Mad Asylum
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Enfin, pas vraiment : vrai phénix, il s'est dépêtré de ses cendres et a fini par renaître quelque part, faisant peau neuve, URL neuve.

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 Une nuit, une rencontre... [PV: Gabrielle]

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MessageSujet: Une nuit, une rencontre... [PV: Gabrielle]   Sam 6 Nov 2010 - 12:01

    Cela faisait maintenant plusieurs jours qu'Eliot vivait au Middleton. Il prenait doucement ses marques et découvrait jours après jours une nouvelle particularité du lieu. Il fallait avouer que l'asile était étrange et la vie en son sein était complètement différente de l'idée que le jeune homme s'en était faite. Lui pensait trouver un lieu sombre, une atmosphère lourde, des couloirs inondés de cris et de gémissements... Mais au final, la vie ici n'était pas des plus désagréables, les repas étaient simples et suffisants, on avait accès à une bibliothèque et à un jardin tout à fait charmant. Pas de fous dangereux en camisoles, pas de murs aspergés de sang, pas de salles de tortures pour des médecins fous, il en était venu à se demander s'il ne s'était pas trompé d'établissement. Mais sa dernière rencontre avec un patient un peu violent lui avait remis les idées en place. Rien de bien méchant, évidemment, mais il avait maintenant un charmant bleu qui lui décorait la joue droite. Mais les patients semblaient relativement libre, par exemple, contrairement à ce qu'Eliot avait pensé, les chambres n'étaient verrouillées que tard dans la nuit, à l'heure d'un couvre-feu, dont il n'avait pas encore déterminé l'heure exact. Son appréhension avait presque disparu, il réussissait à oublier la peur d'être découvert et se plaisait à s'asseoir sous un arbre lors des belles journées ensoleillées. Il se sentait bien et l'inquiétude qu'il s'était faite pour Liam s'estompait petit à petit. S'il avait vraiment atterri ici, alors sans doute l'avait-on bien traité. À moins que ce soit lui qui soit bien tombé... Appuyé contre la fenêtre du rez-de-chaussée, il jeta un dernier coup d'œil au soleil qui partait se coucher. Il était temps pour lui de faire de même.

    Remontant tranquillement jusqu'à sa chambre et il se lança dans son rituel habituel. Cela faisait un an que chaque soir, il faisait les mêmes gestes, qu'il vérifiait les mêmes choses et ce n'était pas parce qu'il était loin de chez lui que cela allait changer. Bloquant sa porte avec une chaise, il remplit la bassine d'eau chaude qui lui servait à sa toilette et commença à se déshabiller. C'était le « checkup » journalier. Posant sa veste et sa chemise sur son lit, il attrapa une éponge qu'il plongea dans l'eau chaude de la bassine et commença à la passer sur son corps abîmé. D'abord le bras droit, toujours le bras droit en premier. Instinctivement, il compta les traces qui décoraient sa chaire pâle. Dix-huit, deux de plus qu'hier, c'était loin d'être encourageant. Eliot soupira et continua son petit manège, rien de nouveau sur le bras gauche, un nouveau sur le torse. Il releva la tête, se regarde dans le miroir. Le spectacle n'était pas très ragoûtant, mais aussi étrange que cela puisse paraître le jeune homme avait besoin de savoir comment allait son corps. Cela ressemblait plutôt à une torture personnelle, mais les rares jours où sa peau comptait moins de bleus en fin de journée qu'au début, représentaient de véritables victoires pour le garçon. Arf... Et ce gros bleu sur la joue, il allait lui falloir au moins deux semaines avant qu'il parte ! Sans oublier qu'il allait passer par toutes les couleurs, jeune, vert, bleu, noir... Dommage que le froid ne se soit pas encore installé sur Londres, il aurait pu cacher cela avec une bonne grosse écharpe en laine. Il resta ainsi plusieurs minutes, regardant ce garçon aux longs cheveux blonds et au visage malingre marqué par la maladie. Les épaules tombantes, le regard éteint, avec une tête pareille on pouvait se demander comment il était possible qu'il soit encore en vie. Il essaya de sourire, mais le spectacle n'en était que plus pitoyable.

    Un soupire et Eliot se détourna de son reflet. Pas besoin de remuer le couteau dans la plaie. Il était faible, ridiculement faible et il le savait bien. Il attrapa ses vêtements qu'il renfila en vitesse avant de les boutonner sans prendre garde à leur ordre. Le troisième se retrouva uni au second bouleversant ainsi l'ordre principalement établi. Il vida la bassine et s'en alla s'asseoir sur son lit, le regard plongé sur ses doigts indélicats aux articulations rougies. Ses gants posés sur l'armature en bois du sommier semblaient l'appeler. Il aurait aimé pouvoir résister, admettre enfin qu'il n'y pouvait rien, que son corps était malade et que cela n'avait rien à voir avec lui, mais ce ne fut pas le cas. Un nouveau coup d'oeil sur ses mains et il se leva, enfilant rapidement les deux gants blanc pour cacher cette chaire disgracieuse. Il avait emprunté un livre à la bibliothèque, un bouquin sur les maladies mentales. Il espérait trouver celle qui correspondait aux symptômes de son frère, mais étrangement il hésita à l'ouvrir et à se plonger dans ses lignes. Et si Liam n'avait aucune chance, si sa seule échappatoire était la mort, comment pourrait-il l'aider ? Comment pourrait-il faire quoi que ce soit, lui simple être humain sans grandeur et sans force. Fixant la couverture de cuire de l'ouvrage, il ne trouva pas la force de l'explorer. Encore une fois il était faible, incapable de tourner des pages de peur de tomber sur une horrible vérité. Déposant le livre dans son meuble de chevet aux angles protégés par de la mousse, il laissa échapper un soupir honteux et murmura :

    « Serais-je un jour capable de t'aider comme tu l'as fait avec moi ? »

    Un étrange bruit le fit alors sursauter, il ne parvenait pas à savoir d'où il venait, mais il avait l'horrible impression que c'était proche de lui. Refermant brutalement le tiroir de la commode, il attrapa la première arme qui lui passa sous la main et se recula jusqu'au mur. Et si c'était un patient hors de contrôle, s'il arrivait dans sa chambre, s'il essayait de le tuer ! Non ! Hors de question ! Cette fois-ci ne se ferait pas avoir. Tué ou être tué, il prendrait la première option. Et c'est donc adossé contre le mur de sa cellule, le cœur battant, les yeux allant de la porte jusqu'à la fenêtre verrouillée et armé d'une pantoufle qu'Eliot attendait, certain que les ennuis n'allaient pas tarder.
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Gabrielle Lindemann
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MessageSujet: Re: Une nuit, une rencontre... [PV: Gabrielle]   Sam 13 Nov 2010 - 21:25

