votre regard et votre silhouette ont sûrement inspiré l’art et la maîtrise de ce couturier.

    Susurra le directeur après avoir fait glisser sa main sur la poitrine que les poumons et le cœur palpitants ne soulevaient plus depuis que les crocs de son amant tant chéri s’étaient plantés dans sa chair autrefois imparfaite. Puis, ses doigts retirèrent le bouton qui ornait le col qui recouvrait son cou distingué.

    -Ma salle de bain est à votre disposition, bien sûr, je vous aiderai si vous me le demandez.

    Il se leva promptement et ouvrit la porte, dévoilant la pièce arrière. Elle était tout juste assez grande pour contenir une baignoire et un meuble où trônait la bassine d’eau chaude. Disposé à côté, un matériel de rasage qui n’avait jamais servi, pas depuis qu’il avait été posé sur la surface de bois. La lame de rasoir rouillait d’ennui, près de ses compères qui croulaient sous la poussière de l’inactivité… La baignoire, quant à elle, semblait plus utile. Le démon n’éprouvait pas autant de plaisir qu’un homme qui se délasse au fond de l’eau fumante, se noyant dans la vapeur qui rendait insensible aux soucis, mais un bain restait aussi confortable qu’un fauteuil, aussi attractif qu’un lit et aussi utile que le maquillage de l’acteur. Les lèvres de Sammael souffla sur une bougie où jaillit une flamme discrète. Un rayon de soleil, un bec de gaz, une bougie… Blair n’en avait pas besoin, ce n’était qu’une intention futile davantage destinée à charmer qu‘à éclairer.

    -Un cadeau que je vous offre, Lady, mais je veux m’assurer qu’elle vous va mieux que n’importe quelle autre robe.

    Sammael s’écarta du pallier, espérant que son invitée accepterait le geste. Après tout, que ferait-il de cette robe ? Aussi charmante soit-elle, elle finirait par décrépir au fond d’un placard, tandis que sur Blair, la femme partagerait sa beauté avec sa parure.


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MessageSujet: Re: Une femme n'est pas faîte pour être comprise, mais pour être aimée. [Chambre de Sam'|PV Blair]   Sam 11 Sep 2010 - 19:10



You make me sick
Because I adore you so
I love all the dirty tricks
And twisted game you play on me
Space Dementia in Your Eyes ...


    Face aux reproches de Sammael, je ris quelque peu. Il disait vouloir se comporter en véritables gentlemen. N'en avait-il pas assez de devoir se plier aux convenances et autres règles de notre époque ? Surtout que je pensais avoir un véritable aspect du véritable Sammael Ruthven : un être froid et joueur qui ne vous charmait que dans le seul et unique but de vous voler vos secrets. Bien entendu, la plupart desvictimes et, moi je devais l'avouer avec honte, succombait facilement au ménage car le directeur de ce cher asile avait bien plus de grâce, de charme et de talents qu'un simple voleur.

    « Si vous tenez tant que cela à faire amende honorable, vous pouvez commencer par vous agenouiller et me baiser les pieds. dis-je dans un sourire tandis qu'il s'asseyait à mes côtés.

    Mes yeux ne l'avaient pas quitté, attendant, désirant qu'il cède enfin à ma requête. Mon léger sourire s'agrandit lorsqu'il dit ne pas pouvoir me refuser une telle demande. Mais quel beau parleur ... On aurait eu cependant tort de croire que Sammael n'était qu'un beau parleur, il était beaucoup plus que ça. Et surtout, quelque chose qui allait faire en sorte que les minutes s'écoulent plus rapidement, histoire que lui et moi puissions quelques instants à cette sournoise entité qu'était le temps.

