Mad Asylum
Ce forum est officiellement décédé...

Enfin, pas vraiment : vrai phénix, il s'est dépêtré de ses cendres et a fini par renaître quelque part, faisant peau neuve, URL neuve.

Mad Asylum


 
AccueilCalendrierFAQMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]   Sam 19 Déc 2009 - 15:14

Il entra dans la salle de bain. C'était la première fois qu'il venait dans cette pièce et la première chose qui lui vint à l'esprit fut qu'elle était étrangement froide. Glaciale même. Les murs blancs faisaient plus que jamais pensé à ceux des hôpitaux, à la morgue. La lumière faible des bougies donnaient un air glauque et sinistre à cette salle presque vide, cependant Vlad n'y fit pas attention. Il avait envie de prendre un bain brûlant, tellement chaud qu'il lui en dévorerait la peau. Avec un peu de chance, il en mourrait peut-être, et ce serait une mort adorable que d'être seul avec soi-même.
Il ferma la porte derrière lui, sans songer toutefois à en tourner le loquet. C'était d'ailleurs étrange de sa part, lui qui aimait être le plus loin possible d'un autre être humain, mais son arrivée dans Middleton l'avait peut être un peu changé. Quoi qu'il en soit, il ne se rendit pas compte qu'il n'avait pas verrouillé la porte et ne songea pas non plus à prévenir d'une manière ou d'une autre qu'il utilisait la salle de bain. Geste inconscient qui trahissait le dilemme qui se jouait en lui...

Il se déshabilla en regardant dans le vide, agissant mécaniquement et se délestant un à un de ses vêtements. Il tourna le robinet sur la chaleur maximum et laissa se remplir la baignoire. Pendant ce temps, il se retourna vers le miroir qui ornait le mur, se regardant avec indifférence, comme s'il ne se reconnaissait pas. Ses longs cheveux raides avaient ternis depuis son séjour en prison mais il savait qu'ils retrouveraient toute leur noirceur d'ici peu. Son teint blafard et ses joues creusées témoignaient des privations dont il avait été l'objet depuis plusieurs mois mais son regard, vide et lointain, n'avait pas changé. Il avait toujours été le même depuis sa naissance. Mis à part quand il se chargeait d'une lueur animale et sauvage, comme lorsqu'il avait levé la main sur sa mère par exemple... Mais cela était une autre histoire.

Il se coula dans le bain, poussa un long gémissement de douleur mais se força néanmoins à s'enfoncer intégralement dans l'eau. La chaleur semblait consumer sa peau et son coeur s'élança dans une danse affolée mais il se retint de sortir, des larmes coulant de ses yeux sans qu'il ne s'en aperçoive. Son corps protestait avec virulence et ses réflexes le sommaient de s'extirper de ce brasier, mais très vite il sentit la lassitude le prendre et ses membres se liquéfièrent, incapable de bouger. Son coeur lui faisait mal tant il s'agitait, luttant contre la chaleur dévorante et tentant de ranimer son corps mugissant sous la souffrance. Il lâcha une série de glapissements impossibles à retenir mais ne bougea pas cependant. Il serrait les poings et appuyait ses pieds à l'autre bout de la baignoire, s'obligeant ainsi à rester tranquille. Il sentit tout à coup son corps flotter et son esprit s'envoler, comme s'il n'avait plus conscience du feu qui le dévorait et de la douleur qui l'assommait. Il laissa échapper un cri faible et désespéré et commença à fermer les yeux, sentant sa vie lui échapper. C'était au hasard et au destin de décider pour lui. Soit il mourrait, ébouillanté dans cette baignoire, soit quelque chose le sauverait.
Quoi qu'il advienne, cela lui était plus qu'égal.
Revenir en haut Aller en bas
Castiel Aterius
Humain † The Mad French Touch
Humain † The Mad French Touch
avatar

Masculin •Lettres : 189
•Vit depuis le : 25/11/1872
•Fou depuis le : 27/07/2009
•Age : 145
•Origine : Place du Tertre, Montmartre, Paris
•Rôle : Patient
•Tempérament : Enfantin, naïf ... mais pas que
•Lien vers la fiche : Il était un p'tit homme ...

Carte d'Identité
• Sexualité: Homosexuel
• Relations:
• Rumeurs:

MessageSujet: Re: Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]   Sam 19 Déc 2009 - 22:33

Castiel était content. Il ne savait pas pourquoi mais il était heureux et cela se voyait parfaitement. D'abord, il n'était pas habillé en noir comme d'habitude. Il portait une tunique rouge sang à jabot non lacé, et dont les manches décorée de dentelle lui couvraient presque entièrement les mains. Cette couleur faisait ressortir la pâleur de son teint et magnifiait le contraste entre sa peau et ses cheveux. Ce vêtement lui descendait jusqu'à mi-cuisse. Un pantalon corsaire blanc soulignant la finesse de ses jambes ainsi qu'une paire de bottine noires en cuir fin complétaient sa tenue.

Cette fantaisiste imitation de pirate gambadait joyeusement dans l'asile formant un contraste saisissant avec l'atmosphère lugubre, presque sordide, qui régnait en maître sur le domaine.

Castiel, sa poupée à la main, traversait vivement les couloir en chantant à tue-tête tel un feu follet rouge, noir et blanc. Il grimpa les escaliers menant au premier étage en chantant de plus en plus fort, s'arrêtant toutes les trois marches. Un grand sourire ornait son visage et ses yeux brillaient comme des pierres précieuses.

Yankee Doodle went to town
A-riding on a pony,
Stuck a feather in his cap
And called it macaroni'.

Yankee Doodle keep it up,
Yankee Doodle dandy,
Mind the music and the step,
And with the girls be handy.

Fath'r and I went down to camp,
Along with Captain Gooding,
And there we saw the men and boys
As thick as hasty puddin'.

Yankee Doodle keep it up,
Yankee Doodle dandy,
Mind the music and the step,
And with the girls be handy.


Arrivé au premier, il reprit ses déambulations, ponctuant les paroles de sa comptine d'éclats de rire argentin qui se répercutaient dans tout l'étage vide. C'est alors qu'il aperçut de la lumière filtrer sous la porte de la salle de bain.

Se remémorant sa rencontre avec Casper, le sourire qui ourlait ses lèvres s'agrandit. Il se précipita dans la pièce ouvrant la porte à la volée et ... trébucha, s'écroulant sur le sol avec fracas. Castiel se releva, un peu étourdit et s'avança en gloussant vers la baignoire d'où s'élevait des volutes de vapeur.

L'homme qui reposait dans l'eau avait de long cheveux noirs et la peau étrangement rouge. Fronçant ses délicats sourcils, le garçon s'approcha encore jusqu'à se trouver au dessus de l'homme dont le visage se tordait de douleur.

L'enfant, curieux, plongea sans gêne aucune sa main dans l'eau et l'en retira vivement en poussant un petit cri de douleur. L'eau était bouillante ! Voilà pourquoi l'inconnu semblait avoir si mal !

Castiel laissa tomber sa poupée, ouvrit à fond le robinet d'eau froide avant de secouer de toutes ses forces l'occupant de la pièce, se qui ne se résumait pas à grand chose. Le petit brun ne savait pas si l'adulte était conscient ou non mais cela ne l'empêcha pas de l'interpeller.

-Monsieur ? Ouhou, monsieuuuuuuur ! Réveillez vous, vous, vous !

[Et voilà ma réponse ! Qu'en dis-tu ?]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]   Dim 20 Déc 2009 - 10:07

~¤~


L'eau qui coule. Le froissement d'un vêtement dont elle se déleste. La porte qui s'ouvre silencieusement. Un oeil voyeur qui se glisse dans l'entrebâillement et qui la regarde, nue et belle, détacher ses longs cheveux sombres.
Vlad est à genoux derrière la porte, il tremble violemment. Il dévore de son regard incestueux le corps de sa mère, éblouissante dans sa nudité, que son mari depuis longtemps ne sait plus contempler. Elle a de longs cheveux noirs qui coulent en rivière dans son dos, une peau nacrée qui semble briller à la lumière des bougies, des seins ronds et fermes malgré sa quarantaine dépassée, un ventre lisse et plat que des milliers de femmes peuvent lui envier. Elle jette un regard dans son miroir, son visage s'y reflète et Vlad le contemple avec la passion d'un amant éperdu. Malgré quelques rides qui viennent souligner ses yeux et son front, elle a toujours cette beauté des jeunes slaves que l'on ne trouve pas chez les jeunes filles anglaises. Ses yeux d'un bleu clair et doux ont cette lueur triste et résignée que Vlad n'aime pas voir chez elle, celle qui habite son regard quand son mari quitte la maison à toute heure de la nuit sans qu'elle puisse savoir où il va. Elle se regarde un moment dans le miroir, touchant de ses doigts les cernes discrètes qui soulignent ses yeux, et bien qu'en cet instant elle se sente vieille et inutile Vlad la trouve resplendissante et merveilleuse. Les mains du jeune homme tremblent fiévreusement et son bas ventre brûle et lui fait mal. Il se courbe vers l'intérieur un moment et sa tête vient buter contre la porte qui s'ouvre encore un peu en grinçant. Il s'immobilise d'un seul coup, prie pour qu'elle n'ait rien entendu. Il lève les yeux et croise son regard dans la glace. Elle s'est crispée et le regarde avec horreur, prenant peu à peu conscience d'être nue devant son fils, et se met soudain à crier. Elle ne s'arrête plus, elle s'empare de ses vêtements et continue de crier, elle se cache derrière et crie encore, et ses cris sont comme des poignards qui s'enfoncent dans le coeur et dans la tête de Vlad. Il se relève avec une grimace et ouvre la porte totalement.
"Tais toi !" lui dit-il, mais elle ne s'arrête plus de crier, le regardant de ses yeux exorbités qui souillent sa beauté, et Vlad lui en veut de gâcher ainsi son magnifique visage, et il s'énerve davantage.
"Tais toi je te dis ! Tais toi, tais toi !" crie-t-il à son tour en s'approchant d'elle, la fureur s'emparant de son visage. Les cris de sa mère le rendent fou et ils doivent cesser. Il s'approche encore, elle recule, crie toujours. Soudain, il lui attrape la gorge des deux mains, serre de toutes ses forces. Elle suffoque, laisse échapper des glapissements terrorisés, il serre encore.
"Arrête, tais toi ! tais toi ! tais toi !" répète-t-il inlassablement tandis que peu à peu, les glapissements se transforment en hoquets plaintifs, puis en maigres râles. Et tandis que le silence se fait peu à peu en elle, il continue de serrer avec vigueur, les yeux agrandis par la folie et la rage. Elle se tait alors, son regard épouvanté désormais fixe semble dévorer le visage de son fils meurtrier, et lui aussi se tait. Il la regarde, son beau visage déformé hideusement par la peur, et sa colère se mue en une sourde accusation.
"Pourquoi mourir comme ça ?" demande-t-il au cadavre "Tu aurais pu être tellement belle, pourquoi ce visage aussi laid ? Ce n'est pas toi, tu n'es pas ma mère, ma mère était belle, toi tu n'es qu'une épave."
Et il commence à la frapper, à la battre, à la mordre, il macule son corps d'un sang poisseux et déforme chaque partie d'elle qu'il trouvait si belle. Elle le regarde sans rien dire, ses yeux vides à jamais perdus dans les larmes.


~¤~


Vlad revint à lui. De son corps entier émanait des battements sourds et douloureux, comme si quelqu'un s'attachait à battre sa peau avec une ceinture de cuir de manière régulière. A la chaleur se mêlait une onde d'eau glacée qui le pénétrait de part en part et il se sentit mal. Il voulut sortir de la baignoire, mais ses membres ne lui répondaient plus. Alors il ouvrit les yeux en grand et vit au dessus de lui un visage d'adolescent qui le regardait avec inquiétude. Un adolescent probablement âgé de 17 ou 18 ans, avec des cheveux noirs et la peau pâle.
Tout comme lui ce soir là, quand sa mère était morte.
Il l'observa sans rien dire, se demandant si c'était lui-même qu'il avait devant lui, si c'était son moi d'il y a presque dix ans qui venait se rappeler à lui. Il ouvrit la bouche, voulut parler, mais rien ne sortit. Sa respiration siffla un instant et il parvint à articuler quelque chose.


"Tu... ce n'est pas de ta faute." dit-il en regardant son jeune moi avec tristesse "C'est sa faute à elle. Elle avait qu'à arrêter de crier. On lui a demandé de se taire, elle n'a pas écouté. C'est sa faute à elle."

Il leva les bras et le contact de ses membres avec l'air ambiant le fit trembler avec violence. Il les enroula autour du cou de l'apparition et se cramponna à elle.


"Ne m'en veux pas, d'accord ? Je n'y pouvais rien. Elle criait trop. Elle ne voulait pas se taire. Tu ne m'en veux pas, dis ? Dis le que tu ne m'en veux pas. S'il te plait."

Ses yeux se mouillèrent un peu et il posa son visage tout contre le cou de son moi adolescent, ses deux bras toujours enroulés autour de sa nuque.

[Excuse moi, je pars dans un délire total là ! Si ça te gêne, Vlad reprendra ses esprits dans ma prochaine réponse ^^]
Revenir en haut Aller en bas
Castiel Aterius
Humain † The Mad French Touch
Humain † The Mad French Touch
avatar

Masculin •Lettres : 189
•Vit depuis le : 25/11/1872
•Fou depuis le : 27/07/2009
•Age : 145
•Origine : Place du Tertre, Montmartre, Paris
•Rôle : Patient
•Tempérament : Enfantin, naïf ... mais pas que
•Lien vers la fiche : Il était un p'tit homme ...