Depuis combien de temps était-elle au Middleton Asylum ? Combien de patients avait-elle soigné jusque là ? Gabrielle ne s’était jamais posé la question et avait encore moins perdu son temps à compter. Cet asile… Elle le trouvait charmant. Il y avait un côté étrange dans ce lieu qui la fascinait vraiment. Et dire que les autorités voire même parfois des familles leur envoyaient encore des malades. C’est presque comme s’ils ne se doutaient vraiment pas qu’ils les envoyaient dans le pire des lieux ! Mais non c’est vrai, l’asile est un lieu comme un autre. Pas d’employés fous ? Si on veut… Mais qui sait ? Peut être que si au fond… Pas de bruits étranges, ni de salles dont les murs sont couverts de sang ? Cela dépendait de la salle où on allait, et Gaby savait très bien dans quel état avaient fini les murs de sa chambre. C’est aussi en partie pour cette raison qu’elle n’autorisait presque personne d’y mettre les pieds et plus particulièrement les patients. Elle préférait garder pour elle l’aspect de sa chambre. Surtout que l’on ne pouvait pas trop savoir quel sera le comportement d’un patient ici. En un rien de temps, il pourrait devenir très violent ! Et donc voir sa chambre totalement détruite ne l’enchantait guère.

Gaby était encore dans sa chambre lorsque les rayons du soleil commencèrent à descendre. Enfin. Enfin, la journée allait pouvoir commencer. Elle quitta son lit, ouvrit en grand les rideaux, et commença à faire sa toilette. Puis, elle s’habilla de manière simple : une jupe à volant lui retombant au dessus des genoux, un corset, et des chaussures à talons le tout de la même couleur, le noir. Elle s’occupa ensuite de ses cheveux. Une fois coiffée et habillée elle sortit de sa chambre et entrepris d’aller se balader un peu pour profiter de la nouvelle nuit qui s’annonçait. Un tour des cellules ? Hum… Pourquoi pas après tout ? Cela faisait relativement longtemps qu’elle n’avait pas rendu visite à ses patients. Elle alla donc au premier étage. Là elle remarqua quelque chose de nouveau : des employés étaient là à discuter sur un nouveau cas nouvellement arrivé au l’asile depuis plusieurs jours. Elle s’approcha d’eux et s’enquit du cas en question. Curieuse comme elle était elle voulait savoir qui était le nouveau venu. Elle trouvait même inadmissible qu’on n’ait même pas prit la peine de la prévenir. Elle prit donc le dossier sur le sujet et commença à le lire. Oh ! Intéressant ! Voilà qui lui donna encore plus envie d’aller voir le patient en question. Cette petite visite allait peut-être égayer sa journée nocturne, en plus elle était d’humeur joueuse.

Elle traversa donc le couloir des patients, le son de ses talons étouffés par le tapis qui recouvrait le sol. Arrivée devant la porte de la chambre du nouveau, elle tendit l’oreille. Tiens donc ! il faisait sa toilette dans sa chambre ! Huhu. La salle de bain commune lui faisait peur ? Il est vrai que l’on pouvait y rencontrer n’importe qui dans cette salle. Mais ce petit détail lui indiqua que le petit nouveau devait être un grand timide. En même temps sur le rapport elle avait lu des choses qui pouvait indiquer le contraire, mais au fond elle ne l’avait que survolé. Comment prévenir de sa présence ? Frapper doucement à la porte ? Non. Cela n’aurait pas été si amusant. Fufu. Elle se mit dos à la porte et commença à gratter le bois de ses ongles. Un bruit horrifiant devait donc se faire entendre de l’autre coté. Huhu. Rien que l’image de la tête du petit nouveau marquée par l’angoisse la fit sourire. Elle grattait ainsi le bois par intermittence. De l’autre côté, elle pouvait sentir la panique. C’était si amusant ! Elle continua son petit manège pendant un temps. Elle ne l’entendais pas bouger. Coincé par l’angoisse ? Peureux ? Il avait un peu raison d’avoir peur, avec Gabrielle, on n’était jamais sur de rien.

Comme pour ne pas arranger les choses, Gabrielle hésita à ouvrir la porte simplement et faire son apparition, mais elle préféra s’arranger pour ouvrir la porte et ne pas apparaitre aux yeux du nouveau sur le seuil de la porte. Donner l’impression qu’un simple courant d’air avait pu ouvrir cette porte et que les grincements avaient du n’être que le fruit de son imagination. Après ça ? Où était Gabrielle ? Allez le savoir… Etant d’humeur très joueuse, elle pouvait disparaitre et réapparaitre à un autre endroit en un rien de temps, tel un fantôme. Tester le petit nouveau, voilà ce qui l’amusait autant. Elle voulait percer ses faiblesses elle-même. Les lire dans le rapport ne l’intéressait guère ! par contre les découvrir c’était plus intéressant.

Elle réapparaîtra un moment ou un autre. Où ? Sans doute juste derrière le nouveau… Ou totalement ailleurs. Qui sait ?
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MessageSujet: Re: Une nuit, une rencontre... [PV: Gabrielle]   Lun 15 Nov 2010 - 17:25

    Eliot n'était pas d'un ordinaire peureux, il n'hésitait pas à faire valoir son opinion ou à hausser la voix quand quelque chose n'allait pas. Bien entendu il avait quelques craintes, comme tous les êtres humains, mais il s'était entraîné à les cacher et désormais c'était la prudence plus que la peur qui l'incitait à se mettre en garde. Car voyez vous, la plus grande peur d'Eliot s'était lui même. Son corps et sa faiblesse l'inquiétaient à tel point qu'il craignait de ne pas passer la trentaine, certain de mourir jeune dans une chute imprévue. Son angoisse s'était accrue avec son arrivé à l'asile. Même si l'endroit ne semblait pas violent, il ne devait pas oublier que ses habitants n'était pas tous des saints, la preuve avec sa dernière rencontre qui l'a légèrement secouée. Oui, prudent convenait mieux à Eliot que peureux. Disons simplement qu'il économisait sa vie. D'autant plus qu'avant de trépasser il comptait retrouver son frère ! Et il ne pouvait donc pas se permettre de négliger sa santé comme pourrait le faire certain. Et sa santé, il en prenait grand soin ! Mis à part cette prudence extravagante, Eliot s’était instauré une hygiène de vie irréprochable. Toilette le matin, toilette le soir, des repas correctement dosés, un apport de sucre surveillé, une chambre propre et ordonnée, c’était une façon pour lui de se rassurer. Ne comprenant pas sa maladie, il espérait que son mode de vie l’aiderait à survivre le plus longtemps possible.