    Mais bientôt, le démon commença son récit et je l'écoutai attentivement comme s'il déclamait des vérités vraies. Lorsque j'y pensais, c'était bien la première fois que le directeur se confiait à moi et pas l'inverse. Et en même temps, combien d'être pouvait se vanter de connaître tous ses secrets ? Probablement personne, j'étais définitivement plus que privilégiée . Je fus bonne spectatrice et en même temps cela n'était pas très difficile car le récit était passionnant, compter sur le ton qu'il fallait et surtout, il était très facile d'imaginer Sammael, caché parmi des humains ignorants, faisant semblant d'être diverti par la même pièce de théâtre qu'ils regardaient. Je pouvais également deviner tout ce que sa chère victime avait dû se dire. Elle avait dû le trouver sublime, mystérieux et affolement dangereux. Elle avait certainement dû se demander un instant si le suivren'était pas signer son arrêt de mort ... Oui, l'idiote avait cru bêtement qu'on lui laissait le choix ! Surtout qu'après, avec un consentement qui frôlait la dévotion, elle s'était livrée corps et âme au directeur. Et lui, il l'avait libéré.
    Oui, c'était un récit comme on en faisait plus de nos jours. Les écrivains, s'ils n'étaient pas trop torturés ou sous l'influence d'une quelconque drogue, se bornaient à écrire sur l'humain et à se limiter uniquement à l'humain. Lorsque l'un d'entre eux évoquaient une quelconque fantaisie, on criait au scandale. C'était vraiment stupide, car l'histoire de Sammael avait bien plus de saveur, à quelques exceptions près bien sûr, que les romans de pacotilles qui sortaient chaque jour des imprimeries londoniennes. Sa tâche terminée, Sammael m'interpella de nouveau. Je le regardai, intriguée.

    Je ne tressaillis même pas lorsque ses doigts effleurèrent mon ventre, j'étais déjà entré en contact avec la peau du démon. J'avais même déjà eu le malheur d'embrasser ses lèvres. Cependant, aujourd'hui, la requête était bien différente. Il me demandait de passer l'habit de la défunte ; apparemment, il ne considérait pas cette robe comme un précieux trophée que jamais plus personne ne devait porter.


    - La flatterie ne vous mènera nulle part, Sammael. Je veux bien l'essayer, mais juste parce qu'elle me plaît.

    C'était la vérité, j'étais plus qu'intriguée par cette robe qui avait la même couleur que mes yeux. Le hasard y était-il pour quelque chose ? Hmmm ... Même moi je ne parierai pas là-dessus.

    Je pénétrai dans la salle de bain qu'il m'avait ouverte, lui accordant un clin d'oeil. Le directeur semblait d'humeur bien joueuse aujourd'hui, peut être parce qu'il venait juste de se nourrir ... Comment expliquer sinon qu'il me propose son aide ? Sammael avait-il juste dit cela pour me taquiner, sans y penser ou alors pour ... Je décidai de ne pas y penser et je passai la robe d'un geste fluide. Quelques secondes plus tard, je faisais mon apparition dans sa chambre. Pas de doute possible, la robe était faite pour moi. Sa précédente propriétaire ne devait pas avoir la beauté nécessaire pour paraître en public avec étrange même qu'elle ait osé le faire ce soir... Sammael lui avait fait payer son audace, non ? Mais sa précédente propriétaire n'avait pas dû vendre son âme, tel un Dorian Gray, pour pouvoir acquérir beauté et jeunesse éternelle. Moi, si.


    - J'accepte avec plaisir votre cadeau mais ... Pardonnez mon audace, mais il faut vraiment que je vous le demande.

    Je m'approchai à pas feutré du directeur et arrivée en face de lui, je me léchai les lèvres. Je jouai les fausses timides en face de lui, Sammael m'avait bien plus misérable que n'importe qui d'autre, je n'avais donc plus aucune raison d'avoir honte en face de lui. Et pourtant, comme le démon, j'avais moi aussi envie de jouer.Nos vies étaient tellement longues ... Nous ne pouvions pas attendre que le plaisir vienne à nous, il fallait aller le chercher.

    Que voulez vous en échange ? Je vous connais Sammael, est-ce que vous allez vraiment me donner quelque chose sans rien attendre en retour. Si la réponse est positive ... Eh bien ...

    C'était donnant-donnant. Sinon il n'avait pas d'équilibre, je connaissais les règles. Je m'étais bien brûlée lors de notre dernière partie : il m'avait laissé l'embrasser, il m'avait laissé le mordre, mais au final, j'avais dû lui révéler, avec une certaine honte, tous mes secrets.

    ... Je serais très déçue.

