Mad Asylum
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Enfin, pas vraiment : vrai phénix, il s'est dépêtré de ses cendres et a fini par renaître quelque part, faisant peau neuve, URL neuve.

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 Macte, nova virtute, puer, sic itur ad astra ! [Castiel]

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Sophia von Müssel
Humain † Jane Eyre
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MessageSujet: Macte, nova virtute, puer, sic itur ad astra ! [Castiel]   Jeu 4 Nov 2010 - 17:23

Parce qu’elle n’avait rien d’autre à faire, Sophia s’était assise sur les marches d’un escalier désert. Elle ne savait plus trop quelle heure de la journée il était, elle se souvenait avoir bu un verre d’eau après une crise de larmes à cause de l’enfant, mais c’était out. Est-ce qu’on l’avait fait boire ou bien l’avait-elle fait d’elle-même ? Elle ne savait plus, contre coups d’une fatigue psychologique traînée depuis trop longtemps. Ce verre d’eau, c’était le seul souvenir tangible assez proche pour qu’elle puisse s’y relier.
Elle toucha sa gorge : non elle n’avait pas soif, alors c’est que c’était proche, non ? La jeune fille ferma les yeux, appuyant légèrement sa tête contre un des murs glacés. Elle pensa aux mesures d’un piano, aux mains de son père jouant un quelconque air : ce son lui manquait, celui de la musique.
Ici il y en avait bien peu, voir pas du tout. Parfois des sons pour meubler le silence, les murmures d’autres pensionnaires et les mots du personnel. Mais tout ça, ça ne forme pas une symphonie.
Sophia se rappelait des après midis heureux à Vienne, à chanter et jouer du piano en espérant que cet homme, cet ami de la famille vous regarde.
Vienne était loin, par delà les mers et les terres et ici, le soleil ne se levait pas. Dans les salons d’Autriche, on devait danser la valse, rire, sourire et chanter.
Rien de tout cela ici, juste la solitude, le froid et le mal être. Sophia voulait danser, elle ne le ferait pas. Alors elle restait assise dans ces escaliers déserts, sans attendre et sans espérer, juste parce qu’il n’y a rien d’autre à faire que de s’immobiliser.
C’est jouer à un jeu : faire comme si le temps n’existait plus alors qu’il était là, que trop là…là et las à la fois.

Lentement, Sophia baissa la tête et ramena ses genoux contre elle. C’était mieux lorsqu’elle ne parvenait pas à réfléchir, malheureusement son esprit semblait trop clair pour ça. Est-ce que l’enfant allait venir la tourmenter à nouveau ? Il pouvait décider de la pousser dans les escaliers, elle regarda en contrebas et frissonna, c’était presque trop facile de se rompre le cou lors d’une chute.
Sa main aux ongles rongés vola jusqu’à sa gorge couverte par le tissu de la robe.
Ses doigts étaient froids, elle aimerait bien qu’une paume gantée les entourent et les réchauffent. La main d’Andréa, par exemple… Mais Andréa, peut être qu’elle ne le verrait lus, peut être qu’il en épouserait une autre. Alors, de sa poche elle sortit l’unique présent qu’il lui avait fait : le mouchoir brodé.
Il était tout froissé maintenant, évidemment. Il pouvait pas en être autrement. La jeune fille écarquilla les yeux pour oublier la boule dans sa gorge et l’envie de pleurer. Ca ne servait à rien.
Rester ici, juste rester ici et se calmer…

Une quinte de toux la secoua soudain, faisant danser des points noirs devant ses yeux. Comme à chaque fois, Sophia crut que ses poumons allaient éclater sans qu’elle ne puisse respirer de nouveau.
Cela est long, terriblement long, mais la crise finit par passer. Alors, les joues rouges et le souffle court, Sophia remercie mentalement le Seigneur, incapable de faire quoi que ce soit d’autres.

Doucement, elle se relève et se met debout sur les marches de l’escalier. Elle a maigri, bien maigri depuis son arrivée ici. Visage maladif, yeux bordés de rouge et bouche craquelée, là voilà de plus en plus morte alors que s’avancent les jours.
Quelques mèches brunes se sont échappés du chignon pendant les spasmes de la toux. Elle ne l’a pas remarqué, elle lève juste la tête au plus haut, gorge tendue comme pour attendre qu’on l’égorge, et regarde le plafond.
Alors seulement des bruits de pas se font entendre. La jeune femme préfèrerait des bruits d’ailes, des ailes d’oiseaux …
Mais il faut un ciel bleu pour cela, un ciel d’Autriche…
Parce qu’en Angleterre, ça n’existe pas.
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Castiel Aterius
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MessageSujet: Re: Macte, nova virtute, puer, sic itur ad astra ! [Castiel]   Dim 7 Nov 2010 - 0:02

Castiel était dans le parc profitant de la pluie, fine et fraîche, qui tombait, en riant joyeusement. Simplement vêtu d'une chemise blanche,d'un noeud papillon noir de guinguoi, d'un short noir et de ses bottes, il s'amusait à sauter dans les flaques d'eau et à courir, danser et tournoyer savourant la douce caresse de l'eau sans se préoccuper le moins du monde des gouttes qui ruisselaient sur son corps, le trempant comme une soupe.

Il était là depuis quelques heures déjà après avoir passé presque toute la matinée à mourir d'ennui dans sa cellule. Les couloirs de l'asile étaient plutôt calmes aujourd'hui comme si tous les habitants avaient décider de s'isoler du reste du monde, succombant à la morosité du temps. Curieusement, Castiel ne semblait pas touché par cette ambiance mélancolique et avait donc décidé de se divertir tout seul, profitant de sa liberté retrouvée.

En effet, le jeune homme venait de passer quelques jours dans la pièce d'exil après qu'il n'ait eu une crise particulièrement violente pendant laquelle il avait presque tué un des patients car celui-ci ressemblait trop au prêtre qui avait fait de sa vie un enfer. Il avait finalement été maitrisé avant d'être mis en isolement. Dans la pièce, il avait été puni durant plusieurs jours avant d'être relâché la veille au soir.