    Aussi, lorsqu'il entendit l'étrange grincement qui venait de la porte, il se prépara instinctivement au combat. Du moins, il essaya, car ce n'était pas armé d'une pantoufle qu'il réussirait à mettre en fuite son possible agresseur. Mais cela restait un détail et Eliot ne s'en était pas encore aperçu. Les grattements sinistres se faisaient par intermittence irrégulière, le son donnant la chair de poule au jeune homme qui tentait de s'enfoncer un peu plus dans le mur. Il ne quitta pas l’entrée de sa chambre des yeux, serrant les dents à chaque fois que le grincement se manifestait. Il lui semblait que quelqu'un s'amusait à l'effrayer, aussi hésita-t-il à aller lui même ouvrir la porte pour surprendre son tortionnaire. Cela aurait été un bon moyen de faire savoir qu’il n’était pas un froussard, mais craignant de se retrouver face à plus fort que lui, Eliot ne bougea pas. Attendant patiemment la suite des événements sans baisser sa garde. Les secondes passèrent, et le bruit finit par s’estomper, se répétant avec des écarts de plus en plus grand. Il s’apprêtait à baisser les armes lorsqu’il crut voir la poignée s'actionner et se tendit un peu plus. Dans un grincement sordide, la porte s'ouvrit et derrière elle, personne ? 

    Surpris et décontenancé Eliot s'avança jusqu'à l'entrée de sa chambre et s'arma de courage avant de passer sa tête dans le couloir. À droite, à gauche, personne, mais la fenêtre du bout de l'allée était restée ouverte. Rassuré, il mit immédiatement ce petit mystère sur le compte d'un courant d'air et referma fermement sa porte. Ce ne fut qu'à ce moment-là qu'il se rendit compte qu'il avait pris pour arme une pauvre pantoufle. Il sourit, amusé de sa propre bêtise et relâcha la fière combattante qui retrouva sa place à son pied. Un simple courant d’air, voilà qui était évident et quand bien même, un tel bruit ne pouvait venir que de là à moins qu’un chat se soit arrêté pour demander de quoi grignoter, mais cela paraissait encore moins probable. Attrapant sa chaise, il la plaça derrière sa porte de façon à éviter qu’elle ne se rouvre sans son autorisation et gagna son lit. Sans plus de ménagement, il s’y allongea après avoir convenablement installé son oreiller. Décidé à se changer les idées et à sortir ce la folle atmosphère dans laquelle il se trouvait, il attrapa un des livres qu’il avait emmené lors de son transfert dans l’asile. C’était un bouquin qu’il aimait beaucoup et qu’il connaissait presque par cœur, mais il ne se lassait jamais de tourner, encore et encore, ses pages usée afin d’en dévorer chaque mots. Son titre, le Horla de Guy de Maupassant. Une histoire sombre et inquiétante, dont la fin laissait le lecteur décider du sort du personnage principal. Ce récit lui rappelait peut-être son frère, mais Eliot voyait plutôt cela comme un comte inachevé et il adorait changer la fin. Parfois le héros s'en sortait, d'autre fois il périssait dans la folie. Ouvrant le roman, il commença à lire, déjà pressé de connaitre la fin, ne se rendant pas compte qu'il n'était plus seul dans sa chambre.
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Gabrielle Lindemann
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MessageSujet: Re: Une nuit, une rencontre... [PV: Gabrielle]   Jeu 16 Déc 2010 - 13:41

Faire peur aux nouveaux patients de l’asile était un plaisir sans nom pour Gabrielle. C’était une façon pour elle d’estimer la valeur de ce dernier, et surtout sa vitalité. Un mou ou un mollusque n’était vraiment pas amusant du tout. En revanche, un patient plein de vie, effrayé par sa personne l’amusait énormément. Et plus il était terrifié, plus elle en profitait. Aussi lorsqu’elle vit la porte s’ouvrir enfin elle eut un petit sourire sardonique, pensant à la frayeur qu’allait juste ressentir ce petit nouveau fraîchement arrivé à l’asile. D’un simple coup d’œil, alors qu’elle se glissa sans bruit dans la cellule, elle pu juger du fait que le corps de son nouveau protégé était plus que fragile. De tout petit détails ne pouvaient pas la tromper. Sans doute avait-elle été la seule à les remarquer, mais de tels éléments me pouvaient pas la démentir. Ce petit corps frêle était beaucoup trop bien entretenu pour un malade de l’asile. Du moins il était rare d’en voir d’aussi propre, d’aussi beau, d’aussi soigné. A croire que toute l’attention maladive du patient était portée sur son corps lui-même et pas sur autre chose. Elle avait également remarqé la tentatve de dissimuler ce bleu sur la joue. L’origine ? Surement pas celle de ce ptetit être en tout cas, vu la manière dont il soignait son corps. Non, pour qu’il y ait un tel bleu, il avait du recevoir ce choc d’une source extérieure. Quant à savoir qui ou quoi… D’autre part, la peur qui l’entennaillait avait quelque chose de différent par rapport à une simple peur. Il y avait étrangement quelque chose en plus là aussi. Gabrielle était intriguée par la personne même de cet être, qu’elle observait cachée dans l’ombre d’un coin de la cellule. Son regard se posa alors sur les livres rangés près du lit. Cela ne fit qu’accentuer la curiosité de Gabrielle pour le jeune garçon. Il avait une lecture bien différente de celle des autres patients de l’asile. En effet, qui aurai le courage de lire de tels livres ? Certainement pas quelqu’un qui était atteint de schyzophrénie. Le Horla… Etrangement la situation actuelle lui rappella celle du conte fantastique, qu'elle avait lu quelques temps auparavent. Un être là sans être là, qui boit le lait présent dans le verre et qui prend possession du reflet du héros.