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Sammael Ruthven
Démon † Directeur Psychipathe
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MessageSujet: Re: Une femme n'est pas faîte pour être comprise, mais pour être aimée. [Chambre de Sam'|PV Blair]   Lun 18 Oct 2010 - 18:23



    Méfiance. C’était presque une preuve de sagesse lorsqu’on avait à faire avec un tel être de mensonge. Presque. Car aujourd’hui, ce soir-même, l’appétit apaisé et la tranquillité dominant son humeur, il n’avait aucune idée derrière la tête. Le démon inclina sa tête en signe de respect face à la prudence exemplaire de la Vampire, avant de répondre, non sans un aimable sourire ;

    -Nous ne sommes jamais trop prudents, n’est-ce pas ? Mais, même si j’ai honte de vous décevoir, la réponse est non. Je n’ai aucun prix à réclamer en échange de cette robe...

    Malgré toute la sincérité de ses paroles, le profond chagrin qui teintait sa voix semblait faux. Comme si la vérité se sentait mal à l’aise sur sa langue, n’ayant pas l’habitude de parler pour Mr. Ruthven.
    Sammael lança un coup d’œil à la porte de la salle de bains, encore entrouverte, pour appuyer sa proposition. Accueillerait-elle Lady Amarande ? Il serait encore plus blessé si Blair refusait ce cadeau -il pourrait toujours l’offrir à Lilith, mais sa tendre épouse n’était pas très portée sur ces cadeaux-là, trop superficiels sans doute, et puis, cela la mettrait dans une colère sourde si elle apprenait que le cadeau était déjà passé entre les mains d’une autre femme à idolâtrer-. Le démon, pourtant dans son humeur d’enjôleur, jugea bon de remonter dans l’estime de la vampire. Car, bien sûr, ce n’était pas là l’exacte vérité. Chez un homme qui chérit tant les paradoxes, il y avait toujours une part d’ombre dans la lueur.

    -Il n’y a que deux cadeaux qui me font réellement plaisir ; les secrets et l’âme. Vous m’avez offert le premier à notre dernière rencontre et… A moins que cela est changé, je doute que vous possédiez le deuxième…

    Le démon marqua une pause avant de prendre la main de la Vampire et d’en embrasser le dos laiteux et lisse.

    -Bien sûr, cela n’enlève rien à votre charme. L’âme ne fait pas tout chez une femme, même les mortelles.

    Oh, bien sûr, Blair ne se mettrait pas à glousser comme avait pu le faire Cecil. Être sans âme, mais pas sans intelligence. Et puis, si elle connaissait l’art de la ruse, elle connaissait bien évidemment les tours de ce démon débordant d’imagination. De nombreuses mortelles aussi connaissaient ces stratégies ; sans scrupules, certaines se mettaient à minauder, à exhiber leur décolleté plongeant et leurs gambettes, enveloppées de bas, qui ne demandaient qu’à être libérées. Elles étaient belles, mais dangereuses et il ne fallait pas être une succube ou un démon pour être capable de briser un cœur.
    Sammael espérait que le goût de la déception avait fait son effet dans la gorge de la Vampire. Elle saturait sûrement de cette saveur amer et il était temps de la délivrer de cette nausée imaginaire.

    -En revanche, je peux me montrer totalement franc et exposer mes calculs habituels. Si vous le saviez, Lady, j’ai déjà offert de nombreux cadeaux sans rien en attendre en retour… ! Pas au moment de les donner en tout cas.

    Sammal pris délicatement les épaule molles de la robe et les déposa sur celles de la Vampire, pour avoir une vague idée du résultat. Puis, il pressa le col du vêtement sur le cou de la sublime demoiselle avant d’entourer le cylindre de chair blanche de cette dentelle délicate et immaculée. Ce pan de tissu adoptait la même étreinte qu’un bijou, qu’un collier.

    -Si vous acceptez cette robe, il est probable -très probable même- que je vous demande un service pour plus tard. Un service qui, bien entendu, vous ne pourrez refuser.

    Le démon resta silencieux durant l’espace de quelques secondes, admirant l’objet qui le rattacherait à la Vampire pour quelques jours ou quelques mois. Comment quelques fils blancs enchevêtrés pouvaient composer une telle merveille complexe, à la fois fragile et solide ? C’était une parfaite métaphore du lien, ces liens entre immortels.

    -Il n’y a rien de mesquin là-dedans ; les Humains n’en font-ils pas de même en se glissant des alliances à l’annuaire ? Il s’agit d’un aide-mémoire, une preuve de fidélité.