Carte d'Identité
• Sexualité: Homosexuel
• Relations:
• Rumeurs:

MessageSujet: Re: Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]   Dim 20 Déc 2009 - 13:41

L'homme semblait en proie à un cauchemar au vu de ses mouvements désordonnés et des paroles qui s'échappaient de sa bouche. Alors que Castiel le regardait avec inquiétude, les yeux noirs de l'inconnu s'ouvrirent et le fixèrent. Son regard semblait affolé et le garçon se demandait à quoi il pouvait bien rêver pour être dans cet état.

Soudain, l'homme ouvrit la bouche et lui parla, enfin il essaya de lui parler mais ce ne fut qu'au bout de la deuxième tentative qu'il y parvint.

"Tu... ce n'est pas de ta faute. C'est sa faute à elle. Elle avait qu'à arrêter de crier. On lui a demandé de se taire, elle n'a pas écouté. C'est sa faute à elle."

Puis, sans qu'il ne puisse faire quoique ce soit, il se retrouva entre les bras pâle de l'adulte et enserré dans une étreinte de fer.

Le garçon ne comprenait pas ce qu'il se passait mais assurément, l'inconnu le prenait pour quelqu'un d'autre. Il ne fit cependant rien pour se dégager, attendant la suite.

"Ne m'en veux pas, d'accord ? Je n'y pouvais rien. Elle criait trop. Elle ne voulait pas se taire. Tu ne m'en veux pas, dis ? Dis le que tu ne m'en veux pas. S'il te plait."

L'enfant vit les yeux noirs s'embuer avant que l'homme n'enfouisse son visage dans son cou. Complaisant, et toujours avide de contact humain, Castiel enroula ses bras autour du corps tremblant non sans rougir. Après tout, l'homme était nu et il se serrait contre lui, ce qui était quelque peu ... troublant.

Il lui retourna donc son étreinte et décida d'accéder à son désir si cela pouvait l'aider à aller mieux.

-Je ne vous en veux pas Monsieur, et ce n'est pas, pas, pas de votre faute.

Il était un peu gêné parce qu'il avait l'impression de pénétrer dans l'intimité de cet homme qu'il ne connaissait ni d'Ève ni d'Adam.

Un rire s'échappa des lèvres rouges du jeune homme. Il sentait le souffle chaud de l'inconnu dans son cou et cela le chatouillait horriblement. Il plongea ses mains dans les cheveux longs et noirs, les faisant couler entre ses doigts. Il avait toujours aimer les cheveux long mais ne laissait pas pousser les siens car il trouvait qu'il ressemblait déjà assez à une fille comme ça.

Quand il jugea la température de l'eau de nouveau décente, il ferma le robinet d'eau et s'assit sur le rebord de la baignoire, l'homme toujours entre les bras.

Il se sentait bien là mais il se demandait quand l'adule reprendrait le contrôle de lui-même. Il ne savait pas trop comment l'aider alors il fit la seul chose dans laquelle il excellait. Il lui chanta une chanson dans l'espoir de le réconforter.

Meet me on the Equinox
Meet me half way
When the sun is perched at it's highest peek
In the middle of the day

Let me give my love to you
Let me take your hand
As we walk in the dimming light
Or darling understand

That everything, everything ends
That everything, everything ends

Meet me on your best behavior
Meet me at your worst
For there will be no stone unturned
Or bubble left to burst

Let me lay beside you, Darling
Let me be your man
And let our bodies intertwine
But always understand

That everything, everything ends
That everything, everything ends
That everything, everything, everything ends


[Ca me dérange pas que tu partes en vrille, on est dans un asile après tout ! Ca sera juste plus facile d'écrire une réponse lorsque Vlad aura reprit ses esprits ^^! C'est un peu court je sais dsl ^^'! Et merci au Death Cab For Cutie qui on fournit les paroles de la chanson !]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]   Dim 20 Déc 2009 - 15:30

Vlad ne bougeait pas dans les bras de son moi adolescent. Le visage enfoui dans son cou, il respirait avec difficulté, lâchant de temps à autre de longs râles de douleur. Pourtant, l'odeur de son moi le calmait, il ne savait pas pourquoi.
Peut-être parce qu'elle ne sentait ni le sang, ni la mort, ni sa mère.
Il y eut un court silence. Puis, Vlad sentit des bras l'étreindre à leur tour et il lâcha un soupir apaisé. Cela faisait des années que personne ne lui avait ainsi exprimé de l'affection et, même si cela ne lui avait pas manqué, il fallait tout de même admettre que c'était réconfortant. Normalement, il n'aurait jamais accepté que quiconque le touche ou tente de lui exprimer des sentiments ; il évitait les contacts humains. Mais aujourd'hui, il n'était pas dans son état normal : il venait d'être mis à l'écart dans un asile d'aliénés et sa vie, à jamais restreinte à ce bâtiment, était désormais finie avant même qu'il n'eut atteint la trentaine. Triste constat.

Son moi lui assura qu'il ne lui en voulait pas et Vlad esquissa un sourire où se mêlaient confusément la joie et la tristesse. Il serra un peu plus son étreinte, se sentant de plus en plus détendu autant physiquement, grâce aux bienfaits de l'eau fraiche, que moralement. Au fur et à mesure, il devenait de plus en plus lucide, et arriva finalement un moment où il se rendit compte que l'homme auquel il se collait ne pouvait tout simplement pas être un fantôme de son passé. Il ouvrit les yeux, détailla un moment le corps qu'il serrait et vit toutes sortes de détails qui lui confirmèrent qu'il s'était trompé. Pendant ce temps, le désormais inconnu chantait une comptine d'une voix calme et tranquille, caressant ses cheveux d'un geste maternel. La situation lui apparut alors clairement inconvenante.

Il retira ses bras du cou du jeune homme, retombant sèchement dans la baignoire et regarda son visage d'un air méfiant. Il n'y vit cependant que compassion et inquiétude et cela le détendit un peu.
Il ne dit rien pendant un long moment, se souvint qu'il était nu mais n'osa sortir. Il ramena ses jambes contre lui, cachant son intimité qui par ailleurs le lançait douloureusement, et son regard noir et fier fixait celui de l'inconnu.
Il se racla la gorge pour s'éclaircir la voix et reprendre sa belle assurance habituelle.


"Pardon de vous avoir agrippé ainsi. Ne prenez pas ça pour une quelconque avance déplacée, ce n'était pas dans mon intention."


Il s'arrêta un instant, se demandant ce qu'il allait bien pouvoir dire pour récupérer sa dignité. Il leva la tête orgueilleusement, ses cheveux s'échappèrent d'entre les doigts du jeune homme et vinrent se coller à sa peau mouillée. Finalement, sentant qu'il serait vain voire même inutile d'essayer de se rattraper, il poussa un soupir et passa une main dans ses cheveux avec embarras.

"Je me rends compte que je suis nu devant vous. Vous pouvez me laisser sortir pour que je puisse m'habiller ?"


Il regarda le jeune homme, assis sur le bord de la baignoire. Il se sentait plutôt calme avec lui, peut-être parce qu'il semblait encore être un enfant innocent. Il irradiait de lui une joie simple et futile que Vlad était tout simplement incapable de ressentir. C'était cela qui l'attirait et le mettait en confiance.
Et puis, il ressemblait quand même étrangement à l'adolescent qu'il avait été. Cet adolescent que la vie n'avait pas encore bousillé.
Pourquoi était-il ici ? Etait-il aussi un patient, un aliéné ? Aussi étrange que cela puisse paraître, et peut-être parce que ce jeune garçon avait assisté à un de ses moments de faiblesse, Vlad était intrigué par lui et ne voulait pas le laisser partir sans être sûr qu'il ne raconterait pas ce qu'il avait vu.
Autrement, il serait peut-être obligé de le faire taire comme il avait fait taire sa mère.
Revenir en haut Aller en bas
Castiel Aterius
Humain † The Mad French Touch
Humain † The Mad French Touch
avatar

Masculin •Lettres : 189
•Vit depuis le : 25/11/1872
•Fou depuis le : 27/07/2009
•Age : 145
•Origine : Place du Tertre, Montmartre, Paris
•Rôle : Patient
•Tempérament : Enfantin, naïf ... mais pas que
•Lien vers la fiche : Il était un p'tit homme ...

Carte d'Identité
• Sexualité: Homosexuel
• Relations:
• Rumeurs:

MessageSujet: Re: Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]   Dim 20 Déc 2009 - 19:33

Castiel continua de chanter jusqu'à ce qu'il sente l'homme s'agiter entre ses bras. Il rouvrit ses yeux d'onyx, qui était bien plus lucides qu'auparavant, et le regarda attentivement. Puis, une expression gênée se dessina sur son visage. Il venait de réaliser qu'il ne connaissait pas Castiel.

Il se détacha du garçon et se laissa retomber dans la baignoire, l'éclaboussant un peu sans que le jeune homme ne réagisse. L'inconnu sembla méfiant avant de se détendre. Il remonta ses jambes contre lui, essayant visiblement de cacher sa nudité. Bien que hautement amusé, le petit brun ne lui dit pas que c'était un peu trop tard et le laissa faire. Ils restèrent ainsi, les yeux dans le yeux, jusqu'à ce que l'homme se décide à parler.

"Pardon de vous avoir agrippé ainsi. Ne prenez pas ça pour une quelconque avance déplacée, ce n'était pas dans mon intention."
Le garçon ne dit rien mais tenta désespérément de ne pas sourire. Il pensait certainement qu'il avait perdu sa dignité en s'épanchant devant Castiel, même si celui-ci ne voyait rien de déshonorant à chercher du réconfort auprès des autres, et tentait de la récupérer en étant froid et distant. Le petit brun le trouvait vraiment ... attendrissant, pour ne pas dire mignon.

"Je me rends compte que je suis nu devant vous. Vous pouvez me laisser sortir pour que je puisse m'habiller ?"

L'homme le regarda et là, Castiel ne put se retenir. Il éclata de rire. Oh, il ne se moquait pas de l'homme mais c'était vraiment adorable cette façon qu'il avait de se draper dans sa dignité soi-disant bafouée. Bien sur, Castiel étant ce qu'il était, il ne put s'empêcher de commencer à babiller, oubliant tout sens des convenances, pas gêné le moins du monde.

-Vous savez, il n'y a rien là que, que, que je n'ai. Vous n'avez pas besoin d'être mal à l'aise, même si cela vous rend très chou, chou, chou. Mais pourquoi êtes-vous là ? Je vous conseille de mieux régler l'eau la prochaine fois, vous êtes, êtes, êtes tout rouge maintenant. C'est dommage d'abîmer une peau aussi pâle vous savez. Dîtes monsieur, pourquoi le Ciel, il est bleu ? Et pourquoi vous voulez, voulez, voulez sortir du bain ? Vous pouvez restez ça me gêne pas !

Et il continua comme cela, débitant des paroles sans queue ni tête, au fur et à mesure des pensées qui lui traversaient l'esprit.

Il se laissa ensuite glisser sur le sol et s'accouda à la baignoire avant de poser sa tête sur ses bras, levant ses yeux candides et interrogateurs sur l'adulte en souriant de toutes ses dents.

-Dîtes monsieur, comment vous vous appelez ? Moi c'est Castiel.

Il saisit sa poupée et la lui montra.

-Et elle, elle, elle c'est Jézabel. J'ai aussi un chinchilla qui s'appelle Noxus mais il est pas là.

Le garçon pointa ensuite du doigt vers un coin de la pièce où se trouvait un homme de haute taille enveloppé dans un long manteau noir et arborant un chapeau à large bord.

-Et tu vois, euh, je veux dire, vous voyez, là dans ce coin il y a, a, a Cory. C'est mon meilleur ami et mon ''esprit tutélaire'', quoique cela peut bien vouloir dire.

Il rigola encore en plongeant sa petite main fin dans l'eau et faisant comme s'il caressait le liquide, sans prendre garde au fait que sa manchette se mouillait de plus en plus. Il fronça ensuite les sourcils et plissa le nez en une moue boudeuse.

-Mais, vous n'avez pas mis de mousse, mousse, mousse dans votre bain ! C'est pour ça que vous voulez sortir si vite ! Je comprends mais, mais, mais si vous voulez je vous apporte le savon comme ça vous pourrez mettre de la mousse !

[Bon, comme tu vois Cas' n'est pas très net lui aussi ^^! J'attends la réaction de Vlad avec impatience !]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]   Dim 27 Déc 2009 - 20:48

Vlad haussa des sourcils étonnés au son cristallin du rire du jeune homme. Il était loin de s'être attendu à une telle réaction et ne voyait d'ailleurs pas ce qui avait pu provoquer une telle hilarité. Il se demanda un instant si l'inconnu se moquait de lui et il rétracta davantage ses jambes contre lui avec une moue vexée. Il n'aimait pas qu'on rie de lui et s'apprêtait à lui ôter l'envie de s'esclaffer davantage.
Cependant, le jeune garçon s'arrêta de lui-même et lui lança une flopée de paroles, ce qui entraina encore davantage l'étonnement de Vlad. Il lui dit pêle-mêle qu'il n'avait pas à être aussi gêné, ajouta que cela le rendait très "chou" (Vlad n'était pas sûr de bien comprendre l'emploi de ce mot), lui reprocha d'avoir rendu l'eau aussi chaude et l'invita à rester dans son bain. Ah, et il lui demanda aussi pourquoi le Ciel était bleu. Rien que ça.

Sans lui laisser l'opportunité de répondre, le jeune homme s'accouda à la baignoire et cette proximité mit Vlad d'autant plus mal à l'aise. Il se sentait tellement vulnérable, nu dans cette baignoire et presque incapable de le cacher ! Il ne savait pas comment réagir devant cette situation.
Les yeux innocents du jeune garçon vinrent se poser sur lui. Ils étaient ceux d'un enfant et Vlad se demanda un instant quel âge ce garçon pouvait avoir. Il était bien plus jeune que lui, c'était évident, mais au vu de son corps il devait avoir plus de seize ans. Pourtant, son regard était celui d'un petit garçon qui n'a pas encore été souillé par la cruauté du monde et qui croit encore que tout le monde est beau et gentil. Pourtant, s'il était là, il en savait des choses sur la cruauté humaine...

