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Enfin, pas vraiment : vrai phénix, il s'est dépêtré de ses cendres et a fini par renaître quelque part, faisant peau neuve, URL neuve.

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 Lucrezia Bellini - Lascia ch'io pianga

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Lucrezia Bellini
Humain † Lady Valentine
Humain † Lady Valentine
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•Lettres : 7
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MessageSujet: Lucrezia Bellini - Lascia ch'io pianga   Ven 12 Nov 2010 - 0:52



    Nom : Bellini
    Prénom : Lucrezia
    Sexe : Féminin
    Âge : 24 ans
    Date de naissance et Lieu, si possible... : 8 mars 1865 à Florence
    Raison de l'admission :
Officiellement ou officieusement ? Parce que je t’explique, c’est pas la même chose, mon gars ! Bon, on va dire « hystérie », ce sera plus simple.





Physique ;


    Il y a des femmes qu’un soleil intérieur éclaire de toutes parts. C’était le cas pour Lucrezia, mais loin d’un soleil d’été, c’était le soleil noir de la mélancolie qui irradiait dans ses veines. Bien loin des auras de grâces et de beautés qui se posent sur les pas d’exquises créatures londoniennes, la jeune femme le charme ténébreux et sauvage des filles de rien. Sa peau mate attire les regards, comme une promesse de chaleur et de brasiers cachés et surtout, surtout ne vous perdez pas dans ses yeux noirs ! De grands pupilles au regard paresseux avec cependant, ce petit quelque chose de malice. Mais attention mes enfants, point de malice comme on l’entend par espièglerie, non mais une méchanceté toute féminine. Et ces longs cils de velours pour y dissimuler le voile de ses pensées…

    De la Beauté ? Oui, un peu… mais pas que. Lucrezia a appris à se mettre en valeur, avec son charme d’étrangère. Elle sait comment relever ses cheveux ailes de corbeaux, elle sait les parfumer, elle sait souligner son regard… Et son visage possède un je ne sais quoi de vulgaire, qui s’arrange pour faire le reste.

    Enfin… Peut-être aurais-je mieux fait de parler au passé, non ? Parce que la lame du couteau a décidé d’embrasser d’un peu trop près ce visage à vendre. Un œil en moins, un œil crevé.. Adieu les longs cils, adieu le regard d’encre un peu trop malicieux, un peu trop aguicheur…
    Que reste-t-il de cette femme ? Un corps fin, maigrelet, une bouche aux dents blanches qui ne sourit plus comme avant, de longs cheveux noirs et épais pour rappeler oh combien elle fut belle pourtant…

    Il suffit d’un détail, un seul pour qu’un visage soit défiguré. A présent, ce qui se dégage de Lucrezia c’est le charme de la mort. Parce qu’avec son faciès marqué, on sait que ce que l’on touche est fait d’os, de chair et de sang. Poussière, tu redeviendras poussière. Elle sait, elle se rappelle désormais qu’elle est mortelle, et sa manière de bouger, autrefois souple et élégante, possède à présent une maladresse certaine. Oui ses gestes restent tout autant remplis de grâce, mais surtout s’y inscrivent désormais une sentence pour rappeler que l’amour mène-t-à la mort et qu’il n’y a pas d’échappatoire « Memento Mori »

    Pourtant j’étais très belle, oui j’étais la plus belle des fleurs de ton jardin…


Caractère ;


    « Tu n’es rien d’autre qu’un chat ! »