    C’était l’empreinte éphémère du geôlier. Celle qui ne se lèverait que lorsque celui qui l’avait déposé le déciderait. Sammael adressa ce doux sourire à Blair, néanmoins, son paisible rictus frémit légèrement. Il laissa le vêtement dans les bras de la Vampire et se posta à l’entrée de la salle de bains, poussant un peu plus la porte. Le bois foncé était rongé par la pénombre à l’intérieur, disparaissant presque dans cette case d’ombres. Quant au regard de la créature, elle continuait de fixer son homologue monstrueux, impatient de savoir sa réponse.

    -Alors ? Vous voulez l’essayer ?

    Sammael hésita un bref moment. Un tout petit moment. Puis, il s’autorisa un peu d’humour macabre sur l’air du défi amical. Allons Lady, vous ne le regretterait pas :

    -Si vous refusez, Lady Amarande, je serai très déçu.


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MessageSujet: Re: Une femme n'est pas faîte pour être comprise, mais pour être aimée. [Chambre de Sam'|PV Blair]   Lun 25 Oct 2010 - 21:07


As heads in tails
Just call me Lucifer
Cause I’m in need for some restraint
So if you meet me
Have some courtesy
Have some sympathy and some taste.

    Sammael Ruthven était un mal des plus charmants. Si je devais le comparer à quelque chose, j’aurais d’abord pensé aux parfums orientaux plus que coûteux qui vous emprisonnaient langoureusement les sens et qui enchantaient ensuite les narines de vos amies les plus proches. Ensuite, j’aurais parlé d’un corbeau au royal plumage noir qui vous épiait tendrement dans votre sommeil, vous volait un baiser de ses pâtes courbées et revenait se poser sur l’épaule d’un Poe invisible pour lui conter vos contes les plus horribles, afin que ce dernier tisse une toile de vos mensonges. Et c’est seulement vers la fin que sa véritable nature reprenait le dessus : c’était un démon.
    Ses deux yeux étaient là pour le prouver et pour le rappeler constamment. Même son sourire était dangereux et pourtant, il était évident que la mortelle de sa charmante soirée avait succombé à cause de cela.
    Quelle belle idiote … Elle aurait dû fuir en criant tout en tentant de rassembler le peu de raison qu’il lui restait. Sammael l’aurait-il laissée s’enfuir ? Certains, de réputations bien connues au manoir Middleton, aimait jouer avec la nourriture. Cependant, quelque chose, dans son air ou dans sa prestance, laissait à penser que Sammael avait plus de classe et de noblesse. Il était tout de même directeur de cet asile et semblait savoir bien manier l’être et le paraître, au point de tromper le vil esprit humain.

    Mais la compagnie humaine n’était pas ce que l’on trouvait dans ce lieu, et surtout pas dans cette chambre. Pourtant je ne pus m’empêcher de sourire en voyant les efforts que faisait Sammael pour que j’enfile cette robe. Pourquoi refuser ? Une lady, même si elle avait un goût prononcé pour le sang, appréciait toujours les cadeaux. C’était toujours très flatteur et la créature que j’étais était plus que narcissique. Et il semblait prendre un malin plaisir à jouer avec moi, à m’endormir sous des paroles qui avaient des accents de caresses, à déployer ses plumes tel un paon silencieux …


    Si vous acceptez cette robe, il est probable -très probable même- que je vous demande un service pour plus tard. Un service qui, bien entendu, vous ne pourrez refuser.

    - Oh voyez vous ça ?

    Il avait réussi à légèrement éveiller ma curiosité. Un service hmm … ? Mais de quelle nature ? Comme il l’avait si bien fait remarquer : je n’avais plus rien à lui offrir. Je n’avais pas d’âme, le malheureux arrivait trop tard, elle avait été déjà fauchée par un autre voleur que lui ; mes secrets avaient déjà été emportés par Sammael en personne … Quelle valeur pouvais-je bien avoir à ses yeux ?
    J’étais ce diamant que l’on avait reçu en héritage et que l’on gardait par habitude, on ne voulait pas le vendre sans pour autant avoir connu les défunts mais c’était ainsi. Nous étions tous possessifs, Sammael aussi visiblement.


