Mad Asylum
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Enfin, pas vraiment : vrai phénix, il s'est dépêtré de ses cendres et a fini par renaître quelque part, faisant peau neuve, URL neuve.

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 Première fois [Artemis X. Lendis]

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MessageSujet: Première fois [Artemis X. Lendis]   Lun 11 Avr 2011 - 18:29

Un coup d’œil rapide dans les lieux. Personne. Un sourire glisse sur mes lèvres. Je vais pouvoir me détendre un peu. Respirer un peu d’air pur. Enfin, presque. J’ai besoin de me changer les idées. N’importe quoi fera l’affaire. Mais fumer un peu pourrait être amusant. Sentir la fumée brûler mes poumons sera peut-être un passe-temps suffisant pour détruire mon ennui. Je me saisis de la pipe que j’ai volée à un des membres de l’asile. Je ne sais plus s’il s’agissait d’un patient ou non. Mais qu’importe! Je cale mon dos à un mur avant d’emplir la pipe de tabac que j’enflammai par la suite. Je porte l’objet à mes lèvres avant de commencer mon initiation. Je sens mes poumons brûler. Ça chatouille…Finalement, je ne regrette pas d’avoir été envoyée ici. Certes, je me demande bien ce que je fais ici en tant que patiente. Je ne suis pas folle, moi. S’en est presque m’insulter. Je ne suis pas n’importe qui. J’aimerai que l’on s’en souvienne. Où a-t-on vu que l’on traitait une reine ainsi? C’est tout simplement inadmissible. Tout le monde pense que je suis folle mais c’est faux. Seuls ceux qui le disent sont des fous. Ça s’arrête là. Nouvelle bouffée. Mes lèvres se fendent pour laisser s’échapper une douce fumée que je regarde valser en silence. Si seulement je pouvais être aussi éphémère qu’elle. Naître de substances toxiques sur des lèvres pulpeuses et mourir dans la morsure froide de l’air. Cela doit être plus que fascinant. Je retins un rire nerveux avant d’expulser derechef la fumée grisâtre de mes poumons. Je reviendrai sûrement ici. Je m’y sens bien. Vraiment bien. Un peu trop même…Enfin, qu’importe.



Je m’allonge au sol. Fixant le plafond en silence. Crachant la fumée de temps à autre. Comment partir de ces lieux le plus vite possible ? Si seulement je le savais. J’ai beau agir comme une personne normale et non atteinte par la folie, on persiste à me voir comme une patiente. Les fous, se sont eux. Pas moi. Certainement pas moi. Je suis la raison. La sagesse. Pas la folie. Certainement pas la folie. Je sais ce que je suis et qui je suis. Personne n’a le droit de dire que je suis folle. Mon calice était un idiot. Il s’est trompé. J’ai dû faire une erreur qu’il a pris pour de la folie et voilà. Une simple erreur me coûte un séjour en ces lieux. Un séjour de durée indéterminée bien sûr. Sinon, ce ne serait pas drôle. Bien au contraire. Enfin, quitte à rester en ses lieux, autant prendre un peu de bon temps. Mon calice ne voulait pas que je fume mais maintenant, il n’est plus là pour m’en empêcher. Je pense briser quelques interdits durant mon séjour ici. Et plus il durera, plus je pourrai me défaire des interdictions. Enfin! Finalement, je vais prier pour rester ici le plus longtemps possible. Quoique,…je ne sais pas…J’ai bien envie de retourner à l’extérieur aussi…Cruel dilemme. Je ne sais que faire. N’ayant pas envie d’être vue comme une folle, je veux partir d’ici. Mais en même temps, rester pourrait me permettre de faire plein de choses interdites par mon calice. Que choisir? Je soupire et laisse s’échapper une nouvelle bouffée de fumée.