    C’était ce qu’il lui avait dit… Pourquoi un chat ? Il avait rit un peu, tiré une bouffée de tabac et l’avait attiré contre lui avant de répondre, avec la chaleur des draps pour recouvrir ses mots. Un chat élégant et dédaigneux, comme le sont toutes les femmes, un chat qui prend soin de lui, qui te regarde sans te voir et porte bien des secrets dans l’éclat de ses yeux. Et puis il y avait sa curiosité, celle qui faisait que Lucrezia ne pouvait pas voir un bout de papier traîner sans chercher à le lire oui bien écoutait tous les cancans. Elle ne les répétait pas, elle les gardait pour elle, tout ce qu’elle voulait c’était savoir, c’est tout. Et puis lorsqu’il venait, qu’il lui apportait un cadeau, elle devait vite savoir ce que c’était ! Elle sautillait, se pendait à son cou, essayait mille ruses et mille caresses pour satisfaire son impatience, en vain. Lui, il s’amusait, lui caressait le bout du nez avec le ruban de satin protégeant le petit paquet, alors elle boudait. Oui, comme un chat…

    Un chat n’est pas un chien, un chat ne se laisse pas approcher facilement. Lucrezia a d’abord été une femme à vendre avant d’avoir été une courtisane, les hommes pouvaient la toucher…mais l’approcher ? Ce n’est pas la même chose, l’Italienne a son jardin secret. Elle parle beaucoup, mais peu d’elle-même. Comme un chat des rues, il faut l’apprivoiser à force de patience pour qu’enfin, à la place d’un petit rictus en coin, ce soit un véritable sourire sur son visage, qui vous accueille. Mais la tâche n’est pas aisée, il faut se méfier des hommes. C’est ce que sa mère lui a appris, c’est ce qu’elle fait. Oh oui c’est ce qu’elle fait encore plus aujourd’hui, car même si aujourd’hui, la blessure à son œil s’est cicatrisée, à l’intérieur d’elle-même Lucrezia continue de saigner. Mais elle l’aimait, oh Dieu qu’elle l’aimait !

    Fierté, fierté mal placée et vulgaire. Oui, vulgaire comme un chat de gouttière, mais faire patte de velours n’est pas un problème, il suffit d’avoir quelque chose en contrepartie. Fierté pour son visage, parce qu’elle est belle et qu’elle le sait. Et l’Italienne fera tout pour le rester… Maintenant, c’est raté. Elle le lui murmurait à l’oreille, entre deux baisers, entre deux éclats de rire : « Je ne suis pas jolie, je suis pire ! ». Et lui de l’embrasser encore et encore … « Que tu es belle, si belle… ».
    Mais où est-elle ta fierté aujourd’hui, ma belle ?

    Et tu gardes la tête haute, tu te hurles que tout va bien. Tu es têtue, ça c’est sûr… Préférer continuer d’avancer, quitte à aller droit dans le mur plutôt que de renoncer. Les chutes t’effraient pas, ce qui te terrorise c’est l’immobilité. Comme lorsqu’on est mort mais toi tu l’es pas. Pas encore…

    Miaou ?




Un minimum de 20 lignes/450 mots.

    Une histoire s’écrit dans le sang. Il y eut tout d’abord le sang de l’accouchement, les premiers cris, le premier souffle. Un bébé ou bien un paquet de couvertures ? Une toute petite chose que l’on serre contre soi tandis que l’on abandonne tout. Le Risorgimento avait ruiné les Bellini…
    Ils s’enfuirent à Londres sans argent, sans rien. Sans rien d’autre qu’une toute petite bouche à nourrir… Le père trouva très vite un emploi sur les docks, l’argent alla remplir la caisse des bars pour des bouteilles d’alcool. Alors la mère se prostitua… Il y avait peu à manger et le soleil était loin. Mais la famille survécue, Lucrezia pu devenir grande.