Le français continua sa folle danse pendant quelques instants avant de se lasser de son jeu. Il se décida alors à rentrer et de voir s'il ne trouvait pas quelqu'un avec qui s'amuser. Il remonta donc l'allée de gravier qui menait au porche monumental tout en sautant dans toutes les flaques, s'éclaboussant au passage.

Une fois dans le hall, le garçon frissonna un peu (bizarrement, il faisait plus froid à l'intérieur qu'à l'extérieur) puis alla rapidement faire un tour dans la cuisine, où il chaparda quelques gâteaux et récupéra Noxus qui l'attendait au sec, tout en laissant une traînée d'eau derrière lui. Castiel grignota un biscuit et glissa les autres, enveloppés dans son mouchoir noir, dans sa poche humide. Il continua ensuite son chemin en se dirigeant vers les escaliers, le rongeur blottit dans le creux de son cou. Peut-être trouverait-il quelqu'un dans les étages ?

Tout en remontant le couloir, le garçon chantonna doucement, mais néanmoins clairement. Rapidement, les paroles gaies de la chanson emplirent les murs, contrastant avec l'atmosphère presque lugubre qui régnait.

When I was just a little girl
I asked my mother, what will I be
Will I be pretty, will I be rich
Here's what she said to me.

Que Sera, Sera,
Whatever will be, will be
The future's not ours, to see
Que Sera, Sera
What will be, will be.

When I was young, I fell in love
I asked my sweetheart what lies ahead
Will we have rainbows, day after day
Here's what my sweetheart said.

Que Sera, Sera,
Whatever will be, will be
The future's not ours, to see
Que Sera, Sera
What will be, will be.
Now I ha . . .


Castiel se stoppa brutalement en sursautant, surpris. Perdu dans son monde, il s'était dirigé par instinct vers l'escalier et ne s'était pas aperçut qu'il y avait quelqu'un. Devant lui se trouvait une jeune femme brune d'aspect très fragile. Sa longue robe très austère ne cachait pas la minceur, voire la maigreur, de ses bras, de son cou ainsi que le creux de ses joues et sa peau d'une pâleur maladive. Ses longs cheveux bruns étaient rassemblés en un chignon stricte, et bien que quelques mèches s'en échappaient, on était encore loin des coiffures extravagantes des ladies ou même de certaines personnes de l'asile. Elle avait également de grands yeux, d'un vert absolument hypnotisant souligné par leur brillance probablement causée par la fièvre. Son aspect fragile était cependant quelque peu gommé par sa prestance et son maintien, caractéristique d'une Dame.

Après avoir regardé la jeune femme pendant quelques instants, essayant de déterminé si elle représentait un quelconque danger, le garçon lui offrit son plus charmant sourire et s'inclina, comme il convenait de le faire devant une lady. Lorsqu'il se redressa, un bref gloussement lui échappa en sentant les gouttes d'eau qui dévalaient son corps et le chatouillait. Une petite flaque d'eau se formait à ses pieds et ses sombres mèches mouillées gouttaient un peu partout mais cela ne l'empêcha pas de s'approcher de l'inconnue et d'engager la conversation sans une once d'embarras, avec toute l'innocence d'un enfant.

-Bonjour, bonjour, bonjour. Qui êtes vous ? Et que faîtes vous ici, toute seule ?

Castiel rougit un peu puis pencha la tête sur le côté en gloussant encore.

-Pardonnez-moi, moi, moi. Je ne me suis pas présenté. Je suis Castiel.

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Sophia von Müssel
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MessageSujet: Re: Macte, nova virtute, puer, sic itur ad astra ! [Castiel]   Dim 7 Nov 2010 - 1:22

Du haut de ces marches, Sophia dominait le vide. Un vide, soit ça se creuse encore plus, soit ça se remplit, de ce fait une personne prit place également dans les escaliers. Un homme, un jeune homme, aussitôt un pli de dégoût barra les lèvres de l’Autrichienne. La tenue indécente de l’inconnu donnait presque envie de vomir. Elle ne détourna pas les yeux, ceux-ci se contentèrent juste de briller de colère.
Aux paroles de l’homme, elle opposa un silence digne et obstiné. Au vu de l’horrible accent qui transparaissait de ses mots, il devait être Français, il n’y a qu’un Français pour posséder une telle prononciation.

L’homme ne semblait pas vouloir partir. Alors, lentement, Sophia éleva le bras. La main aux doigts bien trop fins, bien trop laids, apparut sous le tissu sombre. Un mouvement du poignet pour congédier. C’est tout… La jeune femme ne voulait voir personne, ne voulait connaître personne. Ce n’était pas comme si on lui portait grande attention, de toute manière. Lorsqu’elle frôlait les murs, personne ne la regardait.
Sophia se détourna de Castiel, son visage fatigué reprit l’expression neutre la plus totale. Ses mains serres d’oiseaux rassemblèrent les mèches épars de sa chevelure pour tenter de se refaire une coiffure convenable. Aussitôt, un courant d’air froid lui transperça la nuque. Elle se figea quelques instants dans l’attente d’on ne savait quoi, puis s’anima à nouveau. Et chacun de ses gestes sembla lui coûter son dernier souffle de vie.
Evidemment, Sophia survécu…
Il y eu un soupir pour secouer le corps moribond. Le regard de la jeune femme se posa à nouveau sur Castiel, et dans ses yeux se lisait tout le silence des églises. Parce qu’au fond, il n’y a jamais rien eu à dire