Comme il restait silencieux, le jeune homme continua de parler avec insouciance. Il se présenta et fit de même pour d'autres "personnes" dont une qu'il était vraisemblablement le seul à voir. Il n'y avait rien en effet dans la direction que Castiel -puisque c'était son nom- lui montrait.
Le jeune garçon caressa du bout des doigts la surface de l'eau sans plus faire attention à lui. Il ne se rendait apparemment pas compte que ce qu'il faisait était incorrect, mais Vlad ne dit rien. Il le regarda un moment, troublé par cette personnalité fantasque et juvénile qui était tellement différente de la sienne.
Avait-il été comme cela un jour ? Il en doutait. D'aussi loin qu'il se souvenait, il avait toujours été aussi peu enclin à s'ouvrir aux autres et tentait de se faire remarquer aussi peu que possible. Il observa avec curiosité ce jeune homme dont l'attitude lui paraissait si nouvelle et ne daigna toujours pas répondre à ses questions. Son silence cependant n'était pas aussi hostile et pesant qu'à l'accoutumée, il était plutôt intrigué et attentif, comme si Vlad attendait de voir quelles nouvelles réactions surprenantes ce jeune homme allait lui offrir.
Et il ne fut pas déçu.

D'un seul coup, Castiel parut contrarié et lui reprocha de ne pas avoir mis de mousse dans son bain. Puis, changeant aussitôt d'expression pour récupérer sa naïve gaieté, il se proposa d'aller chercher du savon.
Vlad le dévisagea avec stupeur. Il ne s'y était pas attendu non plus à celle là. Il hocha la tête plusieurs fois et regarda le jeune homme se lever pour chercher du savon. Il se rendit alors compte qu'il n'avait toujours pas répondu à ses questions et se rappela que sa mère lui disait qu'il était très impoli de ne pas le faire. Aussi, enroulant ses longs bras autour de ses genoux, il se mit à parler à son tour.


"Vlad Grey. C'est mon nom. Mais Vlad suffira. J'avais envie d'un bain chaud c'est tout."

Il s'arrêta un instant tandis que le jeune homme revenait avec du savon. Il l'observa avec intérêt, oubliant la situation embarrassante dans laquelle il se trouvait.


"Pourquoi êtes vous à Middleton ?" demanda-t-il soudain "Et pourquoi êtes vous entré dans la salle de bain ? Vous n'aviez pas vu qu'il y avait quelqu'un ?"

D'ordinaire, il ne s'intéressait jamais à quelqu'un au point de lui poser directement des questions. Mais Castiel était particulier. Il avait beau lui ressembler physiquement, son caractère semblait être à l'opposé du sien. Il était une énigme pour Vlad, celui ci ne comprenait pas comment on pouvait être aussi candide et enjoué, d'autant plus en étant dans un endroit pareil.
Il se demandait si cette apparente gaieté n'était qu'une façade qui cachait quelque chose de plus sombre que ce qu'il croyait, ou si c'était là véritablement sa personnalité.
Et dans ce dernier cas, il semblait évident qu'il était un fou.


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Castiel Aterius
Humain † The Mad French Touch
Humain † The Mad French Touch
avatar

Masculin •Lettres : 189
•Vit depuis le : 25/11/1872
•Fou depuis le : 27/07/2009
•Age : 145
•Origine : Place du Tertre, Montmartre, Paris
•Rôle : Patient
•Tempérament : Enfantin, naïf ... mais pas que
•Lien vers la fiche : Il était un p'tit homme ...

Carte d'Identité
• Sexualité: Homosexuel
• Relations:
• Rumeurs:

MessageSujet: Re: Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]   Lun 28 Déc 2009 - 0:04

Castiel sourit à l'homme lorsque celui-ci hocha la tête, lui donnant son accord pour aller chercher le savon. Le garçon se leva et traversa la pièce de son pas sautillant jusqu'à la vieille coiffeuse au miroir ébréché. Il ouvrit un tiroir et regarda les différents savon qui s'offrait à lui. Il y en avait de plusieurs sortes à la rose, à la lavande, à la violette ou, dans un domaine plus masculin, au musc, au bois de santal et autre.

Ses sourcils se froncèrent alors que le jeune homme hésitait. Un choix cornélien, un véritable dilemme lui faisait face : musc ou violette ? Finalement, il choisit celui à la violette au moment où l'homme se décidait enfin à lui répondre.

"Vlad Grey. C'est mon nom. Mais Vlad suffira. J'avais envie d'un bain chaud c'est tout."

Castiel nota l'information et lui sourit de nouveau, tout en revenant vers lui. L'adulte, Vlade donc, se tut quelques instants, le temps que l'enfant parvienne à sa hauteur, s'accroupissant de nouveau, avant de reprendre, les yeux fixés sur lui.

"Pourquoi êtes vous à Middleton ? Et pourquoi êtes vous entré dans la salle de bain ? Vous n'aviez pas vu qu'il y avait quelqu'un ?"

Un éclair de douleur et de souffrance immense traversa les yeux bicolores de Castiel avant qu'il ne se reprenne. Il lui offrit un sourire pétillant et lui répondit d'une voix chantante, son accent français clairement audible.

-Oh si ! Bien sur, sur, sur, que j'avais vu qu'il y avait quelqu'un ! C'est pour cela que je suis entré ... et parce que je m'ennuyais, ennuyais, ennuyais. En fait, je croyais que c'était Casper. On a prit, prit, prit un bain ensemble il y a peu. Mais, c'était vous et pas Casper, alors j'ai décidé de vous connaître parce que je ne vous connaissais pas vous voyez. Et puis de toute façon, il n'y a, a, a que vous que j'ai vu aujourd'hui. Et puis vous avez l'air gentil.

Il ponctua sa tirade d'un gloussement léger avant de plonger les mains dans l'eau. Il les frotta l'une contre l'autre, faisant mousser le savon qui dégagea alors un puissant parfum de violette qui ravit Castiel au plus haut point, faisant briller ses yeux de mille feux. Il adorait ces fleurs et le parfum qu'elles dégageaient.

Il continua patiemment son activité, jusqu'à ce que la mousse recouvre entièrement l'eau afin que Vlad puisse enfin se détendre. Puis, il se leva et se rendit de nouveau près de la coiffeuse. Il saisit un gant de crin doux, revint près de Vlad et plongea le gant dans l'eau avant d'y passer le savon. Lorsqu'une mousse épaisse le recouvrit, il s'assit sur le bord de la baignoire, derrière et au-dessus de Vlad.

Sans lui demander son avis, Castiel repoussa les lourds cheveux noirs gorgés d'eau, admirant au passage les reflets bleus que les bougies et candélabres y allumaient. Il posa ensuite le gant sur la peau pâle du dos de l'homme et commença à le laver. Ses gestes étaient précis et gracieux, comme si le garçon eut été la camériste de Vlad toute sa vie.

La question précédente de l'adulte, concernant les raisons de son admissions, avait un peu assombrit l'humeur de l'enfant qui se sentait à présent mélancolique. Il fredonna alors doucement une chanson qui reflétait son état d'esprit. Une larme solitaire coula doucement sur sa joue.

Laisse-moi te prendre la main et te fermer les yeux
Pour plonger dans un écrin de merveilleux
Un océan de trésor que personne n'a encore
Jamais approché, jamais touché

Oui, oui, là sous la mer
Se cachent les rêves de tous les temps
Oui, oui, viens je t'emmène
Je suis ton amour océan

Dérision fantastique, quelques effets magiques
Te guideront vers la lumière d'une caverne
Doté de perles et d'argents reflets étincelants
Bijou de corail, beauté totale

Oui, oui, là sous la mer
Se cachent les rêves de tous les temps
Oui, oui, viens je t'emmène

Je suis ton amour océan
Je suis ton amour océan
Je suis ton amour océan


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]   Mer 30 Déc 2009 - 21:22

A l'évocation de son arrivée à Middleton, l'humeur du jeune homme eut un brusque et bref trémolo. Pendant quelques secondes, une souffrance bien réelle traversa son regard auparavant si joyeux et Vlad haussa des sourcils étonnés. Avant même qu'il n'eut fait le moindre geste, cette lueur douloureuse disparut comme si elle n'avait jamais existé et son visage redevint aussi simplement enjoué qu'auparavant. Cela avait été si rapide que Vlad doutait encore de ce qu'il avait vu et crut l'avoir imaginé. Pourtant, la réponse de Castiel lui prouva qu'il n'avait pas rêvé : il contourna soigneusement le sujet et enraya sa question comme s'il ne l'avait pas entendu.
Pourquoi donc son internement lui était aussi douloureux ? Méritait-il seulement d'être ici ? On enfermait tellement les gens pour n'importe quoi... Vlad était déjà un merveilleux exemple : il n'était pas fou -il en était intimement persuadé, de toute façon les médecins s'étaient ligués contre lui et avaient diagnostiqué une pathologie qui n'existait pas- et la société s'était pourtant convaincue qu'il l'était pour l'écarter des rangs et le mettre à un endroit où il ne dérangerait plus. C'était aussi simple que cela.
Étais-ce aussi le cas de Castiel ? Et dans ce cas ci, quelle était donc cette tare qui le rendait indésirable aux yeux du peuple ? Étais-ce son regard tellement atypique qui, dans les esprits superstitieux, pouvaient s'apparenter à une marque du Diable ? On ne pouvait jamais savoir quelle mauvaise excuse la société allait choisir pour écarter du troupeau les moutons noirs.

La dernière phrase du jeune homme lui arracha un grand sourire follement amusé. C'était bien la première fois que quelqu'un l'affublait d'une telle qualité et cela lui donnait une délicieuse envie de rire aux éclats. Il lui semblait qu'il était bien loin d'être "gentil" et pourtant ce jeune garçon semblait sincère et penser réellement ce qu'il disait.
C'était magnifique ! Tellement amusant !
Vlad avait la confirmation à présent : Castiel était bien un fou.

Le jeune homme plongea franchement ses mains dans l'eau et frotta le savon avec vigueur. Il n'était décidément absolument pas pudique, ses mains n'étaient pas particulièrement loin de la jambe de Vlad mais celui ci ne s'en formalisa pas. Il avait fini par s'habituer à la présence intrusive du jeune homme et celui ci respirait tant l'innocence qu'il aurait été difficile de voir quoi que ce soit de pervers dans son comportement. Vlad le regarda faire, un petit sourire au coin des lèvres, le sourire d'un homme qui étudie un animal qu'il n'a jamais vu et que les manières divertissent beaucoup. A force de frotter le savon, l'eau fut bientôt recouverte d'une belle mousse blanche et Vlad se retint avec difficulté d'en saisir une poignée dans sa main.
Cela paraissait impensable qu'un homme comme lui, aussi glacial et aussi dur, prenne un plaisir unique à jouer avec la mousse de son bain. Et pourtant, lorsqu'il était seul, Vlad s'offrait ce petit jeu enfantin qui le remplissait toujours d'une joie étrange, comme s'il eut su que tout cela était vain et inutile mais que c'était là ce qui lui plaisait. Il aimait souffler sur la mousse pour qu'elle s'envole au hasard, éclatait du bout du doigt des bulles qu'il regardait exploser avec ravissement ou encore s'en recouvrait les bras et le torse, tâchant de faire disparaitre toute trace de peau. Bien entendu, il lui était impossible de le faire devant Castiel et une légère frustration d'enfant insatisfait lui rendit le regard boudeur.
Il se pencha en avant pour sentir le parfum que le jeune garçon avait choisi pour lui. Il ne le reconnaissait pas, mais il était évident qu'il était normalement destiné aux femmes. Cependant, il sentait suffisamment bon pour que Vlad ne rechigne pas et il lâcha un bref soupir de contentement tout en allongeant de nouveau ses longues jambes. Il se sentait simplement bien, et c'était suffisamment rare pour qu'il en ressente une joie que rien ne venait parasiter.

Castiel se redressa et s'en alla de nouveau vers la coiffeuse. Vlad le suivit du regard, toujours autant intrigué, et le vit revenir avec un gant de toilette. Il le plongea dans l'eau, le recouvrit de mousse et prit place sur le rebord de la baignoire, assis de telle manière que Vlad ne le voyait plus. Mais il savait déjà ce qu'il allait faire, et si habituellement il l'aurait violemment repoussé en y allant peut-être même un peu trop fort, il ne dit rien cette fois ci et resta même dans sa position légèrement courbée vers la mousse pour lui faciliter l'accès à son dos. Il fit mine de respirer à plein poumons le parfum fleuri du savon, faisant semblant de ne pas l'avoir senti venir et de n'avoir cette position que par simple coïncidence.
Toujours sa fierté à protéger, n'est ce pas ?

Sans lui demander la permission, qu'il eut senti qu'il l'avait déjà ou qu'il n'en eut tout simplement pas besoin, Castiel dégagea ses longs cheveux noirs qui se plaquaient contre sa nuque. Il les déplaça sur l'épaule et ils tombèrent lourdement vers l'eau, se collant cette fois à sa poitrine qui reprenait sa pâleur habituelle. Le jeune homme commença alors à frotter doucement son dos avec des mouvements assurés, comme s'il savait précisément quels gestes seraient les plus agréables. Et en effet, Vlad ferma les yeux avec plaisir, un petit sourire inhabituel s'esquissant sur ses lèvres violacées. Cela tenait plus du massage que du lavage et Vlad se détendit un peu plus, relâchant les épaules qu'instinctivement il gardait crispées. Il laissa échapper un soupir apaisé et s'abandonna à la douceur du mouvement, au frottement agréable du gant contre sa peau. Sans s'en rendre compte, ses mains commençaient à jouer avec la mousse, comme pour rendre son plaisir total.