Les minutes et les secondes s’enchaînent. Je ne bouge pas. Je me refuse à tout mouvement. Je suis bien ainsi. En bonne position pour méditer. Mais je ne sais toujours pas sur quel choix porter ma décision. Ma tête me fait souffrir. Je devrai arrêter de réfléchir. Je remets du tabac dans la pipe et me concentre sur mon instant de détente. Enfin, j’essaye. Mes pensées se dirigent d’elles-mêmes sur le problème pour lequel je n’ai pour l’instant aucune solution. A mon plus grand regret. Les interdits m’attirent autant que ma liberté et l’amour. Après tout, les interdits doivent être bravés. Ils sont créés pour cela. La liberté est faite pour être vécue et retirée à autrui. Etant une reine, c’est à moi de retirer la liberté aux autres. Personne ne peut me retirer la mienne. Et l’amour, le sentiment inutile, je l’apprécie. J’aime me sentir aimée. Mais je crois que l’amour est trop dur pour moi. Je n’y comprends pas grand-chose.



Le bruit d’une porte qui s’ouvre résonne jusqu’à mes tympans. Quelqu’un vient. Un sourire de malice parcourt mes lèvres. Une idée des plus plaisantes me vient à l’esprit. Cette personne va me servir de jouet. Je braverai un interdit avec elle. Je lui supprimerai sa liberté. Et je l’obligerai à m’aimer.



Cette idée me plaît. Elle me plaît beaucoup même. Un peu trop peut-être. Mais qu’importe. Je m’allonge sur le ventre. Pipe entre les lèvres. Je garde le silence avant de dire :



« Je suis ici. Viens me voir. Viens voir ta reine et ta future maitresse. »
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MessageSujet: Re: Première fois [Artemis X. Lendis]   Mar 19 Avr 2011 - 20:42


OurOwnLegend.

Allez, oublie, laisse toi guider. Parce que je ne comprends plus rien non plus. Non, absolument rien. Mais tout ceci n’a pas beaucoup d’importance. La démence a déjà frappé à nos portes ma jolie, jolie, jolie chérie. Cela s’appelle l’Art. Et Dieu sait que tout ceci manquera à nos cadavres en décomposition. Elles, elles ont déjà tout oublié. Alors, on s’amuse avec des images et on copie. Comme des grandes que nous sommes. On l’écoute, le fou aux lunettes cartographiques. On l’écoute, lui et son métalangage. Il parle beaucoup. Beaucoup. Vraiment beaucoup. Moi aussi, je parle dans ma tête et j’écris le son de ma voix. Mais, je sais que tu ne m’en voudras pas. Ca fait tellement longtemps. Et puis, tout va se terminer. N’oublie pas mes épaules ternies. Ni ces mots que tu n’as jamais entendu. N’oublie pas le son de nos rires papier. Non, n’oublie rien. Oh, si tu avais été là. Tes mains servent à autre chose à présent. Alors, écoute. Suis la leçon, et écoute bien. Promet moi de ne rien oublier. Surtout, ne rien oublier.
Tout commence ici.

Affinités Électives.


Moulures.


Poupée.


Serpents.


Lune.


Cadavres.


Forêt.


Abandon.


Suffocation.


Purgatoire.


Totem.


Cyanure.


Tentacules.


Papier.

***

Dans le noir.