    « Il n’y a rien de mesquin là-dedans ; les Humains n’en font-ils pas de même en se glissant des alliances à l’annuaire ? Il s’agit d’un aide-mémoire, une preuve de fidélité. »

    Je souris, sa remarque ne faisant que confirmer mes pensées. Cependant, il allait devoir en faire beaucoup plus pour m’attraper. Il avait de la chance … J’étais d’excellente humeur et c’est sans aucune révérence que je m’étais éclipsée dans sa salle de bain. J’avais passé la robe tout aussi rapidement avant de venir me présenter à lui. Je tournais autour de lui, jouant les fausses timides. Allait-il me demander autre chose ou bien c’était à mon tour d’exiger une faveur ? Oui, non, je ne savais vraiment pas. Impossible de savoir sur quel pied danser avec le démon et pouvoir lire son esprit aurait été bien inutile.

    Briser les barrières mentales de quelqu’un n’a de sens que si la personne en question a un fonctionnement des plus simples. Qui savait quel vice se cachait derrière le crâne du directeur ? Son cerveau devait être des plus complexes, les informations défilant à tout allure, il devait en supprimer la plupart et ne conserver que les plus utiles, les plus précieuses, celle qu’il avait eu le plus de mal à collecter… Dans quel tiroir était enfouie mon histoire ? Où étaient rangés les cas de chaque patient ?
    Sammael Ruthven était un vestige du passé digne de n’importe quel musée, le temps n’avait aucune emprise sur lui : il vivait et il mémorisait.
    Et il était temps qu’il livre un peu de ses secrets …


    « Une preuve de fidélité ? Mais qui vous a dit que je vous étais fidèle. Vous me croyez certainement acquise car je n’ai pas encore déserté le manoir … Les êtres humains commettent une erreur en croyant que n’importe quelle femme peut se contenter d’être une ombre. Avez-vous donc si peu d’expérience ? »

    Je m’étais mise sur la pointe des pieds afin de chuchoter ces mots à son oreille. Il n’était pas le seul à savoir séduire, il se trouvait même que l’on m’avait conçue pour cela. Oh comme ils me trouvaient toute belle … L’exprimant dans chacun de leur hurlement, chacune de leur prière. Je leur offrais la Mort sur un plateau d’argent : la douleur occasionnée par mes morsures atténuée par la douceur de mon visage…

    « Si la réponse est positive, j’aurais bien du mal à vous croire … Vous semblez presque aussi vieux que le manoir et je suis certaine que vous en connaissez le moindre recoin, ayant laissé votre trace dans chaque pièce. »

    Tant de mystère autour d’un seul être, tant de questions à poser sans être certaine d’avoir des réponses. Il fallait peut être l’égorger vif et procéder à une autopsie des plus exemplaires. Ou alors à un repas symbolique, dévorer ce corps qu’il habitait et lécher les os afin d’en capter l’essence première ? Je me voyais très bien dans le rôle de l’hôte, un verre à la main, rempli de son sang, un sourire sur les lèvres et murmurant à mes invités : « A la santé de Sammael Ruthven ! »

    Mais étions nous obligés de nous en réduire à de telles extrémités ? Bonne question. C’est avec un sourire joueur que je le poussais sur son propre lit avant de m’asseoir sur ses genoux.


    « Vais-je devoir vous torturer pour obtenir de vraies réponses mon cher ? Ce n’est pas mon domaine de prédilection mais … pour vous, je veux bien faire un effort. »murmurai-je en caressant ses lèvres que j’avais déjà embrassé, me demandant à présent si j’allais devoir les briser.


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MessageSujet: Re: Une femme n'est pas faîte pour être comprise, mais pour être aimée. [Chambre de Sam'|PV Blair]   Ven 5 Nov 2010 - 17:26



    À ce moment-là, le démon était juste bon à rire.
    Un rire illustré seulement par un rictus amusé. Car quoi de plus amusant qu’une victoire vicieuse pour un être fourbe ? La veuve noire ne riait-elle pas à se fendre sa minuscule gorge et ses petits crochets luisants lorsqu’elle admirait l’insecte prit dans sa toile ? La mante-religieuse n’éprouvait-elle pas un certain plaisir à arracher la tête du mâle quand ce dernier pensait sa conquête achevée ? On pouvait toujours s’amuser à contredire que les invertébrés n’éprouvaient aucune joie ou tristesse à vivre, à l’abri du bonheur et de la détresse. Mais Sammael pouvait vous assurer que les démons, aussi détestables soient-ils, ressentent des émotions et en particulier la folle ivresse. Surtout lui. Car les paroles envenimées de Lady Amarande ne semblaient, à ses oreilles, que le sifflement d’une vipère qui tente de se dépêtrer du piège qu’on lui a dressé.