Castiel commença alors à chanter doucement, mais cette fois ci sa mélancolie était clairement distincte. Le rythme lent et mélodieux de la chanson s'accordait à sa voix un peu triste et, même si Vlad n'en comprenait pas les paroles, il se doutait qu'elles devaient être elles aussi dénuées de cette gaieté qui avait jusque là habitée le jeune garçon. Il le laissa finir, écoutant d'une oreille distraite, se demandant si c'était la question de son internement qui avait tué sa bonne humeur.
Le silence revint dans la salle, uniquement perturbé par le clapotis de l'eau que Vlad caressait du bout des doigts. Il regardait un coin de la baignoire fixement, le regard absent, sans penser à rien.


"Aurais je dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?"


Cette question brisa le silence, comme sortie de nul part. Vlad leva les yeux au plafond un instant, puis pencha légèrement la tête pour planter son regard sans fond dans les yeux de Castiel.

"Si c'est le cas, je m'en excuse" dit-il avec sérieux, fixant les yeux de Castiel comme s'il eut voulu passer à travers et s'adresser directement à son âme "Mais ne soyez pas triste. Vous êtes tellement intéressant. C'est beaucoup plus amusant quand vous êtes... comme tout à l'heure. "

Il accompagna cette dernière phrase d'un petit sourire énigmatique puis tourna de nouveau la tête, se remettant à fixer le même coin de la baignoire. Ses mains prenaient des poignées de mousse et les laissaient négligemment retomber dans l'eau d'un geste mécanique et répétitif. C'était tout ce qui paraissait encore animé de vie en lui.
Puis soudainement, il parut se ressaisir et il tressaillit.


"Sinon dites moi... Castiel... qui êtes vous ?" dit-il en se détendant à nouveau "Cela m'embête un peu de ne pas connaître l'homme qui me lave le dos. Vous prenez souvent des bains avec d'autres patients ? Quel âge avez vous ? Ça fait longtemps que vous êtes ici ?" Il s'interrompit, lâcha un "Oh !" étonné, puis partit dans un grand éclat de rire rauque et déstabilisant "Hum, vous me rendez vraiment bavard..." constata-t-il après s'être soudainement arrêté de glousser, un sourire déroutant aux lèvres "Vous êtes décidément très intéressant. Et délicieusement intriguant !"

Il se tut alors, repensant à sa soudaine verve et se demanda si c'était le parfum agréable de la mousse, le massage délassant ou l'influence fantasque du jeune homme qui le rendait aussi ouvert. Peut-être les trois finalement.
Et puis, échapper à la mort crée peut-être une relation particulière avec son sauveur... et il lui avait parlé de sa mère, de Dana.
A cette pensée, le sourire de Vlad mourut. Ah oui, Castiel avait entendu. Il savait pour Dana. Fallait-il le tuer pour autant ? Il pouvait peut-être faire une exception et laisser ce jeune homme tranquille. Ainsi, ils seraient quittes.
Il tourna la tête, le regard de nouveau dur et menaçant, et fixa le jeune homme avec insistance.


"Vous ne direz rien. Pour ce qui s'est passé quand vous m'avez sorti de l'eau, n'est ce pas ? Non, vous ne direz rien. Sinon, je devrais faire quelque chose qui me déplait, et ce serait votre faute."


Il baissa les yeux vers la gorge blanche de Castiel puis revint à son regard.
Cela voulait tout dire.
Puis, il tourna la tête à nouveau et poussa un soupir content.
Tout était sous contrôle. Il était le maître à bord.
C'était rassurant.
Revenir en haut Aller en bas
Castiel Aterius
Humain † The Mad French Touch
Humain † The Mad French Touch
avatar

Masculin •Lettres : 189
•Vit depuis le : 25/11/1872
•Fou depuis le : 27/07/2009
•Age : 145
•Origine : Place du Tertre, Montmartre, Paris
•Rôle : Patient
•Tempérament : Enfantin, naïf ... mais pas que
•Lien vers la fiche : Il était un p'tit homme ...

Carte d'Identité
• Sexualité: Homosexuel
• Relations:
• Rumeurs:

MessageSujet: Re: Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]   Mar 5 Jan 2010 - 0:42

Tout en continuant son ouvrage, Castiel regardait les longs doigts de son ami, enfin de celui qu'il considérait comme un ami que cela soit réciproque ou non. Le doux clapotis qui accompagnait leurs mouvements l'apaisait grandement. La voix grave de l'homme rompit le silence, le faisant sursauter.

"Aurais je dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?"
Avant que le garçon ne puisse répondre Vlad bascula sa tête vers lui, plongeant son regard dans le sien. Castiel se perdit dans les ombres qui peuplaient ses yeux abyssales. Il entendit à peine les prochaines paroles de l'adulte.
"Si c'est le cas, je m'en excuse. Mais ne soyez pas triste. Vous êtes tellement intéressant. C'est beaucoup plus amusant quand vous êtes... comme tout à l'heure. "

Un grand sourire éclaira le visage du garçon. Qu'est-ce qu'il était gentil ! Pour lui faire plaisir, il décida de se reprendre mais encore une fois, l'homme ne lui laissa pas la possibilité de répondre. Il se laissa de nouveau glisser dans le bain puis se mit à jouer avec la mousse. Castiel trouvait ce comportement absolument adorable ! Cependant, et à sa grande déception, Vlas se ressaisit bien vite et enchaîna en lui posant une volée de question dans le but évident de distraire l'attention de Castiel.

"Sinon dites moi... Castiel... qui êtes vous ? Cela m'embête un peu de ne pas connaître l'homme qui me lave le dos. Vous prenez souvent des bains avec d'autres patients ? Quel âge avez vous ? Ça fait longtemps que vous êtes ici ?" Hum, vous me rendez vraiment bavard... Vous êtes décidément très intéressant. Et délicieusement intriguant !"

Le garçon se retenait de ne pas rire. Vraiment, qu'est-ce que Vlad était drôle ! Il l'adorait. En plus, il avait un joli sourire et un rire magnifique. Et il n'arrêtait pas de lui faire des compliments, il se sentait d'ailleurs rougir. Qu'est-ce qu'il était gentil !

Le garçon reporta son regard sur mes lourds cheveux de velours. Vraiment, il semblait que les hommes de Middleton, en tout cas ceux qu'il avait rencontré, avaient tous de magnifiques cheveux. Il allait plonger la main dedans afin de les laver à leur tour quand Vlad tourna brusquement la tête vers lui, plantant son regard dur et froid dans le sien.

"Vous ne direz rien. Pour ce qui s'est passé quand vous m'avez sorti de l'eau, n'est ce pas ? Non, vous ne direz rien. Sinon, je devrais faire quelque chose qui me déplait, et ce serait votre faute."

Castiel haussa un sourcil à l'entente de cette menace tandis que le regard de Vlad glissait sur son cou délicat. Il le regarda encore puis éclata de rire.

-Ahlala ! Ce qu'il est chou comme ça ! On dirait une peluche !

Se rendant compte qu'il venait de penser à voix haute, l'enfant rougit doucement en gloussant, un peu gêné. Pour détourner l'attention de Vlad, il se mit à babiller, laissant un flot de paroles s'échapper de ses lèvres, répondant au passage aux question posées plus tôt. Il en oublia même de tiquer.

-Qui je suis ? Et bien, je suis Castiel. Et ... euh ... je suis français, parisien plus précisément, et j'ai dix-sept ans. Je n'ai jamais pris de bain avec d'autres patients, seulement avec Casper. Il voulait que je le fasse rire. Vous devriez le rencontrer vous savez. Il est très drôle et très gentil même s'il est bizarre.

Il gloussa au souvenir de son ami. Il faudrait qu'il aille faire un tour près du cimetière un de ses jours, histoire de le revoir et prendre de ses nouvelles. Son sourire cheshirien lui manquait. Il saisit un peu de mousse et souffla dessus, l'envoyant au visage de Vlad. Un rire lui échappa.

-C'est lui qui s'occupe du cimetière vous savez. C'est mon ami en plus. J'ai beaucoup de chance. Cela fait un an que je suis ici, mais au début je ne parlais à personne parce que j'avais peur mais maintenant ça va mieux.

Il passa sa petite main dans les cheveux noirs, admirant le contraste avec peau blanche comme le lait. Il s'amusa à les faire couler entre ses doigts avant de commencer à les rincer. Il prit un peu de mousse et se mit à savonner doucement les fils d'encre, doucement. Un moue boudeuse, terriblement enfantine, se dessina sur son visage, fronçant son nez et plissant sa bouche.

-Pourquoi vous avez tous de jolis cheveux et pas moi ? C'est pas du tout juste en plus !

Changeant d'humeur aussi vite que le temps anglais, il sourit de nouveau en plantant son regard dans celui de l'homme. Un regard légèrement trop cynique. C'était assez dérangeant, un tel regard sur son visage de poupée.

-Vous savez, il ne sert à rien de me menacer ! Je n'ai pas peur de mourir et puis ce n'est pas comme si c'était la première fois ! Et puis, je sais me défendre Mais, ne vous inquiétez pas, je resterais muet.

Son sourire devint également plus inquiétant, plus sombre.

-Comme. Une. Tombe.

Il éclata d'un rire fou. Puis, comme un nuage dévoilant la Lune après avoir assombrit soudainement sa lueur, son visage s'éclaira de nouveau.

-Mais, je veux un cadeau en échange ! Racontez-moi une histoire !

Alors qu'il se saisissait de nouveau du savon qu'il avait abandonné dans l'eau, une douleur abominable l'assaillit si brusquement qu'il manqua de s'évanouir. Il avait l'impression qu'on lui vrillait la tête avec un marteau, qu'on emplissait ses veines de plomb bouillant et que quelqu'un faisait crisser des ongles aiguisés contre un tableau noir.

Son visage se tordit de douleur tandis que du sang se mettait à couler de son nez et de ses oreilles. Il se retenait de hurler en se mordant férocement la lèvre inférieure. Des larmes coulèrent à flot sur ses joues blêmes et il serra si fort les mains que ses ongles pénétrèrent sa chair et que ses jointures devinrent encore plus blanches que sa bouche.

Mais le pire, ce n'était pas cette douleur effroyable, non. Le pire c'était les images de cauchemar qui défilaient sous ses paupières closes. Parfois, c'étaient des souvenirs de ce qu'il avait vécu et parfois c'étaient d'autres scènes : des gens qui hurlaient, du sang qui coulait si abondamment qu'il lui semblait en sentir l'odeur lourde et entêtante, des dents maculées de rouge, des yeux fous, des yeux désespérés et partout de la douleur, du désespoir. Et la Mort, son odeur partout ! Et enfin, le noir. Le noir total, complet. Jamais, il n'avait vu un tel noir sauf ... Sauf, une fois, il y avait un an ... C'est alors qu'il entendit les prières et cette voix ... sa voix. Il fallait que quelqu'un l'aide et le sauve ! Où était Cory ? Et Vlad ? Mais qui était ces gens, il connaissait ses noms mais ne se souvenait plus d'où il les connaissaient. Et lui, qui était-il ?

Puis, aussi soudainement que la douleur l'avait envahit, elle reflua, le laissant aussi tremblant et en pleurs qu'un enfant perdu. Il hoquetait douloureusement, le corps secoué par ses sanglots. Il leva les yeux vers l'adulte et, d'un mouvement impulsif, sans pouvoir s'en empêcher, il se jeta au cou de Vlad sans se soucier de l'eau et des convenances.

Il pleura, le visage enfouit contre son épaule. Il espérait qu'il ne le repousserait pas et qu'il le serrerait contre lui. Il avait tellement besoin d'affection.

[Et voilà ! Alors qu'est ce que tu en dis ? C'est plus long que d'habitude et oui, Cas' est dingue (et je sais pas pourquoi il dit que Vlad est une peluche jte le jure) ! J'attends ta réponse !]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]   Ven 8 Jan 2010 - 22:43

En entendant Castiel rire, Vlad tourna de nouveau la tête vers lui, l'air vraiment étonné. Il pensait que sa menace refroidirait grandement le jeune homme et, même s'il aurait été déçu de lui faire perdre sa joie tellement agréable et communicative, il aurait au moins été sûr que Castiel se serait tu. Mais le garçon riait vraiment et semblait nullement inquiet. Vlad haussa un sourcil interrogateur, se demandant ce que ce décidément bien étrange jeune homme allait lui dire. Et il ne fut pas surpris.

"Ahlala ! Ce qu'il est chou comme ça ! On dirait une peluche !"
Ces mots claquèrent dans la tête de Vlad qui haussa le deuxième sourcil. Une peluche ? Lui ? Dans ce contexte qui plus est ?
Il avait un peu de mal à comprendre le rapport entre lui et une peluche. Vraiment. Et encore cet adjectif, "chou"... Castiel avait vraiment des critères très particuliers pour qualifier les gens. Chou et Vlad étaient des mots complètement opposés, et pourtant Castiel pouvait les rassembler... Vlad se demanda un instant ce qui pouvait bien être "chou" chez lui. Avec son regard sauvage, ses lèvres constamment closes, son physique imposant et dissuasif, sa voix grave et profonde... non vraiment, il ne voyait pas ce qui était "chou" en lui. A moins que Castiel ne trouve que précisément tout ce qu'il venait de citer était "chou".
Quoi qu'il en soit, dans tous les cas c'était extrêmement surprenant.