Je croyais présider tes rêves, tes humeurs et tes cauchemars. Toutes ces idées noires que tu gardes jalousement enfuis en ton monde ténèbres. Singulier. Pictural. Celui dans lequel tu t’enfuis, tes illusions désormais loin de ces contradictions métaphysiques. Tu détruis les règles. Ne subsistent que ces songes d’aciers t’immolant les veines. Passions et acide combiné. Tu bois ce que tu ne peux pas boire. Dévore ce qui est interdit à ta gorge malade. Tu te crées à répétition. Te tues et te refais revivre. Encore et encore. Tu t’allonges divine contre tes chimères, caresses du bout de l’ongle tes tendres souvenirs virtuels. Irradie d’une lumière évasive le reste du monde. Flash. Les consumes. Les fais disparaître de ce que tu crois être. Ce qui est à tes yeux. Il y a ta réalité, et celle de l’Autre. L’Autre, l’opinion commune que tu n’as jamais connue. Les mots n’existaient que sortis de ta bouche nébuleuse, et tes lèvres Princesse étaient tendres, mais pourtant si rêches. Ta beauté légendaire entravait les iris dilatés de tes prétendants. Prétendants que tu n’apercevais pas. Princesse, tu étais belle Princesse. Tu fermais les yeux pour ne pas te rendre compte de la machination. Princesse, tu passais tes lèvres sur la peau que celui que tu aimais, en sachant pertinemment que le soir, tu goûteras au poison d’un autre. Princesse, tu pleurais. Princesse, et ces larmes étaient larmes de sang. Princesse, tu pleurais et te mordais la langue pour ne pas garder ce goût en bouche. Princesse, tu t’immolais les poignets avec l’espoir, Princesse. Espoir d’un monde que tu ne connaissais pas. Tu cherchais la douleur Princesse, en oubliant de quoi ton malheur était fait. De faux-semblants Princesse. De faux-semblants que tu t’empressais d’absorber. Tu souffrais Princesse. Tu souffrais, tellement. Tellement. Ta vie ne se résumait plus qu’à la lame que tu posais inlassablement sur tes poignets, Princesse. Tu vivais par le sang, le sang des êtres aimés. Tu étais égoïste Princesse, oubliant qu’eux aussi avaient le droit de goûter à ton Carmin paresseux. Si précieux. Princesse. Le miroir t’exécrait. Princesse. Tu étais Emma Princesse. Sauf que toi, tu ne lisais pas, toi, tu t’inventais tes histoires. Tu étais Bovary Princesse. Et ta vue se brouillait à chaque naufrage. Tu étais Princesse Princesse. Sotte Princesse. Tu régnais sur ton monde chimérique, seule accompagnée de ta peine débauchée. Princesse. Ô belle Princesse. Et regarde ce que tu es à présent. Princesse. Princesse. Pitoyable Princesse.
Ma chère chère Princesse.
Chère et tendre Princesse.

S'avancer. Dépasser. Enjamber. Recommencer.

La pièce était sombre. Les volets à moitié clos, la lumière venait d’ailleurs, et là était l’ailleurs. Le rouge du cigare. Le rouge d’une pipe. Sur un tapis surréaliste. Les formes se décomposant en un rythme binaire. Puis la lumière. Puis le feu. Puis le souffle. Puis la fumée. L’ombre dissipant les odeurs. L’ombre dissipant ce qui n’existait qu’à travers la lumière. Les yeux fermés, plus rien ne subsiste. Pas vrai, Princesse ?

S'avancer. Dépasser. Enjamber. Recommencer.

Monde vaste et clos. Salle immense et étroite. Pièce belle et funèbre. Poussière. Obscurité. Tout ce que l’on désirait. Encore et encore. Nos désirs et pulsions associées. Encore et encore. Sans jamais se lasser. Ouvrir les yeux lorsque la rouge fumée s’échappe de ses lèvres décharnées. Les refermer lorsque l’incendie s’étouffe par lui-même. Là inventer ce que jamais nous n’aurions pu connaître. Des mondes beaux et tragiques. Différant et extatiques. Des mondes volés à Alice elle-même. Métamorphosés par la plume de Nyx en personne. Agrémentés par la coupe de Bacchus. Mystifié par Diane. Enfanté par Athéna. Magnifié par Apollon. Des mondes hors marche à suivre. Des mondes inconnus au commun. Fermons les yeux Princesse et ne les ouvrons qu’à la prochaine fumée. Fermons les yeux Princesse et chantons ce monde. Fermons les yeux Princesse et annihilons notre réalité caustique. Fermons les yeux Princesse et écoutons les battements de nos cœurs à l’agonie. Entendons nous souffrir dans le silence de notre cécité. Ecoutons nos passions délier nos sens ankylosés. Et vivons Princesse. Vivons, avant qu’il ne soit trop tard. Avant que nos rêves nous rattrapent. Avant que notre réalité nous rattrape. Vivons avant de grandir. Princesse. Vivons avant de grandir.

S'avancer. Dépasser. Enjamber. Recommencer.