Lentement, tenant un pan de sa robe pour ne pas trébucher, la jeune femme descendit quelques marches. Il n’y avait pas de grâce précise dans ses gestes, pas de maintien, pas de dignité. Non, juste une rigidité désespérée dans l’attente de la chute. Mais elle ne tomba pas.
A présent, l’Autrichienne était côte à côte de Castiel. Elle avait baissé les yeux, ne regardant que le bout de ses pieds. Ce n’était pas un regard humble, les femmes Autrichiennes ne connaissent rien de ce mot, comme le prouvera Pauline de Metternich… mais bref !
Brusquement, Sophia releva la tête et fronça le nez. L’homme tout près d’elle avait passé de longs jours dans une cellule d’isolement, et son séjour sous la pluie pendant quelques heures n’avait pu effacer l’horrible odeur animale de sueur détrempée qui lui empuantissait autant le corps que les vêtements.
C’était là une odeur brutale, violente, méchante presque… cela effraya la jeune femme. Comment expliquer ? Il lui vint à l’esprit des images de forêts profondes, de werewolf et d’enfants accusateurs. Le peu de couleurs sur son visage, s’évanouit aussitôt.
Ce fut un réflexe : Sophia leva les bras et poussa alors qu’un cri lui déchirait la gorge. Elle entendit bien plus qu’elle ne vit, la chute du corps de l’homme. Il dévala quelques marches dans un bruit sourd. La jeune femme s’appuya contre le mur, haletante. Doucement, lentement, elle se laissa glisser là, au beau milieu des escaliers, pour s’asseoir sur les marches.

Ses yeux impudiques continuaient de fixer Castiel alors même qu’elle semblait pourtant partie ailleurs, dans un rêve à elle, bien à elle et dont on ne pouvait l’enlever. Elle était fatiguée, oh seigneur elle était si fatiguée…
Dormir, brusquement la jeune femme ne voulait plus que ça. Peine perdue, évidemment… Qu’il est triste, ce triste empire : un royaume loin des cieux pour qu’y errent les âmes grises. Ces gens qui n’ont rien à se dire, rien à s’offrir, se croisent sans se toucher et se parlent sans jamais s’aimer. Ca s’accepte, un monde comme ça ? Oui, bien sûr…

Il suffit juste de vouloir vivre un peu.

Un tout petit peu…

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Castiel Aterius
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MessageSujet: Re: Macte, nova virtute, puer, sic itur ad astra ! [Castiel]   Ven 4 Fév 2011 - 17:16

Après s'être présenté, Castiel attendit patiemment la réponse de la jeune femme. Il attendit longtemps cependant qu'elle le fusillait de son regard trop vert, brillant d'une rage et d'une aversion si sincère que le jeune homme en fut ébahi. Il avait l'habitude du dégout dans le regard des autres mais c'était la première fois depuis qu'il était à Middleton qu'un patient le lui adressait.

Ils restèrent ainsi, face à face dans un silence glacial, pendant quelques temps jusqu'à ce qu'elle lève son bras rachitique afin de lui adresser un geste plein de condescendance. Le mouvement était plus que clair, elle voulait qu'il s'en aille. Mais, Castiel était français, plus encore, il était parisien, et avait hérité de l'entêtement légendaire de ce peuple. Il ne bougea pas d'un pouce, se contentant de la regarder alors qu'elle détournait la tête, le corps agité de brusques mouvements, presque comme des spasmes.

Le garçon avait envie de l'aider mais sa précédente réaction l'empêchait de tendre la main, plein de doute, il se mordillait férocement la lèvre. Alors qu'il se décidait à agir, un soupir secoua le corps fragile de la jeune femme avant que ses yeux absinthe ne se posent de nouveau sur lui, le figeant de nouveau. Le regard vide semblèrent de feu sur sa peau et un frisson rampa le long de sa colonne vertébrale.

Encore quelques instants de silence, et elle se leva dans un mouvement étrange, à la fois gauche et élégant. Relevant ses robes, elle s'approcha doucement, tanguant légèrement comme si elle était sur le point de s'effondrer sous son propre poids. Elle se planta devant lui et le dévisagea en fronçant le nez.

Tout d'un coup, la peur assombrit le regard de la jeune femme. Le garçon faillit reculer tant cela fut inattendu, il n'avait jusqu'à présent jamais inspiré la peur. Elle poussa ensuite un cri strident puis leva les bras et le poussa de toutes ses forces, apparemment décuplées par la peur.

Surpris, Castiel, incapable de se retenir, bascula en arrière, s'écroulant sur l'escalier dont il dévala les marches dans un bruit sourd. Arrivé en bas, il s'arrêta. Une vive douleur éclata le long de son épine dorsale et dans sa nuque, lui coupant presque le souffle tandis que des larmes de douleurs remplissaient ses yeux pairs.

Noxus s'échappa de sa poche, sauta sur la rampe de l'escalier près de la jeune femme qui le regardait et se mis à cracher, le poil hérissé et les yeux rouge brillant de colère contre la personne qui avait blessé son maître. Celui-ci se redressa doucement avec un petit « Humpf ! » de douleur tout en se massant délicatement la nuque.

Une fois stable sur ses jambes, il remonta les marches en grimaçant de douleur et s'arrêta en face de la jeune femme qui le fixait, toujours immobile, mais hors de sa portée. Il n'avait, après tout, pas du tout envie de dévaler l'escalier sur le dos. Il tendit la main sur laquelle son rongeur grimpa puis s'attela à calmer le petit corps tremblant à coups de caresses et de gazouillements.

Lorsque l'animal fut calmé et bien en sécurité sur sa tête, Castiel leva de nouveau les yeux sur la femme qui le regardait encore de ses yeux à la fois si brillants et si vides, une trace de peur les hantant encore. Tout doucement, comme s'il approchait un animal blessé, le garçon tendit les mains, paumes ouvertes en signe d'innocence, puis lui offrit un doux sourire.

-Vous, vous, vous allez bien ? Je suis désolé de vous avoir fait peur.

Il baissa les mains et se dandina d'un pied sur l'autre. La douleur lancinante s'estompait peu à peu pour ne laisser place qu'à un engourdissement sourd qui se transformerait certainement en une souffrance intolérable le lendemain. Castiel se dit distraitement qu'il aurait aussi des hématomes gigantesques.

-Mais, ce, ce, ce n'était pas une raison pour me pousser. C'était un peu méchant, et dangereux. En plus, si j'étais mort, vous, vous, vous auriez été en isolement. Et ce n'est pas très drôle là-bas. Et surtout, ça n'en vaut pas la peine, peine, peine.