Castiel rougit, se rendant sûrement compte que ce qu'il venait de dire pouvait être mal pris par Vlad. Aussitôt, comme pour faire oublier sa maladresse, il se remit à lâcher une flopée de paroles en répondant aux questions posées un peu plus tôt. Il lui avoua qu'il avait dix sept ans et qu'il venait de Paris.
Vlad haussa un sourcil. Voilà donc d'où lui venait cet accent. Et la chanson de tout à l'heure devait certainement provenir de son pays natal. Vlad avait beau ne pas apprécier le genre humain, il avait toujours trouvé intéressant de connaitre d'autres cultures, d'autres langages.
Peut-être qu'un jour il découvrirait un peuple digne de son intérêt.

Dans un geste joueur, Castiel prit un peu de mousse dans sa main et souffla dessus pour l'envoyer au visage de Vlad. Il gloussa un instant, véritablement comme un enfant qui s'amuse d'un rien. Retirant du plat de la main la mousse qui était venu se coller à son nez, Vlad esquissa un sourire qui, s'il n'avait pas été impossible qu'il en soit ainsi, aurait pu être un sourire attendri.
Il voyait en ce jeune homme celui qu'il aurait pu être si la nature en avait décidé autrement. Elle l'avait conçu taciturne, incapable d'éprouver une joie pure et sans raison particulière, et il n'était au fond de lui que vide et fier de l'être. Néanmoins, il n'aurait pas été contre avoir la personnalité de ce jeune garçon, vivre simplement heureux et aimer tout et tout le monde. Sauf peut-être lui-même.
Quitte à choisir, il préférait n'aimer que lui-même que d'aimer uniquement les autres. Cela lui épargnait bien des souffrances.

Il écouta sans un mot les palabrages du jeune garçon sur ce Casper qu'il avait rencontré ici même. Quand il entendit la dernière phrase de Castiel, il enregistra l'information.
Un an ? Il avait donc été enfermé à à peine seize ans... Tellement tôt pour perdre sa liberté. Oh bien sûr, aucun âge n'est assez vieux pour se soumettre au joug des autres. C'était d'ailleurs ce qui avait été le plus difficile à avaler pour Vlad, le jour où on l'avait envoyé en prison, puis dans cet asile. Vlad laissait ses congénères tranquille à condition qu'ils ne le plient à aucune autorité. Ou en tout cas, à aucune qu'il n'aurait accepté volontairement.

Il fut tirer de sa réflexion par la main de Castiel qui, sans aucune gêne, vint glisser dans ses cheveux. Il se figea, le regarda dans ses grand yeux bicolores, puis se détendit.
Il avait encore un reflexe défensif mais la naiveté et la simple admiration qu'il lisait dans le regard de Castiel lui otèrent toute méfiance. Il se laissa caresser docilement et une pensée fugace lui arracha un faible rire.
Maintenant il voyait le rapport avec la peluche.

Le jeune garçon rinça ses cheveux et l'eau tiède lui coula sur les joues, obscurcissant sa vision un instant. Il passa une main sur son visage pour retirer le surplus de gouttes tandis que Castiel, d'un mouvement presque maternel, se mettait à laver sa tête. Vlad regardait ses grands yeux d'enfant, terriblement amusé par sa concentration, et il retint un rire quand son doux visage se tordit en une moue boudeuse.

"Pourquoi vous avez tous de jolis cheveux et pas moi ? C'est pas du tout juste en plus ! "
A cette réplique, Vlad faillit s'étrangler tant une envie irrépressible de rire venait de s'emparer de lui. Il toussa une ou deux fois en cachant sa bouche d'une main et en se tenant la poitrine de l'autre. Il ne lui vint pas à l'esprit que cela risquait de vexer Castiel, et pas une fois il ne pensa qu'il aurait été poli de lui assurer qu'il avait de très jolis cheveux. Les conventions, il ne les connaissait pas vraiment et quand bien même n'aimait pas les honorer. De toute manière, il n'en eut pas l'usage puisque Castiel, sautant à nouveau d'une humeur à une autre, récupéra son sourire innocent et joyeux. Il attrapa le regard de Vlad qui le soutint sans un mot, un petit sourire amusé au coin des lèvres. Immédiatement, Castiel réagit et lui reprocha ses menaces à peines dissimulées de tout à l'heure.
Apparemment, lui non plus n'avait pas peur de mourir. C'était au moins quelque chose qu'ils avaient en commun.
Vlad ne répondit rien. Castiel avait dit qu'il se tairait, c'était l'essentiel. Il avait eu ce qu'il voulait. Le sourire inquiétant et le rire dément du jeune homme le firent à peine sourciller, d'autant plus qu'il réintégra aussitôt sa bonne humeur. Il lui demanda même avec entrain une histoire pour acheter son silence.

Vlad commençait à peine à réfléchir à ce qu'il allait lui répondre que le jeune homme changea soudainement d'attitude. Il se mordit férocement la lèvre pour retenir un cri, apparemment sans raison, et du sang s'écoula tout à coup de son nez et de ses oreilles. Il se labourait la chair de ses ongles sanglants et des larmes coulaient de ses yeux en rivière. Vlad resta interdit, bouche bée, et il fut incapable de poser le moindre geste pendant quelques instants tant il était stupéfait. Puis le jeune garçon se mit à appeler à l'aide d'une voix terrifiante et Vlad se demanda s'il devait alerter le personnel de l'asile. Il s'accrocha au rebord de la baignoire, prêt à se lever en vitesse pour tenter de calmer le jeune homme, mais il n'en eut pas le temps que celui ci sembla soudainement se ressaisir. Il pleurait encore et tremblait violemment, il semblait plongé dans une détresse incroyable et ne plus savoir où il était. Vlad s'immobilisa et le fixa avec anxiété, ne sachant comment réagir, quoi lui dire, s'il devait s'approcher de lui ou appeler de l'aide ailleurs. Les grands yeux douloureux du garçon croisèrent alors son regard et il sembla le reconnaitre. Et Vlad aussi se reconnut dans la figure de cet enfant.

Il repensa aussitôt à ce soir là, alors qu'il ravageait de ses dents la peau blême du cadavre de sa mère, s'acharnant sur ce corps qu'il aimait tant, déchirant de ses ongles chaque parcelle d'elle, puis il se souvint s'être arrêté, s'être étouffé un instant avec le sang poisseux qui obstruait sa gorge. Il s'était ensuite levé en tremblant et avait jeté un regard à son reflet. Son visage était alors le même que celui de Castiel, sanglant, terrifié, douloureux. Il s'était mis à pleurer silencieusement, passant ses mains sur ses joues ensanglantées, sur ses lèvres gluantes, et il avait doucement appelé à l'aide.
Mais contrairement à Castiel, il n'y avait eu personne ce soir là pour le protéger des ténèbres qui s'apprêtaient à tomber sur son coeur, personne pour sauver le jeune homme qu'il aurait pu être, personne encore pour le prévenir de la folie.

Le jeune garçon qui lui ressemblait tant se jeta alors à son cou, enfouissant son visage contre lui tout en sanglotant. Vlad ouvrait de grands yeux vides, la bouche entrouverte comme s'il eut voulu appeler à l'aide lui aussi. Les larmes abondantes du jeune homme coulaient sinueusement sur son torse, se mêlant bientôt à l'eau tiède du bain. Vlad resta immobile, le regard plongé dans l'abîme, et bientôt il ressentit le besoin urgent de réconforter ce jeune garçon. Il ne pouvait pas le laisser pleurer, seul dans la salle de bain, maculé du sang de sa pauvre maman.
Il referma ses bras protecteurs autour du corps frêle de Castiel et d'une main il caressa doucement les cheveux du garçon. Il attendit que les sanglots s'estompent un peu, sans rien dire, le serrant contre lui de manière rassurante. Puis, sans lui adresser un regard, il plongea une main dans l'eau et la porta au visage de Castiel. Du pouce, il essuya le sang qui maculait ses lèvres et sa gorge , replongeant sa main dans l'eau pour la rincer, revenant au sang patiemment. Il le lava de toute trace rouge, comme pour effacer sa douleur et sa peur. Et peu à peu, le jeune garçon du miroir retirait ses mains, et sur son visage il n'y avait plus le sang maternel, et ses lèvres sèches esquissaient un maigre sourire de gratitude.

Vlad ferma les yeux lentement et son étreinte se ressera doucement. Sa main s'était posée dans le dos du jeune garçon et il la faisait aller et venir sur sa colonne vertébrale dans un mouvement réconfortant. Il ne savait pas quoi lui dire, et au fond il sentait qu'il n'y avait rien à dire. Aucune parole ne parviendrait à redonner au jeune garçon son si beau sourire, il le savait. Aussi, il se tut et espérait que ses gestes parviendraient à exprimer ce qu'il ne pouvait dire par des mots.
Puis, il pensa soudain à quelque chose. Il ne voulait pas briser le silence qui s'était installé, uniquement troublé par les sanglots de Castiel qui s'amenuisaient un peu. Aussi, c'est dans un murmure à peine audible que Vlad parla.


"Dois je aller chercher un médecin ?" demanda-t-il d'un ton paternel "Vous avez besoin de quelque chose ? Demandez, je suis là pour vous."

Il n'aurait jamais cru avoir à dire une telle phrase un jour et pourtant elle lui paraissait toute naturelle, voire évidente. Il posa son menton sur le crâne du garçon et leurs cheveux noirs se confondirent. Il oubliait complètement qu'il était nu et il serrait davantage encore le jeune garçon contre lui, voulant par dessus tout le protéger, préserver sa si jolie innocence.
Celle qu'il n'avait pas su se préserver lui-même.


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Castiel Aterius
Humain † The Mad French Touch
Humain † The Mad French Touch
avatar

Masculin •Lettres : 189
•Vit depuis le : 25/11/1872
•Fou depuis le : 27/07/2009
•Age : 145
•Origine : Place du Tertre, Montmartre, Paris
•Rôle : Patient
•Tempérament : Enfantin, naïf ... mais pas que
•Lien vers la fiche : Il était un p'tit homme ...

Carte d'Identité
• Sexualité: Homosexuel
• Relations:
• Rumeurs:

MessageSujet: Re: Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]   Dim 24 Jan 2010 - 22:48

Le garçon sentit distinctement le corps de l'adulte se raidir et espéra de tout son cœur qu'il ne le repousserait pas. Il n'était pas sur d'être actuellement assez fort pour supporter un rejet. Ils restèrent ainsi pendant quelques instants, Castiel sentant la peur l'envahir peu à peu, jusqu'à ce que Vlad referme ses bras solides autour du garçon, le serrant contre lui.

Le jeune homme s'enfouit dans son étreinte tandis que l'adulte se mettait à lui caresser les cheveux avec douceur, apaisant peu à peu la peine de Castiel. Puis, celui-ci sentit la main humide de l'homme sur son visage, nettoyant le sang qui le maculait. L'enfant ne dit rien, savourant les douces caresses tandis que son cœur reprenait un rythme normal.

Vlad resserra encore son étreinte et le français soupira alors que ses pleurs se tarissaient. La large paume de l'homme parcourait son dos, caressant la colonne vertébrale du garçon en un mouvement doux et apaisant.

Castiel, les yeux fermés, se laissa complètement aller dans les bras de Vlad tandis que ses sanglots cessaient, ne laissant que ces inspirations désordonnées qui secouaient souvent les enfants après un gros chagrin. Le petit brun respira doucement l'odeur réconfortante de l'adulte contre lequel il était. Un mélange de violette, due au savon, et d'autres senteurs plus masculine qui ravissaient l'odorat.

Le silence s'étirait dans la pièce seulement troublé par la respiration saccadée de Castiel et le doux clapotis de l'eau. Puis, Vlad dit dans un murmure.

"Dois je aller chercher un médecin ? Vous avez besoin de quelque chose ? Demandez, je suis là pour vous."

Cette question pleine de sollicitude associée au ton affectueux presque paternel fit de nouveau déborder les larmes de Castiel. C'était tellement rare que quelqu'un se soucie ainsi de lui ! L'étreinte des bras forts se raffermit autour de lui et Castiel se sentit en sécurité. Ce qui était encore plus rare. Car malgré ce qu'il laissait transparaître, il avait conscience de souvent se mettre dans de dangereuses situations.

Vlad posa son menton sur le sommet de sa tête, leurs cheveux, aussi sombres les uns que les autres, se mêlant autour d'eux. Renforçant son impression.

Oui, il se sentait en sécurité. C'était exactement le sentiment qu'il imaginait que l'on éprouvait lorsqu'on était dans les bras de son père. Non, plutôt dans ceux de son grand frère. Et il se prit à regretter que Vlad ne soit pas son frère. Ou du moins, qu'Auxence ne ressemble pas plus à Vlad.

Tout à son émotion, il ne se rendit pas compte du murmure qui s'échappa de ses lèvres et qui sonnait comme la plus fervente et déchirante des prières.

-Pourquoi vous, vous, vous êtes pas mon frère ? Pourquoi IL est pas comme vous, vous, vous ?

Il passa ses bras fins autour du cou de l'adulte et se serra encore plus contre lui si cela était seulement possible, sans se soucier de la nudité et de la pudeur de Vlad. Il se décida enfin à lui répondre, levant ses yeux brillant de larmes sur lui.

-Non, non, non, pas de docteur. Je vais bien, ça va.

En fait, il avait toujours mal à la tête mais c'était bien plus supportable que tout à l'heure et il avait supporter bien pire. D'ailleurs, le fait qu'il ait eu si mal montrait à quel point la douleur avait été intense car il avait une grande tolérance à la douleur due à une grande ''pratique''.

Souhaitant tenir la souffrance et l'horreur à l'écart, Castiel se dégagea quelques instants des bras de l'homme, s'abaissa pour saisir sa poupée avant de réinvestir la place délaissée. Il se lova contre Vlad, assit sur la baignoire et Jézabel dans son giron.

Il leva un regard terriblement vulnérable et ingénue sur l'adulte et lui demanda d'une toute petite voix, une esquisse de sourire sur le visage.