Dans le noir.
Petites poupées de porcelaine. Dans le noir, multipliant leurs diagnostiques. Maladies incurables et autres analyses importunes, le sang recèle des calamités improbables. Illuminations et chantage affectif. Gloire Carmin. Effet placebo. Pilules et autre cachets aux chromatiques diverses et variées. Arc-en ciel pilulier. Pastilles soit disant homéopathiques. Anabolisantes. Antalgiques. Stomatoliques. Anesthésiantes. Hématologiques. Coupe-faim. Anxiolytiques. Analgisants. Sédatifs. Billes et gélules lisse. Soyeuses. Coeur porcelaine. Qu'elles s'empressent d'avaler goulument. Avec amour. Les doigts tremblants. Défaillant contre l'émail. Pressent la pression. Ouvrent le couvercle et se servent. Mangent, oublient. Ferment. Ouvrent. Referment. Réouvrent. Lâchent au sol. Lâchent au sol et tombent. Tombent et ne se relèvent plus.
La même mascarade. Jour après jour. Nuits après nuits. Faites que ça dure.
La toile vierge. Peau. Tessitures bleutée. Culpabilité dissimulée.
Conception lascive des choses. Désuète. Vue panoramique cent-quatre-vingt degrés. Noire. Pourtant aveugles. Sans couleurs. Sans marques aucunes. Seulement l'impression de savoir, et poser les choses comme le feraient ces ombres filiformes couvrant les murs de nos demeures. Nous posons des mots sur ce qui n'existe pas. Nous tremblons en attendant la prochaine satisfaction. Nous n'avons pas peur de ce qui se trouve derrière nos lis. Nous dévorons les rêves et vivons les cauchemars. Nous sommes les pauvres enfants perdus aux miettes de pain. Nous n'existons plus que par l'intermédiaire de nos poudres aspirines. Chères et précieuses. Fruits de nos déboires courroucés. Amour particulier. Sordide. Manger. Avaler. Recracher. Perpétuité. Manger. Avale et recracher. Même parcourt universel. Cyclique. Seulement, nous, nous étions deux.
Toile vierge. Peau. Tessiture bleutée. Narcotiques. Restes.
Jamais Princesse. Plus jamais. Princesse.

S'avancer. Dépasser. Enjamber. Recommencer.

Corps mort. Contre le sol. Corps salé, corps de larmes et de sang. Coudes fléchis, guète on ne sait quoi. Est là et observe de son oeil habile ce qu'il reste sur Terre. Sur sa Terre. Point de vue limitatif, désordonné. Yeux monstres, yeux vampiresques. Vision nocturne obligatoire. Grand soucie du détail. A côté, un autre monstre, plus subtil encore. Aux facettes indévoilables. Aux multiples vies. Sept. Chat. Ou plutôt, meute de loups. Vie oisives et indémodable. Courte, mais tellement chargée. Vie indiscrète et brumeuse. Impalpable et indéchiffrable. Incertaine. Vie pourfendue par le tique d'une lance. Traces unique, éternelle. Cicatricielle. Brulure abdominale. Sculpture moderne. Mythe. Légende des faubourg. Des quartiers populaires et des cours victorienne. La basse société par la faim. La haute par les cris. A chacun sa peine. A chacun sa récompense.

S'avancer. Dépasser. Enjamber. S'arrêter.

Se baisser à la hauteur de sa peau porcelaine. Princesse aux chevelures exquises. Parfum de saison. Parfum Carmin. Sanguin. Là, l'encre rougie. La pipe s'allume. Les débris de vapeur cancéreuse soufflée contre son visage diaphane. Illumination momentanée. Oubli désœuvré. Ses paroles. Question de dominant dominé. Dominant dominé ? Reine et esclave. Maître et servant. Vraiment, Princesse ? Sourire malingre. Faux. Pensé. Ordonné. Texturisé. Dépendant d'une lourde volonté neuronale. Là quand même. Le virtuel a du mal. Beaucoup de mal. La lumière ne deviendra jamais photographie. Triste époque. Ici ne subsiste que la fumée. La fumée des esprits clairs. Le souffre des lumières ou Lumières. Odeur et caresse combinée. Dépendance. Autre forme dérangeante qu'était la sienne. Un détail à ne pas omettre. Les deux visages face à face. Obscurité humaine. Vue nyctalope triste. Gâche le spectacle. Rouge. Fumée. Noir. Rouge. Fumée. Noir. Et puis plus rien. Plus rien, et puis la splendeur de son regard.