Le jeune homme, rassuré - pour le moment - de voir que la porte avait du s’ouvrir à cause du courant d’air, coinça la porte avec une chaise. Voilà qui avait quelque chose d’amusant, il resserait de lui-même l’étaut entre l’ennemi et lui. Son sourire s’élargit. Elle attendit encore un peu, le temps de le regarder s’allonger sur son lit, prendre son livre et s’y plonger paisiblement. Assise pas loin sur le rebord de la fenêtre, elle avait une vue imprenable sur le petit être prisonnier en son propre piège. Un visage aux traits si fins, des cheveux blonds si fins qu’on aurait dit de la soie, un corps donc fragile, mais pourtant si mince… si beau… Sans doute l’ignorait-il, mais Gabrielle trouvait en lui quelque chose d’attirant. Et plus elle le regardait, plus elle avai l’impression de l’avoir déjà vu quelque part. Etrangement elle n’avait pas pu se donner une raison précise à cela. Pourtant, il lui semblait bien avoir vu ce visage quelque part, ainsi que cette finesse de cheveux et… Bizarrement elle ne se souvenait pas qu’avec ce visage le corps soit aussi faible. Elle avait plutôt en mémoire un corps assez musclé… Bizarre… Vraiment étrange…

Elle hésita un moment à faire son apparition. Devait elle le faire maintenant ? Ou alors plus tard ? Hum… Il ne faut pas abuser des bonnes choses n’est ce pas ? Oui certes… Mais elle allait pas rester là assise sur le rebors inconfortable de la fenêtre à le regarder sans rien dire ni rien faire ! Huhuhu… Il allait bien avoir peur, vu comment il était plongé dans la lecture de son livre… Quel livre d’ailleurs ? D’après les lignes qu’elle pouvait lire c’était encore un livre sur un type et son dédoublement de personnalité. Vraiment étrange pour un patient. Lui ne devait vraiment pas être schyzo pour lire de tels livres. De ce qu’elle avait retenu des patients touchés par la schyzophrénie, il fuyait leur maladie ou alors évitait simplement le sujet tout en l’acceptant. Et lui empruntait ce genre de livre à la bibliothèque ? Incroyable… Elle était vraiment curieuse de connaitre la pathologie de ce malade.

Lassée d’être sur cette foutue fenêtre, elle quitta son perchoir sans bruit malgré ses talons, et tout aussi silencieusement elle alla s’assoir au pied du lit, cachée par le livre. Elle pu y lire le titre. Le Horla . Elle l’aurait parié tiens… Elle attendit encore quelques minutes. Peut être aura-t-il le temps de finir son chapitre durant ce dernier laps de temps de silence et de tranquilité… Car elle finit par ouvrir la bouche :

« Vous avez l’air de beaucoup vous intéresser à tout ce qui touche à la schyzophrénie, dites moi… Est-ce un livre intéressant ?»

Elle se demandait bien s’il allait se rendre compte que ce n’était pas la voix du Saint Esprit ou sa conscience ou un fantôme qui lui parlait en cet instant précis… Elle attendit de voir sa réaction…
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MessageSujet: Re: Une nuit, une rencontre... [PV: Gabrielle]   Lun 27 Déc 2010 - 11:40

    Installé dans son lit, Eliot tira la couverture et s'enfonça dans son oreiller. Un marque-page bordeaux était installé entre les pages cinquante-huit et cinquante-neuf, les bords de pages, noirs de notes, se décoloraient sur les doigts du lecteur, mais c'est ce qu'aimait Eliot avec les livres, on pouvait les gribouiller, les déchirer, les plier, ils ne bronchaient pas et devenaient un morceau de votre mémoire. Aucun des livres appartenant à Eliot ne faisait exception et encore moins ceux évoquant des syndromes de schizophrénie. Il y écrivait des indices relevant du cas de son frère, essayant de comprendre comment il pourrait l'aider. Plusieurs fois il avait pensé trouver une réponse, une possibilité qui sortirait Liam de sa maladie. Mais à chaque fois qu'il terminait son livre, il rangeait la solution avec, craignant que son utilisation n'aggrave le cas de son jumeau, pour ne pas songer à pire. Blottit dans son lit, persuadé qu'il ne craignait rien, Eliot rouvrit son livre et se perdit dans les lignes sombres de celui-ci. Perdant conscience du temps qui s'écoulait, le jeune homme ne quittait plus son roman des yeux. Un frisson le parcouru, encore un courant d'air ? Qu'importe, son livre était bien plus important qu'un simple vent frais, les ouvertures étaient sans doute mal isolées. L'atmosphère du livre et la fraîcheur récemment entrée dans la pièce décidèrent Eliot à enfiler une veste supplémentaire. Posant son roman sur la table de nuit, il repoussa légèrement la couette et glissa un gilet blanc trop grand pour lui sur ses épaules. Ce gilet, il y tenait plus que tout, il l'avait gardé en souvenir de celle qui les avait quittés trop tôt. Le vêtement avait appartenu à sa mère, Liam l'avait ensuite récupéré et son frère l'avait gardé en attendant de le retrouver.

    Un coup de fatigue s'attaqua ensuite à l'esprit d'Eliot qui ne put pas retenir un bâillement. Songeur, il fixa un moment le vide, ses pensées s'égarèrent entre les dernières lignes de son livre et des souvenirs de son enfance. Il repensait à la douceur du foyer, aux tendres moments passés dans les bras de leur mère tout près du feu. Fermant les yeux, il se laissa retomber sur son lit, remontant la couverture sur ses jambes frêles. Étrangement, il eut l'impression d'être observé. Mal à l'aise il tira la couverture de façon à cacher son visage, mais la sensation ne disparue pas pour autant. Sans comprendre pourquoi, son cœur accéléra la cadence, certain de ne plus être seul dans sa chambre, le jeune homme n'osa pas se relever, craignant de se retrouver face à une mauvaise rencontre, il se recroquevilla sous ses draps et resta ainsi quelques minutes. Finissant par reprendre son courage et se persuadant qu'il ne craignait rien, il poussa doucement sa couette et se releva avant de saisir rapidement son livre qu'il rouvrit, histoire d'oublier l'étrange présence qui le hantait. Dégustant à nouveaux les pages du roman de Maupassant, son cœur ne cessait pourtant de battre la chamade, le prévenant d'un danger imminent.