Le français sentait qu'il se mettait à babiller mais il ne pouvait s'en empêcher, les grands yeux verts qui le dévisageaient toujours commençait à le mettre mal à l'aise.

-Enfin bref, je suis encore désolé de vous avoir, avoir, avoir effrayer et je promet de ne pas vous faire de mal.

Son regard parcourut le corps frêle, presque tremblant à cause de la fatigue ou de la maladie, il n'aurait su le dire.

-Vous devriez vous, vous, vous asseoir, vous n'avez pas l'air bien. Vous risquez de tomber dans les escaliers.

Il gloussa avant de s'arrêter et de rougir en toussant, embarrassé.

-Je suis, suis, suis désolé, ce n'était pas drôle. Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour vous aider ?

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Sophia von Müssel
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MessageSujet: Re: Macte, nova virtute, puer, sic itur ad astra ! [Castiel]   Mer 9 Fév 2011 - 22:47

Sophia avait peur, était terrorisée. La violence de son propre geste la secouait de frissons. Elle ne vit pas Castiel se relever, perdue dans un quelconque cauchemar. Pourquoi avoir fait ça ? Ce n’était pas bien, non… Mais y avait-il quelqu’un pour la punir ? Une voix lui fit lever la tête. C’était le garçon, elle ne l’avait pas tué. Non, bien sûr que non, c’était idiot… Jamais elle n’aurait voulu une telle conséquence évidemment…
Elle sentit son estomac se tordre violemment et crispa les mains. Du calme…du calme ! Le jeune homme parlait, elle ne comprenait pas, elle ne comprenait RIEN !
Alors de grosses larmes commencèrent à rouler sur ses joues sans que rien ne puisse les en empêcher. Pourquoi ça faisait ça ?! Impossible de comprendre, recroquevillée sr sa marche, elle s’aplatit encore plus contre le mur. Alors tout fut comme un flash..

L’Angleterre…

Mais bien sûr pauvre idiote, ce garçon parle anglais tu te rappelles ? Anglais ! Peu à peu, la jeune femme se calma, oui elle comprenait l’anglais, évidemment. Alors oui, elle savait ce qu’il lui avait dit… Sophia resta néanmoins collée au mur et fronça les sourcils. S’asseoir ? Elle l’était déjà. Il y avait un animal bizarre avec Castiel, un animal que l’Autrichienne n’aimait pas. Elle ne dit rien, elle voulait fermer les yeux mais n’osait le faire en présence de cet inconnu qui l’avait tant épouvanté il y a quelques instants.
Il s’approcha d’elle comme on le faisait d’un animal. Aux dernières nouvelles, Sophia pensait encore être un être humain. Elle soupira et tacha de se relever. Le jeune garçon se mit à rire… Avait-il fait une plaisanterie ? Elle n’avait pas entendu…

L’autrichienne sentit soudain comme un grand poids sur ses épaules. Quelque chose qui s’appuyait contre elle, sur elle, qui l’étouffait. Femme ayant l’habitude de porter des corsets, Sophia savait ce que cela signifiait : elle suffoquait et allait sans doute bientôt s’évanouir

Laissez-moi respirer !

Ce n’était pas un ordre mais une supplique désespérée. Elle sentait l’odeur du rongeur, celle du garçon également et cela l’étouffait de même que les grands murs froids des escaliers. Où étaient les rêves de silence et d’oubli ? Ne tombe pas, petite fille, ici il n’y a personne pour te rattraper…

Un gémissement d’animal blessé lui déchira la gorge sans même qu’elle n’en ait conscience. Comme pour éviter quelques coups de la part d’un monstre invisible, la jeune femme leva les bras pour se protéger le visage.
Que fuyait-elle ?

Elle fuyait le feu, elle fuyait le vent, elle fuyait les nuages de la mort et la pluie du souvenir. Elle fuyait l’acidité des larmes refoulées, elle fuyait les appels à l’aide que jamais l’on ne prononçait, elle fuyait tout ça… et tout cela l’étouffait.

Et qui donc appelait ?

Les grands yeux tristes, ils ne regardaient rien. Un regard mort pour une fille qui le serait bientôt… Brusquement la jeune femme laissa échapper un petit rire. Alors se fit la lumière, quelque chose s’éclaira dans l’éclat de son regard. Comme une conscience :« ah oui, je suis en vie… ». A nouveau elle tourna la tête et regarda Castiel comme si elle le voyait pour la première fois.

Il était étrange comme garçon, non ? Sa manière de se tenir lui rappela les jeunes enfants maladroits et patauds. Que lui voulait-il ? Ah oui, de l’aide…
Sophia recula, elle n’avait pas besoin d’aide. Enfin…. Non, pas vrai ? De nouveau l’air perdu, de nouveau l’air hors de tout. Et rien ne semblait pouvoir la rattacher convenablement à la réalité, cette femme malade.

Anxieuse, elle regarda par-dessus son épaule. Pas de petit garçon, ça voulait dire quelle pouvait se détendre ? Les traits tirés, l’Autrichienne regarda Castiel comme si le Français était capable de répondre à cette question.

De quoi as-tu peur, Sophia ? Au fond, tu ne sais pas…

Et les mains qui se tordent, qui se tordent comme des oiseaux blessés, à ce rythme là pauvre fille, tu vas te les arracher.

Lentement, comme un automate, la jeune femme secoua la tête. Triste, perdue dans un vieux chagrin, elle se détourna enfin du Français.

Non monsieur, ne vous inquietez pas pour moi, faites comme si je n’étais pas là je vous prie

Dès que ses jambes seraient assez assurées, elle repartirait. Où ? Aucune idée, là où les ombres la pourchasseront, ici il n’y a que la folie, pas la peine de vouloir lui échapper. Et cette terreur dans les grands yeux, cette mort dans chacun de ses gestes, ce malaise pour ce que tout SOphia était, tout ce qu’elle ne sera jamais…

Que peut-on y faire ?