    Alors vint le sang pour le premier homme. Une ruelle glauque un soir, cette silhouette grande, trop grande qui la plaque contre un mur, qui fourrage ses jupes… Il crie comme un animal et laisse finalement tomber quelques pièces sur le pavé. Ca payera le repas de ce soir… Et tous étaient pareils, absolument pareils : la même odeur de sueur rance, les mêmes boutons purulents, la même haline rauque et le même objet dégueulasse entre les jambes. Ce que l’Italienne essayait cependant d’oublier, c’était qu’ils avaient la même odeur que son père.
    Un soir, elle cru y passer : un homme l’accusa de l’escroquer, qu’elle le faisait pas « rentrer » correctement, qu’elle le coinçait entre ses cuisses. En gros, qu’elle le volait. Il la frappa, il la frappa jusqu’à ce qu’elle tombe à terre. Des violents elle en avait déjà eu, suffisait d’ignorer…mais là il avait sorti un couteau. Alors Lucrezia recula contre le mur, prête à se voir être égorgée sans autre forme de procès.

    Elle pria la vierge, elle qui ne l’était plus. Et la vierge l’entendit… Des coups de sifflets, un homme arrive, il frappe l’autre de son bâton, il hurle des injures. Mais ça paraît pas grossier dans sa bouche, ça sonne comme des mots de Dieu, des châtiments divins. C’est ainsi qu’elle LE rencontra.
    Il lui offrit un verre pour la réconforter. L’auberge était bien moins crasseuse que tout ce que Lucrezia avait déjà pu fréquenter.

    « Tu es belle »

    « -Belle comment ? »

    La somme qu’il déposa sur la table lui parut satisfaisante. Elle se mit à sourire et l’entraîna à l’étage. Il revint plusieurs fois et finalement, il l’embrassa. Fallait pas tomber amoureuse, mais trop tard. Il la couvrait d’amour, il la couvrait de cadeaux…peu à peu ses tenues changèrent, elle n’était plus prostituée mais courtisane. Et il n’y avait désormais que ses mains pour la dévêtir, pour la toucher.. et Dieu que c’était bon !

    Alors vint le sang du dernier homme…

    Il était marié, Lucrezia le savait. Il était marié, elle ne le voulait plus. Alors l’Italienne utilisa ce qui était l’arme de toutes les femmes : le chantage. Plus d’amour, plus de baiser, juste la morsure du couteau. Fou furieux, il la poignarda à l’œil et elle, elle hurla. Pourtant elle détestait montrer ce qu’elle ressentait, mais là comment faire autrement ? Le sang dégoulinait sur son visage, elle crut mourir. Et lui, il pleurait, lui disait qu’il n’avait pas eu le choix et l’embrassait encore et encore…

    Ce fut lui qui la déposa à l’hôpital. La jeune femme y resta de longs jours. Elle se souvenait de la douleur, elle se souvenait de ses baisers et de ses larmes, alors elle décida de garder espoir.

    Elle alla au commissariat, sous les sifflets et les quolibets, il n’y eu personne pour l’écouter. Pourtant il l’aimait, oui il l’aimait ! Elle était sa reine, sa putain… Elle appartenait à lui, rien qu’à lui !

    Elle revint… Alors on lui passa les chaînes, on la traita de folle. On aurait pu la battre à mort, la jeter dans un caniveau… Mais il décida que non. Sans la regarder, il demanda à ce qu’on l’emmène à l’Asile. Pas à l’hospice où Lucrezia aurait très tôt servie de cobaye, mais dans un asile en dehors de la ville. Comme pour la protéger…

    Après tout, il l’aimait toujours…

    Non ?

    Non…

    Menteur…




    Les cahots de la calèche lui donnaient envie de vomir. On l’avait menotté trop fort, elle avait mal aux poignets. Lucrezia sentit un début de migraine, elle ferma son unique œil, les lèvres pincées et attendit. Cela ne passait jamais, mais la jeune femme se donnait l’illusion que cette fois ci pourtant, ça sera le cas. Tout comme la nausée nichée au creux de son ventre. Les deux policiers à côté d’elle restaient silencieux. Celui de droite puait le whisky à plein nez, celui de gauche se lissait la moustache d’un air consciencieux. De temps à autres, les encouragement du cocher à l’attelage, retentissaient.
    Lucrezia essaya de revenir en arrière, de se souvenir. Elle revit la chambre anonyme, le lit aux draps défaits duquel il ne s’était pas encore levé et elle, elle assise sur un tabouret à se recoiffer. Ca devait être lors de la troisième rencontre, il l’avait complimenté sur sa chevelure. Il aimait laisser y jouer ses mains, humer quelques mèches, les agripper pendant l’étreinte, les caresser…
    Il l’avait complimenté, puis enfin demandé son nom.