    Sortie de nulle part, une voix féminine se fit entendre. Un son mélodieux qui lui demandait calmement s'il s'intéressait à la schizophrénie avant de s'inquiéter de l'intérêt de son livre. À la fois surpris et terrorisé Eliot lâcha l'ouvrage qui s'étala sur le sol, pliant par la même quelques pages dans un sens disgracieux. Reprenant doucement son calme, le jeune homme respira profondément et se pencha rapidement pour voir ce qui se cachait sous son lit. Rien. Pas même une souris. Relevant la tête il analysa la pièce, cherchant où un être humain, même de petite taille, aurait pu se cacher. Derrière l'armoire, impossible, sous la coiffeuse, il l'aurait vu, sous le lit alors, déjà vérifié. Par mesure de sécurité, le blondinet vérifia une dernière fois et même en soulevant le matelas il ne trouva pas âme qui vive. Étant un jeune homme tout à fait raisonnable, Eliot ne crut pas un instant avoir affaire à un esprit ou n'importe quel autre personnage mystique. Il entendait sans voir et il devait forcément y avoir une raison à cela. Jeu de miroir, haut parleur caché dans la pièce ? Eliot se releva et en gentleman qu'il était, il prit même le temps de refaire son lit. Respirant profondément, il guettait le moindre mouvement, près à se défendre à la moindre attaque.

    " Qui est là ? Montrez vous je vous en prie, il est fort peu agréable de parler au vide. D'autant que la voix qui m'est parvenue est tout à fait charmante, il serait terriblement dommage que je n'eusse point l'occasion de voir le visage qui lui est lié."

    Tout en parlant, Eliot avait pris place dans un coin de sa chambre, de cette façon aucune parcelle de la pièce ne pourrait lui échapper. S'il y avait un truc, il ne trouverait. Plus d'un tour de passe-passe de son ancien employeur avait vu leurs secrets révélés après que le garçon les ait observé plusieurs fois. Et celui-ci ne ferait pas exception, si l'on essayait de le rendre fou ce ne serait pas ainsi que l'on y parviendrait, foi d'Eliot ! Alors, jolie dame, montrez votre minois, que le garçon puisse enfin baisser sa garde.

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Gabrielle Lindemann
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MessageSujet: Re: Une nuit, une rencontre... [PV: Gabrielle]   Dim 23 Jan 2011 - 14:56

Gabrielle aimait aussi les livres. Pas forcément ceux que lisait Eliot. Non elle préférait ceux où il n’y avait pas de héros, ou plutôt ceux dont les personnages ne vivaient justement pas heureux à la fin, où tout se terminait par la mort de tous les personnages, sauf un que personne n’avait réussi à attraper ou à vaincre, le méchant en locurence. Elle aimait particulièrement un livre peu connu, qui concernait des journeaux écrits par des témoins de massacres peu glorieux les uns que les autres. LE titre en disait d’ailleurs très long sur le contenu… Malheureusement, Gabrielle n’en avait plus aucun souvenir…

Du rebord de la fenêtre, Gabrielle observait tout de son patient, ses gestes, ses vêtements, ce qu’il lisait,… Absolument tout. Cependant, elle ne voulait vraiment pas se montrer encore. Elle voulait qu’il la trouve de lui-même, qu’il ait simplement l’impression que le Horla, ou autre esprit frappeur connu de la littérature, était dans sa chambre. Du coup, alors qu’elle se déplaçait au pied du lit, cachée par la couverture du livre, elle savait très bien que sa robe avait produit un beau courant d’air. Dans la chambre il y avait peu de lumière, seule la lampe de chevet d’Eliot était allumée, ce qui permettait à Gabrielle de profiter des coins obscures de la chambre pour se dissimuler. La lune ? elle n’éclairait pas grand-chose de la chambre. Ainsi donc, elle le vit enfiler un gilet beaucoup trop grand pour son petit corps frêle et fragile. Un souvenir ? Un bien appartenant à un être cher ? Elle ne saurait trop le dire mais la façon dont il l’avait enfilé en disant long sur la préciosité de l’objet.

Elle l’observa encore. Il retomba sur son lit, pris sans doute de fatigue. Elle se demanda alors à quoi il pouvait rêver en ce moment. Elle aurait aimé connaitre le souvenir refoulé dans son inconscient et qui refaisait surface en cet instant à sa mémoire, savoir si ce souvenir était joyeux ou malheureux, si c’était devenu un cauchemard ou un joli rêve très coloré et lumineux… Le bruit du livre tombant au sol, ponctua sa pensée. Elle se leva et alla le ramasser pour le mettre correctement sur sa table de chevet. Pauvre livre tombé si peu gracieusement sur le sol dur et froid de la chambre, abandonné par la main blanche lasse du pauvre petit être maintenant endormi dans son lit ! Oh en fait non. Le pauvre garçon venait de se réveiller en l’entendant lui parler. Ah ! le pauvre enfant ! Le voilà qui cherchait celui qui se cachait sous les lits, donc les dents étaient pointues et les yeux rouges vifs.

Amusée de le voir agir comme un gamin de 5 ans, elle ne disait rien cachée dans l’ombre non éclairée par la lampe. Après la recherche du monstre aux dents pointues, il chercha sans doute le Qui du « Qui est là », ce fameux fantômes générateurs des courant d’air… Ou alors tout simplement l’ombre sur la lune qui file les rêves et tisse les pires cauchemards… Pourtant la présence du monstre du dessous de lit l’inquiéta plus qu’autre chose, puisqu’il mis en bordel son lit en enlevant le matelas vérifiant qu’un mort vivant ne se trouve pas dessous pour glisser à travers le matelas sa main au doigts osseux et crochus dans le but de lui attraper la gorge… Elle ne bougea pas… C’était trop amusant…

Oh ! En fait il avait chercher partout, tout en sachant que monstres et fantômes n’existaient pas ? Huhu, pauvre bou de chou ! Il n’était pas au bout de ses surprises…Mais gardons le meilleur pour la fin… Il se tenait dans un coin de sa chambre lui permettant de voir partout dans celle-ci, et donc par la même l’arrivée de l’inconnu. Ce qu’il ne savait pas, c’était que Gabrielle était justement dans ce coin là, derrière lui. Comme c’était terriblement amusant. Il était resté dans le flux de lumière, elle était resté dans l’ombre juste derrière lui. En silence, elle s’avança d’un pas et, ses bras entrant dans la lumière, elle l’enlaça en douceur, parlant d’une voix qui se voulait agréable.