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Castiel Aterius
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MessageSujet: Re: Macte, nova virtute, puer, sic itur ad astra ! [Castiel]   Dim 20 Mar 2011 - 18:28

Après que le jeune femme se soit mise à suffoquer, Castiel s'était reculé sur son ordre, ne désirant pas la bouleverser plus qu'elle ne l'était déjà, et regardait à présent les ombres dansantes du couloir. Le profond silence qui suivit fut interrompu par le gémissement qu'elle laissa échapper et qui fit sursauter le jeune homme. L'attention de celui-ci revint immédiatement sur la lady.

Celle-ci se protégeait le visage comme pour épargner son visage en proie au supplice d'une multitude de griffures invisibles. Le garçon se garda bien d'approcher et resta simplement à sa place, attendant qu'elle se calme d'elle-même. D'ailleurs, quelques instants plus tard, elle ria puis tourna la tête vers Castiel avant de le regarder intensément, dans l'expectative.

Il fut surpris quand elle se recula puis regarda par dessus son épaule. Comme si quelqu'un venait de l'interpeler et qu'elle répondait machinalement à l'appel. Le garçon suivit son regard mais ne vit que ténèbres. Elle reporta ensuite son regard sur le français avant de secouer la tête, le visage soudain triste, si triste.

Non monsieur, ne vous inquiétez pas pour moi, faites comme si je n’étais pas là je vous prie.

Castiel se retrouva alors face à un dilemme. La bienséance, et le plus simple sens commun, voulait qu'il obéisse à son ordre. Après tout c'était une lady et elle était visiblement son ainé de plusieurs années. Elle avait aussi faillit le tuer ce qui aurait amener toute personne normale à se méfier de son air chétif.

Mais, non seulement il n'était pas normal, mais il était aussi compatissant de nature et voir une demoiselle dans un tel état de détresse l'empêchait de simplement tourner les talons et de s'en laver les mains. Et si elle mourrait là, dans les escaliers, toute seule, comment pourrait-il encore vivre avec lui même en sachant qu'il était là et qu'il aurait pu l'aider ?

Aussi, il ne l'écouta pas et s'assit simplement sur la marche sur laquelle il se tenait avant de se tourner vers la jeune femme.

-Je ne peux pas vous laissez toute, toute, toute seule ici. Vous n'avez pas l'air très bien portante.

Et en effet, elle était très pâle et tremblait encore plus fort qu'avant. Elle ne cessait aussi de jeter des regards furtifs par-dessus son épaule. Que lui arrivait-il ?

-Voulez-vous, vous, vous que j'appelle quelqu'un, un médecin ou une infirmière ? Je peux aussi vous conduire jusqu'à votre, votre, votre chambre.

Lorsqu'un frisson plus puissant que les autres traversa le corps frêle de la lady, Castiel regarda autour de lui. Il cherchait quelque chose, n'importe quoi, qui aurait pu la réchauffer. Elle avait l'air transie. Soudain, son regard s'illumina tandis qu'une idée traversait son esprit.

-Attendez ici, ici, ici, ne bougez pas. Je reviens dans un instant.

Il se leva et descendit les marches à toute vitesse avant de tourner vers la gauche, prenant la direction de la salle de séjour. Une fois dans la pièce faiblement éclairée et réchauffée par un feu de cheminée ronflant, le garçon se précipita vers la méridienne tendue de velours pourpre et saisit le plaid en cachemire qui en recouvrait le dossier. Avant de s'en aller, il jeta les restes de biscuits détrempés, présents dans sa poche, au feu et se saisit d'un plateau contenant un service à thé complet et des mignardises. Une des maids l'avait surement déposer là pour quelqu'un d'autre mais Castiel n'en avait que faire. La demoiselle avait vraiment besoin de se réchauffer.

Une fois cela fait, il revint à courant dans le hall où il retrouva Sophia, dans la même position qu'avant, le regard perdu dans le vague. Lorsqu'il fut arrivé au pied de l'escalier, il ralentit et grimpa doucement les marches afin d'éviter d'effrayer encore plus la jeune femme. Il revint à la place qu'il avait laisser et s'agenouilla sur la marche puis déposa le plateau à ses côtés.

Enfin, avec des gestes délicats et pleins de douceur, il drapa le plaid sur les faméliques épaules de la lady puis déposa quelques biscuits sur ses genoux. Une fois cela fait, il se recula et lui offrit un doux sourire avant de commencer à servir le thé.

-Voilà. Il fait plutôt glacial dans les couloirs et il y a également de nombreux courants d'air. Je ne peux décemment laisser une lady prendre froid, froid, froid. De plus, il est presque l'heure du thé et il n'y a que nous deux. Il est bien, bien, bien plus agréable de partager ce moment que de le vivre chacun de notre côté, perdus dans nos pensées moroses, ne trouvez-vous pas ?

Il gloussa avant de s'en retourner à son service en chantonnant doucement en français.

-Comment prendriez-vous votre thé mademoiselle ? Je ne souhaiterais pas faire quelque chose qui vous déplairait.

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Sophia von Müssel
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MessageSujet: Re: Macte, nova virtute, puer, sic itur ad astra ! [Castiel]   Lun 21 Mar 2011 - 16:05

Il y en a qui ont des éclats de rire dans les yeux, pas Sophia. Elle avait juste des bouts de douleurs, une souffrance minuscule mais infinie, un pincement qui ne veut pas s’arrêter et lui pourrit le sang, lui pourrit la vie. Une envie de pleurer qui passe pas, qui attend juste, se repose parfois et puis l’étouffe à nouveau. Il n’y a rien à faire contre ça, et l’on a mal même lorsque l’on rêve, parce que ça veut pas s’arrêter. Les mots du jeune garçon lui brûlaient la peau. Pas très bien portante ? Elle voulait rire, elle voulait hurler… Comment ça s’explique, que l’on est en train de mourir ? Comme un soleil brûlant, un loup affamé, un poison violent… Ca coule dans ses veines, ça se glisse dans ses poumons et ça voile ses rêves. Il n’y a plus rien. Elle avait froid, oui, elle tremblait… mais et alors ? Sophia leva les mains : de la peau, des venes, il n’y a rien de mieux pour vomir.
Castiel lui parlait, elle se fit violence pour l’écouter mais secoua la tête encore une fois. Bien sûr que si,il pouvait la laisser là, l’Autrichienne ne demandait pas de compassion. Pas encore… Il y a des malades bien plus intéressants, qu’il aille vers ceux là et la laisse seule.
Lorsque l’on naît, onest seul, lorsqu’on meurt, c’est toujours seul également. Pourquoi est-ce qu’on recherche la compagnie alors ? Sophia connaît la chaleur humaine, elle connaît les voix qui apaisent, les voix qui grondent aussi, les rires des amies, les larmes des disputes, les silences des colères. Tout cela lui manque, ça n’existe pas ici. Ici, rien n’est normal, elle n’aime pas ça …

Je n’ai besoin de personne, ni médecin, ni infirmière… Vous pouvez partir, je vous l’ai dit.