    Ses mains touchèrent délicatement la mâchoire inférieure du vampire. Pour les hommes, c’était du diamant, pour Sammael, c’était du verre. Il était bien capable de briser les os de la vampire, mais cela ne mènerait à rien, la délicate ossature de son visage se reconstruirait aussi rapidement qu’un battement de cils. De plus, le directeur n’était pas de ce genre barbare et brute.

    « Vais-je devoir vous torturer pour obtenir de vraies réponses mon cher ? Ce n’est pas mon domaine de prédilection mais … pour vous, je veux bien faire un effort. »

    Oui, agissons avec délicatesse pour contrer la Lady qui voulait se montrer violente. Si elle avait soif de sang, ce n’était pas vers Sammael qu’il fallait se tourner. Elle savait déjà, après tout, que ses veines renfermaient une liqueur délicieuse, mais chimérique, n’apaisant pas la faim. Si elle avait soif de rage, de colère, ce n’était pas non plus sur lui qu’il fallait se débattre. Car Sammael était plutôt enclin au silence, inaccessible à la douleur physique. Pousserait-il un cri si on lui tranchait la gorge… ? La réponse était évidente.

    -Ma pauvre Lady, de mon point de vue, j’ai l’impression d’avoir tant d’expérience que cela vous dépasse… J’ai peur de vous blesser en vous avouant la vérité…

    Avait-il réellement peur de la blesser ? Au contraire ! Il était impatient de lui dire et se faisait mal à lui-même en s’enfermant dans le mutisme pendant quelques secondes. Quelques secondes qu’il passa à observer le visage de Blair Amarande. Mais cette beauté s’adressait aux Humains, c’étaient eux qui succombaient à la tentation. Sammael, lui, ne pouvait se perdre dans le fil des événements pour une paire de yeux ou un couple de lèvres vermeilles.

    -Lady Amarande, qui a dit que vous aviez le choix ?

    Il écarta ses mains des joues creuses et laiteuses de la femme, brisant le contact en reculant de quelques pas pour la contempler dans la robe qu’il lui avait offerte, qu’elle avait accepté. Oui, c’était un vêtement parfait, on ne pouvait rêver mieux. Elle ne pouvait pas être plus désirable, plus élégante… Tout simplement plus belle !

    -Mais je suppose que vous avez assez de savoir pour comprendre que vos menaces de… torture, si c’est bien le mot que vous avez employé, ne me feront pas grand-chose.

    Oh oui, cela devait être si facile de capturer un humain en proie à des tourments. Proie facile. Le directeur connaissait exactement cette chasse. Mais il se sentait presque insulter : Lady Amarande pensait réellement le mettre à genoux en plantant ses crocs dans sa gorge, en relevant un pan de sa robe sur une de ses jambes, de l’embrasser pour le charmer ?… Il faudrait être bien plus créative que ça. Surtout avec un démon.

    -Oh, mais je comprends, vous êtes encore perturbée par notre rencontre et peut-être que vous désirez me faire pleurer également ? Vous voulez me mettre à terre pour me faire ressentir la même chose ? C’est peine perdue, Lady, je n’ai rien à vous offrir et… Mes yeux sont trop brûlants pour que les larmes puissent s’y attarder.

    Sur ses mots, Sammael s’autorisa un vrai rire et non un simple éclat de joie sur le visage. Pour accentuer son sentiment, il haussa les épaules. Non, vraiment, c’était peine perdue.
    Cependant, il ne la laisserait pas dans cette posture, car il était toute de même un bon cavalier, un partenaire attentionné. Et puis, malgré tous ses défauts, aussi néfastes soient-ils pour son entourage, il avait au moins le mérite d’être fidèle à son supposé rang de gentleman. Quoiqu’il s’accordait beaucoup d’entorses aux règles…

    -Si vous avez si peur de danser avec moi, je vous en prie, retirez cette robe. Après tout, une femme en voudra, peut-être même qu’elle me servira d’appât. Et si elle devient inutile et bien, je la jetterai… Les immortels ont l’habitude d’oublier et de jeter, la vie serait trop rude sinon.