« Je suis là, derrière toi, petit ange. Je ne voulais pas te faire peur, alors pour me pardonner laisse moi te serrer dans mes bras. N’ai crainte je ne te ferai au cun mal, ton corps fragile ne risque rien dans mes bras, tu ne risques rien. »

Qu’il ne risquait rien était vite dit ! Mais gardons vraiment le meilleur pour la fin…
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MessageSujet: Re: Une nuit, une rencontre... [PV: Gabrielle]   Mar 1 Fév 2011 - 15:11

    Lorsqu'il était petit, Eliot passait son temps le nez dans les livres, cela fut d'autant plus vrai le temps où il vivait avec son oncle. Assit sous le pommier du jardin, il avait empilé près de lui des dizaines d'essais scientifiques qu'il dévorait en un après-midi. Souvent, son frère venait le taquiner, il grimpait dans l'arbre, faisait le clown avant d'abdiquer devant la patience de son jumeau. Il posait alors sa tête sur ses jambes fatiguées et s'endormait sous les caresses d'Eliot. Le jeune homme n'étant pas un grand sportif, il adorait tout ce qui traitait des sciences et ce malgré le fait qu'il n'y comprenait pas grand-chose. Il aimait songer que lui aussi, même avec son handicape, il pourrait inventer de nombreuses machines, révolutionner les sciences ou la médecine. Évidemment, il ne lisait pas que cela, il lui arrivait aussi de s'endormir le nez dans un roman des plus ridicules, ou de perdre le fil d'une pièce de théâtre tirée par les cheveux. Néanmoins, son attrait pour les sciences finit par le persuader de l'inexistence des esprits, dieux, ou autre petit monstre résidant sous vos oreillers. Dès qu'un étrange phénomène se produisait, Eliot le décortiquait en long, en large et en travers afin de lui attribuer une cause plausible. Voilà pourquoi, alors même qu'il était face à une étrange farce, le jeune homme ne démordait pas et continuait de se persuader de la banalité de la chose. Il y avait forcément un truc.

    Après avoir minutieusement fouillé dans les quatre coins de sa chambre, le blondinet s'était persuadé d'avoir affaire à un tour de passe-passe. Le dos enfoncé dans un coin de la pièce, il scrutait la moindre parcelle d'espace vide à la recherche d'un fil, d'un reflet, d'un haut-parleur... Comme il le pensait, il ne trouva rien. Mais il n'était pas fou ! Oh non ! Quelqu'un avait parlé ! Mieux que ça, une femme avait parlé ! Une belle demoiselle sans doute, du moins c'est ce que sa voix laissait deviner. Elle lui demanda si son livre était intéressant, il aurait aimé lui répondre que cela était évident, mais s'adresser à un lit ou à une commode lui paraissait légèrement absurde. Alors, au lieu de répondre directement à la demande de la lady, il essaya de l'amadouer, expliquant vouloir voir à qui appartenait cette voix au timbre mélodieux. Il n'y avait aucune raison pour qu'elle ne refuse... Non ? Un long silence prit place dans la pièce, le jeune homme déglutit avec difficulté s'attendant au pire. Deux bras surgirent alors de la pénombre et se glissèrent autour de la taille étranglée d'Eliot. Celui-ci sursauta et du retenir un cri. Comment cela était-il possible !? Il était pourtant certain de n'avoir rien vu avant ! Respirant profondément, il rangea rapidement l'incident dans la case « causé par le stresse » et s'attacha plus particulièrement à la jeune fille qui se tenait derrière lui. Elle ouvrit doucement la bouche, laissant échapper une voix identique à la précédente. Cette fois-ci, elle voulut le rassurer, s'excusa de l'avoir effrayé et lui assura que son « corps fragile » ne craignait rien.

    Ces deux mots suffirent à piquer au vif le jeune anglais qui se crispa légèrement. Qu'insinuait-elle par là. Était-elle déjà au courant pour son mensonge ? Impossible. Elle devait avoir lu son dossier et le détail sur sa chair abîmée. Peut-être même qu'elle avait pris connaissance de l'incident qui avait eu lieu un peu plus tôt et qui lui avait valu ce joli bleu sur la joue. Oui ça ne pouvait être que cela, il n'y avait pas d'autre explication. Les mots choisis n'avaient aucun rapport avec sa maladie, c'était indubitable. Se décrispant légèrement, les épaules d'Eliot s'affaissèrent un peu et les battements de son coeur retrouvèrent un rythme normal. Respirant profondément, il leva les yeux vers le plafond et lança calmement :

    « Je vous remercie de vous inquiéter, mais je ne suis pas si faible que vous semblez le croire. Je n'ai aucun problème. »

    Bla, bla, bla. Ce que cela pouvait être pénible de parler dos à quelqu'un ! D'autant plus lorsque ce quelqu'un vous serre tendrement dans ses bras. Le jeune homme avait déblatéré une phrase toute faite, une suite de mot qu'il avait longuement répétés pour qu'ils paraissent le plus naturel possible. « Pas de problème », apparemment c'était ce que tous les malades disaient, ils refusaient de voir la vérité et s'enfermaient dans un monde merveilleux plein de petites fleurs et de coeur sucré. Eliot était différent, lui savait ce qui n'allait pas dans sa petite personne, il était faible, faible et malade. Mais chut, il était censé être fou, le Eliot de l'asile était quelqu'un de normal dont le corps ne lui plaisait guère, il lui plaisait si peu qu'il se frappait pour se punir, voilà tout. Mais, cela n'était pas un problème, non ce n'était rien et il n'était pas faible !