La conduire à sa chambre ? Elle fronça les sourcils, le nez aussi. Il se prenait pour un domestique ? Bah, au fond peut-être qu’il ne valait pas mieux… Et Castiel parlait, il parlait… Ca y est, elle n’écoutait plus. Ses pensées s’envolaient vers d’autres nuages de tristesse. Lorsque le garçon partit, elle ne le remarqua même pas. L’Autrichienne ne bougeait pas, il y avait trop de poids pour l’écraser, trop de murs pour la dévorer. Lentement, elle ramena ses genoux contre elle et les serra dans une illusion d’étreinte. Ca n’apportait rien : aucun réconfort, aucune chaleur, mais elle le faisait malgré tout. Parce que c’est ce que font les gens tristes, les gens pas bien, que c’est une manière de le montrer, autre que les mots que l’on ne croit pas. Une manière de se faire oublier aussi. Qui veut s’occuper d’une personne roulée en boule, hein ?

Le temps perdit quelques secondes, quelques minutes mais aucune heure. Sophia n’arrivait pas à rêver, elle se contentait de fixer le mur devant elle sans parvenir à trouver de quoi égayer ses pensées. La seule chose qui parcourait son imagination fut des flammes. Un grand feu pour dévorer cet escalier, un feu qui brûlait, qui brûlait et elle, elle qui montait… Mais aussi vrai qu’il n’y avait pas de chaleur, il n’y avait pas de flamme. Juste une gangue poisseuse et putride qui s’appelait la vie.

Brusquement, Castiel réapparut. La jeune femme le regarda, il tenait un plateau entre ses mains, un plateau à thé. Un thé dans les escaliers ? Voilà qui était incongru. Sophia préférait cela dans un jardin, avec juste assez de soleil pour ne pas avoir froid et de la lumière, beaucoup de lumière… Ici il n’y jamais rien de tout cela, et ce n’était pas de sa faute, n’est-ce pas, si ces choses étaient cachées ?
Que lui mettait-il autour des épaules, un linceul ? Non, juste une couverture. Le froid cessa un peu de la faire trembler, mais pas la peur. Le seul réconfort que l’on avait dans ce… ce mouroir, il venait de là : la chaleur des tissus plutôt que celle des hommes.

De nouveau ce sourire fou, tordu, sur son visage. Comme une déchirure pour ne rien dire, là où seul le silence devrait se faire. Elle n’aimait pas ça, elle n’aimait pas ça… Elle n’aimait pas l’odeur du thé, le poids des gâteaux déposés sur ses genoux, la demie obscurité du couloir et des escaliers.

Les questions du jeune garçon, était-elle obligée d’y répondre ? On partage des moments avec des gens que l’on aime, pas avec des inconnus. Seulement, peut-être que plus personne ne l’aimait, elle, la pauvre folle… Alors oui il ne restait que la compagnie des fous. Sophia croqua dans un gâteau pour ne pas se laisser le temps de pleurer. Elle n’était pas forte, elle n’était pas digne, elle n’était rien…Le goût sucré la surprit, elle ne s’y attendait plus, elle ne s’en souvenait plus.
Ca fait mal, l’oubli ?

Du sucre, beaucoup de sucre s’il vous plait…

Il fallait bien cela pour que passe le goût salé des larmes. Elles dévalaient sur ses joues, silencieuses. Quand donc se tariront-elles toutes ? La jeune femme se sentait lasse du moindre de ses chagrins, mais en ce monde sans lumière elle ne savait pas comment se relever.
Pauvre idiote…

Elle voulut sourire mais n’y réussit pas. Pas d’importance, juste le silence… Le silence et le bruit d’un tocsin dans sa tête. On chante les mots, les morts que l’on ne connaît pas. Un peu de fièvre dans les yeux verts et beaucoup trop de tristesse. Ca ne sert à rien d’être triste pourtant, mais c’est un paysage qui reste dans son regard : celui des rêves déchiquetés dont on ne parvient même plus à se souvenir.

Et le tocsin qui sonne encore et encore…

Sa main ne tremble pas tandis qu’elle prend la tasse de thé que l’on lui tend. Ses yeux ne pleurent plus, mais d’autres larmes attendent encore de déchirer ses joues, Sophia ne se fait pas d’illusion.
Le thé a un goût de sucre et de larmes, la jeune femme le but jusqu’à la dernière goutte. Quant au jeune garçon, il chantait…

De toute manière, tout me déplait ici : le bruit, le froid, les gens, la folie… Il n’y a rien qui plaise. Ces gens qui me parlent, ils me donnent envie de vomir, parfois je ne les comprends même pas. Peut-être parce que je suis folle moi aussi… Je veux juste le silence et le bruit, je veux la vie et le mouvement mais tout est mort, absolument tout. Bah…pourquoi est-ce que je vous parle de ça ? Vous ne pouvez pas comprendre, vous ne voyez pas le petit garçon et vous ne pouvez entendre le tocsin.

La boisson avait ramené un peu de couleur sur ses joues, Sophia revint un instant parmi le monde des vivants. Elle eut un léger rire rauque et secoua la tête comme pour nier quelques pensées.