Se baisser. Dans le noir.
Doigts laiteux contre le bois de l'ustensile. Dans le noir.
Lui prendre des mains. Dans le noir.
Le poser contre ses lèvres rouges. Dans le noir.
Aspirer les vapeurs toxique. Lumière. Rouge ?
Souffler le tout contre son joli minois. Dans le noir.
Dans le noir. Ses yeux, pupilles vertes, dans le noir.
Rire dans le noir. Légèrement. Fréquences presque inaudibles car faibles. Défaillance pulmonaire certaine mais si habilement camouflée. S'approcher de son visage, dans le noir. Nouvelle bouffée nécrophile. Cendre contre porcelaine. Nuage cigarette rampant le long de ses joues enfantines. Dans le noir. Beautés interdites.
Dans le noir.

- Vraiment ?


Affinités électives...
Ne pas chercher de sens là où il n'y en a pas.

Manque toxicologique cruellement ressentit.

[ "I'll swallow up all of you like a big bottle of big, big pills
You're the one that I should never take
But I can't sleep until I devour you
I can't sleep until I devour you

And I'll love you if you let me
And I'll love you if you won't make me starve"
]

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MessageSujet: Re: Première fois [Artemis X. Lendis]   Ven 22 Avr 2011 - 19:34

Je le vois.
On s’approche de moi.

Je le sens.
On me vole l’objet coincé entre mes lèvres.

Je la respire.
La fumée issue de poumons inconnus.

Je l’entends.
Vraiment ?



Qui es-tu belle étrangère ? Malgré l’obscurité, je distingue clairement tes traits. Tu es assez jolie. Tu me plais. Tu me plais beaucoup même. Mais pas au point de tomber amoureuse. Ou du moins, je ne le pense pas. Il faudra attendre un peu pour savoir ce qu’il adviendra de notre relation. N’est-ce pas ? Si. Bien sûr que si.

Veux-tu braver un interdit avec moi ? Après tout, ils sont faits pour cela. Non ? Si. Je te le dis. Crois-moi belle étrangère. Les lois sont faites pour qu’on y désobéisse. Chose qui est plus qu’amusante. La sanction ne fait pas peur. Et puis, elle importe peu tant que l’on peut se divertir. Le fondateur de n’importe quelle règle sait que tôt ou tard, son œuvre ne sera pas respectée. Le créateur du jardin d’Eden aurait dû se montrer plus méfiant. La désobéissance était plus que prévisible. Les lois sont faites pour être violées. Dis-moi belle étrangère, voudrais-tu goûter au fruit interdit ? Je ne te proposerai pas de pomme. C’est un cliché. Que dirais-tu…de mes lèvres acidulées ?

Mon existence est blasphème et mes gestes sont péchés.

Enfin, acidulées, je ne sais pas. Je ne les ai jamais goutées. Seuls ceux qui m’ont embrassée le savent. Je ne leur ai jamais demandé. J’aurai peut-être dû. Mais, si cela se trouve, les lèvres ont le délicieux goût du poison d’un aconit. Et j’ai déversé en chacun de mes amants mon somptueux poison. Cependant, il ne doit pas être mauvais. Il a certainement l’effet d’une drogue car, ils sont tous revenus à la conquête de ma bouche. Veux-tu goûter ? Veux-tu dépendre de moi ? Me considérer comme ta raison de vivre ? Veux-tu que je devienne ta substance toxique ? Veux-tu sombrer dans l’addiction ? Certes, ce ne serait pas bien. Mais au point où en est le monde, nous ne sommes pas à un péché de plus et comme je l’ai dit, les interdits sont faits pour être bravés. Etant un péché, oseras-tu me transgresser ? Oseras-tu violer les règles pour accéder à moi ? Je suis curieuse de le savoir ma belle étrangère.

Et en amour, où en es-tu ? Vas-tu te laisser charmer ? Quel regard parviendra à briser ta solide défense ? Quelles caresses viendront déchirer cette chair fraîche ? Quels baisers viendront brûler tes jolies pommettes ? Quel souffle viendra lécher ta belle nuque ? Quels doigts expérimentés viendront écraser ta douce poitrine ? Quelle langue avide viendra se nourrir des courbes de ton ventre ? Quel nez fin viendra t’arracher ton odeur douce amère? Quel être viendra ordonner la cambrure de ton dos dans un instant où tous les interdits peuvent être bravés ? Me le diras-tu ? Je crois que l’amour est le pire des poisons existant sur cette Terre. Pas toi ?