    Sammael appuya son regard sur la jeune femme. Plusieurs choix s’offraient à elle, mais si elle désirait ouvrir la carcasse du démon pour voir quel trésors y était enfermé, elle avait devoir faire preuve de beaucoup d’imagination et pas seulement de force bestiale. Attention toutefois à ne pas être déçue… Il y a bien longtemps que l’âme putréfiée de la créature n’avait pas était mise à nue, les merveilles qu’elle renferme avaient peut-être pourri depuis le temps…


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MessageSujet: Re: Une femme n'est pas faîte pour être comprise, mais pour être aimée. [Chambre de Sam'|PV Blair]   Lun 8 Nov 2010 - 16:05


    Affreux. Oh comme il était affreux d'être en face d'un adversaire plus puissant que soi-même.
    Il était totalement inutile que j'entretienne de fausses illusions ou que je me berce qu'un quelconque espoir : Sammael était hors de ma portée. L'idée même d'user d'une force physique, et de n'importe quelle manière, était complètement risible. Mais cette idée n'en restait pas moins tentante. Oui, je pourrais toujours me réconforter beaucoup plus tard en imaginant son beau visage tordu sous mes ongles, ongles qui seraient noircis de son propre sang, mes doigts se refermant comme une cage invisible sur sa mâchoire.
    Ce n'était pas la réalité.
    Je pouvais me perdre autant que je le désirais dans ce monde migratoire et illusoire, peut être même contracter les débuts d'une démence précoce... La vérité, que n'importe qui de sage aurait qualifiée de cruelle, était autre.

    Après une fausse remarque sur mon innocence, car je n'en possédais guère, il me fixa. Et moi, dans ce regard, je percevais un semblant de vérité. Sammael se jouait de moi comme il l'aurait fait avec brio d'un violon mal accordé. Sur ses genoux, j'étais une poupée de chair et de sang dont il avait cousu les articulations avec les cheveux d'une autre victime. Il glissait aisément ses mains dans l'encolure de mon dos et, magicien de l'horreur, le spectacle pouvait commencer. Et évidemment, comme toutes les représentations de mauvais goût, on riait de la pauvre et de l'infortunée, celle qui était sur les genoux du prestidigitateur et qui ne pouvait bouger. Une Lady de mon rang aurait pu apprécier le spectacle, emmitouflée dans une parure confectionnée pour l'occasion, moi je ne pouvais pas, j'étais l'infortunée.


    -Lady Amarande, qui a dit que vous aviez le choix ?

    Excellente question mon cher Sammael !
    Répondait la poupée en haussant ses épaules artificielles. Plus larges que la normale, le geste était ridicule et le public riait, la marionnette retombait dans son mutisme. Mais quand m'avait-il donc privé de ma volonté ? A quel moment avait-il mis une laisse à ma bête ? Pas de doute, il était doué, pouvant faire croire à n'importe qui qu'il avait plus de deux mains, cependant, je désirais tout de même comprendre. Ma curiosité avait effacé tout le reste, réduit mon sens du danger à néant. C'était le jeu de Sammael … Pouvait-on le battre dans cette arène-ci ? Probablement pas. Même le roi des Enfers ne craignait pas les allées et venues du plus petit démon; Mr Ruthven n'avait que faire d'un vampire.

    La parade sembla être finie car il me relâcha. Sans doute avait-il ôté ses doigts du maigre corps en chiffon plus vrai que nature, pour aller récupérer ses biens parmi la foule. Non, non, c'était bien à moi qu'il s'adressait, de nouveau sur ses deux pieds. Le but était-il de me rendre inférieure ? Plus important encore : Sammael pensait-il à ce genre de chose ? Je le fixai tandis qu'il poursuivait sa tirade.
    Si je pouvais soutirer quelque chose de lui ...Ce ne serait certainement pas des larmes. Il ne pouvait pas pleurer, ses yeux, en plus d'être de la couleur de la drogue anglaise la moins cher du marché, devaient être comme le reste de leur propriétaire : brûlant, aride, sec. Rien de bon ne pouvait s'y échapper et je ne cherchais pas les trésors qu'auraient pu me révéler ses deux diamants non, je cherchais autre chose. Ce n'était pas non plus la vengeance … Non, si je voulais me venger, j'aurais quitté l'asile, persuadé Sammael de m'oublier et je serais revenue, des siècles plus tard, sa plus grande faiblesse dans la poche. Faiblesse que tant d'années de recherche m'aurait permise de trouver. Là alors, il aurait pu verser quelques larmes s'il le voulait, mais pas avant.