Je porte ma douleur, de temps en temps je la lâche parce que c’est trop lourd… et je suis trop faible pour la ramasser. Ce poids là, il n’y a jamais personne pour nous aider à le transporter, alors il faut juste attendre de reprendre ses esprits. On attend dans le désespoir le plus noir de retrouver quelques forces et puis on s’en saisit à nouveau, de cette douleur. Et on la porte jusqu’à trébucher encore une fois, c’est comme ça … La pitié et la compassion ne rendent pas le tout moins lourd. Personne ne vous a appris cela ?

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Castiel Aterius
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MessageSujet: Re: Macte, nova virtute, puer, sic itur ad astra ! [Castiel]   Lun 25 Juin 2012 - 0:22

Castiel voyait les larmes silencieuses qui roulaient le long de la joue pâle et maladive de la jeune femme. Il se demandait ce qui pouvait causer cette peine mais ne dit rien. Il ne l'avait déjà que trop importunée et la dernière chose qu'il souhaitait était de troubler le calme relatif dans lequel elle était tombé. Le jeune garçon se concentra sur le thé, soucieux de respecter à la lettre le rituel si prisé par les habitants d'Albion. C'était une des premières choses qu'il avait appris lorsqu'il était arrivé au Middleton Asylum il y avait un an de cela, passant ses journées seul, perdu dans ses pensées morbides emplies de larmes et d'amertume. La seule chose qui le déridait alors était l'échappatoire que lui offrait les cuisines, où il passait des heures à regarder le personnel s'agiter, si proche et pour tant si loin des patients de cet endroit sordide.

Avec les gestes gracieux d'une camériste, il déposa les feuilles de thé dans la jolie tasse de porcelaine puis y versa l'eau bouillante, regardant avec une fascination toute enfantine les volutes parfumées qui s'élevait doucement dans les airs. Il laissa infuser avant d'ajouter quatre cuillères à soupe de sucre. Castiel remua le liquide puis tandis la tasse et sa soucoupe à sa compagne dont les larmes s'étaient taries.

Alors qu'elle portait le liquide brûlant à ses lèvres, lui-même, tout en chantonnant, se plongea dans la préparation de la sienne, perdu dans ses pensées. La plupart d'entre elles tournaient autour de la jeune femme aux yeux trop verts mais il faisait de son mieux pour les ignorer, sachant qu'il risquait de se mettre à babiller à tout instant s'il ne prenait pas garde. A la place, il songea à son maître. Il n'y avait pas une heure dans la journée pendant laquelle le Prince du Martyr et du Sommeil ne le hantait pas. Castiel se demandait surtout s'Il avait trouvé d'autres partenaires de jeu et espérait de tout son cœur que ce ne soit pas le cas. Que ferait-il si …

De toute manière, tout me déplait ici : le bruit, le froid, les gens, la folie… Il n’y a rien qui plaise. Ces gens qui me parlent, ils me donnent envie de vomir, parfois je ne les comprends même pas. Peut-être parce que je suis folle moi aussi… Je veux juste le silence et le bruit, je veux la vie et le mouvement mais tout est mort, absolument tout. Bah…pourquoi est-ce que je vous parle de ça ? Vous ne pouvez pas comprendre, vous ne voyez pas le petit garçon et vous ne pouvez entendre le tocsin.

La voix rauque mais néanmoins clair qui brisa le silence le fit sursauter légèrement alors qu'il reportait son attention sur la jeune femme. Elle avait meilleure mine à présent, surement l'action combinée du thé et de la couverture qui drapait ses épaules maigres, et son regard avait un peu perdu de cette brume qui le voilait auparavant. Mais la tristesse qui l'enveloppait comme un manteau n'en semblait que plus grande encore. Il n'eut pas le temps de répondre que déjà elle reprenait la parole.

Je porte ma douleur, de temps en temps je la lâche parce que c’est trop lourd… et je suis trop faible pour la ramasser. Ce poids là, il n’y a jamais personne pour nous aider à le transporter, alors il faut juste attendre de reprendre ses esprits. On attend dans le désespoir le plus noir de retrouver quelques forces et puis on s’en saisit à nouveau, de cette douleur. Et on la porte jusqu’à trébucher encore une fois, c’est comme ça … La pitié et la compassion ne rendent pas le tout moins lourd. Personne ne vous a appris cela ?

Non, personne ne li avait appris cela. Personne, à part Madame, ne lui avait jamais rien appris. Il avait passé la majorité de sa courte vie seul avec sa douleur et son désespoir et il comprenait ce qu'elle disait. Mais il avait fait une fois l'erreur de s'oublier et il était ici à présent. Bien sur, Castiel aimait Middleton, il avait appris à aimer le manoir et ses habitants. Mais ce n'était pas le cas pour tout le monde, surtout les nouveaux venus.

-Non, non, non. On ne m'a pas appris cela et je ne vois pas, pas, pas le petit garçon comme je n'entends pas le tocsin. Mais je comprends quand même, même, même. La douleur est toujours là, toujours, et j'en porte la marque sur mon corps, corps, corps. Mais parfois, quand elle me fait trébucher, je ne la ramasse pas tout de suite. Lorsque le fardeau est, est, est trop lourd je m'en défais pour un temps, et je respire mieux. Il ne faut juste, juste, juste pas oublier de la reprendre. Je ne vois pas le garçon et je n'entends pas le tocsin mais parfois je, je, je peux entendre la petite fille qui pleure. Elle rit même parfois. Mais je ne la vois jamais.

Il en était triste d'ailleurs, il voulait la voir et lui parler. Peut-être saurait-il alors la cause de ses sanglots ? Castiel aurait adorer avoir un nouveau compagnon de jeu. Il avait Cory, qui le suivait toujours, tout le temps, mais Cory n'était pas drôle et était beaucoup trop sérieux. Il savait aussi que la petite fille n'était pas la seule à hanter les couloirs car beaucoup de patients les voyait, tous différents les uns des autres.

-On voit, voit, voit tous des gens dans les couloirs, des gens qui ne sont pas là, et parfois on entend aussi des bruits qui n'existent pas. Nous sommes fous, fous, fous après tout. Cependant, tout n'est pas mort ici, ici, ici. Au début, je le pensais aussi mais il suffit d'accepter son sort et après on fait des rencontres fascinantes. Et contrairement à ce que vous, vous, vous dites Milady, la compassion aide à soulager la peine. Pas toujours mais parfois.