Et le venin de mes lèvres, est-il pire que celui de l’amour ?

L’amour est à la fois doux et rugueux. Caresse et gifle. Vérité et mensonge. Réalité et illusion. Il et Elle. Lui et moi. Pas de majuscule à moi. Je ne la mérite pas. Fidélité et adultère. Naissance et avortement. Plaisir et souffrance. Joie et désespoir. lui et moi. Pas de majuscule à lui. Il est avec moi. Alors, il ne la mérite pas. On gardera juste lui et moi.

Et la liberté ? As-tu un vilain collier accroché à ton cou ? Es-tu l’esclave d’autrui ? Non. Je ne pense pas. Après tout, si tu l’avais été, m’aurais-tu volé ma pipe ? Enfin, celle de l’autre. Je retiens un rire. Voilà que la voleuse que je suis se plaint de s’être à son tour fait voler. C’est ironique non ? Mais l’ironie me va si bien…tu ne trouves pas ? Je préfère cependant me vêtir de pléonasme. Je le trouve tellement plus esthétique. Une véritable œuvre d’art. Non, ne dit pas que l’art n’existe pas. Je ne veux pas m’engager sur un tel débat. Pas maintenant. C’est trop tôt. Sais-tu que tu es très belle toi aussi ? Enfin, esthétiquement parlant. Et ce n’est que mon point de vue. Mais je suis certaine que d’autres pensent comme moi. Beaucoup aimerait que tu sois leur. Que tu deviennes leur propriété absolue. Ah oui, ils aimeraient beaucoup enchainer ton joli cou aux montants d’un lit. Faire de toi leur esclave. Te voler ta liberté. Mais tes yeux me disent que tu n’accepterais pas. Je me trompe ?

Vu que le poison de mes lèvres est une drogue, mes amants y ont-ils laissé leur liberté ?

Y laisserais-tu la tienne si tu venais à y goûter ? Pour le savoir, il faudrait essayer. Le veux-tu ? Accepterais-tu de venir embrasser le métal froid de mes lèvres avant de sentir mon venin s’infiltrer dans les tiennes ? Aimerais-tu ? Me cèderas-tu ta liberté en échange de quelques baisers ? Nous le saurons peut-être plus tard belle étrangère. Je suis curieuse. Très curieuse. Les secrets, j’aime les découvrir. Les deviner. Cela met souvent les gens dans une situation inconfortable lorsque le secret est plus que compromettant. J’aime ça…Les voir se démener pour s’en sortir. Me suppliant de ne rien dire à quiconque. C’est amusant. Si amusant. Très divertissant. Les rois sont faits pour être divertis. Serait-ce également le cas des reines ? Dis-moi belle étrangère, es-tu une reine toi aussi ? Si c’est le cas, je te propose de gouverner cet endroit de fumée et ténèbres avec moi. Non. Oublie. J’ai dit que je t’obligerai à m’aimer et que je te déroberai ta liberté. Ainsi, je pourrai braver un interdit et m’amuser un peu. Surtout ici.

Cette pièce est le lieu parfait. Après tout, cet endroit est réservé aux hommes et non aux femmes. Cela fait déjà un refus d’obéissance. Une loi violée. Et ces ténèbres oppressantes autour de nous. Que demander de mieux ? Et cette fumée léchant tes lèvres. Sensuellement excitant. J’aime ça…Tu me plais. Mais moi, est ce que je te plais ? Est-ce que tu vas t’éprendre de moi ? Me laisseras-tu voler ta liberté ? Comptes-tu me vouer un culte ? Oh oui. Cela me ferait plaisir. Ainsi, tu perdrais encore plus ta liberté en te liant davantage à ma personne. Me prierais-tu de t’accorder un baiser afin que tu obtiennes ta dose ? Je ne t’y force pas. Mais je trouverai un moyen de te faire changer d’avis. Peut-être. Alors, qu’en penses-tu ?

« Oui. Et si cela peut te faire plaisir, je te fais cadeau de la pipe. Alors, veux-tu goûter à mon poison ? »

♫♪[Pray for me,
If you want to.
Pray for me,
If you care.
Pray for me,
If you want to.
Pray for you fucker,
If you fucking dare]♫♪
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