-Vous voulez bien me, me, me raconter une histoire ? S'il vous plaît ?

[Un peu court je sais, mais je ferais mieux, promis. En espérant que ça t'as quand même plût !]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]   Ven 5 Fév 2010 - 18:23

Le jeune homme était resté un instant silencieux. Sa respiration irrégulière trahissait encore sa détresse mais dans le fond, il s'était apaisé. Vlad gardait les yeux ouverts, fixant d'un air absent le carrelage froid, et sa main caressait mécaniquement les cheveux de Castiel. Il était très patient, cela ne l'aurait pas dérangé de garder cette position le temps qu'il faudrait pour que le jeune homme se soit complètement calmé. Car bien que Vlad ne se soit jamais vraiment soucié des autres, ce garçon suscitait son intérêt et c'était déjà bien assez pour qu'il lui donne de son temps.
Finalement, alors qu'il avait toujours la tête enfoui dans son cou, Castiel se mit à murmurer quelque chose et cela apparut à Vlad comme une véritable supplique. Il demanda pourquoi Vlad n'était pas son frère et pourquoi celui qu'il avait ne lui ressemblait pas plus. Cette question ne semblait s'adresser à personne, elle sonnait presque comme une accusation envers le destin, et Vlad ne répondit rien.

Il était un peu troublé que quelqu'un eut voulu avoir un lien aussi particulier avec lui. Il était lui-même fils unique et jamais il ne lui était venu, comme la plupart des enfants dans son cas, l'envie d'avoir un frère ou une soeur. Il n'aurait d'ailleurs tout simplement pas supporter de partager sa mère avec un autre. Déjà qu'il devait le faire avec son père...
Il se demanda ce que cela faisait d'avoir un frère. Quelle genre de relation pouvait-on partager ? S'il avait eu un frère, l'aurait-il aimé ? De toute sa vie il n'avait été capable d'aimer que sa mère, et il l'avait aimé comme un fou. Une présence fraternelle l'aurait-elle rendu plus ouvert ?
Ces questions traversèrent son esprit mais il ne s'y attarda pas. Ce n'était pas vraiment dans le caractère de Vlad de se torturer l'esprit avec des questions qui ne rimaient à rien puisque de toute manière, la vie étant ce qu'elle était, il était fils unique et ce pour toujours.

Castiel enroula ses bras autour du cou de Vlad, se serrant encore davantage contre lui, et ses vêtements frottèrent contre son torse mouillé. Vlad se souvint qu'il était nu mais il se rendit compte tout aussi vite qu'il n'en avait cure. La mousse cachait la partie la plus intime de lui et pour le reste, il pouvait supporter de se laisser regarder. De toute manière, Castiel avait bien d'autres choses à penser en cet instant.
Celui ci leva la tête et ses yeux embués croisèrent ceux de Vlad. Il ne pouvait pas vraiment savoir s'il pleurait encore pour sa crise ou pour cette prière irréalisable qu'il avait exprimée.
Il lui assura qu'il n'avait pas besoin de docteur et qu'il allait bien, même si son regard prouvait le contraire. Vlad ne le lui fit cependant pas remarquer et hocha lentement la tête en signe d'approbation.
Le jeune homme se détacha alors de lui et récupéra sa poupée, abandonnée sur le carrelage. Il se blottit à nouveau dans l'étreinte mouillée de Vlad, serrant son doudou contre lui, tellement vulnérable et enfantin. D'aucun aurait trouvé fort singulier qu'un garçon grand comme lui ait cet élan de faiblesse envers un inconnu, mais Vlad ne s'en formalisait pas le moins du monde. Après tout, n'avait-il pas, quelques minutes plus tôt, cherché la chaleur d'un être humain après avoir songé de nouveau à sa mère ?

Castiel leva de nouveau ses grands yeux bicolores vers lui, et son regard trahissait encore une grande détresse. D'une toute petite voix, il lui demanda alors de lui raconter une histoire, comme il l'avait déjà demandé avant sa crise. Vlad tiqua et un rictus fit frémir ses lèvres.
Il ne connaissait pas d'histoire. Sa mère ne lui en avait jamais raconté, et celles qu'il avait appris à l'école étaient désormais bien loin derrière lui. Il leva les yeux au plafond, cherchant quelque chose à répondre.


"Je... je n'en connais pas." avoua-t-il finalement en baissant de nouveau les yeux vers Castiel "Mais si ça peut vous soulager, je veux bien essayer d'improviser..."

Il ne savait pas pourquoi il faisait des efforts pour ce jeune garçon. Peut-être qu'il était de nouveau perturbé par la ressemblance frappante de leur deux physique et qu'il estimait qu'il fallait réparer les erreurs de son enfance.
Quelqu'un devait lui raconter une histoire, pour que plus tard il puisse en connaître une.


"Voyons..." murmura-t-il en regardant dans le vague "Disons que c'est une jeune fille... non, plutôt un jeune garçon. Oui, un très jeune garçon. Un peu près votre âge en fait. On va l'appeler... ou plutôt non, ne l'appelons pas. Il n'a pas de nom. Oui, il n'a pas de nom... Il n'est personne en fait. Mais il y a quelqu'un dans sa vie. Une femme, une très belle femme. Elle non plus elle n'a pas de nom. Enfin si, elle a le même nom que le sien car elle appartient à sa famille. C'est sa "mère" en fait. Mais le jeune garçon ne veut pas que ce soit sa mère. Il l'aime démesurément, jusqu'à la folie. Mais cet amour n'est pas celui d'un fils. Il la veut pour lui, il veut son corps, son coeur, pour lui seul. Mais elle a un mari... Oh oui, une larve de mari. Qui ne s'occupe même pas d'elle. Alors la mère est triste, et le jeune garçon la voit triste, mais il ne peut rien faire parce qu'il n'est que son fils... Et cela le rend fou."

Il s'interrompit un instant. La situation présente lui avait tellement fait penser à son passé qu'il avait naturellement fini par le raconter, même si cela n'avait pas été son intention première. C'était la première fois qu'il racontait cela à quelqu'un et étrangement, il n'éprouva rien au récit de son amour inassouvi. Pas même de la peine, de la rage, de la mélancolie, rien, rien, absolument rien. C'était comme s'il contait l'histoire d'un autre, une histoire sans saveur dans laquelle il ne se reconnaissait pas. Son propre passé le laissait totalement indifférent.

"Je me rends compte qu'une histoire pareille ne doit pas vous remonter le moral..." dit-il en soupirant "Je ne sais vraiment pas en raconter. Désolé jeune homme. La nature a oublié de me donner une imagination."

Il se tut, et soudain un grand sourire follement ravi éclaira son visage.

"Par contre, j'adore jouer." confia-t-il sur un ton malicieux "Je trouve que cela passe admirablement le temps. Tous les types de jeux me plaisent tant que je peux y trouver un quelconque intérêt. Alors, voudriez vous jouer avec moi ? Par contre, je déteste perdre, mais je pourrais faire un effort avec vous et ne pas... disons, m'énerver."

Il éloigna Castiel de lui et son sourire se fit carnassier. Une lueur un peu démente s'était allumé dans ses yeux sombres et il semblait en proie à la plus vive excitation. En cet instant, il aurait été dangereux de lui refuser quoi que ce soit.
Désormais, il avait vraiment l'air d'un fou.


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Castiel Aterius
Humain † The Mad French Touch
Humain † The Mad French Touch
avatar

Masculin •Lettres : 189
•Vit depuis le : 25/11/1872
•Fou depuis le : 27/07/2009
•Age : 145
•Origine : Place du Tertre, Montmartre, Paris
•Rôle : Patient
•Tempérament : Enfantin, naïf ... mais pas que
•Lien vers la fiche : Il était un p'tit homme ...

Carte d'Identité
• Sexualité: Homosexuel
• Relations:
• Rumeurs:

MessageSujet: Re: Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]   Mer 10 Fév 2010 - 22:00

Castiel vit Vlad tiquer en grimaçant lorsqu'il formula sa demande.

"Je... je n'en connais pas. Mais si ça peut vous soulager, je veux bien essayer d'improviser..."

Le garçon écarquilla les yeux. Vraiment ?! Vlad était prêt à improviser une histoire rien que pour lui ! Il l'avait dit qu'il était gentil ! Il se cala plus confortablement contre l'homme, les oreilles grandes ouvertes.

"Voyons... Disons que c'est une jeune fille... non, plutôt un jeune garçon. Oui, un très jeune garçon. Un peu près votre âge en fait. On va l'appeler... ou plutôt non, ne l'appelons pas. Il n'a pas de nom. Oui, il n'a pas de nom... Il n'est personne en fait. Mais il y a quelqu'un dans sa vie. Une femme, une très belle femme. Elle non plus elle n'a pas de nom. Enfin si, elle a le même nom que le sien car elle appartient à sa famille. C'est sa "mère" en fait. Mais le jeune garçon ne veut pas que ce soit sa mère. Il l'aime démesurément, jusqu'à la folie. Mais cet amour n'est pas celui d'un fils. Il la veut pour lui, il veut son corps, son coeur, pour lui seul. Mais elle a un mari... Oh oui, une larve de mari. Qui ne s'occupe même pas d'elle. Alors la mère est triste, et le jeune garçon la voit triste, mais il ne peut rien faire parce qu'il n'est que son fils... Et cela le rend fou."

Quel histoire bizarre ! Mais, il aimait bien. Le jeune homme se demandait qui pouvait bien être le garçon dont parlait Vlad. Quand même, c'était triste pour lui qu'il soit amoureux de sa mère parce qu'il serait malheureux toute sa vie, parce que c'était un amour à sens unique.

Cependant, bien que l'histoire soit intéressante, Vlad n'avait pas le talent d'un conteur. Cela devait être le seul défaut de l'homme assurément, et cela ne le rendait que plus attendrissant aux yeux de Castiel qui se retint à grand peine de glousser.

"Je me rends compte qu'une histoire pareille ne doit pas vous remonter le moral... Je ne sais vraiment pas en raconter. Désolé jeune homme. La nature a oublié de me donner une imagination."
Un grand sourire illumina le visage de l'adulte. Un sourire un peu fou qui lui allait vraiment bien.

"Par contre, j'adore jouer. Je trouve que cela passe admirablement le temps. Tous les types de jeux me plaisent tant que je peux y trouver un quelconque intérêt. Alors, voudriez vous jouer avec moi ? Par contre, je déteste perdre, mais je pourrais faire un effort avec vous et ne pas... disons, m'énerver."

Castiel sentit Vlad s'éloigner un peu et le regarder mais ne s'en formalisa pas tant il était heureux. Ses yeux pétillèrent et un immense sourire étira ses lèvres. Il frappa dans ses mains tant qu'il était excité et un éclat de rire joyeux jaillit de sa bouche. Bien sur qu'il voulait jouer ! Il adorait jouer !
Et puis, il était sur qu'avec Vlad se ne serait pas le même genre de jeu qu'avec Apolyon . Il rougit un peu à se souvenir avant de reporter son attention sur l'homme.

-Bien sur que je, je, je veux jouer ! Mais je ne sais pas à quoi ? Vous voulez quoi comme jeu ?

Le garçon se leva soudainement, laissant sa poupée tomber dans l'eau. Il se mit ensuite à faire les cents pas en sautillant, excité comme une puce, en réfléchissant tout haut.

-On pourrait jouer, jouer, jouer à ... euh ... je sais pas. Si ! A chat ! Ou alors ... à cache-cache. Hum, ou aux, aux, aux, devinettes !

Castiel continua comme cela pendant une dizaine de minutes, babillant à qui mieux mieux, son humeur de nouveau au beau fixe.

Il s'approcha de la baignoire, toujours en sautillant.

-Alors ? On, on, on joue à quoi ?

Il s'approcha encore et se mit à tournoyer en riant aux éclats. Seulement, il s'emmêla les pieds et glissa sur une flaque d'eau. Il recula de plusieurs pas, ses jambes rencontrant le rebord de la baignoire. Surpris, il bascula en arrière, ses bras battant l'air, et s'effondra dans la baignoire.

[Voila, Rp fini ! Pas très long désolée, mais je suis malade alors je ne pense pas faire mieux. Pour ta réponse (si ça peut t'aider) sache que Castiel doit rire de sa chute, et n'hésite pas à commencer le jeu ! bisoux !]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]   Dim 21 Fév 2010 - 18:21

A sa plus grande satisfaction, sa proposition effaça toute trace de chagrin sur le visage de Castiel. En quelques instants, ses yeux s'étaient remis à briller de cet éclat simplement joyeux qui l'avait tant intrigué la première fois et un sourire ravi occultait la moue tremblante de ses lèvres. Il se mit à battre des mains comme un jeune enfant excité, et un rire incontrôlé lui échappa.
Au fond de lui, Vlad était rassuré. Il préférait nettement voir le jeune homme ainsi, débordant de gaieté et d'exubérance. Il se rendit vaguement compte que c'était l'une des premières fois qu'il se souciait de l'humeur de quelqu'un, et pour un peu il en aurait gloussé devant cette ironie. Il ne savait pas si c'était son internement ou la personnalité des gens d'ici, mais il se rendait compte qu'il commençait à changer. Un peu.