    « Si vous pouviez me lâcher que je vois votre visage, cela m'aiderait à trouver les mots justes pour vous parler. Vous n'imaginez pas à quel point il est désagréable de s'adresser à une pièce vide. »

    Le blondinet essayait de se montrer le plus décontracté possible. Il était certain d'avoir affaire à un médecin de l'asile, il fallait qu'il assure à tout point de vue et surtout, surtout, qu'il ne se trahisse pas. Le regard fixé sur la coiffeuse, il se répétait avec acharnement : « Je suis fou. Je suis fou. Je suis fou. »... Encore et encore…
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Gabrielle Lindemann
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Féminin •Lettres : 42
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MessageSujet: Re: Une nuit, une rencontre... [PV: Gabrielle]   Mer 30 Mar 2011 - 22:08

Gabrielle avait toujours aimé donner des frissons à ses patients. Surtout quand ceux ci l'intéressaient plus que tout. C'était tellement excitant. Les livres, elle en avait lu tellement qu'il semblerait qu'elle en ai fait une overdoose. Du coup, elle ne lisait plus beaucoup. Un livre de temps à autre cependant ne lui faisait jamais de mal. Au contraire, cela lui permettait de se rappeler ses lectures passées. C'était pour la plus part des lectures de livres les plus morbides les uns que les autres, lui permettant du coup de lui donner de l'inspiration pour ces petits jeux personnels dans sa chambre, bien que comme tout grand sadique qui se respecte, elle n'ai pas besoin de source d'inspiration.
Le fait qu'un de ses patients aime la lecture ne la surpris pas outre mesure. Par contre les livres qu'il avait là, attisèrent sa curiosité quant au type de caractère que pouvait avoir le jeune blondinet. Vu les livres, il était évident, qu'elle avait affaire avec un individu qui devait avoir encore une partie de sa tête. Une partie, car elle préférait considérer qu'il était ici comme tout les autres : pour la raison qu'il n'avait plus toute sa tête. Et pourtant, ce dernier, quand bien même la "présence" de Gabrielle fut presque surnaturelle, il n'avait pas du tout réagit comme les autres patients. C'est pourquoi elle en conclut assez vite, qu'il n'était pas entièrement fou. Alors pourquoi était il ici ? Tout ceci était mystérieux. Et ca l'amusait. Encore une devinette à décortiquer, comme un médecin légiste face au mystère du cadavre. Et s'il y avait un "truc" c'était bien Gabrielle cachée derrière lui, dans ce petit recoin entre ombre et lumière feutrée. De quoi vous donnez de la chair de poule.

De la chair de poule ? Apparement il n'en eut aucune, même lorsqu'elle passa ses bras autour de son corps si fin et si fragile. La belle marque bleue ornant sa joue témoignait tellement de sa fragilité que s'en était presque touchant. Mais Gabrielle ne restait rien que l'envie de jouer avec le jeune garçon pour voir en lui et comprendre tout de lui. Percer ses mystères, voilà ce qu'elle voulait. Alors elle avait décidé de ne pas faire peur au petit être humain. Elle préféra se faire rassurante, même si son esprit était des plus malsain. Cependant, quand elle avait pris Eliot dans ses bras, elle avait bien sentit le petit sursaut de stupeur qu'elle lui avait arraché. Tu aurais pu crier tu sais ? Il n'y a pas de honte à avoir peur d'un être qui t'attrapes par surprise ! Elle perçut également quelque chose de la part du jeune garçon, lorsqu'elle employa les mots "corps fragile". Avait il honte de la fragilité de son corps ? Pourquoi ? Qu'est ce qui l'embarassait tant dans ces deux petits mots là ? En tout cas, elle ne lui fera sans doute pas l'honneur de ne plus les utiliser. Quitte à agacer le jeune homme. Elle n'était pas née pour faire le bien. Ou plutôt cela ne faisait pas partie de ses capacités naturelles.
Elle sentit progressivement le patient se détendre dans ses bras. Déjà habitué par sa présence ? Ou alors avait-il eu peur qu'elle ait découvert quelque chose d'embarassant concernant son corps mais qu'il s'était rassuré en pensant le contraire ? Ou... Il y avait trop de possibilité. Mais cette manière de se détendre si vite fit légèrement sourire Gabrielle. Elle sentait que cela allait être plutôt intéressant. Et cela le fut d'autant plus lorsqu'il lui dit qu'il la remerciait de s'inquiéter pour lui mais qu'il n'avait absolument aucun problème. Son sourire s'élargit. Le pauvre petit garçon, s'il savait qu'elle l'avait observé jusque là, et qu'elle avait bien compris qu'il avait un beau complexe avec son corps, elle lui répondit toujours de sa voix qui se voulait la plus douce possible, en passant doucement ses doigt sur la joue bleutée :

« Pardon alors d'avoir supposé ta faiblesse.»

Elle n'avait pas besoin d'ajouter autre chose, comme si elle sentait que le simple fait que ce jeune homme soit tout à fait intelligent, faisait qu'il aurait comprit facilement le sens de ses paroles. Il était évident qu'il soulignait tout autant l'ambiguité de ses mots. Elle avait déjà entendu ces mots ou des variantes comme "je ne suis pas un fou", "je ne suis pas malade", "je suis normal", "je n'ai rien", que finalement elle ne pouvait que les percevoir sous le sens "Je suis un fou mais je ne veut pas le reconnaitre", "je suis malade mais je ne veux pas y penser", "je ne suis pas normal, mais je préfère rejeter ce fait dans mon inconscient". Cette facilité qu'avait les humains à rejeter les problèmes ou les difficultés l'amusait. Tout chez les humains au fond l'amusait. Elle les trouvait si faible de nature !
Le patient lui fit ensuite remarquer que parler à quelqu'un sans pouvoir son visage était quelque peu désagréable. Et si elle voulait justement que le mystère sur sa personne reste ? Et si elle voulait qu'il continue à parler à une pièce vide ? Il pensait que cela lui permettrait de trouver les mots juste. Pour dire quoi ? Qu'il n'avait rien ? S'il n'avait rien, il ne serait pas là. Et rien que voir le complexe sur son corps, il pouvait toujours dire qu'il n'avait rien, elle aura du mal à le croire. Quitte elle lui tirera les vers du nez pour qu'il l'admette ? Pas pour l'instant. Pour le moment, autant satisfaire à sa demande : le patient est roi quand même.... Du moins pour l'instant. Après, il faudra qu'il admette que le maître ici était le médecin, à savoir Gabrielle.
Ses bras se détachèrent lentement du corps d'Eliot, tandis qu'elle lui dit :


« Si c'est ce que tu veux. Laisse moi donc me présenter. Je suis ton médecin, Gabrielle Lindemann. C'est moi qui m'occuperai de toi, ici.»