    Un nom d’empoisonneuse, qu’il lui avait dit. Et cela l’avait fait rire, oh s’en casser les côtes ! Elle en avait lâché la brosse. Elle, une empoisonneuse ? Elle n’avait même pas assez d’argent pour se payer de quoi manger…

    Dans la calèche, Lucrezia sourit. Les deux policiers échangèrent un regard : c’est vrai qu’elle était folle, cette petite…

    Il l’appelait sa « courtisane Borgia », elle adorait. Elle l’adorait tellement… Mais à quoi ça sert de se souvenir de tout ça ? Mais se rappeler des douleurs, c’était courir le risque de mourir. Un cœur ça peut pas tout supporter, il faut se rendre à l’évidence… Alors autant se voiler les yeux et faire comme si tout allait bien.
    Il y a que dans les romans que tout va bien, oui… Jamais dans la vrai vie.

    Les chevaux ralentissent : on arrive à l’asile. Les policiers la font descendre avec rudesse. Ses souliers sont troués, elle peut sentir de petits cailloux s’infiltrer à l’intérieur.
    Une fois, il lui avait offert de magnifiques babouches brodées de perles. Heureusement qu’elle ne les porte pas aujourd’hui, elles seraient gâchées, sinon.

    Les larmes menacent de couler, Lucrezia se retient. Elle ne veut pas, pas devant les autres, pas en plein jour. Des larmes, c’est intime… Et puis ça sert à rien maintenant qu’il n’y a même plus d’épaule pour consoler. Ca sert à rien…

    Les policiers la laissent, on lui demande son nom. Alors elle le prononce à mi voix, avec l’accent de son pays. Et puis elle peut pas s’en empêcher :

    « Comme l’empoisonneuse, comme Lucrezia Borgia… »

    Oui, comme la putain de César, le Valentinois. Son propre frère… Une putain sans honte, vivant de ses passions et se faisant consumer pour elles. Au fond, c’est vrai qu’elles se ressemblent, ces deux femmes…

    Mais ce n’est pas Lady Borgia dans cet asile, non…

    C’est lady Valentine.

    [center]Lascia ch'io pianga
    Mia cruda sorte,
    E che sospiri
    La libertà.

    Il duolo infranga
    Queste ritorte,
    De' miei martiri
    Sol per pietà.






    Autre chose à ajouter ;

    Le personnage de votre avatar Chrome Dokuro, de KHR

    Code de Validation ;
Vu par Sam' \o/




    Un élément de votre identité ? ; Nephtys

    Comment avez-vous connu le forum ? Double compte, une vile tentatrice sévit ici

    Un quelconque conseil ou remarque pour nous aider à l'améliorer ? nop

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Sammael Ruthven
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MessageSujet: Re: Lucrezia Bellini - Lascia ch'io pianga   Ven 12 Nov 2010 - 17:28

Vu que la Lucrezia est aussi un petit bout de toi, c'est normal que tu l'incarnes aussi bien ! I love so much ! Encore une fois ; une fiche excellente avec un style dont je ne me lasse pas ! xD
Tu me feras ta demande de rang via MSN même si je pense que nous avons la même idée en tête ! (Nos esprits communiquent... *__*)

Aller, je ne te fais pas attendre plus longtemps ;


Enfin, cela dit... Ça n'empêche pas que tu restes quelqu'un de fourbe, vile tentatrice ! Tu me fais des yeux de chat Potté pour que je m'ouvre un autre compte ! C'est malin hein ! xD

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