Castiel lui assura avec enthousiasme qu'il voulait jouer lui aussi et, d'excitation semble-t-il, bondit sur ses pieds et se mit à virevolter dans la pièce. Il en avait même laissé tomber sa poupée dans l'eau et ne paraissait pas s'en soucier. Vlad le suivait du regard, un sourire amusé au coin des lèvres, et il sortit la poupée de l'eau qu'il mit à sécher au coin de la baignoire. Puis, trouvant que l'eau avait refroidi, il fit couler un peu d'eau chaude tout en regardant Castiel s'agiter et énumérer avec toujours plus d'enthousiasme les jeux qu'il connaissait. Vlad ne disait rien, arrangeant son bain en remettant un peu de mousse, et l'odeur de la violette lui envahit les narines. Dans un élan de pudeur, il ramena la mousse près de son corps et notamment près de son bas ventre. Même si Castiel semblait l'avoir oublié, Vlad était pleinement conscient d'être nu.
Il reporta de nouveau son attention sur Castiel qui ne semblait jamais vouloir s'arrêter, et mécaniquement ses mains se remirent à jouer avec la mousse. Il se sentait parfaitement calme et reposé, et cet état de tranquilité lui était assez peu familier, d'autant plus quand il était en présence de quelqu'un. Son visage même exprimait son apaisement, et cela était encore plus rare encore.
Décidément, ce jeune homme avait un véritable effet sur lui, même si c'était contre leur volonté à tous les deux. Vlad ne savait pas si c'était une bonne chose ou non, mais il y avait une chose dont il était certain : Castiel méritait son intérêt, et il lui fallait s'y intéresser de très près.

Le jeune homme sembla enfin venir à court d'idées et il s'approcha de la baignoire en sautillant, comme s'il venait de se rappeler qu'il n'était pas seul. Il était d'une telle humeur qu'il se mit à tournoyer en riant aux éclats, comme l'aurait fait un enfant devant les premières tombées de neige. Mais en l'occurence, il aurait plutôt fallu parler de pluit puisqu'il perdit soudainement l'équilibre après s'être entortillé les pieds dans une flaque d'eau. Il recula vers la baignoire, battant des bras et glissant sur le carrelage mouillé, et Vlad sentit qu'il ne parviendrait pas à se rattraper. Cependant, il n'eut le temps ni de l'aider à se redresser ni de se sortir de là que Castiel s'effondra dans la baignoire et lui tomba dessus. L'eau du bain gicla de partout et les murs furent tapissés de longues trainées humides tandis que la baignoire, qui débordait à présent, déversa son contenu mousseux sur le sol. Vlad ne sentit pas vraiment Castiel lui tomber dessus, en raison d'abord de sa frêle corpulence qui ne le rendait pas lourd ainsi que de l'eau qui amortissait le choc. Cependant, son entrejambe réagit douloureusement à l'assise du jeune garçon et Vlad se mordit la lèvre, un grondement sourd étouffé dans le fond de sa gorge. Il se tortilla et parvint à soustraire son bas ventre, non sans grogner de douleur. Puis, une fois que ses attributs eurent fini de le lancer, il s'intéressa au jeune garçon qui semblait encore un peu ahuri, ses vêtements trempés collant à sa peau et ses cheveux dégoulinant sur son visage.


"Vous allez bien jeune homme ?" demanda-t-il en posant une main paternelle sur son épaule "Vous ne vous êtes pas fait mal ?"

Mais Castiel, sans lui répondre, se mit à rire, d'un rire un peu fou et grandissant qui devenait de plus en plus incontrôlé à mesure qu'il montait. Vlad haussa un sourcil étonné mais ne dit rien, attendant simplement que le jeune garçon se fut calmé. Il ne savait pas si Castiel comptait rester dans la baignoire ou en sortir, ou si lui-même devait sortir et se rhabiller. Leur proximité très intime le mettait mal à l'aise et, imperceptiblement, il s'éloignait de Castiel vers le fond de la baignoire, comme s'il voulait s'y encastrer. Il retira sa main de l'épaule du jeune garçon, le visage lisse de toute émotion. Son regard était de nouveau aussi vide qu'à l'accoutumée.

"Désirez vous sortir de la baignoire ou bien vous joindre à moi ?" demanda-t-il en ramenant doucement la mousse vers son intimité "Au point où vous en êtes... Cela ne me dérange pas. Tant que vous restez loin et que j'ai toujours de la mousse, ça ne me dérange pas..."

Il rétracta ses longues jambes contre lui pour laisser de la place à Castiel et son regard se posa sur lui, en attente d'une réponse. Après quelques instants, un sourire joueur s'esquissa au coin de ses lèvres et il se pencha un peu en avant, comme pour lui faire une confidence.

"Et si vous voulez, j'ai une petite idée de jeu... Que diriez vous d'un Action ou Vérité ? Entre fous, ce jeu léger pourrait prendre une tournure plus.. intéressante."

Son sourire s'élargit encore, et il y avait quelque chose de malsain dans son ravissement exagérée, comme s'il savait quelque chose que Castiel ignorait.

"Mais si vous avez une autre idée de jeu, je vous écoute bien sûr, peut-être un jeu un peu plus... mature ? Nous sommes tous deux suffisamment vieux pour s'adonner à certains autres jeux..."

Il ne se rendait même pas compte que ce qu'il disait était fortement connoté, pour la simple raison qu'il n'y songeait absolument pas. Le sexe était vraiment quelque chose qui lui passait complètement au dessus de la tête.
Il croisa les bras sur ses genoux et y posa son menton, fixant Castiel de son regard extraordinairement sombre qui brûlait pourtant d'une flamme démente et inquiétante. Il avait l'âme d'un joueur, de ceux qui parient sans compter et qui peuvent faire preuve d'une grande violence en cas de défaite. Mais il ne ferait pas de mal à ce garçon.
Enfin... peut-être.


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Castiel Aterius
Humain † The Mad French Touch
Humain † The Mad French Touch
avatar

Masculin •Lettres : 189
•Vit depuis le : 25/11/1872
•Fou depuis le : 27/07/2009
•Age : 145
•Origine : Place du Tertre, Montmartre, Paris
•Rôle : Patient
•Tempérament : Enfantin, naïf ... mais pas que
•Lien vers la fiche : Il était un p'tit homme ...

Carte d'Identité
• Sexualité: Homosexuel
• Relations:
• Rumeurs:

MessageSujet: Re: Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]   Jeu 25 Fév 2010 - 0:52

Castiel s'écroula dans l'eau, soulevant un grande gerbe d'eau et percutant Vlad de plein fouet. Il tomba droit sur le bas-ventre de l'homme qui se tortilla afin de mettre sa virilité à l'abri et d'éviter l'émasculation. Il se tourna ensuite vers le garçon trempé comme une soupe, posant une main réconfortante sur son épaule. Il semblait vraiment inquiet.

"Vous allez bien jeune homme ? Vous ne vous êtes pas fait mal ?"

Au lieu de lui répondre, Castiel laissa libre court à l'hilarité qui couvait dans sa gorge et son ventre depuis qu'il était tombé dans l'eau. Il riait tellement qu'il ne fit pas attention au regard interrogateur et un peu soucieux que Vlad posait sur lui.

Il ne se rendait absolument pas compte de la gène de l'homme et ne songeait pas à sortir du bain pour le moment. En fait, il se sentait plutôt bien et il adorait le parfum du savon qu'il avait choisit pour Vlad. Il eut un sourire amusé en sentant celui-ci s'éloigner discrètement alors que sa main glissait de son épaule et que son visage récupérait son impassibilité coutumière.

"Désirez vous sortir de la baignoire ou bien vous joindre à moi ? Au point où vous en êtes... Cela ne me dérange pas. Tant que vous restez loin et que j'ai toujours de la mousse, ça ne me dérange pas..."

Se disant, le grand brun ramena ses jambes contre lui laissant ainsi la place pour que Castiel puisse s'installer. Celui-ci lui adressa un sourire lumineux avant de défaire ses lacets, laissant ses bottines tomber sur le sol inondé. Il fit ensuite passer ses jambes fines par dessus la baignoire et se cala au fond de celle-ci, faisant ainsi complètement face à Vlad qui le vrillait de son regard insondable.

Celui-ci resta silencieux quelques instants, comme dans l'expectative, avant qu'un lueur rieuse et un peu folle n'allume ses yeux de jais. Puis, un petit sourire étira ses lèvres et il se pencha vers lui.

"Et si vous voulez, j'ai une petite idée de jeu... Que diriez vous d'un Action ou Vérité ? Entre fous, ce jeu léger pourrait prendre une tournure plus.. intéressante. Mais si vous avez une autre idée de jeu, je vous écoute bien sûr, peut-être un jeu un peu plus... mature ? Nous sommes tous deux suffisamment vieux pour s'adonner à certains autres jeux..."

Ceci étant dit, Vlad croisa ses bras sur ses genoux et posa ses bras dessus tout en regardant attentivement Castiel. La folie dans son regard était plus que jamais présente et dansait joyeusement dans ses iris d'onyx.

Castiel le remarqua mais n'en fit pas grand cas et lui adressa un grand et lumineux sourire. Il avait vraiment envie de jouer à Action ou Vérité ! Il pourrait en apprendre plus sur Vlad et puis les gages risquaient d'être fort amusant ! Il battit de nouveau des mains, tout excité.

-Je veux bien jouer, jouer, jouer à Action ou Vérité ! J'aime beaucoup ce jeu.

Il bougea, croisant ses jambes, légèrement repliées pour ne pas gêner Vlad, l'une sur l'autre sans prendre garde au fait que le tissus blanc de son pantalon était devenu transparent à cause de l'eau et dévoilait ses cuisses fuselées ainsi que son absence de sous-vêtement.. Il resta ensuite quelques instants silencieux, plongeant dans ses pensées. Il fronça ensuite les sourcils.

La dernière fois qu'il avait accepté de jouer avec quelqu'un il avait perdu sa virginité. Bien sur, il ne regrettait rien mais son comportement face à Apolyon le gênait considérablement, d'ailleurs, il se sentit rougir rien qu'en y pensant.

Il entortilla son index dans une des ses mèches noires, jouant avec ses cheveux, tandis qu'une moue boudeuse plissait son visage de poupée.

-A vrai dire, je préfère que ce, ce, ce soit un Action ou Vérité. La dernière fois que j'ai accepté de jouer avec quelqu'un les choses ont quelque peu ... dérapées.

Il rit, un peu nerveusement cela dit, puis, comme pour prouver ses dires, tira sur le col lâche de sa chemise découvrant son coup gracile et, surtout, son épaule aux yeux de Vlad. Se détachant nettement sur la peau diaphane, une marque de morsure argentée, formant un cercle, brillait doucement. Bien que la peau se soit régénérée, on pouvait voir qu'elle était cependant différente du reste de l'épaule. Il était évident qu'un morceau de chair avait été arraché à cet endroit.

Castiel rit encore, un petit rictus sur les lèvres, et replaça correctement son vêtement. Il mis ensuite ses mains dans l'eau, s'amusant à la faire clapoter doucement ou envoyant de la mousse au visage à la fois si sérieux et si joueur de l'homme aux longs cheveux noirs qui le fixait attentivement.

-Je commence ? Action ou Vérité ?

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]   Dim 14 Mar 2010 - 21:21

Castiel accueillit sa proposition avec un immense sourire qui annihila définitivement toute trace de sa tristesse passée. Sans lui répondre, il se déchaussa prestement et rentra complètement son corps dans la baignoire, face à Vlad. Il semblait avoir remarqué sa gêne puisque, de lui-même, il se tassa dans le fond pour imposer une distance respectueuse entre eux ; Vlad lui en était reconnaissant. Il se sentait cependant toujours un peu vulnérable : Castiel portait encore ses vêtements et, bien que ceux-ci dévoilent son maigre corps à cause de l'eau, il avait un avantage certain sur lui.
Mais son amie la mousse lui était en l'occurence bien utile.

Lorsqu'il lui proposa de jouer à Action ou Verité, changeant de position pour cacher plus efficacement sa virilité, le visage de Castiel s'éclaira davantage encore. Il exprima vivement son enthousiasme, battant à nouveau des mains comme un enfant, et croisa les jambes comme s'il tentait de contenir son excitation. Vlad remarqua que le tissu blanc de son pantalon ne cachait plus grand chose une fois imbibé d'eau, et que la position du jeune homme en dévoilait plus qu'il ne le faudrait. Il releva rapidement les yeux, se concentrant sur le visage souriant de son compagnon. Non pas qu'il fut gêné de cette nudité dévoilée -après tout, n'était-il pas nu lui-même ?-, mais ce n'était tout simplement pas intéressant.
Le silence et la moue soucieuse du jeune garçon l'étaient beaucoup plus. Il plissait les sourcils, apparemment ennuyé par quelque chose qui venait de lui passer par l'esprit, et entortillait nerveusement une mèche de cheveux autour de son doigt. Vlad ne dit rien, sachant déjà que le jeune garçon lui confierait ce qu'il avait en tête : il était bien trop bavard pour garder cela pour lui.

Il lui avoua finalement qu'il préférait qu'ils se limitent à un simple action ou vérité, lui révélant que sa précédente partie avait mal tournée. La curiosité piquée de Vlad fut rapidement satisfaite puisqu'aussitôt, tout en lâchant un rire peu naturel, Castiel découvrit son épaule. Il y avait une énorme marque de morsure à cet endroit qui paraissait relativement profonde. Vlad remarqua que la chair n'avait pas la même couleur que le reste du corps, ce qui attisa son intérêt.
Un défaut d'éclairage ? Il en doutait. Il penchait plutôt pour une régénération de la peau, assez récente.
Mais comment avait-on pu enlever autant de peau avec une seule morsure ? A moins d'avoir carrément arraché un bout de chair...

Vlad fixait cette épaule marquée, fasciné par la violence de cette morsure, par le vice qui en découlait. Il se souvint brièvement des morsures qu'il avait lui-même faites au corps mort de sa mère, lui arrachant les chairs qu'il recrachait ou avalait selon la taille des morceaux. Etant morte, elle n'avait pu régénérer sa peau ; si elle avait pu, aurait-elle l'aspect de l'épaule de Castiel ?
Il avait maintenant très envie de poser la question au jeune garçon, désireux de connaître les circonstances d'une telle marque de folie pure. Il se retint toutefois en observant sa gêne et sa nervosité, clairement perceptible dans son nouveau rire. Il recouvrit à nouveau sa blessure et le regard de Vlad se porta à nouveau à son visage, avec une moue un peu déçue. Il aurait tellement voulu en savoir plus, ce signe de débauche et de violence l'avait subitement réveillé et il se sentait pris d'une envie malsaine et perverse. Il avait très envie, là maintenant, de marquer l'autre épaule de Castiel.
Question de symétrie, évidemment.