Elle quitta le coin sombre, ses chaussures à talons résonnant dans la pièce. Elle apparut progressivement à la lumière, face à Eliot. Ses yeux rouges flamboyant le regardait. Doux ou malsain ? On ne pouvait vraiment décrire son regard. Le sourire se voulait doux, mais il était évident que l'esprit même de Gabrielle élaborait des plans étranges dans le simple but de faire parler Eliot. Ses cheveux blond presque blanc réfléchissaient la lumière de la lampe de chevet.

« Et toi ? Quel est ton nom ? D'où viens tu ? Et surtout.... Pourquoi es tu dans cet asile ?»

L'autopsie était lancée, maintenant, il fallait voir si le jeune homme voulait parler. Sinon, elle allait le disséquer qu'il le veuille ou non .
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MessageSujet: Re: Une nuit, une rencontre... [PV: Gabrielle]   Sam 9 Avr 2011 - 20:17

    Lorsqu'il était enfant, Eliot était amoureux de son frère. Peut-être est-ce toujours le cas d'ailleurs, mais aujourd'hui il est également effrayé par la folie dont celui-ci peut parfois faire preuve. Il a peur pour son frère évidemment, mais également pour lui-même. Si Liam se décidait à frapper son jumeau et à lui asséner la même rage que celle qu'avait subie leur oncle, alors le blondinet savait qu'il mourrait au second coup, laissant sa moitié seule et accablée. Il s'y refusait catégoriquement, mais tapis dans sa maladie, le jeune homme se détestait. Pourquoi n'était-il pas plus fort ? Pourquoi n'avait-il pas des bras musclé, une carrure d'athlète taillé pour le combat et une endurance à toute épreuve ? Avec ça il aurait pu aider Liam, il aurait pu l'empêcher de devenir fou. Mais non. Il était maigrelet, pas plus fort qu'une mouche et les années passées seul l'avait rendu prudent et craintif. Voilà pour quelles raisons il dévorait les livres relatifs à la schizophrénie, pour sauver son frère, mais aussi pour pouvoir se défendre s'il venait à être en danger face à lui. Il était ridiculement chétif et après avoir rendu Liam fou, il ne voulait pas être la cause de son désespoir. La culpabilité l'avait envoyé dans l'enfer du Mad Asylum, mais il refusait de se plaindre et se jurait de tout faire pour aider son jumeau. Jusqu'à présent, il s'était plutôt bien débrouillé, mais l'arrivée surprise de cette jeune femme l'inquiétait légèrement.

    Il se doutait bien qu’il avait affaire à un médecin, ou plutôt, il préférait songer qu’elle n’était pas une patiente. Sa voix était douce, mais lorsqu’elle le prit dans ses bras, Eliot ressentit une force peu commune aux demoiselles. Il mit cela sur le compte d’un entraînement physique propice aux évènements qui pouvaient surgir dans le Mad Asylum et ne s’en intéressa plus, espérant simplement que la lady ne serre pas plus fort sa taille. Il chercha immédiatement à la mettre dans l’erreur, il fallait qu’elle songe qu’il était comme les autres aussi répéta-il une phrase souvent exposé par les psychologues comme propre à la folie humaine. « Je n’ai aucun problème ». Et pourtant ! Sa joue le lançait terriblement et le blondinet savait parfaitement qu’il était condamné à se trimballait cette marque pour de longues semaines voire, des mois entiers. Il coagulait mal, ses vaisseaux étaient trop fin, toujours le même souci. Mais à l’asile il était censé se faire ça lui même, il était fou, fou. La jeune femme s’excusa calmement tout en passant son doigt sur la joue d’Eliot. Celui-ci ne broncha pas, récitant ses tables de multiplications mentalement pour ne pas se laisser décontenancer par la belle. Il en était à six fois treize lorsqu’il se décida enfin à demander de voir le visage de son interlocutrice, expliquant qu’il n’aimait pas parler à une chaise alors qu’un être humain se tenait derrière lui. Elle acquiesça et desserra son étreinte du corps fatigué d’Eliot avant d’avancer dans la lumière et de se présenter. Elle se nommait Gabrielle Lindemann et elle était son médecin.

    Le blondinet la toisa rapidement du regard, il en avait de la chance, son médecin était particulièrement joli. De belles boucles blondes remontées en chignon, un regard rubis terriblement mystérieux et un sourire enjôleur, il aurait pu tomber sur pire ! Souriant naturellement à la jeune femme, il l’écouta lui demander son nom, ses origines et la raison pour laquelle il était interné. Le regard d’Eliot se fit plus sombre, il détourna le regard et répondit froidement :

    « Je m’appelle Eliot Miller, je vivais à Londres et on m’a envoyé ici pour une raison idiote. Depuis quand ne pouvons-nous plus faire ce qui nous chante avec notre corps ! C’est complètement absurde, je ne devrais pas être ici, ce que je fais n’intéresse que moi. Non mais vraiment, c’est absurde ! »

    Tadaa ! Salutation, on baisse le rideau. Voilà des paroles qu’Eliot travaillait depuis longtemps. Il avait tout méticuleusement calculé. Le regard sombre, la voix froide surmontée d’une pointe de rage, le texte, tout. Personne ne devait savoir qu’il n’était pas fou et le blondinet venait à l’instant de glisser les pieds dans les chaussures de son personnage, jeune homme mal dans sa peau, répugné par son propre corps. Respirant profondément, le garçon continua de répéter son texte. Faisant mine de s’être calmé, il dégagea quelques mèches de son visage à l’aide de ses mains gantées, avant de se retourner vers Gabrielle et d’expliquer calmement :

    « Excusez-moi madame. Vous êtes là parce que c’est votre métier et je vous embête avec mes ennuis. Mais soyez rassurée, je me porte à merveille, vous pouvez vous en aller voir vos autres patients, ils doivent plus avoir besoin de vous que moi. »

    Un nouveau sourire et Eliot attend. Il espère que la jeune femme va filer sans en demander plus. Il fait de son mieux pour incarner un patient digne de ce nom, mais son inquiétude naturelle et le peu de confiance qu’il s’octroie pourraient avoir raison de son jeu d’acteur s’il avait à le poursuivre trop longtemps. S’agrippant à l’idée qu’il est fou, le blondinet patiente et tient bon. Mais pour combien de temps encore ?

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