Le jeune français ne savait pas si son discours avait été très clair et il espérait l'avoir un peu aidé même s'il en doutait. Certaines personnes ne se faisaient jamais à la vie à l'asile et finissaient en général par se tuer. Castiel était toujours triste quand cela arrivait tout en se disant qu'ils l'avaient mérité. C'était de leur faute après tout s'ils refusaient de s'adapter. Il se mit à se balancer doucement d'avant en arrière tout en caressant son chinchilla attendant que sa compagne d'infortune réagisse et espérant qu'elle ne lui ferait pas plus de mal.

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Sophia von Müssel
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MessageSujet: Re: Macte, nova virtute, puer, sic itur ad astra ! [Castiel]   Lun 25 Juin 2012 - 14:14

Et que faire lorsque le fardeau était trop lourd pour être repris ? La jeune femme esquissa une grimace, le visage soudain bien dur et cruel. Des donneurs de leçon, il y en avait donc même à l’asile ? Bien sûr, Sophia avait une connaissance bien peu profonde de la douleur et de la vie, ne pouvant se baser que sur sa propre expérience. Une expérience malgré tout bien dure qui avait laissé ses marques et son injustice : elle allait mourir. Elle allait mourir ici, enfermée comme un oiseau en cage et il n’y avait désormais plus de ciel bleu pour la faire chanter La vie avait été pour elle aussi obscure que les mots d’un livre sans image, elle l’avait vécu de l’extérieur, sans immersion aucune et s’éteindrait ainsi, comme un lecteur s’endors, privé de mots et d’envie.

Hm, peut être que si j’étais aussi idiote que vous, tout ne me paraîtrait pas si obscur ?

C’était méchant, mesquin. Elle n’aurait pas du dire cela, mais l’idée que quelqu’un puisse avoir pour elle pitié et compassion, la terrifiait. Alors Sophia répondait ainsi, par la méchanceté, par l’agressivité. La jeune femme parlait à trop peu de personnes dans l’asile pour espérer avoir une conversation correcte. Ne restait rien d’autre que le silence, l’ennui. Elle tourna la tête, perdue dans ses propres rêves, les yeux vagues, tristes et les lèvres plissées trop dédaigneusement peut être.
Elle était là, malade, entourée de ténèbres sans nom, petite fille au bout du chemin qui s’était égaré depuis longtemps, bien trop longtemps. Et puis brusquement il y eut en son regard comme le fantôme de la femme qu’elle aurait pu être : vivante, en bonne santé, peut être pas la plus belle, mais heureuse, bien plus heureuse, sans ombre ni fantôme. Son destin était tout autre, elle ne pouvait le combattre. Et les ténèbres ne portaient d’autre nom que le sien, écrit en lettres de colères et d’orgueil.

Il y a des démons et des diables tout autour de nous alors pourquoi perdre notre temps avec de la compassion ? Damnés, nous le sommes c’est une évidence, alors contentons nous de vivre le peu qu’il nous reste sans vouloir être hypocrite. Parce que, la compassion, ce n’est rien d’autre que ça : de l’hypocrisie.

Elle avait été une petite fille avant, il y a longtemps, et puis il y avait eu toutes ces choses pour la faire grandir, pour la faire tomber. La mort, Sophia avait appris à la connaître : cette mort sournoise, qui n’attend pas, qui ne préviens pas. Elle lui appartiendrait bientôt après tout, cadavre pourrissant, sans intérêt et sans personne pour se souvenir d’elle Cette simple constatation semblait l’anesthésier, elle ne voulait pas….

La jeune femme repensa alors à l’inconnu croisé dans un couloir. Un « simple passant », trop calme cependant pour être honnête. Il s’était montré cruel, proposant de l’emmener dans quelques royaume, elle la jeune fille sans importance. Partir loin d’ici, bien sûr que ce serait merveilleux, merveilleux et impossible. Parce que dans le cimetière, une tombe l’attendait et que les promesses ne devaient être accepté. Il fallait se résigner, mourir, fermer les yeux et oublier. Le ciel pouvait être bleu, au dessus des nuages, il n’en restait pas moins aveugle. Le sourire de Sophia chercha à s’adoucir, elle pouvait être aimable, agréable.

Ne vous occupez pas de compassion, vous n’êtes même pas sûr que les autres la méritent. Il y a d’autres choses à faire, à voir, tellement d’autres… Nous sommes fous et nos moments de lucidité, il faut apprendre à les chérir, non les regretter. Il n’y a pas à les gaspiller par quelques preuves de pitié.

Sa main se leva alors, pâle, hésitante, et effleura du bout des doigts le front de Castiel. SI le garçon étai pâle, Sophia, elle, était fantomatique, l’âme déjà attachée à un monde lointain qui n’était pas le sien. Un monde dont rien ni personne ne pourrai la sauver et sa situation ne pourrait être pire, pas vrai ? Tout d’un coup, elle se demanda ce que ce serait, de tuer quelqu’un. De tuer cet adolescent… La punirait-on ? Morte, elle le serait bientôt et nulle punition ne pourrait ^tre pire que l’enfermement qu’elle connaissait déjà. A dire vrai, le seul châtiment capable de la faire trembler serait l’espoir. Sans espoir, on sait ce qui peut arriver et plus rien ne nous fait peur tellement les évènements nous semble inéluctable. Avec l’espoir on crie, on pleure, on hurle et on chute.
Cela n’était pas bon, cela n’était pas bien…

Arrivez ici et laissez toute espérance…

Voilà qu’elle divaguait à nouveau, voilà qu’elle riait, pourtant fort lucide. Ils étaient en un lieu où l’amitié de même que le réconfort, ne pouvait se trouver. Pourquoi vouloir plus, pourquoi espérer un semblant d’humanité avec ces sentiments que l’on ose exprimer ? Cela ne mène à rien, cela ne mène jamais à rien…


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