Comme si de rien n'était, Castiel jouait à nouveau avec la mousse, l'envoyant au visage de Vlad qui ne bronchait pas. Il était absorbé dans ses fantasmes, rêvant de planter ses dents dans un corps et de le marquer aussi durablement que celui qui avait posé son empreinte sur Castiel. Il l'enviait : lui aussi voulait posséder quelqu'un au point d'y apposer le signe de sa propriété.
Il n'avait simplement jamais trouvé quelqu'un qu'il avait envie d'avoir pour lui seul.
Le jeune garçon le tira subitement de ses réflexions en lui posant la question inhérente au jeu. Son regard absent retrouva subitement un peu de vie et il le planta dans les yeux de Castiel, comme se réveillant d'un rêve agréable. Un reste de sourire malsain trainait encore sur ses lèvr
es.

"Très bien, je vous laisse donc ouvrir le bal" dit-il d'un ton amusé, et si l'on si creusait un peu, empreint de folie.

Il réfléchit quelques instants, son expression étant typiquement celle d'un joueur qui pèse le pour et le contre de sa prochaine action. Son regard brillait d'une nouvelle flamme et il jetait, de manière légèrement obsessionnelle, des coups d'oeil discrets vers l'épaule de Castiel.

"Bien, disons Action" répondit-il finalement avec un sourire joueur "Et ne vous retenez surtout pas : j'ai un amour inconditionnel pour les défis, et je ne recule devant rien pour gagner. Comme je vous l'ai dit, j'ai absolument horreur de perdre."

Il se cala alors confortablement dans le fond de la baignoire, allongeant ses longs bras sur les rebords après avoir pris soin de ramener la mousse vers lui. Il attendait patiemment son petit challenge du jour, ravi de pouvoir se distraire et s'extirper de son ennui perpétuel.
D'autant que lorsque son tour viendrait, il allait pouvoir assouvir sa curiosité malsaine et obstinée vis à vis de cette morsure plus qu'intéressante.
Il devait absolument savoir qui était ce monstre qui, comme lui, avait déjà mangé un de ses semblables.


Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Castiel Aterius
Humain † The Mad French Touch
Humain † The Mad French Touch
avatar

Masculin •Lettres : 189
•Vit depuis le : 25/11/1872
•Fou depuis le : 27/07/2009
•Age : 145
•Origine : Place du Tertre, Montmartre, Paris
•Rôle : Patient
•Tempérament : Enfantin, naïf ... mais pas que
•Lien vers la fiche : Il était un p'tit homme ...

Carte d'Identité
• Sexualité: Homosexuel
• Relations:
• Rumeurs:

MessageSujet: Re: Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]   Mer 7 Avr 2010 - 15:46

Castiel avait bien vu que sa morsure troublait Vlad au plus haut point. En effet, celui-ci ne l'écoutait pas vraiment, son regard sombre revenant sans cesse sur son épaule maintenant couverte. Le garçon était fasciné par les sentiments tumultueux qu'il pouvait lire dans les yeux abyssaux, soudain très expressifs.

Il y lisait de curiosité, de l'avidité, de l'envie, le tout mâtiné de folie pure. Le jeune homme le regardait du coin de l'œil et perçut les coup d'œil que Vlad lançait à son autre épaule ainsi que le sourire malsain qui ornait son visage pâle. Se pourrait-il que ... ?

Le garçon se retint de sourire. Peut-être pourrait-il user de cela pour plus tard, lorsqu'ils joueraient ? D'ailleurs, Vlad répondit enfin à sa précédente question.

"Très bien, je vous laisse donc ouvrir le bal. Bien, disons Action. Et ne vous retenez surtout pas : j'ai un amour inconditionnel pour les défis, et je ne recule devant rien pour gagner. Comme je vous l'ai dit, j'ai absolument horreur de perdre."

Après sa déclaration, Vlad se réinstalla contre la baignoire en prenant bien soin de couvrir sa nudité avec la mousse du bain. Puis, il vrilla le jeune garçon du regard, une certaine impatience dansant dans ses yeux sombres. Castiel l'observa fixement pendant de longues minutes, sans ciller, avant de laisser un grand sourire, un brin sadique, ourler ses lèvres.

Le français avait décidé de commencer fort même s'il se doutait qu'il allait le payer au centuple. Il allait utiliser un des points faibles de Vlad. Rien qu'en y pensant, il sentit son sourire s'agrandir encore plus, lui donnant un air mutin qu'accentuait la malice qui brillait dans ses yeux pairs.

[color=green]-Action ? Vous, vous, vous êtes sûr ? Très bien.[=color]

Incapable de se contenir, il passa sa main dans ses cheveux et gigota dans tous les sens en gloussant de rire. Il battit ensuite trois fois des mains, en proie à une excitation de plus en plus vive.

-Alors, je veux que tu, tu, tu ailles chercher le savon à la pivoine qui est dans le meuble là-bas. Tel quel. Enfin, enfin, enfin nu je veux dire.

Il s'aperçut ensuite qu'il avait tutoyé Vlad par inadvertance et rougit avant de s'excuser. Il récupéra rapidement son sourire.

[color=green]-Alors ? Chiche ou pas chiche ?[=color]

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]   Dim 4 Juil 2010 - 22:21

Ils se regardaient sans rien dire, comme s'ils se jaugeaient l'un l'autre. Castiel le fixait, immobile. Pendant de longues minutes il ne fit pas le moindre geste, et Vlad se demanda s'il était encore avec lui. A quoi pouvait-il penser ? Il avait peut-être, voire même sûrement remarqué son intérêt un peu trop soutenu pour la marque qu'il portait sur l'épaule. Etais ce là l'explication de ce silence immobile ?
Vlad attendait, soutenant son regard calmement. Un sourire défiant ourlait ses lèvres pâles et il tapotait légèrement du bout de ses doigts le rebord de la baignoire. Oh, il ne s'impatientait pas vraiment. Au contraire, il pouvait attendre aussi longtemps que nécessaire. Non simplement, il avait du mal à cacher son excitation.
Action ou Vérité était certes un jeu enfantin mais qui, passé dans des esprits aussi dérangés que les leurs, pouvait revêtir une forme bien plus intéressante. Il se demandait avec une tranquille curiosité de quelle action il écoperait. Castiel était un jeune homme doux et innocent, il doutait que son action soit hautement difficile. Elle serait peut-être même un tantinet ennuyeuse.

Mais il ravala ses pensées lorsqu'un grand sourire s'étira sur les lèvres du jeune garçon. La pointe de sadisme qu'il y décela l'étonna autant qu'elle le ravit. Il était singulier de voir une expression flagrante de malveillance sur un visage aussi pur et délicat que celui de Castiel. Mais étrangement, Vlad trouvait que cela lui ajoutait un charme particulier.
Il était un peu plus de sa trempe.
Le sourire de Vlad, qui jusque alors était simplement joueur, s'étira largement et en devint plus dément. Imperceptiblement, son corps se pencha vers Castiel et ses lourds cheveux gorgés d'eau glissèrent de ses épaules pour retomber à l'eau. Le clapotis déchira le silence, et ses yeux s'allumèrent.

Son intérêt était suscité. Il avait hâte d'entendre la suite car au vu de ce sourire malsain, l'action qu'il lui préparait promettait d'être plus amusante que prévu.
Tandis qu'il regardait, presque fasciné, le sourire de Castiel s'agrandir encore davantage, il songea que désormais il ressemblait davantage à un diablotin qu'à un angelot. A cette réflexion, son regard glissa de nouveau sur l'épaule abîmée et il sentit une vile excitation brûler son corps. Il désirait furieusement mordre cette épaule, entendre le glapissement de Castiel tandis qu'il le saignerait, goûter à nouveau le liquide carmin dont il n'avait jamais pu oublier la saveur ! Ce fantasme qu'il essayait à peine de refouler faisait trembler ses mains, mais il se contint. Plus tard, plus tard. L'eau du bain était encore chaude, il avait du temps devant lui.

Castiel lui demanda la confirmation de son choix, sans vraiment lui laisser l'opportunité de revenir sur sa décision. Il paraissait véritablement enchanté, gloussant de rire d'un air légèrement machiavélique, et Vlad eut du mal à se retenir de l'accompagner. Le jeune garçon battit des mains, comme il le faisait à chaque bouffée d'enthousiasme, et lâcha finalement le projet qui gardait Vlad en haleine.
Il lui demandait d'aller chercher un nouveau savon. Mais nu.

Vlad haussa un sourcil étonné et entendit à peine les excuses de Castiel qui l'avait tutoyé. A vrai dire, il s'en foutait royalement. Il trouvait tellement incongru l'action qu'on venait de lui imposer qu'il ne savait pas comment réagir. Paradoxalement, sa dignité lui ordonnait à la fois de refuser et d'accepter. Refuser de montrer son corps nu devant un étranger, accepter de ne pas être lâche et de ne jamais perdre un jeu. Mais ce qui le surprenait d'autant plus, c'était la raison qui poussait Castiel à vouloir une telle action.
Quel intérêt pouvait-il y avoir à ce qu'il voit le corps de Vlad ? Pourquoi cela ne le dérangeait pas d'ailleurs ? Voulait-il le voir...?
Vlad ne savait pas pourquoi Castiel semblait se réjouir autant d'une telle action. Et à vrai dire, il n'en avait cure. Tout ce qui comptait, c'est qu'il allait évidemment accepter. Hors de question de perdre.


"Chiche, bien entendu" répondit-il d'un air assuré "Si c'est tout ce que vous avez à me proposer..."

Sur cette dernière parole , il esquissa un sourire malicieux et, prenant appui des deux mains sur les rebords de la baignoire, il se leva.
La mousse qui jusque là l'avait caché coula rapidement le long de son corps et l'abandonna, dévoilant son corps blême et dénudé. Il frissonna au contact de l'air froid et lâcha un bref soupir agacé. Cependant, il ne revint pas dans l'eau chaude et enjamba prudemment le rebord de la baignoire, sans regarder Castiel. Il se tenait droit, sans chercher à cacher quoi que ce soit, et une fierté défiante émanait de tout son être. Il semblait provoquer le jeune garçon avec sa nudité qui, plus qu'assumée, tenait presque de l'exhibitionnisme.
Il resta un instant debout sans rien faire, fixant le miroir droit devant lui. L'eau en longs filets ruisselaient sur sa peau et il percevait presque clairement le goutte-à-goutte du liquide qui, de ses cheveux, tombait sur le sol. En face de lui, il y avait un homme dont les yeux brûlaient de folie.
Il préfèrait nettement celui ci à celui qui l'avait regardé avec morosité tout à l'heure, alors qu'il entrait dans cette salle de bain.

"Savon... à la pivoine vous avez dit ?"

Il marcha d'un pas assuré et serein vers la petite commode, comme s'il avait été habillé. Il sentait le regard de Castiel posé sur lui et, très étrangement, cela le grisait. Il en était presque... fier.
Il prit son temps pour chercher au milieu des différents parfums celui qu'on lui avait demandé. Voire même, il ralentissait le rythme inconsciemment. Ses jambes tremblaient légèrement d'excitation, ou de froid. Il préférait croire en la deuxième possibilité, même s'il était indéniable qu'il était dans un état d'agitation certaine. Vlad aimait la nouveauté, tout ce qui pouvait le divertir, et il était assurément nouveau que le regard d'un homme soit posé sur lui de cette manière. Loin de l'embarrasser, cette situation atypique l'intéressait et ses lèvres frémirent d'impatience.
Il avait tellement hâte de connaître la suite.

Ayant finalement trouvé ce qu'il cherchait, il se retourna vers la baignoire, face à Castiel. Volontairement, il resta immobile, debout et nu devant lui, le vrillant de son regard provoquant. Il voulait désarçonner ce gamin, jouer un peu avec ses nerfs. Il n'était pas sûr de savoir pourquoi cette action lui avait été demandé, mais ce gosse allait comprendre que Vlad ne connaissait pas la demie-mesure.


"C'est bien ça que tu voulais ?" demanda-il en montrant le savon.

Il l'avait délibérément tutoyé. Il pensait que cela allait le déstabiliser encore davantage, l'espérait presque. Il ne savait pas vraiment pourquoi il agissait ainsi. Il n'aurait jamais cru qu'un jour, il essaierait volontairement de mettre quelqu'un mal à l'aise en jouant avec son propre corps. Mais une sorte d'instinct dément, venu des tréfonds de son esprit avide de plaisir, lui murmurait qu'il y avait de quoi s'amuser avec ce jeune homme.
Pourquoi ? Il l'ignorait. Mais c'était tout de même diaboliquement drôle.

Sans attendre la réponse, il revint vers la baignoire, tentant sans y parvenir de cacher le petit sourire qui trainait sur ses lèvres. Il lança un regard troublant à Castiel en enjambant la baignoire, puis se rassit confortablement, sans se presser.

"J'espère que ce n'est qu'un échauffement, si c'est tout ce que tu as à me proposer je vais vite m'ennuyer..."

Il lui adressa un sourire indéchiffrable à la limite du gloussement puis, repliant ses longues jambes contre lui, il se pencha légèrement en avant et sussura cette question.

"Alors... Action ou Vérité ?"

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Suicide or not suicide, that is the question [Castiel Aterius]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Mad Asylum :: La Source du Savoir :: Archives du RPG :: Les Oubliettes :: Les RP terminés ou abandonnés-