    -Si vous avez si peur de danser avec moi, je vous en prie, retirez cette robe. Après tout, une femme en voudra, peut-être même qu’elle me servira d’appât. Et si elle devient inutile et bien, je la jetterai… Les immortels ont l’habitude d’oublier et de jeter, la vie serait trop rude sinon.

    A ces mots, j'eus mon premier et véritable geste depuis qu'il s'était levé, de ma main droite, j'attrapai un pan du buste de ma robe. Le froissement retentit dans la pièce et je levai le regard vers lui. La mise en scène ne semblait pas être totalement achevée, voulait-il retourner en coulisse pour déshabiller son mannequin et le remettre dans sa boîte ? Pas sans mes protestations.

    “Et moi qui pensais être cruelle … J'aurais tout à apprendre de vous en fait ? Il semblerait que oui, vu que vous êtes celui qui m'a demandé de mettre cette robe et qui à présent voudrait que je l'enlève. Une certaine partie de moi aimerait vous dire : “venez la chercher vous même” mais je ne suis pas aussi stupide …”

    Ma voix ressemblait presque à un murmure tandis que je m'exprimais sur le ton de la conversation. Seuls les humains se perdaient dans de futiles expressions du visage pour appuyer leur propos. Je ne voulais pas que Sammael se concentre sur le paraître mais sur l'essence même de mes mots. Ma main agrippait toujours la robe, pas vraiment décidée à la laisser partir.

    “Peut être que je n'ai pas le choix mais si nous devons en venir à la force physique, j'emploierai un peu plus de résistance que votre repas de ce soir. Si toutefois vous me le permettez.”

    Il ne fallait pas faire preuve de beaucoup d'imagination pour visualiser cette scène-là. Je m'étais déjà jetée sur lui, j'avais déjà eu l'occasion de jauger sa force et il en avait fait de même. Songeais-je vraiment à l'attaquer ? Pas un seul instant. La lutte aurait certainement duré des années, autant pour lui que pour moi, pas d'âmes, une régénération instantanée … En somme quelque chose de futile. Pour le plaisir ? Je ne torturais que les gens que j'allais mordre, et là encore, j'avais déjà eu un avant goût avec lui. Et quel goût justement... Un véritable ravissement pour le palais mais qui vous laissait plus creux, plus pantelant, plus vide et plus affamé que jamais. Un trompe l'œil, un vil attrape nigaud en sorte, qui venait compléter le maquillage de ce voleur d'âme. Mais même lui ne pouvait être entièrement faux. Où se cachait la part de vérité ? Sous tous ces mensonges véhiculées par la chair et le sang peut être ? Était-ce un manteau qu'il revêtait chaque matin, pour habiller son maigre squelette ou pour cacher sa véritable apparence ? Pile ou face ?
    C'était toutes d'excellentes questions.


    “Mais je ne vais pas me battre avec vous, Sammael. Et la vengeance n'a pas sa place dans cette discussion. Vous voir pleurer ne serait pas vraiment une victoire, bien au contraire … Je suis vaniteuse certes, cependant je connais mes limites.”

    On pensait bêtement que je pouvais craindre les signes religieux, les gousses d'ails ou même encore l'eau bénite.
    Foutaises.
    J'évitais les églises car les serments faux me donnaient des envies de meurtre, l'ail n'avait qu'une odeur nauséabonde et l'eau bénite une saveur glacée. Pourquoi m'inventer des faiblesses que je ne possédais pas ? Ma gorge qui me réveillait de temps à autre et qui m'asservissait, ça c'était une faiblesse. Et maintenant j'en possédais une autre.


    “Je ne vous appartiens pas et je pense avoir été assez claire à ce sujet lorsque vous avez tenté de me marquer. Être votre ennemie, comme je l'ai déjà fait remarquer n'a aucun intérêt alors cela ne nous laisse pas beaucoup de choix …”

    Murmures, murmures …
    De mauvais augures ? En temps normal, oui, mais pas cette fois-ci. Ils étaient les précurseurs d'un drapeau blanc. Je lui tendais symboliquement la main alors que j'avais depuis longtemps oublié la signification de cette simple politesse. Ne soyons pas ennemis, ne soyons pas amants … Soyons amis ? Le mot sonnait âcre dans ma bouche. Et pourtant, comme il l'avait dit, je n'avais guère le choix.
    Mais quitte à brandir un drapeau, j'en aurais préféré un rouge comme le sang.


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